CHAPITRE XXTII
CHAPITRK XXVII.
Mfv 4e Simony donne sa démiesioii. -^ Nomination et saere de Mfic de Cturdignies. -* Retraite de Jilgr de Simony.
Depuis quelques années, la profonde humiUlé de M*' de Simony, jointe aux infirmités d'une nature épuisée par Tàge et par les fatigues, lui avait inspiré de se décharger du lourd fardeau de Tépiscopat, et de faire par avance, comme il disait, ce que la mort devait faire bientôt. Les longues cérémonies, la visite de son diocèse, les confirmations et la prédication qu'il ne voulut jamais y omettre, lui étaient devenues trèspénibles. On le priait de venir présider une cérémonie solennelle dans une maison religieuse, a Hélas, ré« pondait-il, je voudrais seulement suffire à ce que de* mande de moi mon diocèse. » Sa timidité naturelle augmentant d'ailleurs avec Tàge, ne lui permettait plus de parler en public avec toute la liberté nécessaire au développement de ses idées, et il lui arriva quelquefois , au sortir d'une confirmation , de dire dans toute la candeur de son humilité à ceux qui l'accompagnaient : « Vous le voyez, je ne suis plus bon à rien. » Pendant la retraite ecclésiastique de 48i5, sa résolution fut connue de son clergé : tous les prêtres se réunirent aussitôt pour conjurer ce bon pasteur de ne pas rompre les liens si doux et si forts qui l'attachaient à son troupeau, et de continuer à le cooduire
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dans les pÀtorages de la vie. Mt' de Simony ne put résister aux instantes prières qui lui étaient faites, et il ranima tout ce qui lui restait de forces pour le consacrer au bien de ses enfants. C'est alors qu'il conçut un projet qui lui permettait de concilier le désir de son clergé avec les devoirs indispensables de Tépiscopat; ce fui de demander un coadjuteur pour partager avec lui le poids de l'autorité pastorale, pour être la lumière de son administration et la consolation de sa vieillesse ; mais le gouvernement ne crut pas devoir faire droit à sa demande. Cependant le poids des années se faisait sentir avec les inârmités qui en sont la suite. Un voyage qu'il fit dans le midi, où il passa l'hiver de 4845, d'après le conseil des médecins, l'avait peu soulagé^. Enfin ses forces ne répondant plus à son zèle et à son dévouement, le 31 mai 4847, il crut devoir déposer sa démission aux pieds du Souverain Pontife. Celte nouvelle ne pût demeurer si secrète que le bruit ne s'en répandit parmi son clergé. Ms** de Simony présida lui-même encore à tous les exercices de la retraite ecclésiastique; avant de se séparer, un de
* Nous ne pouvons passer sous silence ce qu'on nous écrit de la Tille d*Âpt, où Ms' de Simony passa quelques mois^ chez une de ses nièces, M>n« la marquise de Chantez. M«r de Simony ne tarda pas à être apprécié comme il le méritait, et depuis le premier magistrat jusqu'au dernier des habitants, tous n'eurent qu'une voix pour l'admirer, le vénérer pendant son séjour, et le regretter après son départ. Le jour de Noél, il combla les vœux de la population aptésienne en officiant pontificalement dans l'ancienne cathédrale, privée depuis si longtemps de la magnificence que la présence de ses pontifes donnait à ses solennités. Aussi, quoique depuis cette époque bien des jours se soient écoulés, la nouvelle de sa mort a été pour toute la ville un jour de véritable deuil.