CHAPITRE VH
Fondation de la Colonie de Montréal.
“ Elle est précieuse devant le Seigneur, la mort de ses saints ! ” (Psaumes)
Au moment où M. Olier jetait à Vaugirard les fondements de son oeuvre, et en poursuivait l’accomplissement avec une énergie surhumaine, en réformant la paroisse de Saint-Sulpice, en y établissant son séminaire, il menait de front une autre entreprise plus difficile et plus délicate «encore, pour laquelle l’inspiration de Dieu et Sa paternelle protection lui furent encore plus indispensables : c’était l’établissement d’une colonie chrétienne à Montréal.
Les récits des missions du Canada, les souffrances et le martyre des apôtres qui y travaillaient, la ferveur des néophytes lui avaient dès ses plus jeunes années donné le désir de travailler à l’évangélisation de cette lointaine contrée. Dieu ne le voulut pas, et lui révéla du moins que pour un temps sa place était à Paris au sein de sa communauté. Mais, pressé par sa charité, cet apôtre de désir chercha s’il ne pourrait pas, par quelques moyens, aider à cette ■sainte œuvre.
Il remarqua que les diverses missions s’éparpillaient dans toutes les directions de ces vastes solitudes sans avoir d’autre centre que Québec, beaucoup trop éloigné du Canada supérieur, pour que le commerce et les relations avec les Français amenassent une transformation durable. Sans désapprouver la direction de ces co-
3onnes volantes de missionnaires, qni se portaient de tribu en tribu, et qui est peut-être la seule possible dans les pays gouvernés par des princes païens, il crut qu’un autre mode d’évangélisation produirait peut-être un effet plus durable et moins hasardeux dans des pays protégés par le drapeau de la France.
Reprenant donc la pensée des religieux Bénédictins, les grands civilisateurs des barbares, il se convainquit que le plus sûr moyen, et en même temps le moins dispendieux, de convertir le Canada était d’établir, à l’exemple des enfants de saint Benoît, un vaste centre d’opérations, d’où les missionnaires pourraient rayonner partout aux environs, mais où surtout les sauvages afflueraient pour les échanges, sans que leur nombre ou leurs dispositions pussent devenir un danger pour l’établissement.
L’ile de Montréal, à 60 lieues de Québec, protégée par les bras de ses deux grands fleuves, et lieu nécessaire de réunion pour les sauvages du haut et du bas Canada, lui semblait marquée providentiellement pour être le foyer, d’où la lumière allait pénétrer de proche en proche jusqu’au fond des plus vastes solitudes. Le père LeClercq, religieux Récollet, qui connaissait ces missions, rend hommage au coup d’œil de M. Olier, et écrit à la fin du même siècle que, de tous les projets faits pour convertir les sauvages, il n’y en a point eu de plus désintéressé, de plus solide et de mieux concerté. M. Olier pensait le devoir moins à sa sagacité qu’à l’inspiration de la sainte Vierge, et c’est pour cela qu’il voulut cpie la nouvelle fondation s’appelât Ville-Marie.
Restait à trouver des ouvriers et des ressources — Pendant qu’il y songeait, il fut forcé de se rendre à Meudon près du garde des sceaux,
pour traiter quelque affaire urgente. En sortant de l’audience du ministre, il rencontra sous la galerie un homme de chétive apparence qui arrivait de La Elèche, et attendait son tour d’audience. C’était un pauvre receveur des finances sans bien, sans appui, sans charme de parole, ni d’extérieur, et que la Providence chargeait d’une des plus étranges et difficiles missions pour son état : l’établissement d’une communauté d’hospitalières chargées de desservir un hôpital qui n’existait pas, dans une ville à fonder, et dans un pays à peine découvert.
Cet audacieux se nommait Jérôme Leroyerde la Dauversière. “ Ni les devoirs de sa charge “ de receveur des finances, ni les obligations de “ la vie de famille, ni sa qualité de laïque ne “ l’avaient empêché de s’intéresser aux œuvres “ de zèle et de se livrer aux pratiques les plus “ mortifiantes de la vie parfaite. ” (1) Il portait une ceinture et des gants remplis de pointes très aiguës. La Providence, pour le purifier de tout esprit personnel, s’était appliquée •à le faire passer par les épreuves les plus pénibles, en même temps “ cju’Elle relevait son cou- “ rage par les plus hautes communications. “ Levant pour lui les voiles de l’espace, Dieu lui “ avait montré, comme au fondateur de Saint - “ Sulpice, les rivages de l’île choisie du ciel, et “ la place de Ville-Marie au pied de sa monta- “ gne, et au bord de son grand fleuve. ”
A peine M. Olier l’eût-il aperçu sous cette galerie de Meudon, où ils se rencontraient si inopinément, et à peine eût-il jeté les yeux sur M. Olier, “ que ces deux hommes qui ne' “ s’étaient jamais vus, illuminés soudainement
(1) Vie de Mlle Mance, par M. Leblond.
par une clarté intérieure, tombent dans les “ bras l’un de l’autre, s’appellent par leurs noms, se traitent de frères, se font part de leurs mu- “ tuels projets, et se mettent à parler de cette “ colonie de Montréal avec des détails topogra- “ phiques si exacts, qu’on eût dit qu’ils y “ avaient passé de longues années ensemble. C’est ainsi, dit M. Faillon, que s’abordaient les Paul et les Antoine au désert. ” (1)
Ils s’entretinrent pendant trois heures de leurs mutuels projets, qui se trouvèrent concorder de point en point, et comme M. de la Dauversière "venait réclamer du ministre des secours pour l’accomplissement de son dessein, M. Olier lui mit cent louis d’or dans la main, en lui demandant de le mettre de la partie chaque fois qu’il s’agirait de Montréal.
Ces deux pères de la patrie, qui réglaient ainsi sous l’œil de Dieu les destinées de notre ville, se séparèrent alors pour chercher des collaborateurs. Ils vinrent à leur heure : M. Olier réussit presque aussitôt à former une société dite de Notre-Dame de Montréal, composée des personnes les plus zélées et les plus capables d’appuyer son projet. M. de la Dauversière se fit leur procureur.
Mais, avant de faire des dépenses pour la colonisation de cette île lointaine, il fallait s assurer de la bonne volonté du propriétaire. Le Montréal appartenait à M. de Lauzon, intendant du Dauphiné, à qui la société générale du Canada l’avait donné, à condition qu’il y fondât une colonie. Mais l’intendant ne semblait guère plus disposé à céder l’île qu’à faire honneur à ses engagements. M. de la Dauver- .sière s’inquiétait : Dieu lui envoya le père
,{1) Ibid.
Lallemand, frère du père Jérôme Lallemand et oncle du glorieux martyr de ce nom, qui occupait en ce moment à Paris la place de procureur des missions canadiennes. Il connaissait M. de Lauzon et en était estimé : il voulut bien accompagner M. de la Dauversière en Dauphiné, et contribua beaucoup à décider l’intendant à céder Montréal aux 45 associés de Notre-Dame. L’acte de cession fut signé le T août 1640, et aux conditions auxquelles l’ile avait été reçue.
Rassurés de ce côté, les actionnaires préparèrent un double convoi pour transporter les personnes et les vivres nécessaires à cette entreprise. Une trentaine de familles, animées plutôt par des motifs de religion que par le désir de faire fortune, se disposèrent à s’embarquer au printemps de 1641.
Mais il fallait un chef à cette expédition. Un homme aussi ferme que prudent, aussi habileque brave, M. Paul Chaumedy de Maisonneuve se présenta : c’était le Godefroy de Bouillon de la nouvelle croisade. Il avait la piété, le désintéressement, et toutes les qualités requises pour un projet de cette nature ; c’était en même temps un soldat brave et expérimenté, et un chrétien de foi antique.
Avant le départ, une jeune fille vint de Langres à Paris exposer à M. Olier qu’elle se sentait appelée par Dieu pour aller en Canada travailler à l’évangélisation de ces contrées. Elle s’appelait Jeanne Mance, avait reçu une belle éducation, et était aussi remarquable par la distinction de ses manières que par sa vertu et sa modestie. Elle ignorait encore la mission que la Providence lui réservait en ces contrées, mais le riche don qu’elle reçut de Mme de Bullion pour fonder un hôpital à Ville-Marie lui fit déjà
ipressentir la volonté de Dieu sur elle. M. Olier approuva son dessein, et reconnut en elle desmarques très spéciales de l’appel de Dieu. Elle ■partit pour la liochelle, d'où deux navires s’apprêtaient à mettre à la voile avec M. de Maisonneuve, le père Laplace, et près de quarante hommes.
Arrivé à Québec le 24 août, M. de Maisonneuve aurait voulu partir aussitôt pour Montréal : on lui représenta que la saison étant trop avancée pour songer à faiie un établissement,, on ne pouvait tenter qu’une reconnaissance des. lieux. Il vint donc le 15 octobre 1641 prendre possession de l’ile au nom de la compagnie, et redescendit à Québec passer l’hiver près de ses compagnons. Mlle Mance et Mme de la Peltrie, qui aidait les Ursulines à évangéliser les sauvages, s’ingénièrent à adoucir aux émigrants l’ennui d’un premier hiver, et dès le 8 mai 1642,, une petite flotte consistant en deux barques, une pinasse et une gabarre, partit de Saint- Michel du Puyseau emportant toute l’expédition du Montréal. Le 18, les colons débarquèrent à la pointe à Callière, et résolurent de s’établir dans cette position entre le fleuve et la rivière qui s’y jetait, ce qui des deux côtés les mettait à l’abri des surprises des sauvages.
Le jour même, Mlle Mance et Mme de la. Peltrie dressèrent un autel où le père Yirnont célébra, puis dans une chaleureuse allocution pronostiqua la grandeur future de Montréal. La première chapelle n’était qu’en écorce, et comme les pauvres colons ne pouvaient se procurer d’huile, ils durent pendant longtemps se résigner à placer dans un vase des mouches à feu, qui éclairaient le rustique sanctuaire.
La première année fut heureuse, sans maladie et sans attaque des sauvages : peut-être le
•devait-on aux prières de M. Olier, et surtout à la pieuse pensée qu’il avait eue de consacrer •cette île à Marie le 2 février 1642, au nom et avec l’assentiment de tous les associés qui l'accompagnaient dans ce but à Notre-Dame.
Mais l’année suivante, la lutte commença. Les Hurons, en partie baptisés, succombaient •sous les coups des Iroquois, et ce rempart détruit, ces sauvages ennemis espéraient écraser lia poignée d’Européens débarqués sur leurs bords. ° Ce fut une lutte héroïque, une agonie de dix ans : resserrés dans un cercle de fer et de feu qui se rétrécissait chaque jour, les associés ne durent qu’à la protection du ciel et à l’héroïsme de M. de Maisonneuve de sauver leur vie et leur œuvre. Une piété angélique régnait parmi •eux ; le désir du martyre était dans tous les cœurs ; les maisons, placées sous la protection •d’un saint, étaient ouvertes à tous les membres .de la colonie ; matin et soir, le chef de famille récitait la prière suivie de l’examen de conscience.
L’année suivante, M. d’Ailleboust vint prêter à M. de Maisonneuve l’aide de son expérience et de ses connaissances en fortifications : l’érection de l’Hôtel-Dieu compléta l’installation préliminaire. Les Algonquins de l’ile et des sauvages des contrées les plus distantes commencèrent à y affluer, et à venir demander le baptême. “ Ils disent tous, raconte le père Vimont “ dans la Relation de cette année, que c’est à “ Tille-Marie qu’ils veulent être instruits et “ baptisés, et non-seulement ceux qui ont déjà
le bonheur d’y demeurer, mais même ceux des “ nations plus éloignées au-dessus de nous.”
L’œuvre réussissait donc et obtenait son but ; mais elle ne pouvait se soutenir au milieu de ces combats qui empêchaient presque toute
culture, sans des sacrifices énormes de la part des associés. Mlle Mance, M. de Maisonneuve vinrent successivement faire appel à leur géné- §’ouyerncur surtout insistait près de M. Olier pour qu’il leur donnât les prêtres de sa compagnie qu’il avait promis pour cette œuvre ; les associés le pressèrent de céder à cette réclamation : il hésit ait, malgré son désir, pressé qu il était par toutes sortes de demandes.
Enfin il choisit M. de Queylus, abbé de Loe- Ifieu, que les ressources considérables dont il disposait, sa réputation de zélé missionnaire et de supérieur de Yiviers désignaient naturellement pour diriger cette fondation. M. Souart fut désigné comme curé de Ville-Marie, et M. de G-alinée eut la charge de former un village de sauvages, et de l’évangéliser. M. Dallet devait servir de secrétaire à M. de Queylus nommé vicaire général du Canada par l'archevêque de Rouen.
Tous les prêtres de M. Olier auraient voulu faire partie de la sainte expédition. M. Le Maître lui promit même que s’il l’envoyait en Canada, il irait partout à la recherche des sauvages : “ Vous n’en aurez pas la peine, dit M. “ Olier, ils viendront bien vous chercher eux- “ mêmes, et vous vous en trouverez si environ- “ né, que vous ne pourrez leur échapper. ” La prophétie s’accomplit deux ans après la mort du serviteur de Dieu.
M. LeMaître, qui avait enfin obtenu de passer en Canada, et dont la charité avait admirablement éclaté pendant la traversée envers ses compagnons presque tous malades ou mourants de la peste, se mit à l’œuvre avec un cœur d’apêtre. Nommé économe de la communauté, il se montra d’une charité sans bornes pour les
pauvres sauvages, et d’un, dévouement sans fin pour les colons.
Le 29 août 1661, il accompagna dans les champs de Saint G-abriel ses moissonneurs qui venaient y faire la récolte, et se mit à faire la garde, tout en récitant son bréviaire. Il vint si près des Iroquois cachés dans les broussailles, que ceux-ci se croyant découverts, fondirent sur lui avec de grands cris. Sans souci du danger pour lui-même, il cria à ses hommes de se sauver : les sauvages, voyant leur proie leur échapper, s’en vengèrent sur lui, et lui tranchèrent la tête. Ils l’emportèrent dans un mouchoir, mais ses traits, racontent les hospitalières et tous les récits de ce temps, y demeurèrent empreints : “ Ce qu’il y a de particulier,
“ écrivent-elles, c’est qu’il n’y avait point de sang “ au mouchoir, et qu’il était très blanc ; il pa- “ raissait par dessus comme une cire blanche “ très hue, qui représentait la face du serviteur “ de Dieu. ”
On dit même qu’elle leur parlait parfois et leur reprochait leur cruauté, et que, pour se délivrer de cet oracle qui les effrayait, ils vendirent le mouchoir aux Anglais. Hoondoroen, son meurtrier, se convertit et mourut à la mission de Saint-Sulpice.
Quelques mois après, le compagnon de voyage de M. LeMaître et son successeur comme économe, mourut aussi martyr de son zèle. Il s’était rendu à l’Ile à la Pierre avec une douzaine d’ouvriers, afin d’y prendre des matériaux pour la construction du séminaire qu’on bâtissait alors. Il tomba avec ses compagnons dans un gros de sauvages qui s’étaient cachés, et la plupart furent pris, blessés ou tués avant d’avoir pu regagner leurs bateaux. M. Vignal, atteint d’une balle, ne survécut que deux jours, et édifia ses
compagnons par sa résignation et sa tendre pitié pour eux. Les Iroquois, voyant qu’il allait échapper au poteau du supplice, firent rôtir sa chair et la mangèrent.
M* Olier ne connut point les travaux, les souffrances et le martyre de ses enfants : il était mort avant que M. de Queylus pût mettre à la voile, mais sa tendre sollicitude pour la colonie demeura jusqu’à sa dernière heure. Avant de mourir, il supplia ses successeurs de continuer cette œuvre, parce que, disait-il, c’est la volonté de Dieu ; et les Messieurs de Saint-Sulpice recueillirent cette recommandation comme un des codicilles les plus sacrés du testament de leur père. Quelque onéreuse qu’ait toujours été la continuation de ce dessein, pour la Compagnie, elle lui a sacrifié sans hésiter ses ressources, ses soins et ses membres avec la plus complète abnégation. Aussi, quand, le 9 mars 1663, la Compagnie de Montréal crut ne plus pouvoir faire face à ses obligations,et pria Saint- Sulpice de lui succéder, le séminaire fit passer toutes les considérations d’intérêts et de prudence humaine après cette vue : “ Avant tout, “ accomplissons la volonté de notre saint fonda- “ teur ! ”
MM. de Bretonvilliers, de Queylus et du Bois y mirent leur fortune ; des prêtres distingués par la naissance et la richesse se donnèrent tout entiers eux et leurs biens à cette œuvre de la conversion des sauvages. M. de Belmont acquitta les 120,000 livres de dettes de la Compagnie de Montréal, en donna autant pour rétablissement des diverses œuvres, et laissa plus de 200,000 livres de biens patrimoniaux pour les soutenir après sa mort. Combien d’autres firent ainsi ! Pendant plus de cinquante ans, Paris n’envoya à cette mission que des prêtres capa-
blés de payer leur pension, pour avoir droit de participer à cette évangélisation.
Ce désintéressement inouï dans l’histoire des congrégations les plus désintéressées a sauvé, maintenu, et enfin développé cette colonie, qui est aujourd’hui le plus beau joyau du Canada. Le séminaire de Paris y a fait passer deux fois la valeur de l’ile, et dans les 60 premières années, plus de neuf cent mille livres, comme on peut en juger d’après les archives de la marine à Paris. Que l’on juge de ce que représenteraient ces sommes aujourd’hui ! (1)
Mais quelque onéreuses qu’eussent été ses charges, lorsqu’à la conquête (P763), le séminaire de Paris se vit dans l’alternative ou de vendre ces terres, ou d’en abandonner la propriété à la communauté de Montréal, il n’hésita pas à en laisser l’entière possession aux confrères qui y demeureraient, à condition que ces biens n’appartiendraient jamais qu’aux prêtres de Saint-Sulpice, soumis pour le spirituel au même supérieur général de Paris.
Ils ont eu la consolation qui leur tenait au cœur avant tout, celle de voir la colonie grandir pour le bien de la foi et de la religion, et devenir ce foyer de prosélytisme et d’apostolat qu’avait rêvé M. Olier. Le père Charlevoix louait l’heureuse direction donnée par les seigneurs, et la conduite exemplaire des habitants : “ L’île ressemblait, dit-il, à une communauté “ religieuse. ”
Moins de cinquante ans après sa fondation, Montréal possédait déjà 1600 habitants ; au moment de la conquête, elle balançait Québec ; aujourd’hui, elle est quatre fois plus populeuse.
(I) Voir à la lia la liste de quelques-unes des fondations de Saini-Sulpiee dans l’ile de Montréal.
Son grand et son petit séminaire préparent pour le Canada et les missions d’Amérique plus de 600 jeunes néophytes, les collèges des PP. Jésuites et des pères de Sainte-Croix sont remplis ; les communautés des Oblats, des Viateurs, des frères de la Réforme rivalisent de zèle ; l’Hôtel-Dieu, la Congrégation et vingt autres maisons religieuses répandent le bien dans toute la contrée. Il n’y a peut-être pas une ville dans la catholicité qui possède d’aussi beaux et d’aussi vastes établissements religieux et ecclésiastiques.
Soyez donc béni, humble prêtre qui avez préparé tout ce bien, et gardez toujours votre place d’honneur parmi les pères de la patrie !