‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 91 sur 118 · CHAPITRE XXYI. 3ê · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYI. 3ê

le moode, parlait peu, autanl par caraetère que par prudence; mais cette discrétion ne ressemblait en rien à la sombre discrétion de ces caractères apathiques et insensibles, qui n'éprouvent aucun besoin d'épancher leur cœur. Quoique U^^ de Simony parût un peu froid et peu expaosif, il était gracieux, délicat dans ses souvenirs, et trouvait toujours quelque chose d'aimable à dire; il témoignait d'ailleurs tant d'intérêt aux personnes qu'il recevait, il entrait si volontiers dans les moindres détails de ce qui les touchait, qu'on ne sortait jamais de chez lui sans éprouver un véritable sentiment de bonheur. 11 n'avait pas une conversation savante, vive, enjouée ; il ne brillait point par de fînes plaisanteries, quoiqu'il eût de la finesse dans l'esprit, un rare talent d'observation, un tact qui lui faisait saisir tout ce qui était ridicule ou déplacé, et qu'il fût naturellement enclin à une douce raUlerie. Mais malgré ce ton de dignité et de réserve qu'il conservait vis-à-vis des personnes du monde, une galté douce présidait à toutes ses relations intimes et domestiques; la paix et la félicité qui remplissaient son àme se faisaient jour jusque dans son langage et dans son regard, et il était difficile de le voir quelque temps sans être touché jusqu'à l'admiration de son aimable simplicité, de son égalité de caractère, de la bonté de son cœur. A midi, M^^^ de Simony se retirait dans son cabinet et s'occupait d'études ou d'affaires, répondant constamment luimême à toutes les lettres qui n'étaient pas de pure administration. Â deux heures, il récitait son chapelet et son office, puis reprenait sa correspondance jusqu'au diner, qui avait lieu à six heures. Sa table était

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toujours servie avec décence, mais aussi avec une trèsgrande simplicité; et il n'y avait ordinairement que trois plats. Sa frugalité était extrême; il ne faisait jamais que deux légers repas, et dans le carême, ainsi que les autres jours de jeûne, il prenait à peine, le soir, un peu de pain, quelques fruits secs, et quelque fois une simple tasse de thé, cherchant à déguiser sa mortification en mangeant très-lentement. Lorsqu'on servait sur sa table quelques primeurs en légumes ou en fruits, il n'y touchait jamais, et après le diner, il disait doucement à ses domestiques qu'il ne fallait pas acheter des choses d'un prix si élevé. La soirée se passait au salon, à converser jusqu'à neuf heures. C'était l'heure de la prière, qu'il faisait en commua avec toute sa maison, apr s quoi il récitait matines et laudes, et puis allait faire sa visite au Saint-Sacrement, et la prolongeait bien avant dans la nuit.

Dans celte distribution de la journée. M»' de Simony n'avoit point marqué de temps déterminé pour recevoir les ecclésiastiques ou les autres personnes qui avaient à lui parler d'affaires importantes. C'est qu'en effet il était toujours visible à toutes les heures, pour ceux d'entre eux qui avaient à le consulter ou à l'entretenir sur ces matières. Toutes les fois que ses fonctions ne l'appelaient' pas au dehors, on était sûr de le trouver chez lui, et à quelque heure qu'on se présentât, d'en être reçu avec égard, avec affabilité et sans qu'on l'ait jamais vu ennuyé ou préoccupé. M. de Simony sortait peu, excepté pour la promenade, que les médecins lui recommandèrent dans les dernières années de sa vie. 11 ne fit jamais d'autres visites que celles qui lui étaient commandées par la bienséance^

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