‹ Vie de N.-S. Jésus-Christ [microforme]Chapitre 115 sur 154 · C'EST-A · texte numérisé non relu

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LÉGENDE

Le Très-saint Cénacle, tout le monde le sait, se trouve sur le mont Sion, au Sud de la Ville Sainte,

Notre Gravure montre l’intérieur du Très-saint Cénacle. L’'Impératrice sainte Hélène éleva une Basilique sur le Cénacle.

Après expulsion des Croisés,l’ Auguste Sanctuaire fut gardé et desservi par les Religieux de saint François d'Assise. En 1551, les Musulmans s’en ‘emparèrent, et depuis cette époque, les Catholiques n’ont plus le droit d’y célébrer les saints Mystères,

L'église actuelle avait été bâtie par les Franciscains, vers l’année 1342. Comme toutes celles qui ont été élevées en ce lieu vénérable, elle comprend un étage et un rez-de-chaussée. L’étage seul est accessible aux Visiteurs. (Cet étage est divisé en deux parties. La première est le Cénacle ou Salle de l’Institution de l’Adorable Eucharistie ; et la seconde la Salle du Cénotaphe de David.

; Cénacze.— C’est dans ce lieu à jamais sacré, malgré les profanations dont il est l’objet, que Notre divin Maître prononça le sublime discours de la dernière Cène; c’est ici qu’il institua le Sacrement de son Amour ! Ë

Aujourd’hui, la Salle du Cénacle, qui mesure 50 pieds de long sur 30 de large, est en style gothique du XIV® siècle parfr:cement caractérisé.

De la Salle du Cénacle, par un escalier de 8 marches, on arrive à la Salle da Cénotaphe de David, dont nous donnerons ailleurs l’explication.

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JÉSUS-CHRIST 263 le peuple. Or, comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, vint auprès de lui une femme ayant un vase d’albâtre plein d’un parfum de grand prix, et elle le répandit sur sa tête, lorsqu'il était à table. Ce que voyant, ses disciples s’indignèrent, disant : Pourquoi cette perte ? Il pouvait, en effet, cè parfum, se vendre très cher et être donné aux pauvres. Mais Jésus le sachant, leur dit : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? C’est une bonne œuvre qu'elle a faite envers moi. Car vous avez toujours les pauvres avec vous ; mais moi, vous ne m'avez pas toujours, Cette femme, en répandant ce parfum | sur mon corps, l’a fait pour l’ensevelir. En vérité, je lL vous le dis, partout où sera prèché cet évangile, dans | le monde entier, on dira même, en mémoire d’elle, ce | | qu’elle vient de faire. Alors un des douze, appelé Judas |

Iscariote, alla vers les princes des prêtres, et leur dit : | . . . | 4

Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? Et | | ceux-ci lui assurèrent trente pièces d'argent !. Et de ce | |

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moment il cherchait une occasion favorable pour le leur

livrer. Or, le premier jour des azymes ? les disciples s'approchèrent de Jésus, disant : Où voulez-vous que nous | | vous préparions ce qu'il fuut pour manger la pâque ?

1— Trente pièces d'argent ; c'est-à-dire trente sieles, qui font environ quarante-huit francs de notre monnaie (de neuf à dix | piastres !): c'était le prix ordinaire d’un esclave. ‘ |

2— Les azymes, c'est-à-dire la fête des pains sans levain,

—La pâque : l'agneau pascal. | |

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Jésus répondit: Allez dans la ville, chez un tel, et dites-lui : Le maître dit: Mon temps est proche, je veux faire chez toi la pâque avec mes disciples. Et les disciples firent comme Jésus leur commanda, et ils préparèrent la pâque. Le soir donc étant venu, il était à table avec ses douze disciples. Et pendant qu’ils mangeaient, il dit: En vérité, je vous dis qu'un de vous doit me trahir. Alors, grandement consternés, ils commencèrent à lui demander chacun en particulier : Est-ce moi, Seigneur ? Mais Jésus répondant, dit : Celui qui met avec moi la main dans le plat, celui-là me trahira. Pour ce qui est du Fils de l’homme, il s’en a, selon ce qui cest écrit de lui; mais malheur À l'homme par qui le Fils de l’homme sera trahi : il vaudrait mieux pour cet homme qu'il ne fût pas né. Mais prenant la parole, Judas qui le trahit, dit : Est-ce moi, maître? Il lui répondit: Tu l'as dit. Or, pendant

qu'ils soupaient, Jésus prit le pain, le bénit, le rompit,

et le donna à ses disciples, ct dit: Prenez et mangez ; , 5 Ê

eeci est mon corps !. Et, prenant le calice, il rendit

grâces, et leleur donna, disant : Buvez, en tous % Car

1—Ceci est mon corps : Jésus-Christ ne dit pas: Ceci est la figure de mon corps ; ni : Dans ceci ou avec ceci est mon COrFE ; mais absolument : Æeci est mon corps, ce qui implique clairewent la transubstantiation.

2—Buvez-en tous. Cela fut dit aux douze apôtres qui tous étaient alors présents : mais il.ne s'ensuit nullement de ces paroles qu'il soit ordonné à tous les fidèles de boire de ce calice, * pas plus qu’il ne leur est ordonné de consacrer, d'offrir et 'ad-

ceci est mon sang, le sang du nouveau testament !, qui sera répandu pour un grand nombre en rémission des péchés. Or, je vous le dis, je ne boïrai plus désormais de ce fruit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai de nouveau avec veus dans le royaume de mon Père, Et l'hymne dit ?,ils s’en allèrent à la montagne des Oliviers. Alors Jésus leur dit: Vous tous vous prendrez du scandale à mon sujet pendant cette nuit; car ilest écrit #: Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées. Muis après que je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée. Or, Pierre, répondant, lui dit: Quand tous se scandaliseraient de vous, pour moi jalhas je ne me scandaliserai. Jésus lui répondit : En vérité, je te dis que cette nuit même, avant qu'un coq chante, tu me renieras trois fois. Pierre lui dit: Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierai point. Et tous les disciples dirent aussi

ministrer ce sacrement ; parce que Jésus-Christ, dans le même moment, comimanda à ses apôtres de faire cela, selon ces paroles de saint Luc (XXII, 19.): Faites ceci en mémoire de moi.

1— Le sang du nouveau testament. Comme l'ancien testament était consacré avec le sang des victimes (Ex. XXIV, 18.) par ces paroles : Ceci est Le sang du testament (Hebr. IX, 20,), de même se trouvent ici la consécration et l'institution du nouveau testament dans le sang de Jésus-Christ, répandu ici d'une manière mYstique par ces paroles: Ceci est le sang du nouveau testament.

2— Et l'hymne dit : c'est-à-dire, selon les uns, après le chant des Psaumes (CXII-CX VIT) consacrés dans les rituels des Juifs, pour la cène pascale: ou, selon d'autres, après le chant du cantique composé par le Sauveur lui-même pour la circonstance,

3— Car il est écrit : dans le prophète Zacharie, XIII, 7.

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de même. Alors Jésus vint avec eux À une maison de ampagne qui est appelée Gethsémani; etil dit à ses disciples : Asscrez-vous ici, pendant que j'irai là et que je prierai. ÆEt ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à s’attrister et à être affigé. Alors il leur dit: Mon âme est triste jusqu’à la mort ; demeurez ici, et veillez avec moi. Et s'étant un peu avancé, il tomba sur sa face, priant et disant : Mon Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi ; toutefois, non ma volonté mais la vôtre. Ensuite il gint à ses disciples, et il les trouva endormis, et il dit à Pierre : Ainsi, vous n'avez pu veiller une heure avec moi? Veillez et priez, afin que vous n’entriez point en tentation ; à la vérité, l'esprit est prompt, mais la chair est faible, Ils’en alla encore une seconde fois, et pria, disant : Mon Père, si ce calice ne peut passer sans qug J2 le boive, que votre voionté se fasse. Il vint de nouveau, et les trouva dormant, cur leurs yeux étaient appesantis. Et les ayant laissés, il s’en alla encore, et pria une troisième fois, disant les mêmes paroles. Alors il revint à ses disciples, et leur dit : Dormez maintenant, er reposez-vuus : voici que l'heure approche, et le Fils de l’homme sera livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons; voici qu'approche celui qui me livrera, Jésus parlant encore, voici que Judas, Fun des douze, vint, et avec lui, une troupe nombreuse armée d’épées et de bâtons, envoyée par les princes des prêtres et nar les anciens du peuple. Or, celui qui

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JÉRUS-CHRIST 267 le livra, leur douna un signe, disant: Celui que je baiseraï, c’est lui-même, saisissez-le. Et aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : Je vous salue, maître; et il le baisa. Et Jésus lui répondit: Mon ami, dans quel dessein es-tu venu ? Alors ils s’avancèrent, mirent la main sur Jésus et se saisirent de lui. Et voilà qu’un de ceux qui étaient avec Jésus, étendant la main, tira son épée, et, irappantle serviteur du prince des prêtres, Jui coupa l’oreille. Alors Jésus lui dit: Remets ton épée en son lieu; car tous ceux qui se serviront de l'épée périront par l'épée. Penses-tu que je ne puisse pas prier mon Père, et qu'il ne m’enverra pas à l’heure même plus de douze légions ! d’anges ? Comment done s’accompliront les Ecritures, disant qu’il doit en être ainsi? En cette heure-là, Jésus dit à la troupe : Vous êtes sortis comme contre un voleur avec des épées et des bâtons, afin de me prendre ; j'étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez point pris. Or, tout cela s’est fait, pour que s’accomplissent les Ecritures dez prophètes, Alors tous les disciples l'abandonnant, s’enfuirent, Mais les autres, se saisissant de Jésus, l’emmenèrent chez Caïphe 2? prince des prêtres, où s'étaient assemblés les scribes et les anciens du peuple, Or, Pierre le suivit de loin,

1—Dans la milice romaine, la légion était composée de six mille hommes.

2—S$elon le récit plus ample de saint Jean (XVIII, 13 et suiv.),

ils le menèrent d’abord chez Anne, beau-père de Caïphe, ct ensuite chez Caïphe.

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jusque dans la cour du prince des rêtres ; et y étant entré, il s’assit avec les serviceurs, pour voir la fin. Cependant les princes des prêtres et tout le conseil cherchaïent un faux témoignage contre Jésus, pour le livrer à la mort. Et ils n’en trouvaient point, quoique beaucoup de faux témoins se fussent présentés. En dernier lieu, vinrent deux faux témoins, et ils dirent :

Celui-ci a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et,

après trois jours, le rebâtir. Alors le prince des prêtres se levant, lui dit: Tu ne réponds rien à ce que ceux-ci témoignent contre toi? Mais Jésus se taisait. Et le prince des prêtres lui dit: Je t’adjure par le Dieu vivant de nous dire situ es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l'as dis. De plus, je vous le déclare, vous verrez un jour le Fils de l’homme assis à la droite de la majesté de Dieu, et venant dans les : nuées du ciel. Aussitôt le prince des prêtres déchira ses vêtements !, disant : Il a blasphémé ; qu’avons-nous encore besoin de témoins ? voilà que maintenant vous avez entendu le blasphème. Mne vous en semble? Et eux répondant, dirent : Il mérite la mort. Alors ils lui crachèrent au visage, et le déchirèrent à coups de poing; et d’autres lui donnèrent des souflets, disant : Christ, prophétise-nous, qui est celui qui t'a frappé? Cependant Pierre était assis dehors dans la cour ; et une servante s’approcha de lui, disant : Et toi aussi tu

1- En signe d'une grande douleur ou d’indignation, les Juifs déchiraient leurs vêtements,

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étais avec Jésus le Galiléen ? Mais il nia devant tous, disant : Je ne sais ce que tu veux dire. Et comme il sortait hors de la porte, une autre servante l’aperçut et dit à ceux qui se trouvaient là : Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Et il le nia de nouveau avec serment, disant : Je ne connais point cet homme. Peu après, ceux qui se trouvaient là s’approchèrent et dirent à Pierre : Certainement, toi aussi tu es de ces gens-là ; ton langage te décèle. Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer qu'il ne connaissait point cet homme. Et aussitôt un coq chanta. Et Pierre se souvint de cette parole que Jésus lui avait dite: Avant qu'un coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura arnèrement. Or, le matin étant venu, tous les princes des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, pour le livrer à la mort. Et l'ayant lié, ils Femmenèrent et le livrèrent À Ponce Pilate, gouverneur. Alors Judas qui lavait livré, voyant qu'il était condamné, fut touché de repentir et reporta les trente pièces d'argent aux princes des prêtres et aux anciens, disant : J’ai péché en livrant un sang innocent. Mais eux lui répondirent : Que nous importe? Vois toi-même, Alors ayant jeté l'argent dans le temple, il se retira et alla se pendre. Mais les princes des prêtres ayant pris l’argent, dirent : Il n’est pas permis de le mettre dans le trésor, parce que c’est le prix du sang. Et après s'être consultés entre eux, ils en achetèrent le champ du potier, pour la sépulture

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des étrangers, C’est pourquoi ce champ est encore aujourd'hui appelé Haceldama, c’est-à-dire le champ du sang, Alors fut accomplie la parole du prophète Jérémie, disant : Ils ont reçu les trente pièces d’argent, prix de celui qui a été apprécié suivant l’appréciation des enfants d'Israël 1, Et ils les ont données pour le champ du potier, ainsi que me l’a prescrit le Seigneur. Or, Jésus comparut devant le gouverneur, qui l’interrogea, disant : Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit : Tu le dis Et comme les princes des prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien, Alors Pilate lui dit: N’entends-tu point combien de témoignages ils rendent contre toi? Mais il ne répondit À aucune de ses paroles, de sorte que le gouverneur en était extrêmement étonné, A un des jours de la fête solennelle, le gouverneur avait coutume de délivrer au peuple un prisonnier, celui qu’ils voulaient ? Or, il y avait alors un prisonnier insigne nommé Barabbas. Le

1—{+On peut voir dans Corneille de Lapierre une longue dissertation sur ce passage de saint Matthieu, dans son commentaire sur le prophète Zacharie (Zach. XI, 12 et 15.), où le savant et pieux auteur assure avoir vu dans la Basilique de Sainte-Croix de Jérusalem à Rome, avec les précieuses Reliques de la Passion qu'on y vénère, une des trente pièces d'argent que Judas, dans son désespoir, jeta dans Le temple, avant desc retirer pour ailer se pendre.

2— A un des jours de ix fite solennelle ; c'est-à-dire pendant la fête de pâque. Corime c'était la plus grande de leurs solennités, les Juifs la désignaient assez ordinairement sous le nom de /a fête. |

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