CHAPITRE XXYII
messieurs les Doyens, organe de tout le diocèse, lui exprinia les regrets et la douleur que la nouvelle de sa démission ei^citait dans tous les cœurs. M^' de Simony, vivement attendri, répoudit avec une émotion qu'il cherchait en vain à dissimuler, que Dieu seul savait ce qu'il lui en coûtait pour rompre des liens plus forts que la mort, mais qu'il fallait remettre tout entre les mains de sa Providence; que du reste, quelque fût le lieu de sa retraite, son coeur demeurerait toujours au milieu des siens, ^ous, alors fondirent en larmes; lui-même avait peine à retenir les siennes. Les enfants ne pouvaient quitter leur père, et le père ne pouvant s'arracher du milieu de ses enfants, semblait leur dire aussi : Que faites-vous donc en pleurant et en affligeant mon àme. (Act. xxi). Je ne vous oublierai jamais; je vous porte tous dans mon cœur et vous y vivrez jusqu'à mon dernier soupir.
Ce changement, sollicité avec instance par le vénérable prélat, ne laissa pas que de l'impressionner vivement. (( Depuis ce matin je ne suis plus qu'ancien évéque de Soissons et administrateur apostolique, écrivait-il le joui* même à M. Ruellan, son grand vicaire et son ami. Cette pensée que mes liens avec le diocèse sont changés, sinon rompus, m'a été amère. Mais ce sacrifice, je le fais volontiers à la volonté divine. Puisse-t-elle le recevoir en l'agréant, et en le faisant tourner au plus grand bien du troupeau I »
Le ^5 août suivant, la démission de M»'^ de Simony fut acceptée par sa sainteté Pie IX, qui lui écrivit à cette occasion, un bref rempli des témoignages les plus honorables et les^plus justement mérités. En agréant celte démission, le Pape investissait M^ de
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Siroony de pouvoirs spéciaux qui lui permeitaient de gouverner le diocèse jusqu'à rinstallcftion de son successeur. W^ de Siniony remit alors aussi sa démission entre les mains du roi. Mnis une pensée préoccupait vivement son ccaur, sa sollicitude paternelle eml>ras* tait Tayenir, et il se demandait à qui désormais allait être confiée la conduite de son cher troupeau. Aussi erot-il lui donner une dernière nrarque de son affection en désignant lui-même au choix du roi celai qu'il croyait le plus capable de Uii succédef , et de perpétuer le bien qu'il avait cherché à f^ire. Ses saintes prières, celles d'un clergé qui n'avait d'autres désirs que tes siens, obtinrent de Dieu que le vœu de son eœnr fût réalisé, et le 49 novembre 1848, le ministre des cultes lui écrivait directement pour qu'il apprit le premier, et qu'il annonçai lui-même à M. de Garsignies sa promotion à l'évéché de Soissons, haute distinction qui était accordée au mérite de M. de Garsignies, autant qu'à l'autorité de sa recommandation. Si quelque chose était capable d'adoucir les cuisants regrets du clergé et des fidèles, en présence de la retraite d'un pontife si vénéré, c'était de le voir remplacé par celui qu'il avait comme choisi lui-même à l'avance pour son successeur. Aussi, cette nouvelle fut alors reçue partout avec les témoignages de la plus vive reconnaissance pour le pouvoir qui avait déféré aux vœux du clergé et du peuple i^unis à ceux du premier pasteur. Une expérience de plus de dix ans des affaires du diocèse, une connaissance intime du clergé, un zèle infatigable, semblaient être le gage et l'assurance des biens que présageait une élection si vivement désirée. Ce sont les sentiments que M»* de