‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 98 sur 118 · V CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

V CHAPITRE XXVII

souvenir de votre part devant Dieu adoucira Texamen que doit faire* le juste Juge d^un long épiscopat, et m'assurer un jugement favorable. Je vous le demande en vous assurant un juste retour. if>

M*' de Garsignies ayant été préconisé dans le consistoife du 47 janvier 4848, le jour de son sacre fut fixé au 25 février, jour où TEglise célébrait cette année, la fête de saint Mathias, apôtre. L'évéque consécrateur devait être U^ de Simony, assisté de M»' Gousset, archevêque de Reiras, et de M»' Mioland, évêque d'Amiens. C'était à M*' Tarchevêque de Reims qu'appartenait le droit de conférer au nouvel élu Ponction épiscopale; mais M^' Gousset, par un sentiment d'exquise délicatesse qui fut apprécié de tous, déféra cet honneur à M**^ de Simony, et voulut être son assistant. Toutes les mesures furent prises pour donner à cette imposante cérémonie toute la pompe et la majesté possibles, et en rendre la vue accessible au grand nombre de personnes qu'elle devait attirer dans la cathédrale de Soissons. Une estrade fut dressée à l'extrémité de la nef, contre la grande porte du chœur. On y avait élevé deux autels, et disposé le tout de manière à ce que les cérémonies du sacre pussent s'y déployer dans toute leur magnificence. Le 25 février, malgré les préoccupations si graves que le bruit des événements, accomplis la veille à Paris, ne pouvaient manquer d'exciter, la ville épiscopale prit un aspect inaccoutumé. L'immense basilique put à peine suffire à cette immense multitude accourue de toutes parts pour être témoin de cette belle cérémonie qui retraçait les pl<is beaux jours de l'Eglise, et par son caractère antique, et par le concours d'un nombreux clergé, et

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par la rénnion de sept des plus illastres prélats de FEglise de France; c'étaient, outre les trois évéques coDsécrateurs, son Eminence le cardinal Giraud, archevêque de Cambrai; M»' de Prilly, évèque de Châ- Ions; Ms' Gignoux, évéqne de Beau vais, et M^ de Marguerye, évèque de Saint-Flour. La procession se rendit, de la chapelle du grand séminaire au palais épiscop^d, et en sortit sur deux lignes majestueuses, composée des élèves du grand séminaire, d'un grand nombre d'ecclésiastiques du diocèse et des diocèses voisins; elle se terminait par Taugoste cortège des sept pontifes, qui marchaient, la mitre en tète, autour de celui qui, simple prêtre encore, allait devenir leur collègue et leur frère dans Tépiscopat. Nous n'essaierons pas de retracer ici cette touchatite et magnifique cérémom'e qui unissait si étroitement au pied d^ autels deux évêques, l'un plein de jours et de vertus, l'autre plein de zèle et d'espérances. L'Ëglise de Soissons n'avait plus à craindre le deuil et les embarras de la viduité; le jour qui lui enlevait un évèque sage et pieux, lui redonnait un premier pasteur qui' paraissait rempli du même esprit, et orné par avance de toutes les vertus pontificales. Une des scènes les plus attendrissantes fut celle où le nouveau pontife, d'une voix émue, et les yeux pleins de larmes, donna sa première bénédiction à cette innombrable multitude, puis s'agenouillant trois fois devant son auguste con* sécrateur, lui souhaita de longues années, selon la prescription du pontiBcal, ad multos annos. Dieu devait exaucer ces voeux, mais, comme le dit Bossuet, d'une manière plus haute que celle que nous entendions, en donnant, à an an de distiioce, à cet humble et pieux

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