CHAPITRE XXTI
qu'il voulul toujours conserver dans tout ce qui l'entourait, M^*^ de Simony, plein de cet esprit qui rend pauvre dans la richesse^ avait trouvé le moyen d'avoir part aux. privations de la pauvreté volontaire. Ainsi, par amour de la simplicité, sa maison n'élait composée que des personnes dont il ne pouvait se passer par bienséiince; encore trouva-t-il le moyen de la réduire dans les douze dernières années de son épiscopat. Par amour de la pauvreté, il attendait à l'eitrémité pour se donner du linge ou un habit ; par amour de la pauvreté, Ms' de Simony choisissait toujours ce qu'il y avait de plus commun et de moins cher pour tout ce qui servait à son usage. Une petite table de bois, recouverte d'une serviette, faisait toute sa tojlette ; son lit n'était composé que de deux petits matelas^ d'un traversin sans oreiller et d'une couverture de coton hiver comme été, et sa garde-robe, dont on fit l'inventaire après sa mort, annonçait une simplicité presque voisine de l'indigence. Il n'y eut jamais dans son palais épiscopal qu'une seule pendule dans le salon de réception, encore ne lui appartenait-elle pas. Dans tous les autres appartements, une table, quelques chaises, un crucifix, quelques objets de piété formaient tout l'ameublement. Lorsque après sa démission, il se retira dans une maison particulière, on lui proposa d'acheter une pendule, il répondit : ce Nous nous en sommes bien passé jusqu'à présent , nous tâcherons de faire encore de même. Ms' de Simony joignait à cet amour, à cette pratique de la pauvreté volonuiire, un amour non moins grand pour la mortification. Gomme il ne s'imposait aucune pratique qui pût être remarquée, on aurait pu croire d'abord que
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Sd vie était ordinaire; mais quand on l'observait de plus près, on découvrait facilement qu'il ne laissait échapper aucune occasion de se mortifier, ne se plaignant jamais de ce qui lui manquait , soit dans son service, soit dans sa table, souffrant volontiers toutes les incommodités des saisons, surtout celle du froid auquel il était cependant fort sensible. Enfin, pour terminer ce court exposé de sa vie intérieure et domestique, nous pouvons dire que M^*" de Simony offrit constamment dans tout l'ensemble de sa vie, tant privée que publique, un si heureux assemblage de toutes les vertus épiscopales, que lorsqu'on voulait se former une idée des saints évèques des premiers siècles, il se présentait naturellement à l'esprit comme le type le plus accompli du pontife chrétien. C'est^le jugement qu'en portait après sa mort un bomme distingué appartenant à cette famille protestante avec laquelle W de Simony était en relations, a Celte belle et douce figure, écrivait-il, s'était imprimée dans mon coeur comme la personnification d'un de ces nobles types apostoliques qui s'en vont au milieu des conlro* verses et des petitesses de notre siècle. »