‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 97 sur 118 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Simony exprimait à son futur successeur dans la lettre suivante :

« Tout ce que j'ai pu ffiire jusqu'ici, très -cher seigneur, c'est d'écrire au ministre pour le renoercier. Je viens à vous maintenant, mon bien>aimé, et sans pouvoir vous exprimer le calme qui règne dans mon àme, depuis qu'il m'est donné d'être assuré que c'est vous qui êtes destiné par le prince des pasteurs à réparer ce que j'ai si mal fait, et à suppléer ce que j'aurais dû faire et que je n'ai pas fait. Je vous laisse, cher ami, une lourde besogne, mais je la vois avec pleine confiance entre vos mains. Tout vous dit que vous devez la recevoir et l'entreprendre aveala même confiance. S'il y a eu un pasteur désiré, c'est bien vous. Tous les cœurs viennent à vous, ils vous aiment et vous les aimerez; rien donc ne vous sera difficile. D^âilleurs l'aide de Dieu pourrait- elle vous manquer, puisque c'est lui qui vous appelle? Quant à moi, il ne me reste qu'à bénir la divine Providence qui a permis que je visse ce jour heureux et que je pusse m'approprier quelque part dans les bonnes œuvres qu'il vous sera donné dé faire.

» Maintenant j'ai plus bâte que jamais de vous revoir. Je compte quitter Ghamenais jeudi et Mon^ targis lundi.

r> Adieu, bien-aimé seigneur, en attendant que je vous donne le baiser paternel. »

11 restait à solliciter de W^ de Simony une dernière faveur : c'était qu'après avoir conféré l'onction sainte à son successeur, il voulût bien choisir sa retraite au milieu de ses enfants, et, comme le lui exprimait si dignement le Chapitre de la cathédrale, qu'il leur fût

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donné de coDtinuer le combat du Seigneur sous Pinfloence de ses vertus et dans la communion de ses saintes prières.

La réponse que M*' de Simony fit à c^tte lettre, doit trouver ici sa place; elle est, pour le Chapitre de TEglise de Soissons, un dernier et riche souvenir de Tépiscopat de M»' de Simony, et un précieux témoignage de sa foi, de son humilité et de sa tendre affection pour tout son clergé.

a Dans la nécessité que me fait raffaiblissement de mes forces, de résigner en des mains plus assurées le gouvernement d'une Eglise pour laquelle j'aurais si volontiers donné ma vie, rien ne pouvait m'étre plus consolant que l'expression des sentiments que vous voulez bien me conserver. J'y trouverai, pendant les jours de ma retraite, de nouveaux sujets de me réjouir et d'élever constamment mes mains vers le Seigneur pour en obtenir des grâces plus abondantes, s'il est possible, et toutes les bénédictions qui vous ont constamment rendus si vénérables aux yeux du clergé et des fidèles, et si chers à mon cœur. Ce cœur, Messieurs, vous restera toujours uni, surtout pour bénir la divine Providence du choix qu'elle a fait d'un pasteur selon son cœur, pour réparer tout ce qui a pu, dans mon administration, échapper à mon insuffisance et à ma faiblesse; et une de mes plus douces pensées sera toujours une action de grâces pour la bonté divine, qui l'a réservé pour monter après moi sur le siège de Soissons.

« Désormais, Messieurs, je n'aurai plus à penser qu'aux années éternelles, il ne me reste qu'à vous prier de m'aider à m'en assurer la jouissance. Un

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