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venait de n-primer. Bonnparls dut se readrc à Paris, où il w juililia de celte <^loitinieuse imputation. It y était àl'epoquB du iflaoûl, et il revint rn Corse au moi) de septembre aitivant , l'eiprit ciiciire Irappe' du ipectacle de cette terrible joar^ ni^c. Celte imprcBsion fut profonde. Le seatiment de lu force et de la volontc^ d'un grand peuple s'empara de ion dme valurcllemeiit passionnée , et il jura dèalors Qdélite'aux devoirs nouveaux qu'imposait à tout citojen frança il la cause triompbanta de la liberté'. A son retour en Corse , il fut profondément affecté de découvrir , dam son protecteur naturel , le chef wcret de la faction , qui voulait rendre à la Corse son indépendunce. Les relation! queson admiration et son respect avaient |>rovoque'es entre lui et Paoli prirent bientdt le caractère de re'scrvc , que la découverte de celte trahison et le sentiment du devoir devaient e'tablir, La méflance divisa des lors celui qui , in-
elle-m£nie, et celui qui , dans un grade inférieur, jurait de" remplir tout son serment envers sa patrie. Une escadre , sous les ordres du vice-amiral Truguet , chargé d'une expédition contre h Sardaigne, arrive à Ajaccio. Les forces stationnées en Corse sont mises en mouvement, et Bonaparte est spécialement chargé avec ion bataillon d'opérer une diversion contre les petites Iles qui sont entre la Corse et la Sardaigne. Mais l'expédition est Bans succès , et Bonaparte revient à Ajaccio. Paoli avait été placé sur une liste de lo généraux pour AtQ arrêté et jugé comme traître; sa tête avait été miseï prix. lise vit oblige', an mois de mai 179},
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fie lever l'étendard de U révolte pour b« propre sûreté et poar affranchir son pajrs du joug de la convention. Il rallia à lui tous les mécontens , fut élu généralissime et président d'une consulta qui s'assembla à Corté , et dont Pozzo-di-Borgo , à présent ambassadeur de Russie en France, fut nommé le secrétaire. Au retour de Bonaparte éclata la rupture entre lui et Paoli. La guerre s'alloma en- Ire les partisans de la France et ceux de l'Angleterre. Cette division fut violente , et signalée par de grands excès. PaoU alla même jusqu'à tolérer et protéger les entreprises diverses qui furent tentées par les siens pour enlever ou assassiner Bonaparte. Il a le bonheur de se soustraire aux poursuites de Paoli 9 et de rejoindre à Calvi les représentans du peuple Salicetti et Lacombe-Saint-Michel , qui ont débarqué avec des forces. Ces troupes sont dirigées contre Ajaccio, où domine le parti de Paoli. Cette entreprise échoue encore. Bonaparte, qui en fait partie , trouve le moyen de dérober tonte sa famille à la vengeance de Paoli , et de la conduire en France. Frappé avec les siens d'un décret de bannissement , il a lutté vainement , au nom de la république , contre l'ascendant de l'Angleterre , et il menace celle-ci du serment d'Annibal, en quittant sa patrie. Aussi descend-il du vaisseau qui le porte à Marseille , comme un soldat de la liberté proscrit par un traître. Les rois ont un athlète de plus à combattre , invulnérable eomme la pauvreté, implacable comme la vengeance.
Après avoir établi sa famille dans les environs do Toulon , il se rend à Nice ; le 4"« régiment d'ar-
lilleric à pied , ou il est lieutenant en premier, en garnison dans cette place. Au mois de juillc il est nommé capitaine de la aone compagnie.} son droit d'ancienneté'. Cest la fiatale période 93 et de 94 1 ^^ ^^ Montagne s'e'lève sur les juii de la rojraulc détruite , contre la liberté elle-méa Cette latte terrible entre la terreur et TËarG entraîne toutà coup la re'volution hors de ses lii tes . et- soulevé quatorze arme'es contre les ennei de la patrie; la France répète maigre' elle an c dans les triomphes qui l'immortalisent au deho La convention ne se contente pas de re'sister à to ce qui lui est oppose' , elle provoque et défie i adversaires. Comme tous les pouvoirs extraordin res , ellssent que le moyen de contenir et de su juguer les hommes , c*est de les étonner. Les giga tesques entreprises de la terreur sont sans dou l'objet des méditations de Bonaparte, car ell réalisent dans son esprit les merveilleuses victoii des républiques grecques et romaine qui ont fj l'admiration de ses premières- années, et pcut-et la politique de la convention lui révèle t-cUc secret qui donne le pouvoir.
Le siège de Lyon est terminé. Collot-d'Herbc et Foucbé de Nantes partagent dans cette coi mune détruite , que la convention ose nomm commune affranchie , l'exécrable immortalité d vengeances du comité, qu'on appelle de sal public : 4)000 habitans y furent mitraillés so leurs yeux dans l'espace de six mois. Le même so est réservé à Toulon. Les commissaires de la co] vcntion dans le Midi sont Salicetti, Albitte, Fréro Ricord ^ Robespierre jeune 9 et Barras , qui présii
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particulièrement aux opérations militaires du siège de Toulon. Le 27 août 1798 cette villea ëtë ouverte par la trahison aux Anglais, aux Espagnols et aux Napolitains. Onze vaisseaux de ligne ont été livrés à l'amiral Hood ; le contre-amiral Saint-Julien échappe avec sept qu'il conserve à la France. Louis XVII a. été proclamé au milieu de la spoliation de la marine française par ceux qui se disent les alliés de la maison de Bourbon. La malheureuse ville de Toulon est captive sous la domination des royalistes et des étrangers. Le capitaine Bonaparte a reçu ordre de se rendre à Lyon pour obtenir des poudres pour le siège , et va jusqu'à Paris , où il complète sa mission ; il fait diriger avec la plus grande promptitude sur Toulon les munitions qu'il a rassemblées , et se rend au quartier-général du corps de Cartaut , qui est devant cette place. Les représentans du peuple Salicetti , Albitte et Barras, le nomment chef de bataillon commandant l'artillerie de siège en remplacement du général Dutheil qui est malade , et tous les travaux de cette opération difficile sont abandonnés à sa direction. Les savantes dispositions qu'il prend tout-à-coup , justifient le choix des commissaires : la brèche vainement tentée jusqu'alors , est ouverte , et Toulon est repris. Les Anglais , avant d'évacuer , incendient les magasins de la mâture. Ils voudraient détruire 38 autres bàtimcns restes de nos forces navales. Mais les forçats du bagne, soudainement délivrés , se sont armés , défendent ces vaisseaux , repoussent les Anglais et reprennent leurs fers. Cet héroïsme , jusqu'alors inconnu , caractérise cette époque f qui enivrait aussi de la gloire de la
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liberté, les crimineli que la {astice arait retranches Jq nombre des citoyens. C'est encore a celte coniloite des Anglais que l'on peut justcmeDt attribuer h haine que Boaaparte ne cessa de leur porter pendant tout le temps de bb puiraance , et qu'il a oubliée tout à coup à l'époque où il devait lê plm s'en souvenir. Le ig décembre , jour de la rcddi' tion de Toulon , les reprc'sentsus nommèrent Bonaparte gênerai de brigade commandant l'artillerie de l'armée d'Italie. Dans ce poste supérieur, il encrce bientôt sur les troupes, sur le ge'néral en chef Dumerbion , et sur les reprcsenl.in? euimémes, cette influence, qui estune des puissance! du génie, et la source de cette me'moire singulière qu'il a laissée à l'Europe. Six ntoisaprésia reprise de Toulon , en mai i jg^ , les Anglais , appelés par Paoll, s'éuicnt rendus maîtres de la Corse. Trois députés de la consulta qu'il pre'eidait étaient allés offrir la couronne au roi d'Angleterre , qui l'avait acceptée. Mais Paoli avait été joué pour la viceroyauté, qui fut donnée à lord Minto. La présidence du parlement du nouveau royaume e'tait dévolue k Pozzo-di-Borgo , secrétaire de la consulta. Paoli trahi lui-même , n'est plus que le peniionnairc de ses auxiliaires devenus ses maîtres. Cependant le g thermidor (37 juillet} renverse tout h coup les hommes qui avaient inventé la terreur, et menace celui qui a fait tomber les murs de Toulon , défendus par l'e'tranger. Le général Bonaparte est arrêté à Nice par l'ordre de Salicetti et d'Albitte,àqui il a dû son avancement. Ils poursuivent en lui la confiance des représentans Ricord et Robespierre jeune , proscrit par cette révolution ,
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el se vengent ainsi du pouToir que leur autorité loi avait donne' sur eux-mêmes. Cette arrestation est robjet d'un rapport au comité de salut public ; mais quinze jours après , en vertu d'un autre rapport , oii les mêmes représentans Albitte et Salicetti exposent Fimpossibilité où ils sont , pour la reprise des opérations militaires , de se passer des talens du général Bonaparte , il est rendu à la liberté , et va reprendre ses fonctions de commandant en chef de Tartillerie. La prise d*Oneille et du col de Tende , et le combat del Cairo , sont les premiers succès de Tarmée d'Italie contre le Piémont. Ce fut après Tafiaire del Cairo que le général en chef Dumerbion cïcrivit aux représentans en mission : u C'est « au talent du général Bonaparte que je dois les sait vantes combinaisons qui ont assuré notre vic- « toire. » Bonaparte veut qu'on profite de ces avantages pour enlever le camp retranché de Ceva , centre de résistance des Piémontais ; il demande qu'on se précipite sur le Piémont , et il donne dés lors ce plan d'invasion en Italie, que depuis il exécuta. Mais les représentans du peuple, qui commandaient la campagne , se contentèrent de ce faible résultat , et retardèrent d'un an la conquête de l'Italie.
Le représentant Aubry , ancien capitaine d'artillerie , alors président du comité militaire , attache depuis en secret , comme quelques autres régicides 9 à la cause royale , profita de cette circonstance pour arrêter une carrière qui sans doute irritait sa jalousie. Chargé de l'organisation nou- Telle, il déplace Bonaparte , et veut le faire passer au eommandement de l'artillerie à l'armée de
l'Ouest, Saut dDutc'BaliiBparteaamiiDqtierait point
à sa gloire , en ncceptant un poste où il pourrait contribuer à Testioction de la guerre civile , le plus grand Seau de sa patrie , âpres la terreur ; mais il s'est filit te plun d'une autre carricre , dont la Fiance ne doit paa dire le llieàtre , et il réfute. Sur sou refus , Aubry cherche à l'humilier , en le namm;int au connaanderocot d'une brigade dans la ligne. Le général se plaint vaineuientii Barras et à Freran, qui ne peuvent vaincre l'opiniâtreté' d' A ubr]*. Bonaparte, qui a e'galetactit refuse cette der-
solitaire. Peut-étrey serait-il oublié, si le représentant Pontécoulant, qui remplace Aubry dans la direction des affaires militai res,età qui les taleus et les
services de Bonaparte sont connus, ne l'arrachait à sa vie obscure , et ne le replaçait sous les yeui du gouvernement , eu l'attachant aux. travaux du plan de campagne dont s'occupe le comité de la guerre. Ce service, peu connu peut-être, fut toujours présent au souvenir de Bonaparte , dont la reconnaissance fut rendue publique quelques annéei aprcs, quand, devenu premier consul , il s'empressa d'appeler au sénat M. de Pontécoulant , le jour ou son âge lui permettait d'y aspirer. Letourneur, de la Manche , qui remplaça Pontécoulant à la direction des affaires militaires, fut moins favorable à Bonaparte , qui depuis oublia son injustice. Mais alors il forma le projet d'aller offrir ses services au sultan. II en fut détourné par des circonstances qui nous sont inconnues , et il se livra plus que jamais à l'étude militaire et il la retraite. Une grande destinée Ta naître de cette courte époqae
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de repos, nnîqae dans sa vie. Il ignore lui-même qae le travail de son obscurité prépare la plus haute fortune où un Français puisse atteindre : il n*aime encore que la gloire et la liberté'. Toutefois, peut-être, il voudrait cre'er cette gloire et fonder cette liberté'. Ce fat alors aussi qu'il connut Mme de Bcaubarnais : ce fut sa première passion. Il se la dissimule long-temps h lui-même , et encore plus à celle qui en est Tobjet. Ce sentiment , qui doit tant influer sur sa vie , puise une force nouvelle dans Tespcce d'abandon où il languit à Paris. Le besoin de se confier à un autre lui-même e'tait impérieux, en lui : il lui fallait un ami , qui ne fut ni un favori ni un conseiller. Son âme nVtait pas toute politique ; elle avait , comme celle des autres hommes, auxquels d'ailleurs il ressemble si peu, ses de'plaisirs , ses consolations et ses secrets. Cependant, ne'glige' par le gouvernement , il pourrait de'sespe'rer de la fortune ; mais il e'tait de sa destine'c de commencer par être le he'ros de la révolution , et de recevoir son nom des agitations civiles.
Le i3 vende'miaire la plupart des sections de Paris se soulèvent contre la convention. Barras a le commandement des troupes. Il se souvient du sie'ge de Toulon , et s'adjoint le général Bonaparte, en qualité de général de division. La convention triomphe par le canon de vendémiaire , qui fut calomnié depuis comme l'avait été déjà celui de Toulon. La constitution de l'an 3 fonde le gouvernement directorial , et Bonaparte , qui l'a conquis sur la faction aristocratique de Paris , reçoit le commandement en chef de l'armée de l'intérieur ,
devenu vacant par la nomination de Barras au directoire. Alon il vit habituellement W"' de Bcauliarnais chez le directeur Bairae, qui faisait en ^Tand âeigneur les honneurs de la république. Cinq maïs après , devenu son t^poux , il doit au directeur Carnat d'fire nomme' gênerai en chef de l'armée d'Italie. A cette époque, la coalition contre la Fra née était formidable ; elle e'tait composée de l'Angleterre, del'Aulricbe, duPicroant,da royaume de Nsples , de la Bavière , et de tous les pelita élaU de l'Allemagne et de l'Italie. Mais la France ne faisait réellement la guerre que contre l'Autriche, qu'elle ne pouvait atteindre qu'en Italie, et la conquête 'du Piémont n'était qu'un avantage préliminaire ^ qui, en forçant les Autrichiens de se défendre dans leurs possessions, ouvrait à l'armée française le champ de bataille qui convenait à la politique de son gouvernement. Tel était l'esprit des instructions données par le directoire au général en chef Bonaparte, dont le plan , proposé un an auparavant aux. commissaires de la convention , à l'alTaire del Cairo , pour l'inva* sion de ritalie, fut alors adopté. Peu de jours après son mariage, le général Bonaparte part pour Nice. 11 peut se souvenir alors de sa solitude laborieuse de Paris. Le temps qui s'est écoule depuis le 9 thermidor jusqu'au 1 3 vendémiaire, et depuis lei3ïendémiaire jusqu'à son départ pour l'armée d'Italie , fut employé à préparer , dans le silence de l'étude, la gloire du plus grand capitaine qui ait jamais occupé l'admiration de son âge , et la mémoire de la postérité. Lui seul était dans son secret i Barras et CarDOt eux-mCm» n'/ étaient
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pas. Us aTaient eu l'intention de cre'er une fortune militaire , destinée à devenir l'appui du nouveau gouyernement et celui de la liberté ; mais ce génie j qui leur était inconnu , ayait de'jà conçu une autre gloire que celle des armes, et il ya bientôt e'tonner ses protecteurs conmie politique, après avoir dissipé leurs ennemis comme guerrier.
Peu connu encore de Tarmée ^ la tête de laquelle il est placé , il a à conqfuérir l'estime des hommes de guerre , distingués déjà par une foule de succès, qui se trouvent sous ses ordres , et sous lesquels il a fait , il y a un an , sa première campagne : k 27 ans , il est appelé à dominer des réputations faites , et à primer sur des intérêts jaloux , comme le sont tous ceux de la gloire militaire. Il remplace le général en chef Schérer , qui vient de s'illustrer par le beau combat de Vado. En arrivant à Nice , il trouve , parmi les commandans supérieurs, Augereau, Masséna, Laharpe, etc.; Kellerman , déjà vieux , commandait l'armée des Alpes, et Serrurier l'armée d'observation. Le génie seul pouvait achever l'ouvrage de la fortune. Les obstacles se présentaient en foule. L'armée était jeune , enthousiaste , intrépide , et déjà victorieuse ; mais elle était sans argent , sans vivres , sans habits, presque sans armes, dépourvue d'artillerie , prompte à Tindiscipline, au découragement^ aux excès mêmes que devait produire l'absence de toute adminutration dans le pays le plus riche de FEurope , et elle avait affaire à un ennemi nombreux , bien approvisionné , ayant toutes les jouissances et toutes les ressources d'une terre
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féconde , d'une orgaDisatiun régulière , opposant, en DU mot, tous les arantagcs de ij putriu et de l'abuudaace^ une invasion peu menaçante, it un exil réel, b k famine. L'ai-mee française était, depuis quatre ans, oubliée dana lea rocherade )a Ligurie , aea divisions étaient adosse'ci à la mer, 61 position était fauise et dangereuK. Son centre el sa droite étaient aventurés ; elle dtail travaillée parle: mcconlentemeat du soldat, et pai; ranarcbie daii.'i le commandement. Il fallait des victoires ; il
fallait, pour en obteni parte connaissait déjà le danger et la misère de son armée; mais il «ait juger les soUluts qu'il commande, et, déjà certain de leur salut et de leur gloire: « Camarades, leur dit-il , vous manquez u de tout BU milieu de ces rochers : jetez les yeux x sur les riches contrées qui sont à vos pieds , elles ■ nous appartiennent : allons en prendre possesu sion. H Ces paroles, prononcées d'une voîi ferme par le jeune général , sont électriques pour la jeune armée , à laquelle on n'avait pas su parler encore. Une tactique nouvelle, qui peut rappeler, et qui doit surpasser celle que le grand Frédéric opposa à l'Europe, va ouvrir à la gloire militaire une école qui doit survivre à son fondateur.
Le nœud stratégique de la campagne était la Eeparation des armées piémuntaise et autricbienne, l'une comoiandce par Provera et Colii , l'autre par fieaulieu et Argcntau. Cétait aussi le but politique de l'invasion française. Ce but fut atteint ■ contre toute probabilité', par une manœuvre également savante et audacieuse , inspirée par le dan-
ger lui-même. An moment où Bonaparte va surprendre le point de jonction des deux armées enoemies , ilse voit attaque par Argentan au centre, tandis que Beaulieu fait un mouvement sur sa droite. Il profite tout à coup de ce mouvement pour fondre , à Montenotte , sur Argentan avec toutes ses forces^ et il le rejette sur Dëgo et Sacello. Apprenant le désastre \iu centre , Beaulieu fuit sar Acqui. Bonaparte bat Argentan k Hégo^ et Provcra, qui est fait prisonnier, à Cosseria; défait les Piémontai&à Montezamalo, les chasse de Ge'va , les disperse à Mondovi , et les repQusse sur la route de leur capitale. Le rc'sultat de ces six jours de victoire fut la se'paration des deux arme'cs, foccupation du vide qu'elles laissèrent dans leur de'route , la prise de 40 pièces de canon , la mise hors de combat de ia,ooo Autrichiens , la perte des forteresses de Coni , de Céva , de Tortone et d'Alexandrie , pour le Pie'mont ; la demande de la paix faite par le roi de Sardaigne au gouvernement français , l'e'vacuation presque totale de son territoire par les Autrichiens , et son occupation par les Français, enfin l'ouverture d'une seconde campagne dans la Haute-Italie, où la puissance autrichienne serait attaquée sur son propre terrain. Dès lors l'Europe eut les yeux fixes sur le vainqueur, qui , en moins d'une semaine , avait conquis un royaume de'fendu par les Alpes , par des forteresses presque inexpugnables , et par deux artnc'es commandées par de vieux et habiles généraux.
Les officiers, de ces armées furent à même d'apprécier l'avantage du système concentrique sur le système d'excentricité, ou d'éparpillemeut ,
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alors en usage, et qai Tenait d'être si fatal BeauHen.
Bonaparte est hors de ligne , il est le maître d ■on armée ; il n' j a plus dans ses rangs que de Fai miration et du deVouement. Sa gloire en a chasi la jalousie etTindiscipline. Masse'na , Augerean i Joobert, se sont couyerts de gloire dans ceti prodigktase campagne. Bonaparte venait par < tala saèees de de'passer les ordres et les espe'rai ces du directoire , aussi il lui e'crit de Cherasco « Je marche demain sur Beaulieu ; je l'oblige tt repasser le Pô; je le passe immédiatement aprè « je m'empare de toute la Lombardie , et ayant n « mois j'espère être sur les montagnes du Tyrol « trouver l'arme'e du Rhin, et porter de coucei «c la guerre daus la Bavière. » Il y avait juste u mois que Bonaparte avait annonce' au directoir son arrivée à cette armée si mise'rable 9 si indisc pline'e 9 et de'jà il trace en politique un plan c campagne, qui menace en Allemagne la maiso d'Autriche, qu'il n'a pas encore attaque'e dan ses possessions d'Italie. Bonaparte est assuré d tes communications avec la France, par Toccupi tion de Coni j Céva, Tortone et Alexandrie. La coi quête de la Haute-Italie est devant lui. Mantoue l'impénétrable Mantoue en est la clef. Bonapart conçut alors le dessein de se porter brusquemei sur Mantoue. Il était persuadé que cette vill n'avait qu'une faible garnison , et qu'il lui sera facile de l'enlever, les Autrichiens n'ayant f prévoir , ni sa descente en Italie , ni ses sucoé Salicetti , commissaire du directoire, et Berthiei chef d'état-major , s'opposèrent k cette entrepria
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qa*il8 {agérent trop périlleuse : et en effet, ai elle e'chouait , l'armée française se'pare'e de toute communication a^ec la France , aurait à se de'fendre contre l'armée ennemie et contre la population. Bonaparte céda : mais il apprit par la suite qu'il ne sTétait pas trompé , et que Mantoue n'avait alors pour toute garnison qu'une poignée de yétérans. Dès lors il déclara qu'à l'avenir il ne suivrait que sa propre volonté , et il a tena parole. Cette circonstance fut une de celles qui imprimèrent à son caractère cette persévérance opiniâtre , et à son esprit cette conviction de supériorité , qui l'on jeté depuis, contre Tavis de tant dThommes éclairés , dans tant d'entreprises aventureuses. Mais avant de songera menacer Mantbne , il doit passer le Pô. Bonaparte avait eu la prévoyance de se faire céder le pont de Valence par le traité de Turin, afin d*y attirer l'attention de l'ennemi , tandis qu'avec l'armée , il se porte rapidement sur Plaisance , où il force le passage du fleuve. Fidèle à son système^ de concentration , que lui indique la position de l'ennemi nombreux , qu'il a vu se retrancher derrière toutes les rivières , il marche droit sur Lodi. Un pont long et étroit traverse l'Adda , qui baigne la place. Cest la route que Bonaparte a choisie , pour la conquête de la Haute-Italie. Lui-même , aous le feu meurtrier de la mitraille , il va placer deux pièces de canon. Masséna est là aussi ; Lodi est enlevé, et l'armée française victorieuse se trouve encore au milieu de l'armée ennemie; le l^'néral Berthier se distingue particulièrement à ectte bataille. La prise de Lodi donne la Lom-