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bardie à la république. Mais la grande idée d'une invasion en Allemagne par le Tyrol , ne peut être réalisée que par la prise de Mantoue , qui domine toujours la pensée du vainqueur. Il combine habilement cette invasion , avec l'action nécessaire des deux armées françaises sur le Rhin ; il écrit au directeur Carnot : u Je m'imagine qu'on se bat «sur le Rhin. Si l'armistice continuait, l'armée 11 d'Italie serait écrasée ; il serait digue de la répo- « blique d'aller signer le traité de paix avec les « trois armées réunies , dans le cœur de la Bavière, « ou de l'Autriche étonnée, v La prise de Pizzighitone et de Crémone complètent , trois jours après la bataille de Lodi, l'occupation du Mi- Janais.
Cependant le directoire surpris , autant peut^ être duj langage de son général que de ses victoires , annonce des dispositions qui peuvent l'arrêter , au milieu des grandes destinées qu'il promet, et l'empêcher d'en êlre seul l'arbitre. Tout en remerciant Bonaparte de la conquête du Piémont, il lui avait su gré, avec une sorte d'affectation, d'avoir abandonné, au commissaire civil Salicetti, le soin de la négociation à entamer pour la paix , et s'était presque montré jaloux des armistices conclus par le général en chef, soit avec les généraux piémontais , soit avec le duc de Parme , ainsi que des communications politiques relatives à l'état de Gènes. Le projet de diviser l'armée d'Italie^ entre Kellermann et Bonaparte blessa profondément le vainqueur , et il écrit confidentiellement au directeur Carnot : u Je crois que réunir Kcl-^ u lermann el.moi en Italie , c'est vouloir tout per«^
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« dre. Je ne pub pas servir- volontiers avec un « homme qui se croit le premier général de TËu- « rope 9 et d'ailleurs je crois qu'un mauvais ge'né- « rai vaut mieux que deux bons. La guerre est H comme le gouvernement^, c'est une afiaire de « tact. 3> U e'crit au directoire : u J'ai fait la cam- « pagne sans consulter personne. Je n'eusse fait rien « de bon , s'il eut fallu me concilier avec la mac nîére de voir d'un autre. Si vous m'imposez des « entraves de toute espèce , s'il faut que je réfère «I de tous mes pas aux commissaii'es du gouverne- « ment , s'ils ont le droit de changer mes mou- « yemens , de m'ôter ou de m'envoyer des trou- « pes, n'attendez plus rien de bon. Si vous afiai- « blissez vos moyens en partageant vos forces , a si vous rompez en Italie Cunité de la pensée « militaire , je vous le dis avec douleur y vous « aurez perdu la plus belle occasion d'imposer des M lois à l'Italie. Chacun a sa manière de faire la «I guerre. Le général Kellermann a plus d'expé- « rience , et la fera mieux que moi ; tous les deux te ensemble la ferons fort mal. Je sens qu'il faut tt beaucoup de courage poar vous écrire cette lettt tre 9 il serait si facile de m'accuser d'ambition et « d'orgueil , etc. ^
Le jour où il envoie cette lettre , Masséna est à Milan. Le lendemain Bonaparte y fait son entrée solennelle , et ce jour même , le directoire signe à Paris le traité qui enlève au Piémont la Savoie , Nice , Tende , et qui remet toutes ses places fortes au pouvoir. de l'armée française. Peu de jours après, le directoire, cédant aux vœux réitérés et presque à la volonté de son général, lui confie
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toute la condaite dca afiairea d'IUlic , et relcgne le général en chef KeUetmDiin duna l'occupation des pays et pinces céde's h la Fraocc par le traite de Turin. De celle lettre du directoire date la «upremalie que Bonaparte va prendre , tant inr lei operationx de la guerre que sur cellci de la politique delà France. II a'e'lablit ï Milan , où il poursuit resécalion du traite avec le Piémont, prépare ceuxde Borne et de Haplcs, et termine celui du duche'de Parme, tandis qu'il presu: l*in> Testisscment du château de Milan , et donne toute sa pensée au liége de Mantoue. Il sait bien qne cette conquête, qui sera le grand trophée dei> gloire , doit lui ouvrir l'Allemagne , et forcer l'Autriche à suivre l'exemple des e'Lats d'Italie. Mais des mouvemens insurrectionnels éclatent tout à coup, partout le toscin sonne contre lei Français. Bonaparte parcourt la Lombardie en maitre irrité. Ce* mouvemcna ont en grande partie leur source dans les Sefs impériaux , qui deviennent Vobjet des plus rigoureuses eiécutioni militaire*. Tout est soumis. La position de Tétit de Génea, vis-à-vis de la république , est , ou douteuse ou inBdèle. Ce pays est soigneusement observé ; toutefois la prudence , qui signale le vainqueur dan* toutes ses opérations , remet à un autre temps une explication décisive. Il porte le même regard sur Venise , et il s'occupe avec une grande habiletéàneulraliseraumoinâ cette puissance, qui peut être si utile ou si dangereuse aux intérêts de ses conquêtes actuelles, et surtout ï celles qu'il médite. Venise se justifie de la nécessité qui a mismomentanémentPetchieraau poavoir de Antrichient.
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De hauts faits d'armes vont surpasser peut-être ceux qui ont disperse' les arme'es de Colli et de Beanlieu , et assurer une grandeur nouyelle , que les ordres , datés de Miian , annoncent de'jà à la France et à l'Italie. La prise du château de Milan donne à Tarme'e i5o pièces de canon qui seront lirigëes sur Mantoue, et lui rend une diyision intrépide , dont les mouvemens vont contribuer à lëcider les cours de Parme , de Rome et de Naples à demander la paix. Au milieu des grands iiteréts de la gloire et de la puissance , ceux des beaax-arts, qui en sont le plus bel ornement, ne lont pas oubliés du vainqueur. U compte aussi parmi ses trophées , les chefs-d'œuvre de la peinture italienne 9 précieux monumens du retour de a dvilisation en Europe , et ceux de la sculpture [recque , antiques témoignages de la victoire romaine. Les besoins de la patrie , ceux des armées lu Rhin, dont la coopération est toujours Tob- ,et de la haute pensée de Bonaparte , pour son in* ration en Allemagne, sont également satisfaits dans ei dispositions qu'il prend pour la rentrée des xmtribations. Lui-même, il en désigne l'emploi lU directoire , qui a déjà pris envers son général 'attitude d'une sorte de reconnaissance, et qui semile transiger plutôt qu'ordonner. Cependant Bolaparte avait passé le Mincio, après avoir châtié et rebelles de la Lombardie : il avait chassé Beauieo de Tltalie, Masséna contenait les Autrichiens lani le Tyrol ; Serrurier avait enlevé les dehors de iantoue , et tenait cette place bloquée , Augereau NMiaitle Pê et décidait le pape à signer un armisiee avec }fi général Vaubois , qui se rabat de suite
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EurLivoiirne, et enlève aux Anglais ce port «i ini'
Ainsi Rana parte , habile h faire reasaurce do désordre ou il Amis âDtj ennemi, tend rinfluencc de Ba petite armée ilepilifi lea Alpes allemandes jusiju'aui lerrc^ du pape; de cette manière, il assure son flâne droit pOursea futures conquêtes. Kaples , Mo-
.t hâlc'es d'acheter la
mais la Haute-Ttalie n'e'tait qu'occupée , et n
vait Être eonqaûc que par la prise de Maatouc. La grosse artillerie avait mimque .'i l'arme'e française pour attaquer cette place. 11 avait fallu conquérir les équipages de siège au ehâtean de Milan, àBologne,àFerrareetanfort d'Urbin. Beaulieu avait eu le temps de jeter dans Mantoue une garnison de i3,ooo hommes, et 3o,ooo Autrichien* de l'armée du Rhin étaient en marche pour la secourir. £n> fin Wurmser parait à la tête de 60,000 hommes pour la délivrer. Bonaparte n'en a pas 4o,oâo pour le combattre , et il doit encore contenir la gai-nison assiégée , et garder tous les passages depuis Brescia jusqu'à Véronne et Legnago. Mais tout h coup la grande armée autrichienne se divise. Quosdanovich marche sur Brescia avec 3S,ooo hommes, et Wurmser avec 35,ooo s'avance droit sur Mantoue par la vallée de l'Adige : la réunion de ces deux corps eût écrasé l'armée française. Par une juste et grande combinaison , Bonaparte se dispose à les battre séparément. Il quitte brusquement le siège de Mantoue , et abandonne devant cette place toute son artillerie, I) concentre son arme'e sur Boverbclla, repousse Quosdanovich dans les beaux combats de Salo et de Lonato,
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et le chasse dans les montagnes du Tyrol. Il revient sur Wurmser avec la rapiditcf de la foudre; l'écrase à la fameuse bataille de Castiglione , dont il donne la gloire à Augereau , avant de lui en donner le nom , improvise , devant Wurmser , le passage du Mincio, et le rejette dans le pays de Trente. Les Autrichiens perdent plus de 20,000 hommes , et 5o pièces de canon , dans ces me'morâbles actions que Tarme'e française appelle la . campagne des cinq fours (du 1er au 5 août).^ Bonaparte suit son ennemi dans le Tyrol , l'atteint , le force et le bat aux combats de Serravalla ^ de St. Marco , de Roveredo , et dans les gorges de Caliano. Pendant ces avantages de l'armée républicaine, Wurmser reprenait la route de Mantoue , et filait par les gorges de la Brenta ; mais Bonaparte , à qui Wurmser croit pouvoir cacher ce mouvement, est accouru soudain des montagnes du Tyrot, et vient se montrer aux Autrichiens , à Bassano , aux gorges de Primolano , au fort de Cavalo. Il est devenu inévitable pour Farmée de Wurmser , qu'il sépare encore du corps de Quosdanovich ; cependant Wurmser , par la non exécution des ordres de Bonaparte , trouve enfin le moyen d'arriver à Mantoue , dont la garnison , ainsi renforcéç , a de quoi tenir la campagne. Toutefois le jeune capitaine ne s'e'tonne pas du succès de la marche de son ennemi , et voit dans la prise de Mantoue une conquête de plus , celle de Tarmee de Wurmser. Au milieu des savantes dispositions qu'il fait pour atteindre cfi but favori de sa gloire d'Italie , il cherche à attacher à la liberté' française les conquêtes qu'il a faites. A
l'ombre de ses lauriers , Jeux rc'publiquei g'élévent sur lei deux rives du Pô , et y forment une nouvelle France, qui couserveraà jamais à l'ancienne le souvenir de cette inde'pendance que lui donne le vainqueur de l'Autriche. Dans le m^niG temps , il se vengeait noblcmeut de Paoli , eu cliussant les Anglais de la Corse ; et il cou' tenait les aristocraties de Gènes, de Venise , el les trahiaonidu saint-siegc qui violait^ main ai^ mèe la convention de Bologne. Bonaparte n'est plus seulement un conqueVant, il est aussi un fon-
Malheureuiement , la fortune de la gloire française e'tait alors tout entière aous les drapeaux de l'arme'e d'Italie, et l'Autriche victorieuse bordait la rive du Rliin. Cette puissance résolut a tout prix de reprendre l'Italie, et de sauver Tarnièe de Mantoue. Une nouvelle armée de 4S,ooo hommei est en marche sous les ordres d'Atviiizi, ge'ne'ral connu par de beaux succès dans le Nord. Cette armée est encore partagée. Alvinzi, avec 3o,ooo hommes , se dirige sur Mantoue par le Ve'ronnais , et Davidovich avec i5,ooo descend les valle'e* de l'Adige. Bonaparte, affaibli par set victoires et ses garnisons, n'a que 33,ooo hommes. Haû son ge'nie 'semble s'enrichir de toutes les pertes que son arme'e a dû faire , et de tout les dangers que les nouvelles forces et les nouveaux mouvemens de l'armée ennemie multipliaient autour de lui. 11 ordonne tout à coup aux troupes de bloeu» de suivre sa marche. Après avoir place 3,000 hommes à Véroune, il se porte rapidement (ur Honco avec lei dÎTmons Masiéua et Augeruu ,
jette un pont «nr TAdige , le traverse ayec Farmee , et se dirige sur Arcole , qui donne son nom à une bataille de trois jours. Là , se déploient toutes les ressources du génie et de la valeur. Bonaparte a prés de lui Massena , Lannes et Augereau. Il ordonne de marcher par l'étroite chaussée d'Arcole , et de forcer le passage du pont. Mais sa colonne de grenadiers prise en flanc par le feu de l'ennemi , est foudroye'e et s'arrête inde'cise. Bonaparte voit ce moment fatal , descend de cheval , prend un drapeau , le lance sur le pont; il est entoure' de Belliard , de Murât , de ce fameux ëtat-major qui depuis a donne' tant de grands ge'neraux à nos armées, «c' Soldats, s'écrie-t-il 9 n'étes-vous plus les « braves de Lodi 7 Suivez-moi. 3» Att même instant, Faide-de-camp Muiron, qui lui a déjà sauvé la vie an siège de Toulon , est tué sur son corps. Mort héroïque et touchante ! Lannes est blessé. Le terri ble feu de l'ennemi met la colonne française en désordre. Le général en chef est entraîné dans un marais. Belliard rallie les grenadiers , qui saisissent Bonaparte et l'enlèvent dans leurs bras. Il veut en vain profiter de ce mouvement d'enthousiasme pour se rendre maître du pont. Mais son salut est une victoire qui suffit à ses soldats , et ils refusent. Soudain , par une de ces résolutions qui caractérisent les grands capitaines , il retourne à Ronco , dérobe sa marche à Alvinzi , parles feux qu'il fait allumer sur la digue d'Arcole , et le lendemain il . se trouve prêt à marcher contre chacun des trois corps ennemis. Il choisit le plus fort , celui que commande Alvinzi , l'attaque, lui prend 3o pièces de canon , lui tue 5, 000 hommes , lait 8,000 prison-
■s cl le reponuc )tu'di:ldde Vicence. Lelemlonil cliasse dans le Tirol le 2"» corps autrichien commHnde Dnvidoyich, et Wiirmser , qui uide le 3~« , n'a que le temps de se renfermer dans Mantous, Mais cette ville était un paladium fatal pour l'Aiitridie, qui deruit perdre une j<°e armée à la défendre.
Aliitizi et ProTera desceadenl tout à coup du Tjrol avec un^armce Douvelle et nombreuse ; le dernier se dirige avec ia,ooo hommes par Legnago, surMantoue. Bunapirteétailâ Bologne, à 4° lieues du centre dei opéra tions. Joubert cardait la ligne de la Corona ; Masséu^ occupait Véronne , centre de tous les mouvemem ; Augereau défend-iit le Bas-Adige; RcyaurveiilaitBrescia} Serrurier bloquait Mantoue et Wurmter. Bonaparte n'avait que 30,000 hommes disponibles pour livrer bataille. Il apprend que Joubert ae retire sur Hivoli derant Alviuzi, et il choisit soudain le champ de sa victoire. Il donne ordre à Joubert de tenir à Rivoli, contre Alvinzi,qui s'est flatté de l'enlever avec aa petite division. Mais le vieux, général ne savait pas que son jeune adversaire l'attendait derrière la position de Joubert, et que Masséna manœuvrait sur sa gauche. L'immense supériorité de son armée lui inspire la conOauce qui doit le perdre. Il en détache une partie pouc marcher sous les ordres du général Lusignau par le revers de la montagne, et il s'engage avec le gros de son armée dans les deui vallées de l'Adigeet de la Corona, dont le plateau de Rivoli est le nceud, s'empare de ce plateau qui les commande, et au moment où il se croit maître de la division Joubert , »es colonnes
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sont coupées t et les 3,000 hommes qu'il a sur Je plateau mettent bas les armes. Cependant Lusignan, d'après l'ordre d'Alyinzi, vient attaquer l'armée française sur ses derrières. On ne peut de'fînirle mouvement qui porta tout à coup cette armée prise à reverset à l'improviste, à s'écrier : Ceux-ci sont encore à nous! et en effet, contre toutes les données de la position et celles de la guerre, la colonne de Lusignan fut prise presque en entier, Uvecson général , par Masséna. Provera , avec ses xa,ooo hommes , croyait échapper à Bonaparte , occupé sur la ligne d'opération d' Alvinzi ; mais l'œil de l'aigle le suivait, et au moment où il croit débloquer l'armée de Wurmser , et reprendre avec lui l'offensive sous les murs de Mantoue délivrée, malgré les vingt-quatre heures d'avance qu'il a dans sa marche, le fort St .Georges que le prévoyant Bonaparte a fait retrancher , résiste à ses sommations comme à ses attaques. Provera n'est cependant qu'à un mille de Mantoue , et le lendemain il doit emporter la petite position de St. Georges par une attaque combinée avec Wurmser. Mais en une nuit les 9 lieues qui séparent Mantoue de Rivoli ont été' franchies par la division victorieuse de Masséna ; Augereau et Serrurier ont reçu des ordres : Joubert poursuit Alvinzi , et la bataille de la Favorite apprend à Wurmser et à Provera que tous les vainqueurs de Rivoli sont en ligne. Provera entouré met bas les armes devant la division Miollis, et est prisonnier pour la seconde fois depuis la campagne. Wurmser est repoussé dans Mantoue ; et dix-sept jours après, ayant vu détruire sous ses
murs la 4"^« armée autrichienne, Miintoue, l'imprc-
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nable Mantoue a capitule. Les batailles de Rivoli et de la Fayorite, et la prise de Mantoue , coûtent en trois jours k fAutriche 4^9000 hommes 9 morts ou prisonniers , 600 bouches à feu , etc. Les opérations de ces huit jours de campagne portent au plus haut degré' la science de la guerre. Cet art meurtrier est devenu encore admirable , et Bonaparte rappelle et efface ces illustres citojens à qoi le patriotisme , la valeur et le génie ont donné dans l'histoire le beau titre de sauveurs de la patrie 9 et de grands capitaines. Le nom de Rivoli doit s'ennoblir un jour de celui de Masséna. Le saint siège soutient encore une séditieuse hostilité avec les foudres de Téglise. Le vainqueur dédaigne d'aller triompher dans Rome 9 et impose au pape le traité de Tolentino, qui le punit d'avoir enfreint l'armistice de Bologne.
En moins de douze mois 9 à l'âge de q8 ans, Bonaparte a détruit quatre armées autrichiennes, donné à la France une partie du Piémont , fondé deuiL républiques en Lombardie , conquis toute l'Italie, depuis le Tyrol jusqu'au Tibre 9 et assuré tant de gloire par des traités de paix avec les souverains du Piémont 9 de Parme , de Naples et de Rome. Le grand guerrier et le grand politique marchent ensemble 9 et ne doivent plus se séparer. Toute la France regarde Bonaparte , et ne regarde que lui. Le directoire commence à ne se considérer luimême que comme un intermédiaire entre elle et son héros. Il obéit à la France et à Bonaparte, alors qu'il commande au général de l'armée d'Italie de poursuivre ses conquêtes et de menacer la capitale de l'Autriche. Le directoire se souvient alors du
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projet d'invation en Allemagne , ainsi que de la coopération nécessaire de Tarmée du Rhin , que le vainqueur de Millesimo et de Mondovi lui avait propose' de son quartier-général de Gherasco ; il s'en souvient , et se soumet aux dispositions que la prévoyance de son général lui a tracées aux portes de lllalie , ayant d'y avoir attaqué la maison d'Autriche sur son territoire.
Cependant cette puissance surprise inopinément par la prise de Mantooe , se voit menacée tout à coup au sem de ses états , dans le moment où elle espérait franchir le Rhin et envahir nos frontières. Sa dernière ressource j c'est d'opposer à Bonaparte un prince de sa maison. C'est aussi son meilleur général. Il vient d'être illustré par des victoires récentes , et l'élite de l'armée du Rhin en est retirée pour aller sous ses ordres, défendre en Italie les états héréditaires. Le Tagliamento est le point de réunion de la nouvelle armée impériale. Toutefob cette armée n'est pas assez nombreuse pour soutenir les intérêts dont elle est chargée. La singulière imprévoyance du cabinet autrichien sous ce rapport est digne d'être remarquée. Si quatre années nombreuses, successivement envoyées contre les Français , n'avaient pas suffi pour sauver l'Italie, l'Autriche aurait dû faire marcher la moitié des forces de l'empire pour défendre la route de Vienne , et ressaisir les conquêtes de Bonaparte. Cette grande mesure, prescrite par une grande nécessité , eût peut-être alors changé les destinées
militaires et politiques de la France. L'armée de la république sur le Rhin n'aurait pu reprendre l'offensive, si l'armée autrichienne, qui lui était
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oppnsce , o'j*ait pu ele do°;aniie de ses troopoi d'elilcpoitr mocchorsoua \*:s d.r;ipeaiix malheureux de l'jccliLduc. Le directoire, plus occupe de sa conservatîau qut de M gloire, moins guerrier que jaloux dci(iD|MBe|CiiËra1,>e fût |>eut-«tre facilement ciin^ale (felap^rte de nos djnqaêLca d'Italie, etn'cùl ]>:i3 cpai|(iic uoe disgrâce cektiinte à l'homme qui iivait conquis sur son gouTecDement sa propre l'Icvation., Vais cet bomuie alors si feune , si actif , si lidbile, a dcriRésou illustre adversaire)
de S3.O90 hommes, à laquelle t'étaient réunies la division Delmas et la division Bernadotte. Eu arri' Tant ù l'armée de Bonaparte, Bernadotte avait dit à ses soldats : u Soldats de l'armée du Rhin , songi'z que l'armée d'Italie nous regarde, o Cette jalousie vraiment béroiquc caractérise cette grande époque de noire histoire. Bonaparte marche à la tête de 37,000 hommes, emporte Tarvis, point stratégique ,. intermédiaire à celui de Vîllach , et envoie troisantres divisions, qui forcent le passage du Tagtiamento, défendu par l'archiduc en personne, poursuivent ce prince sur l'Izonso , et i'emparent de l'importaute forteresse de Palma-No^a. Bernadotte enlève la position retranchée , la place et la garnison de Gradisca; tandis que Massena par uue marche rapide, a prévenu l'ennemi à Villach, et menace Vienne directement par les routes du Tjrol , de Sallzbourg,du Frioul et de laCarintbie. En vingt jours, l'Autcicbe a perdu le quart de soo armée, et l'archiduc, obligé de se retirer sur Sïint-Weitb et sur la Muhr, abandonne Klugcufurth et la Drave. Cependant Bonaparte
avait cletaché 16,000 hommes sous la conduite du général Joubert , qui culbute les généraux Laudon et Kerpen, force tous les déûlés du Tyrol, et enlève ainsi, à la droite de Tarmée de rarchiduc, les ctrps qui gardaient les montagnes , pendant que Bernadotte marchait sur Laybach. Enfin , le 3i mars , un an après son départ de Nice pour l'armée , le vain queur arrive à Klagenfurth , et a la générosité de proposer la paix. L*orgueil du cabinet de Vienne la refuse aux portes de Vienne. Cependant un traite de paix offensif et défensif , venait d*étre stipulé entre la république et le roi de Sardaigne. L*armée républicaine se remet en marche ; Masséna force les défilés de Neumarck , enlève la position d*Hundsmarck^et une grande et dernière bataille va décider entre la maison d'Autriche et Bonaparte. Mais deux généraux autrichiens se rendent au quartier-général français, pour négocier. Le 7 avril, un armistice est accordé à Judenburg ; et le 1 5, à Léoben, Bonaparte impose à l'Autriche et au directoire les prélimiaires de la paix. Ce fut à Léoben que le général Bonaparte dit aux négociateurs autrichiens : f^otre gouvernement a enuojré contre moi quatre armées sans généraux^ et cette Jois un général sans ar^ mée. Le prince Charles regarda sans doute cet clogc , comme le plus beau de sa vie militaire.
L'époque de la négociation de Léoben, où Bonaparte fit entrer la république dans les grandes affaires politiques de l'Europe , parait caractériser un éloigneraent devenu depuis trop fameux entre les généraux Moreau et Bonaparte. Celui-ci écri« vait , le 16 avril , au directoire , de son quartiergénéral de Léoben : «c Quand on a bonne envie d'en-
>i trer en campagne, il n'j a rien qui arrête ; et Il jamais depaii q«e l'hiitoire noDs retrace du ti operatioiu militaires, uneriTÏèren'apuétre on .1 olKtacle réel. Si JUonau veut paiter le Jihia, îl Il le pasiera : et ^Hl'aYaitdf japawé fHoatieTioBi 11 itjns un e'tst à pouTcir dicter lea conditions de h
H aucune chance; mail qui craint de perdre ta < gloire est lûr de la pàrlre. J'ai paffié les Alpeia Juliennes et les AIpes-Noriques , sur trois pieds Il de glace : j'ai fait passer mon artillerie par des Il cliemins où jamais chariot n'avait passé , et tout « le monde cTojaitla chose impossible. Sijen'euaie <t vu qae la tranquillité de l'armée et mon inter£t IL parti entier, je me Mrais arrête au-delà de l'izonao. H Je me Buii précipité dans l'Allemagne pour u dégager les armées du Rhin, et empêcher Tenne-
■ mi à'j prendre l'olFeniive. Je suis aux portes de it Vienne, et cette conr insolente et orgueilleuse > n ses plénipotentiaires à mon quartier-général. Il a faut que lea anaéei du Rhin n'aient point de u lang dam tes veines .' .il elles me laissent seul u alon je m'en retournerai en Italie. L'Europe
■ entière jugera la difiërence de conduite des deux u armées. » La France jugea alors le directoire , et Bonaparte futabious. Horeau ne paua le Rbîuqne le i«rfloréal( igavril), quatre jours après Touverturedei négociations deLéoben. Il l'annonce luimême à Bonaparte dans une lettre du 33 avril, datée de Strasbourg. Ce fait est important : il justiflela lettre de Bonaparte au directoire, en prouvant la nOD- coopération constante de l'armeeduRkin, aux efforta nimaturels de rarmee d'Italie. Mail oe
n'était pas la faute de cette brave armée, ni celle de son général. Le directoire ne s'occupait que de farmée de Sambre-et-Meuse, et refusait tout à celle du Rhin, dont l'impatience guerrière était presque séditieuse. Le directoire méritait seul les reproches sévères que Bonaparte kii adressa contre rinaction de Moreau.
La dépêche du 19 avril, qui apprend au directoire la signature des préliminaires, lui révèle aussi tonte l'indépendance de son général , et Teffraie d'un avenir que sa politique inquiète et jalouse n a pas deviné. Voici les traits principaux, de cette importante dépêche : « Si je me fusse, au commencement de la campagne , obstiné à aller à Turin, je n'aurais jamais passé le Pô : si je m'étais obstiné à aller à Rome, j'aurais perdu Milan : si je m'étais obstiné à aller à Vienne, peut-être aurais-je perdu la république. Dans la position des choses , Us préliminaires de la paix , même avec l'empereur , sont devenus une opération militaire. Cela tem un monument de la gloire de la république française, et un présage infaiUible qu'elle peut, en deux campagnes , soumettre le continent de TEurope. Je n'ai pas en Allemagne levé une seule contribution ; il n'y a pas eu une seule plainte contre nous. J'agirai de même en évacuant ; et tans être prophète , je sens que le temps viendra où nous tirerons partie de cette sage conduite. Quant à moi, je vous demande du repos; j'ai justifié la confiance dont vous m'avei investi : je ne me suis jamais considéré pour rien dans tout« mes opérations, et je mesub lancé aujourd'hui •or Vîenney ayant acquis plus de gloire qu'il n'en
n faut pour être heureux , ayant derrière m( •c superbes plaines de l'Italie, comme j'avais fai «c commencement de la campagne dernière « cherchant du pain pour tannée , que la i tt hlique ne pouvait plus nourrir, )»
Mais la perOde agression de l'e'tat de Venise au secours du directoire,e'galement embarrasse corder ou de refuser le r^os que le vainqueu l'Autriche , le dominateur de l'Italie lui demas avec une telle franchise. Pendant que Bonap marchait sur Vienne par les de'file's de la Carini l'ëtat de Venise levait des troupes pour lui fer sa rentrée en Italie ; et tandis qu'il stipulait à] ben la cessation de l'eflusion du sang , les nobli les prêtres de Venise tramaient une vaste consp tion sur tous les points de sa domination en t ferme , et la capitale donnait elle-même i'exec d'une lâche proscription contre les Françai leurs partisans. Le silence effrayant qui pre'si aux supplices, en voilait aussi Fexëcution.
meurtre des Français, commande parle se'nat,< prêché dans les églises : 40,000 paysans, 10 ba: Ions esclavons , avaient ète' organise's pendant solennités de la semaine sainte ; le se'nat avait donné aux habitans de Padoue, de Vicence.
Véronne, de courir aux armes. Cette provocat qui , sous un autre gouvernement n'eût été qi signal de la guerre, est le signal de l'assassinat p celui de Venise. La deuxième fête de Pâques , son de la cloche, tous les Français sont égorgés à ronne,dans les maisons, dans les rues : dans les b taux, on donne la mort aux blessés ; on n'attend celle des mourans.Cc crime inouï aura aussi bn i
?eau,qai associera la plus grande atrocité d'an gou- Temement despotique à la plus grande solennité du christianisme. Il sera à jamais connu sous le nom de Pâques vénitiennes ; nom plus affreux encore que celui de Vêpres siciliennes, Ce nom qui reste au for* fait dAVe'ronne,fnt mentionne' dans le traite de paix du 16 mai 1 7^7, ei^pté k. Milan entre le ge'nëral Bonaparte et les ple'nipotentiaU«^» d4» Venise. De tels attentats ne pouvaient être impunis, et la destruction de l'aristocratie ye'nitienne dut seule les expier Xe lion de Saint-Marc fut détruit pour toujours par Bonaparte , qui mérita réellement alors , par Tane'antissement du plus exe'crable pouvoir que Toligarchie ait jamais enfante', le glorieux surnom de lÂérateur de l'Italie, Le 1 1 mai , le grand-conseil avait abdique' , les nobles avaient pris la fuite. Les ambassadeurs e'trangers avaient e'galement, par leur de'part pre'cipité , signale' et la vacance du gouvernement près duquel ils étaient accrédités , et la crainte d'être compris dans le juste ressentiment du vainqueur. Le gouvernement démocratique qui avait tant illustré la fondation de la république de Venise , vint se rasseoir , après cinq siècles de proscriptions, sur les ruines de l'autocratie de quelques familles. Ce signal est entendu de la ville de Gènes, qui reçoit de son ancienne rivale l'exemple d'une régénération salutaire. C'est encore un Doria qui l'appelle à la liberté , et le nom de république ligurienne lui est donné par .^c fondateur des nouvelles républiques d'Italie. La plus puissante est celle qui se compose de toutes les possessions de la maison d'Autriche et de la Romagne : G^est la Cisalpine, dont la constitution politique eût
regcncrë , cl réuni pcut-c^trc l'Italio entière ^ si quelques années plus tard le gcuic du despotisne n*eût de'trôoë celui de la liberté' , replacé les royaumes sur les ruines des republiques naissantes , et diftruit Tespoir des nations par le rappel des institutions despotiques, dont la chute e'tait toute rœnrre de la re'volution française. A Pépo^vc- où nous écri- Tons , rilalie jette »>'»• duute un regard irrité sur de tels souvenirs » et oppose peut-être cette mémoire saerée à Tagression à laquelle elle est en proie. La Bomagne n^aura pas oublié la fameuse liomëlie du citoyen cardinal Chiaramonti^ aujourd'hui pape, alors évéque d'Imola , où ce vénérable prélat disait : u Oui , mes trés-chcrs frères , soyez ti bons chrétiens, et voussererd'exccllens démou crates. n
Le général Bernadotte , dont la réputation militaire s*clcvait , comme celle de tous les généraujL de Tarmce d*Italie, à Tombre de celle de son général en chef , arrive à Paris , chargé de drapeaux autrichiens. Ces trophées envoyés par la gloire, y sont encore reçus par la liberté. D'autres les suivent bientôt. Ce fut Augereauquilcs apporta au directoire. C'était à cette époque à laquelle le iS/mcti' r/or donna son nom ; époque qui renouvela les prétentions de la royauté,qui prédit la chute du gouvernement directorial par les violations qu*Augercau exerça sur la représentation nationale; à cette époque enfin, qui traça la route du pouvoir à tout ambitieux qui voudrait faire de sa gloire un moyen, et de l'armée un complice. Bonaparte était déjà rhommc que regardaient tous les partis. Celui de la royauté manqua sa mission au quartier-général du
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Tainqueur de la maison d'Aulriche. Le répuWicaia Augereau fat porteur <1« l'adhésion du maître deTI talieaux mesures fructidoriecwnes, qui méritaient le nom de reaction et non celui de reviAwtion.Le choix qu'il 6t d* Augereau, dont la nullité lui étaU«i1ors déyouée^éloigna du théâtre des affaires, où l'anxiété du. directoire Tarait soadainement appelé , le général Hoche, homme ambitieux, habile, aussi grand politique que grand militaire ; et l'absence du pouvoir fut dès lors indiquée par celui qui , à trois cents lieues de la capitale , osait s'y faire représenter. Le directoire, qui craignait le général Hoche , accepta Augereau comme un appui , tandis qu'il n'était qu'un prête-nom. Il le nomma commandant de Paris , le chargea de ses proscriptions sur les deux conseils , et organisa , sous l'influence des proclamations de Bonaparte à son armée , la misérable et odieuse terreur qui suivit la journée du 18 fructidor. Par cette habile combinaison, Bonaparte désespéra la royauté et compromit le di recto ire.Celai-ci ne sait pas que le coup d'état qu'il a fait exécuter par les troupes sur la représentation nationale et sur lui-même , anéantit la liberté , et prépare le gouvernement militaire. Après cet événement, que le directoire appelle ridiculement une victoire, il se hâte , pour donner à son installation une garantie antérieure , agréable à la France et imposante pour l'Europe , de conclure la paix avec la maison d'Autriche. Le 16 vendémiaire an 6 ( 17 octobre 1797)1 Bonaparte, redevenu l'homme du directoire , signe à Campo-Formio ce fameux traité, qui donne à la république la possession des Pays-Bas autrichiens^ de cette Belgique si fer-
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tile, et qui reconnaissait rindepep<i<*nce de la république cisalpine, moins ^»«<Anue aujourd'hui sous le nom de royauiP' iLiombardo-Vénitien, De cette e'poque si ^rieuse pour la France , date toutefois Vosservissement de Venise , injustement céd«^ & l'Autriche , de cette republique dont la -vénërable antiquité ressuscita les grands souvenirs de Rome , et qui méritait d'être proclamée libre dans un traité fait au nom de la liberté. Le jour où il fut signé recommencèrent, sur l'état de Venise, les droits que la maison d'Autriche a réclamés avec tant de succès au congrès de Vienne, en 1814 , sans toutefois en rappeler l'origine. La république française disposa d'un état indépendant , et l'effet de son injustice dure encore.
Après la conclusion de ce traité , qui donna à la France une prépondérance de premier ordre dans la balance de l'Europe , Rome se hâta de reconnaître la république ; et Bonaparte, pacificateur, reçut l'ordre d'aller présider, au congrès de Rastadt 9 la légation française. Le i cr décembre, il y signa, avec le comte de Cobentzl, la convention militaire relative à l'évacuation respective des deux, armées.
Un mois auparavant , le directoire , embarrassé du repos prochain de son général, l'avait nommé au commandement de l'armée des côtes de l'Océan , rassemblée contre l'Angleterre. Cette destination illusoire, qui n'était alors qu'orgueilleuse, ne pouvait tromper la pénétration du général, qui, habitué à voir son ennemi , à le Miivre , à le battre , ne pouvait se contenter des spéculations de la gloire et de la vaine démonstration de la guerre. Mais quelques années après , le premier consul se souvint
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de cette pantomime militaire du genëral Bonaparte et en fit le roman de la descente en Angleterre, dont les champs d*Austerlitz virent le dénoûment.
Bonaparte quitta Rastadt, pour venir triompher à Paris. L'enthousiasme populaire embarrassa le directoire , qui comprit tout son danger en voyant l'iyresse publique. Il fut justement efira je de cette puissance de la glcnre 9 à laquelle il devait se soumettre lui-même, trop faible qu'il était pour la braver ou pour la récompenser. Toute sa politique se réfugia dans une fête extraordinaire, triomphale , inusité, dont la pompe excessive montra sa faiblesse au lieu de sa grandeur. Cette exagération de la reconnaissance du directoire ne trompa personne, ni celui qui en était l'objet, ni la foule toujours éclairée des spectateurs. Cette fête eut lieu le so (rimaire (10 décembre), en présence des ambassadeurs d'Espagne , de Naples , de Sardaigne , de Prusse , de Danemark , du grand-seigneur ; des ministres des républiques batave , cisalpine , helvétique 9 ligurienne, genevoise, et des envoyés de Toscane 9 de Wurtemberg , de Bade, de Francfort et de Hesse-Cassel. La vaste cour du Luxembourg fut disposée pour cette solennité inconnue, à laquelle aucun édifice public ne pouvait suffire. Les drapeaux conquis en Italie étaient groupés en dais au-dessus des cinq directeurs. Ils étaient pour eux l'épée de Damodés. Bonaparte remit solennellement au directoire le traité de Campo-Formio. On remarqua alors cette phrase du discours qu'il adressa aux directeurs : tr De la paix que vous ve- « nez de conclure date l'ère des gouvernemens ic repràentatifs. » Il termina par cette prophétie
devenue depuis si conditioDuelle : u Lorsque le u bonheur du peuple français sera assit sur les meilr u leures lois organiques, l'Europe entière deviendra u libre, n Barras , charge' de re'pondre au nom du directoire 9 dit que la nature avait épuisé toutes ses richesses pour créer Bonaparte .- Bonaparte^ ajouta-t-il , a médité ses conquêtes avec la pensée de Socrate : il a réconcilié l'homme avec la guer" re. Les directeurs, drape's en costume antique, d'une magnificence théâtrale , étaient éclipsés par le général , vêtu de l'uniforme de Lodi et d'Âr* cole. Cet habit était simple alors , et laissait voir tout entier le guerrier qui le portait. Quelques jours après , les conseib lui donnèrent une fête aussi brillante dans la galerie du Muséum, au milieu des trophées de ses conquêtes d'Italie ^ et le département nomma rue de la Victoire , la rue Chanteraine , où Bonaparte ayait sa maison. L'institut le choisit pour remplacer Carnot^ alors pros* crit comme royaliste. Le ministre des affiiires étrangères, Talleyrand, lui offrit également une fête , où la belle cantatrice Grassini chanta encore une gloire dont elle était aussi un trophée. Les lettres, les arts, déposaient leurs tributs aux pieds du héros de la patrie. Le royaliste Bonald lui offrit son livre, et le républicain Davidson pinceau. Le peintre voulait le représenter à cheval au pont d'Arcole ou de Lodi : ic Non , répondit Bonaparte, u j'y servais avec toute l'armée. Représentez-moi « de sang-froid sur un cheval fougueux. » L'ivresse exaltait toutes les têtes, le cri de vive Bonaparte J était devenu national. Cependant pour donner une diversion à l'attention publiqile,
et du repos à la reconnaissance chagrine du directoire 9 Bonaparte partit pour Tinspection de son armée d'Angleterio)«»t après avoir parcouru les côtes du Nord , de la Normandie *% de la Bretagne, il revint à Paris, rempli d'un projet qui 44»vait l'afiranchir de la me'fiance du directoire, et de la nullité du commandement dans lequel ou prétendait Texiler.
Ce projet était la mémorable expédition d'Egypte , deyenue monumentale pour les connaissances humaines. Une ancienne méditation qu*il avait nourrie secrètement au milieu de ses triomphes d'Italie , et dont le savant Mongc eut peut-être seul la confidence à Milan , reprit alors dans son esprit la plaee qu*il semblait lui avoir destinée d'avance : comme si , prévoyant au comble de la gloire les infidélités du sort , il se fût interdit dès lors de laisser aucune lacune dans sa vie , et se fût imposé d'avoir une fortune à lui , dont il ne répondrait qu*à]a postérité.
Pendant ses loisirs de Passeriano , où fut convenu le traité signé depuis à Campo-Formio , le pacificateur avait adressé à l'escadre de l'amiral Brueys, stationnée dans la mer Adriatique, la proclamation suivante ; u Camarades, dés que nous aurons u pacifié le continent , nous nous réunirons à vous <t pour conquérir la liberté des mers. Sans vous , tt nous ne pouvons porter la gloire du nom français « que dans un petit coin du continent : avec vous , M nous traverserons les mers , et la gloire nationale a verra les régions les plus éloignées, m Cette proclamation était un ordre du jour pour l'Europe. L'Angleterre y fit. plus d'attention que la France. Mais au retour de son inspection des côtes de TO-
cëan, Bonaparte ) conyaincu de la nullité' da commandement fastueux de Tarmee d'Anjrl^t^rre , proposa ayec chaleur au directoi»** «le donner à cette guerre une directî*»** 9 ^^ but 9 qui la rendissent reellem««« nationale, soit en attaquant cette pu**^''^^ ^^ ^^ empire d'Asie , soit en ^êfraïa^nt son commerce par l'occupation de l'Égjpte. Le plan de cette dernière expe'dition , dont le succès de'montré infaiUible , ouvrait la route de rinde à la gloire française , fixa toute l'attention du directoire , et lui parut satisfaire tous ses inte'réts , dont le moindre n'était pas sans doute rëloignement de celui qui avait donne' la paix k r Autriche , et qui , à son départ de Milan pour Rastadt 9 avait promis une autre guerre à l'armée. 41 Soldats, disait- il,. je pars demain pour Rastadt. « En vous entretenant des princes que vous avez M vaincus, des peuples qui vous doivent leur «i liberté , des combats que voys avez livrés en deux ti campagnes , dites-vous , dans deux campagnes u, nous aurons plus fait encore, i»
La méfiance et l'amertume , cpii régnaient habituellement , dans les conférences du Luxembourg , entre le directoire et Bonaparte , prouvaient plus que jamais la nécessité de faire cesser une rivalité qui partageait la France et divisait le directoire lui-même. Aussi le gouvernement alla-t-il avec empressement au-devant de la proposition de Bonaparte ; et l'activité qu'il mit à disposer en secret tous les moyens qui devaient assurer le succès de l'expédition, n'était pas étrangère au sentiment d'une sorte de reconnaissance pour celui qui en ^'assurant l'indépendance, la rendait au directoire.
La France apprend toat à coup que 5o mille hommes, dont 10 mille marins, sont réunis dans les ports de la Me'diterranée , qu'un armement immense se prépare à Toulon. Treize vaisseaux de ligne , quatorze fre'gates , quatre cents bâtimens , sont équipes pour le transport inconnu de cette nombreuse arme'e , dont les ge'ne'raux appartiennent de'jà , par de hauts faits d'armes , à la gloire de la France , et la plupart à celle du vainqueur de ritalie. Les principaux sont Berthier, Caffarelli, Kléber , Desaix , Re'gnier , Lannes , Damas , Murât, Ândre'ossy , Belliard , Menou , et Zayonscheck , à présent vice-roi de Pologne. Les chefs de la flotte sont cet amiral Brueys, qui commandait dans FAdriatique pendant la campagne d'Italie , et les contre-amiraax Villeneuve, Duchayla, Decrès, et Gantheaume. On ne sait pourquoi la commission des arts et des sciences envoie à Toulon cent de ses membres , pris dans chacune de ses classes. Est-ce un nouvel état que la France veut fonder ? on va-t-elle en même temps porter sa liberté' et sa civilisation? On parlait également alors de la Grèce , de l'Inde , de l'Egypte ; le secret est gardé. Bonaparte a compose son état-major : parmi ses aides de camp on remarque son frère Louis , Durée , Eugène Beauharnais , le fils du directeur Merlin , et le brave Sulkowski , noble polonais 9 qui flTestvouéà sa fortune , et possède sa confiance. Les escadres de Gènes , de Civita-Vecchia , de Bastia 9 avaient reçu l'ordre de se réunir à la grande flotte de Toulon. Tous les plans , ceux de l'armement , de la composition de l'armée , de la descente, tous les projets présens et futurs de la my»-
tcricase expédition, sontronvrage de Bonaparte; on assure que Barras a tout e'crit sous sa dictée. M.de Tallejrrand doit aller en ambassade extraordinaire à Constantinople , pour s'assurer des dispositions de la Porte, ouvrir des négociations relatives k Texpédition, et prévenir toute rupture. Cette mission est une des conditions du départ de Bonaparte , à qui le directoire Ta accordée. Bonaparte va partir avec tous les élémens qu'il vient de créer. L'Helvétie a e'té conquise pour préparer la conquête de l'Egypte. Le trésor de Berne et celui de Rome doivent ouvrir aux Français les portes du Caire. Ce moyen appartient aussi à Bonaparte. Tout est prêt pour son départ.
Mais une autre fortune , alors faible rivale de la sienne , et qui doit pourtant lui survivre , celle de Bernadette , ambassadeur à Vienne , arrête tout à couple conquérant du Nil. Le drapeau tricolore, arboré au palais de France , dans Li capitale de l'Autriche , donne lieu à un tumulte , où le caractère de l'ambassadeur est outragé. Bemadotte a quitté Vienne. Cette misérable aventure peut en un moment détruire le grand ouvrage du traite de Campo-Formio , acheté par tant de triomphes et tant de sacrifices. Dans la crainte d'une rupture avec- la maison d*'Autriche , le directoire ne voit qu'un homme à lui opposer ; et cet homme , c^est celui dont il redoute l'ambition et la gloire. Bonaparte est l'arbitre de la destinée de la France. Il est chargé de tout réparer. Investi de pouvoirs illimités, il doit rêver alors le pouvoir souverain que le directoire semble abdiquer pour lui. Mais sa correspondance avec le comte de Cobentzl
porte an caractère de tupre'matîe qui n'échappe ni au cabinet autrichien , ni au directoire. Celui-ci , justement alarmée de la nature des communications dont il surprend la confidence , presse de nouveau le départ de son ne'g;ociateur pour Toulon. Ou prdtend que, dan» uuc confe'rence orageuse entre le directoire et Bonaparte , celui-ci menaça de sa démission ; et que , dans la chaleur de cette discussion 9 le directeur Rcwbell lui présenta la plume 9 et lui dit : Signez^a , général.
Bonaparte partit pour Toulon ; il j arriva le 9 mai , et descendit à l'hôtel de la Marine. L'armée 9 son armée l'attendait. Un discours brusque et énergique salua ses braves d'Italie. Dix jours après , au moment de s'embarquer , il leur dit : « Soldats , vous êtes une des ailes de l'armée d'An- « gleterre ; vous avez fait la guerre des montagnes , « des plaines , et des sièges : il vous reste à faire la u guerre maritime. Les légions romaines que vous K avez quelquefois imitées , mais pas encore égaie leet 9 combattaient Garthagc tour à tour sur cette « même mer 9 et aux plaines de Zama. La victoire « ne les abandonna jamais , parce que constam- « ment elles furent braves , patientes à supporter ti la fatigue, disciplinées et unies entre elles...'., u Soldats , matelots, vous avez été jusqu'à ce jour a négligés ; aujourd'hui la plus grande sollicitude
t( de la république est pour vous Le génie de
« la liberté , qui a rendu des sa naissance la réputt blique arbitre de TEurope , ve^t qu'elle le soit K des mers et des nations les plus lointaines, n Ce fut ainsi que l'armée apprit de son général qu'elle illait se battre 9 et triompher au-delà des mers.
Mais quelles mers devail^-eUe fraDchir, quelles régions deTait-elle conquérir, pour obtenir ce que son ge'ne'ral lui avait promis le jour de nn arrivée à Toulon , quand il lui avait dit : /e promets à chaque soldat , qu'au retour de cette ev pédition il aura à sa disposition de quoi acheter six arpens de terre / L'armée , indifférente lor les promesses , n'accepta que la part du danger et de la gloire , et s'embarqua pleine de |oie avec le he'ros d'Italie. Par un de ces hasards singuliers , atr taches aux grandes fortunes humaines , le nom du vaisseau amiral , que montait Bonaparte , renfermait tout le secret de l'expe'dition ; il se nommait r Orient .* et le soleil , qu'on appela depuis tant de fois le soleil de Bonaparte , c'claira le majestueux départ de la flotte expéditionnaire. Vingt jours après, l'armée était devant Malthe. La descente eut lieu sous le canon de la ville et des forts qui la protègent. Deux jours avant la reddition de Malthe, quelques chevaliers de la langue de France furent amenés prisonniers à Bonaparte : u Puisque te vous avez pu prendre les armes contre votre ic patrie , leur dit-il , il fallait savoir mourir. Je «c ne veux point de vous pour prisonniers. Vous te pouvez retourner à Malthe, tandis qu'elle ne ti m'appartient pas encore, n Le lendemain cette Ile 9 qui avait résisté pendant deux ans à toutes les forces de l'Orient , commandées par l'invincible Dragut , fut au pouvoir de Bonaparte. Une courte et honteuse négociation avait suivi l'échange de quelques coups de canon , qui ne sauva pas l'honneur du pavillon malthais. Ainsi tomba l'ordre, de Malthe , deux cent soixante-huit ans
après la donation de l'Ile par Charles-Quint. Sa conquête acheva pMve la France la conquête de la Me'diterranee. Le pavillon tricolore affranchit alors ce dernier asile de la chevalerie religieuse , dont une autre réfolution a fait depuis un port militaire sou^ pavillon luthérien. Toutefois c'e'lait un pre'lude biz^v^e ^ la guerre des musulmans
d'ÊgJT*®» ^"® ^ «ï^^auête du convent repute' inexpugnable des chevalier» 4^ Saint- Jean de Jérusalem. Mais avant de quitter Ikuitlie , Bonaparte avait fait mettre en liberté tous les capur^ mahométans qui languissaient dans les bagnes de la religion. Treize jours après , les minarets d'Alexandrie et la tour des Arabes montrèrent à l'armée le but de son voyage , et la terre d'Egypte lui fut promise.
Vingt-quatre heures auparavant 9 la flotte de Nelson était venue annoncer à Alexandrie la flotte française 9 qu'elle avait inutilement cherchée. Le débarquement fut de suite ordonné par le général en chef 9 qui sait apprécier et veut mettre à profit cette £aveur singulière donnée à ses armes. Tout à coup une voile est signalée : » Fortune , s'écrie Boic naparte , m'abandonnerais-tu ? Je ne te demande « que cinq jours ! Cette voile était une frégate de notre escadre. Menou , qui devait sortir le dernier de l'Egypte , y prend terre le premier. Bonaparte et Kléber débarquent ensemble, et le joignent dans la nuit au Marabou , ou fut planté en Afrique le premier drapeau tricolore. Le général en chef, impatient de signaler son arrivée , n'attend pas le débarquement des autres divisions; il a su qu'Alexandrie se dispose à une défense; il veut étonner son nouvel ennemi par une audace qui lui est in-
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connue , et s'assurer, par une conquête utile, du moral de sa propre arme'e. A detfi heures du matin, il se met en marche sur trois colonnes , ordonne l'assaut des murailles , elles sont emporte'es par la furie française. Les soldats, malgré l'ordre de Bonaparte , se pre'cipitent dans la ville » «{ui n'a pas le temps de capituler et se rend an* vainqueurs; Ja^ mais plus habiles proclam»'^'^^ n'ayaient ëte faites aux soldats français "'aux peuples vaincus. Ayant de débarquer î>^vut dit aux uns : te Les peuples « ayec lesq^^^ nous allons yiyresont mahométans : ic leur premier article de foi est celui-ci : // nya t( d'autre dieu que Dieu y et Mahomet est Mon pro» u phète. Ne les contredites pas , agissez ayec eux u comme vous ayez agi avec les juifs , ayec les Ita- K liens , ayez des égards pour leurs nraphtis et pour u leurs imans , comme yous en ayez eu pour les rab* u bins et les éyêqnes. Ayez pour les cérémonies que u prescrit l'Alkoran , pour les mosquées , la même te tolérance que yous ayez eue pour les couyens , «c pour les synagogues, pour la religion de Moïse te et celle de Jésus-Christ. Les légions romaines ce protégeaient toutes les religions. Vous trouyerez te ici des usages diffcrens de ceux de l'Europe , il ti faut yous y accoutumer. Les peuples chez lesquels (i nous allons , traitent les femmes différemment ic que nous. Mais dans tons les pays, celui qui yiole ti est un monstre. Le pillage n'enrichit qu'un petit te nombre d'hommes , il nous déshonore , il détruit ic nos ressources; il nous rend ennemis des peuples, 4t qu'il est de notre intérêt d^avoir pour amis. La te première ville que nous allons rencontrer a été «( bâtie par Alexandre « Nous trouverons à chaque
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u pas de grands souveuirs dignes d*ex.citer Tëmu- 4t lationdes Français. i» Le i«r juillet, il dit aux fanatiques musulmans de la ville d'Alexandrie : tt Depuis trop long-temps les beys qui gouvernent H rÉgypte insultent à la nation française , et coûte vrent ses ne'goeians d'avanies. L'heure de leur K châtiaient est arrive'e. Depuis trop long-temps , « ce ramassis d'esclaves 9 achete's dans le Caucase et H la Ge'orgie , tyrannise la plus belle partie du ft monde : mais Dieu , de qui dépend tout , a ortt donne que leur empire finit. Peuple de l'Egypte, u on vous dira que je viens pour détruire votre retf ligion 9 ne le croyez pas : répondez que je viens 4, restituer vos droits, punir les usurpateurs, et que 41 je respecte plus que les Mamelucks , Dieu , son K prophète et le Koran. Dites-leur que tous les « homme sont égaux devant Dieu. La sagesse , les tf talens, et les vertus, mettent seuls delà différence c entre eux .... Y.a-t-il une belle terre ? elleap- K partient aux Mamelucks. Y a-t-il une belle estt elave , un beau cheval , une belle maison ! cela «c appartient aux Mamelucks. Si l'Egypte est leur (c ferme , qu'ils montrent le bail que Dieu leur a tt fiait. •• Qadhys, cheykhs, imans , tchorbadjys , a dites au peuple que nous sommes aussi de vrais tt musalmans. N'est-ce pas nous qui avons détruit M le pape, qui disait qu'il fallait faire la guerre aux u Musulmans? N'est-ce pas nous qui avons détruit IL les chevaliers de Malthe? N'est-ce pas nous qui u avons été dans tous les temps les amis du granda sei gneur et l'ennemi de ses ennemis?. . . . Trois fois <t heureux ceux qui seront avec nous ! Ils prospére- « ront dans leur fortune et leur rang. Heureux ceux
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M <[□! seront Deutrei ! lia ■uront le temps K connattra , Dt iti le rangeront avec non « malbeiir,trDÙfaiima]heurBceuiqoiiru «pour lei Hamelucki, et combattront « non* ! Il n'j aura pas d'espérance pour < « périront, s L'e'loqaence populaire ear ^aùnemment ceux qui ont asserrï les | (7e*t pour cela aussi qu'ibont réam. Bo poMÉdaît aaplus haut degré le talent de* pr tions, qni sont la véritable littératare desi rana. llfantdugGnieponrpemiaderausH ■nz TaincDiqne tes victoires aont pour eux.
A peine maître d'Alexandrie , Bonapart an delurquement toute l'a et ivi té qai luiest et qu'il a le talent de cominuniqner i ton est soDB le drapeau. L'àmirBlBruefs reç< dre de conduire la flotte au mouillage d'AI d'où elle communique arec Rosette 1 Alei Quanti l'escadre, elle doit, ou entrer TÏenz port d'Aleisndrie, si cela se peut rendre k Corfou. La crainte des Anglais met aucun retard pour l'exécution de ces tîonsj etle grand intérêt de prévenir et d* le* bejB n'en admet aucun poor marche Caire. Le généra] Oeiaitse porte anssitAI désert avec sa difitienet a pièces de ean et arrive le lendemain, i8 messidor, k .
hour, k qninae lienes d'Alexandrie. Bon eu quittant cette dernière ville , en laisse mandement an général Kléber , quia élél Fassiégeaut. Le général Dugua marche d'« câté aor Rosette ; il est chargé de l'en ei et de protéger rentrée de la flottille fri
(pli doit saiyre la route du Caire sur la rive gauche du Nil, et rejoindre Tarmee par Rahmanie'. Le 20 fioDaparte arrive à Demenboar , où l'arme'e veunie oublie les souffrances du de'sert et les cris séditieux dont elle a menace son héros. Bonaparte •nblie tout également. Le aa , à la pointe du jour , le mouvement a lieu sur Rahmanie» Après quelques heures de marche , où le tourment de la soif renouvelle le désespoir du soldat , où la cruelle illusion du mirage lui rend plus insupportable Taridité du désert , le Nil parait , et Farmée s'y précipite. Le Nil devient aussi un dieu pour les Français. A peine rafraîchie et consolée, l'armée est rappelée au drapeau par une attaque de Mamelucks. Elle y court ; l'artillerie du général Dcsaix les dissipe. Bonaparte ordonne un repos à Rahmanie pour y attendre sa flottille , où sont les provisions. Tout réussit : le a4 9 ^^ flottille est arrivée. L*armée reposée 9 réparée et contente , se met en marche dans la nuit avec Tordre et Tespoir de livrer la bataille , qui doit lui ouvrir la capitale de sa future conquête. La flottille suit le mouvement ; elle marche sous le pavillon du chef 'de division Perrée. Le général Andréossy est à bord , ainsi que le général Zayonscheck ; ils commandent l'artillerie, et les troupes à cheval non montées. La violence des vents entraine tout à coup la flotille française ««-delà de la gauche de l'armée , et la met en présence de la flottille ennemie , soutenue par le feu de 4)000 Mamelucks , des Fehlas et des Arabes. TJn combat inégal , où la valeur française supplée au nombre , a lieu tout à coup , et coûte à Teniiemi ses chaloupes canonnières. Bonaparte , averti
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par le bruit du canaii que ta flottille est eo; marcbe >u paa de charge sut le village de Che qaidonneleDomïU bataille, et l'emporte, denxbcurea d'une action upiniâtre , l'eDDem €00 hommes sur le champ de bataille , et I désordre vers le Caire. Sa flottille remonte Après un )Dur de repos à Chebreis, l'armée rieuse reprend la route du Caire. Le a theri à denx heures après midi , à l'époque la pi dente du jour, l'armée arrive à une dem dTmbabé , et voit le corpi des Mamelucks ployer en avant du village. Bonaparte ordo halte. L'excès de la fatigue et de la chaleur blait les troupes. Un repos d'une heure seul eat le besoin dn soldat. Mais let mouveme rennemi leur en commandent le sacriGce, 1 dre de bataille est devenu un besoin plus rieuz. Tout est nouveau pour les Frsnçai arrière de la gauclic de l'ennemi l'clevaic pjramides, ce9 immobiles IcmoÎDS des plus des fortunes et des plus grandes adversib monde. En arriére de la droite coulait 1 lueusement le vieux Nit , brillaient les 3oo rets du Caire, et s'étendaient les plaines j. fertiles de l'antique et populeuse Hemphi costume magnifique, l'éclat des armes, la 1 des chevaux de la cavalerie des beys contres singulièrement avec l'uniforme et l'armemc vére du soldat français , dont le général ai fond avec eux. par 1b bravoure et la aimp C'est Léonidas lutlaut avec ses Spartiates ( la fastueuse armée des satrapes; mais il n'je de Thermopyles. Les pyramides furent heu
aux Français. Soldats , s'ëcrie Bonaparte , songez que du haut de ces monumens quararlèe siècles vous Contemplent , c^t il ordonne l'attaquri. La valeur téméraire , les charges rapides et multU plie'es des Mamelucks vinrent se briser contre les carrée français , contre ces murailles de fer mouvantes qui vomissent la flamme , et qui firent croire à l'ennemi que nos soldats étaient tous attaches les uns aux autres. Il tombe foudroyé' au pied de nos carrés , comme sous les murs d'autant de forteresses. Aucun ne veut se rendre. Le fanatisme , la rage y une bravoure digne d'un meilleur sort offrent ces braves de l'Orient, ces chevaliers de l'islamisme , en sacrifice à la discipline européenne. Trois mille Mamelucks paient de leur sang cette terrible épreuve. Le village d'Embabé est pris à la baïonnette : 4o pièces de canon , 4^0 chameaux, les armes, les trésors, les bagages, les vivres de cette noble milice d'esclaves tombent au pouvoir de l'armc'e , après dix-neuf heures d'un combat où les plus beaux faits d'armes honorent également les vainqueurs et les vaincus. Les dépouilles des Orientaux portent dans le camp français l'abondance , la santé , et la confiance. Le combat d'Embabé reçoit le nom de bataille des Pyramides. L'ennemi brûle dans sa fuite tous les bâtimens qui ne peuvent remonter le Nil. La rive droite en feu éclaire la marche de la brigade Dupuy , qui entre la nuit dans les murs de la capitale de l'Egypte , et s'égare dans ses rues étroites,longues et silencieuses. Le Caire a été évacué parles deux beys qui maîtrisent l'Egypte, Mourad suit la route de laHautc- Égypte, Ibrahim celle de la Syrie. Le 4 thcrmi-
dor, les grands da Giire se rendent à Gizeh, et offrent à^naparte de lui remettre la n^ille. Trou 'jours après , le général en ehef y porttf «on quartier-général. Desaix reçoit l'ordre de suivre Mourad , et d'établir un camp retranché à quatre lieues en ayant de Gizeh. On prend position au yieox Caire et à Boulac. Un corps d'observation est etf TOjé àElkanka pour surveiller les mouvemens dTIbrahim. Ce corps devient bientôt l'avant-garde de l'armée y qui se met en marche pour chasser Ibrahim de rÉgypte. Bonaparte la commande ; il rencontre à Belbeis les débris de la caravane de la Mecque , dont la plus grande partie a dû suivre Ibrahim : il délivre les marchanda des Arabes qui les pillent , et qu'ils ont pris pour escorte , et leur en donne une française pour les conduire au Caire. Ibrahim avait fui sur Salahié : cette ville donne son nom au combat qui le rejette en Syrie. La division Régnier s'y établit. Bonaparte , délivré de son pins dangereux ennemi , revient au Caire. Il apprend en route qu'Aboukyr a vu brûler ses vaisseaux. Prisonnier dans sa propre conquête f devenue une patrie pour l'armée et pour lui j s'il désespérait de lui-même , il ne serait , il n'aurait été que l'homme de la fortune. 11 va régner. Il est le sultan de l'Egypte, et le général de l'armée française. Il doit consacrer tout son génie à ses sujets et à ses soldats. Le destin , qui lui fait faAre fessai de la pourpre sur les bords du Nil , va donner à ce caractère supérieur cette teinte orientale , qu'il doit toujours imprimer à sesvolontésetàses desseins. La nature semblait l'avoir créé pour le trône de l'Asie. Il avait reçu d'elle 9 pour s'y mainte^
nir, tout ce qui Ta précipité de celui qu*il éleva depuis sur r£urope. Cette royauté forcée et passagère 9 en Égjpte, de'yeloppera en lui tous les germes du pouvoir absolu , que le sol de la patrie refusait alors de produire. En Europe, Bonaparte pouvait balancer entre Ge'sar, Scipion, et Charles- Quint; mais dans TOrient il ne peut voir qu'Alexandre, Sesostris , et peut-être Mahomet : toutefois il marche avec son siècle, et c*est le personnage d*un calife e'clairë et belliqueux qu^il va montrer an monde. Il va rëpe'ter en Egypte le rôle des Abassides en Espagne ; et à la tète d*une arme'e invincible , entoure' d*un état-major de philosophes , il fera fleurir les arts de TEurope et la religion du croissant : donnant à Tunivers le spectacle nouveau d*un conquérant , qui révère le culte implacable des vaincus , et qui leur rappelle leur grandeur passée, par le respect dont il honore les monumens de leur patrie, u Nous n'avons plus de flotte, •i dit-il : eh bien , il faut rester ici , ou en sortir K grands comme les anciens. » Cet adieu stoïque hi la flotte fut partagé par les soldats , qui virent en lui toute leur destinée. La population fut loin d'épronver la même résignation.
Une fermentation sourde se fit bientôt remarquer dans Timmense ville du Caire. C'était à l'époque du retour de cette opération de la nature , qui eliaqae année épanche le Nil sur le sol deTËgypte, et de l'antique cérémonie que la reconnaissance des hommes célèbre depuis tant de siècles en mémoire de ce bienfait. Bonaparte saisit habilement cette occasion de rendre un hommage éclatant à cet usage à la fois politique etr religieux. Placé sous un
inumcntoùestrenrermeleDiiomctrc. ''
lie JiulL'riiiilu eut lien quinze iours ' tro d'ALoukyr. La fortuiio ollril tn" lu sultan une circoostaiice laVorjUii pouvoir sur le rcBpcct dci tixli lyaDCC de son peuple. I/aniûvi .ccdu proplictefutcelébré Bi mile lUHgniGccDcc. Toute la v] processions des lidcles, les ol astrumcns, lesévolutioaj mm aaparte lui-même , les feuxif
iiaparte parut ■ la f£te et cl ne oriental, coifie du toi' :1e nom à'jili BonapaP^ Icdivan, CDpre'seace d lu pclisM d'honneur. Um ndcs aumàni'!' H!"-™- '-
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1< (lu monde. Soldats ,
. DaDscejoar, 4(> "■'1'
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religieuse était et devait Être iniurmontuble. L'armée françaisa fut condamnée a èlre presque toujours conquérante pendant son se'jonr en Egypte, et ce fut avec laccés, parce que le langage de la force ciit entendu de tous les peuples.
Cependant, le a> Geptembre i^gS annonça « l'armée la fête de la fondation de la république. Bonaparte Toalut rendre cette fête nationale ponr les ËRypIîens, Il fit elerer à grands ^is un cirque immense dan» U plua grande place du Caire; ee cirque était décore' de io5 colonnes, qui partaient chacune un drapeau , et chaque drapeau le nom d'un dc'partcrnf nt. Au milieu sV-IcTait un obélisque colossal, charfé d'inscriptions. Sept auteb antique* portaient des trophées , etia liste des braves morti en combattant. A l'eutree était un arc de triomphe , où était représentée la bataille des Pyramides; et, parmi les inscriptloa* arabes, on Unit celle-ci : Il n'jr a de Dieu ijut Dieu, et Mahomet tit ton prophète. I^ rapprochement n'était pa« heureux entre le tableau et l'inBCrlptiou. Hais, telle était la dil£culLé de position où Bonaparte était placé, qu'il devait flatter également les vainqueurs et les vaincus. II disait àses soldats, le joui de cette fête : u II y a cinq ans , l'indépendance <i du peuple français était menacée. Vous reprttei H Toulon ; ce fut le présage de la ruine de vos eni< Demis. Un an après, vous battiez les Autrichient u à Dégo ; l'année suivante , vous étiez sur le sont- >L met des Alpes. Vous luttiez contre Mantoue, il ■ yn deux ans, etnous remportions la célèbre bail taille de Sai ut-Georges. L'an passé , vous élie> K aux sources de la Drave et de Tlzonso , de retniir
DE NAPOLÉON. 6i
de rAUemagne.Quieût dit alors que vous seriez sur les bords du Nil, au centre de l'aDcien continent? Depuis l'Anglais, ce'Iebre dans les arts et le commerce , jusqu'au hideux et féroce Bédouin , yous fixez les regards du monde. Soldats , rotre destine'e est belle.... Dans ce jour , 4o millions de citoyens célèbrent l'ère des gouverneoacDS repre'sentatifs ; 4^ millions de citoyens
pensent à vous it Les conque'rans trouvent
ujours des poètes. On chantait dans la grande Mque'e du Caire : te Rèjouissez-vous , ô fils des bommes , de ce que le grand Allah n'est plus irrité contre nous ! Réjouissez-vous de ce que sa miséricorde a amené' les braves de l'Occident , pour vous délivrer du joug des Mamelucks ! Que le g;rand Allah bénisse le favori de la victoire ! Que le grand Allah fasse prospérer l'armée des braves de l'Occident! » Cependant , lesJiU des saunes conspiraient contre les hraves de l'Oc" dent , pour reconquérir leur première servitude ;
ils conspiraient dans cet impénétrable silence li caractérise toujours les complots des esclaves. Toutefois , la ville du Caire 9 transformée en itropole française , devait à l'infatigable aclite de Bonaparte l'aspect et les ressources d'une Ile d'Europe et présentait, au milieu de la barrie indigène , un oasis de civilisation et d'indusie qui rendait à Tarmée les jouissances de la trie et trompait son exil. Jusqu'alors la guerre
l'administration militaire avaient occupé la nse'e du général en chef : c'était le devoir de la nquéte et le besoin de l'occupation. Il fallait ifin caractériser la possession et l'établissement ,
Ca VIE
pai- la formation djgouTeraemeat ciril. Un divan lïit donné s la ville du Cuire , compoM? des hommes les plus considérée ilans le pays. Les autres villes reçurent égalemcntle bienfait tle l'administration municipale. La création de l'inatltut d'Egypte, à l'instar de celui de la mére-patrie, donna à Tôtpédition cet i^clat ^i devait en faire le pl«i bel cpi^ode de cet Sge de prodiges, et justifier & jatuaîs celui qui l'avait conçue et ese'cutée. D forma aussi quatre classes ; mathématiques, physique, ceonomie politique, littrratiireclbeflUï-arts. Une hiblioLbcque , un cubinet de physicgue, un observatoire, un jardin botanique, un Ijboraloire Je chimie , un musée d'antiquité»,' une ménagerie , furent créés pour les travaux des claises. Bonaparte, qui n'oublia jamais dans ses proclamaliona le litre de membre de l'institut national , y joignît celui de président de l'institut d'Egypte. Aussitôt après la création de l'institut, l'Egypte, qui n'était encore eiploitée que comme conquête par les soldats, fut exploitée comme patrie par les
la science eut ses héros comme la guerre , dont elle devait assurer la gloire. Rien ne fut oublié pour acclimater Farméc exilée; il était plus dilEeite de franciser les Égyptiens. Bonaparte chargea l'institut de dresser un tableau comparatif des mesures égyptiennes et françaises , de composer un vocabulaire français-arabe et d'ctablir un triple calendrier égyptien, copbte et européen. Ce travail satisfaisait à lui tout seul les premiers besoins de la société nouvelle. Deux journaux, l'un de littérature et d'économie politique , sous le titre
de Décade égjrptienne ; Vautre de politique sous celui de Courrier d'Égjrpte , furent re'dige's au Caire. Des lieux de réunion , des boutiques , des ateliers , donnèrent à cette ville monotone et yassale de l'industrie de l'Europe et de l'Asie une couleur d'activité', de création et d*inde'pendance fiocialey qu'elle n'avait jamais eue sous les Ottomans.
Depuis l'incendie de la flotte , Bonaparte avait dû renoncer aux vastes projets dout l'Egypte ne devait être probablement que le premier théâtre. Déchu par ce grand désastre du dessein d'une autre entreprise ,. il était de la prudence , si remarquable dans son caractère, de ne négliger aucun moyen de s'assurer la possession tranquille d'une colonie, dont la conquête présentait une gloire tonte nouvelle en Europe depuis la découverte des deux Indes; En conséquence , il s'occupa du recrutement de l'armée , qui fut réduite à admettre dans ses rangs les esclaves , de l'âge de 16 à a4 an3, de toutes les races asiatiques et africaines établies en Egypte. Trois mille marins échappés au désastre d'Aboukyr furent également enrégimentes, et formèrent la légion nautique. Toutes les mes du Caire étaient fermées la nuit par des portes, pour défendre les habitans des attaques des Arabes. Bonaparte fit abattre ces clôtures ^ parce qu'elles pouvaient devenir des remparts en cas desédition ; cette mesure justifia sa prévoyance.
Quînzejours après , le aa octobre, pendant que le général en chef était au vieux Caire , des rassemblemens séditieux et armées se forment dans la ville, et surtout à la grande mosquée. Le chef de
bi'ignile Dupa]', commun dant de la place, qui, apri-i la victoire des Pyramides , était entre le premier au Caire, y est U\e le premier. Le brave Salkonskj-.aide-de-cainpche'ri de Bonaparte, est cgalemciit manaore'. Il fut pleure par le ge*aenil en chef et par l'urmce. Les Franrai» de toute dasie, de toute condition, «ont impitoyablement égorgi^ dans les rue) du Caire et dans leurs maisons. Les mobque'cs sontdeTenueB le* forteresses de la révolte : les imans donnent , du haut dc9 minaret* , le Mgnal de la destruction des inSdéles. Soulefee par les clicicka, Fimmense population du Caire a jure par Maliomet d'eslermincr ics Fi-ançaiî. Elle s'claoce avec audace au\ portes de la ville , dont cllo Tcut fermer Tentre'e à Bonaparte. En effet , le général en chef, repoussé a la porte dn Caire , eat obligé d'entrer par celle de Boulak. Jamai* moment plus critique n'avait frappe' la TÎe d'un codqiicrunt. Les Anglais attaquaient les villes maritjmes. Mourad-Bey tenait toujours la campagne dans li HEiute-^yple contre l'infatigable Desaii. Les généraux Menou et Dugua contenaient à peine l'Égypte-Infe'rieure ; tout le désert était en armei. Les Arabe» s'e'taient re'unit aux Felhas et aux séditieux du Caire. Le directoire , qui s'était engage à ouvrir des négociations avec la Porte, au sujet de l'expédition , avait garde le silence, et manqué à la parole donnée au géne'ral Bonaparte, qui n'e'tait parti que sur la foi de cette importante communication. Uornanifeste du grand-seigneur, répandu avec profusion dans toute l'Egypte parle* Anglais et les émissaires des beys dépossédés, lui apprit tout son danger, ainsi que la criminelle insouciance
etoire. On lisait dans ce manifeste : « Le le français ( Dieu yeuille détruire son pays id en comble, et couvrir d'ig[nominie ses aux! ) est une nation d'infidèles obstines et Herats sans frein.... Ils regardent le Koran, en-Tcstament et l'Évangile comme des ... O TOUS, défenseurs de l'islamisme ; à he'ros protecteurs de la foi; 6 vous adoral'un seul Dieu , qui croyez à la mission de met, fils d'Abdcr-Allah , re'unisscz-vous , rchez au combat sous la protection du laut.... Grâce au ciel, vos sabres sont tran- , vos flèches sont aiguës , vos lances sont
Dtes , vos canons ressemblent à la foudre
peu, des troupes aussi nombreuses que tables s'avanceront par terre , en même que des vaisseaux, aussi haut que des mon-
, couvriront la surface des mers Il vous
il plait à Dieu , réserve' de pre'sider à leur s destruction. Comme la poussière que les dispersent , il ne restera plus aucun vestices infidèles , car la promesse de Dieu est Ile. L'espoir du méchant sera trompé , et >'chans périront. Gloire au Seigneur des ist » Ccn était fait , non-seulement de la m de l'Egypte, mais de tous les Français, )arte ne s'était pas trouvé plus grand que r qui s'élevait comme un ouragan au milieu e le plus profond. Use souvient sans donte ues vénitiennes. Il entre au Caire avec »e»
lonne des ordres, repousse les Arabes dans t, dirige ses colonnes dans les rues, en- I ville de son artillerie , poursuit lesre-
belles qui s'entassent dans la grande mosqt leur offre le pardon ; ils refusent et comb Mais Ja nature est aussi pour Bonaparte.. '. phénomène très-rare en Egypte , le ciel se de nuages , et le tonnerre gronde. Les Mus effrayes demandent grâce :u L'heure de la cl< « est passée , re'pond Bonaparte ; vous aye K menée, c'est à moi de finir. » Au sîgni donne, les batteriesfoudroient la grande me Ia hache en brise les portes , et les rebelh abandonnes à la fureur des Français , qu ▼enger leurs camarades lâchement assassine'] que soldat sait d'ailleurs qu'il n'y a plus de vaii et la vengeance est aussi à ses yeux un châ politique. Cependant après cette terrible exe'i le ge'néral en chef fit rechercher les principa tigateurs de la reVolte. Quelques cheicks , pi Turcs et Égyptiens , furent juges et exe'cn* afin de punir toute la ville, Bonaparte ab divan , le remplace par un gouvernemeni taire , et impose une contribution extraord Une proclamation , qui réfutait le firman du seigneur, comme calpmnieux et suppos< affichée dans toutes les villes de l'Égypti finissait par ces mots : te Cessez de fonder i te pérances sur Ibrahim et sur Mourad , et t( votre confiance en celui qui dispose à son { tt empires , et qui a créé les humains. Le pli « gieux des prophètes a dit .* La sédition t «. dormie ; maudit soit celui ifui la réweill Effectivement la sédition ne se réveilla p Caire pendant tout le temps du séjour de parte en Egypte. L'exemple qu'il fit de cett
fut rigoureux; mais ce qui Tëtait encore plus, c'e'tait la responsabilité de Bonaparte envers 40,000 familles françaises , et la patrie tout entière. Le desastre d'Aboukyr faisait de cette responsabilité' une destinée ailreuse , une loi barbare.
Sorti de ce péril par la soumission totale du grand Caire , par celle de FÊgypte inférieure , et par différens traites avec les Arabes Bédouins , Bonaparte se propose d'aller résoudre à Suez le problème de la jonction de la mer Rouge avec la Méditerranée , et de rechercher les traces de ce canal fameux , auquel Sésostris a donné son nooL. Le souvenir gigantesque de la grandeur des premiers rois de r£gyptc ne pouvait dormir dans le sein d'un homme qui, en stipulant un traité de paix dans une petite ville du Frioul vénitien , avait rêvé l'envahissement de l'Inde par le golfe Arabique. Il se réserve de vérifier lui-même ce récit de la vieille histoire. Mais touj,ours habile et pré- Toyant, il veut, avant de partir pour Suez, ne laisser derrière lui aucun souvenir de la révolte qu'il a punie , et en gage de réconciliation , il va rendre au peuple du Caire son gouvernement national. Il choisit soixante habitans pour former le nouveau divan , et le gouvernement militaire disparait. Ce n'est plus comme général en chef, c'est comme membre des instituts de France et d'Egypte , que Bonaparte va rechercher les traces du canal de Sésostris. Il emmène avec lui ses collègues, Berthollet, Monge , Dutertre , Costaz Le Père et Caffarelli- Dufalga , pris dans les quatre classes. Les généraux Berthier et Dammartin commandaient la caravane, qui était de 3oo hommes. Après trois jours de mar-
clie dans le désert, Bonaparte arrive k Saes la côte , donne ordre de comple'ter les oavr la place 9 passe la mer Roa^e, et ya reeoi CB Arabie les fontaines de Muïse. Le leDdem son arrivée, il e'tablit à Suez une nouvelle d plus favorable an cootraerce avec TArabie , c Toceasion d'en instruire le sbe'rif de b Meei reçoit à Suez une de'putation d* Arabes , qui nent demander ramiiie' des Français. A dcn de Suez il trouve les traces de rancîeneainal au bout de quatre lieues , se perd dans les i Mau il eu a reconnu l'existence , et il lu que les anciens dominateurs del'Égjpte lu laisse' un grand exemple à suivre. Toutefois i pas destine' à recueillir I^e'ntagc des Plol A son retour à Sues il apprend que Djezzar, de Syrie , a fait occuper , par Tavant-garde i «rmce ^ le fort d'El-Ârisli, qui de'fend les froi de régypte, à dix lieues dans le de'sert. La | entre la Porte et la république n'est plus dou Celte provocation explique le firman du ^ seigneur. Mais Bonaparte sait qu*il faut poi guerre au lieu de Tatteodre.
L'expe'dition de Sjrie est résolue. Il repa:
sitôt pour le Caire, ordonne dans sa route la ] lion d'un régiment de dromadaires, etarrivi lahie'. Il j met en mouvement la division Bë pour être son avant-garde en Syrie , comn l'est dans le de'sert. De retour au Caire , il ordre à 10,000 hommes de se tenir prêts à ma Les ge'ne'raux Bon, Kle'ber, Lannes et Re'gniei mandent finfanterie; le ge'ne'ral Murât, la lorie; le gëne'ral Dammartin, Tartillerie; et le
rai Caffarelli-Dnfalga , l'arme du gënic : le jeule Daure est ordonnateur en chef de l'armée expéditionnaire. Le contre - amiral Perre'e doit, lYec trois frégates , croiser devant Jafia , et apporter Fartillerie de sie'ge. Celle de campagne et les divisions est de 5o bouches à feu. En peu de oan 9 Re'gnier est devant El-Ârbh , s'empare de a yille , de'trnit une partie de la garnison , force .'antre à se renfermer dans le château , retrouve eu ivant les Mamelocks d'Ibrahim, les attaque, et s'empare de leur camp. Les Anglais bombardaient Alexandrie, pour de'tourner Bonaparte d'aller por* :er la guerre en Syrie ; mais il devine et dédaigne sette hostilité , et arrive devant EI-Arish le lendenain de la victoire de Régnier sur les Mamelnclu , lept jours après son départ du Caire. Il fait sur-lechamp canonner nne des tours du château. La bréehe est ouverte , et deux jours après les barbares |Di forment la garnison ont capitulé. Une partie prend service dans les rangs de l'armée française 9 {ni se remet en route. Après 60 lieues d'une marche pc'nible dans le désert , où elle a encore éproufé rhorrible tourment de la soif, l'armée se réjouit k la vue des belles montagnes de la Sjrrie , et des plaines de l'antique Gaza , qui lui rappellent le sol le la patrie. Gaza , qui n'a plus de portes , et que tes troupes de Djezzar abandonnent , envoie nne léputation au général en chef. L'armée y oublie tontes ses privations. Deux jours sont donnés à son repos , et à l'organisation locale. Trois jours après, elle est devant Jaiïà , autrefois Joppé , si fameuse Sans l'histoire merveilleuse des enfans d'Israël. Une fovte garnison la défend ; de hautes murailles flan-
jo VIE
quees de tours la protègent. Djeziar Ta c< des troupes choisies ; une artillerie formit est servie par laoo canonniers turcs. L'impi de cette place , qui offre un port à Tescadre est la def des e'tats du pacha , ne permet p .retarder le sie'ge. Au bout de trois jours, 1 est investie, la tranchée ouverte ; Tattaqu mence, et bientôt la brèche est jugée prai Bonaparte envoie un Turc porter une som au commandant de Jaffa, qui, pour toute n lui fait couper la tête, et ordonne une sorti cette sortie est malheureuse pour les assic le soir même le feu des assiégeans a fait une des tours. La place de l'assaut est fai maigre' la résistance acharnée de la garnisoi est emportée. Le massacre devient général n'arrête la rage du soldat. La fureur do mort, et la mort donne la contagion. F deux jours et deux nuits , le glaive exterm détruit ceux qui défendaient Jaffa. Ses du vu une partie de ce sacrifice , offert à un di bare , mais inconnu. L'histoire , aussi index aussi impénétrable que Bonaparte , en ti sans explication la mémoire à la postérité, i clamation aux habitans du Caire , à son ret Syrie, est le témoignage sans justification de truction des prisonniers de Jaffa. Les Égyp les Mamelucks qui se trouvaient parmi eux renvoyés en Egypte , sous l'escorte d'un d< ment de dromadaires. Pendant le siège , le j Régnier poussa une reconnaissance sur Jéri Avant de quitter Jaffa , Bonaparte y éta!
divan 9 une garnison et un grand hôpital.
DE NÂPOLEOFf. 71
même de cette ville , des sjrmptdmes de peste mt manifestes. Plusieurs soldats de la 3ame brigade en avaient été atteints, et un rapport îne'raux Bon et Rampon avait sérieusement ë le ge'néral en chef sur la propagation de 10. Ce fut alors que fut établi à Jaffa l'hôpital estife're's , et qu'eut lieu cette scène fai dont M. Gros a fait un des chefs-d'œuvre de nture française. Bonaparte entra dans toutes Qes des pestife're's, accompagne des généraux ier et Bessières, de l'ordonnateur en chef > , et du médecin en chef Desgenettes. Le al parla aux malades, les encouragea , touars plaies , en leur disant : «c f^ous vojrez bien cela n*est rien, -n Au sortir de Thôpital , on >rocha vivement son imprudence. Il répondit •ment : u C'est mon devoir; je suis le général shef. 1» Cette visite rassura le moral de l'or-' qui avait été singulièrement ébranlé par sion d'une aussi horrible maladie , et dès ce !nt, les hôpitaux des pestiférés furent soumis •me régime que les autres, rmée se dirige sur Saint* Jean-d'Acre. Dans rche savante et rapide , elle triomphe de tous itacles , enlève toutes les positions des nomennemis qui l'attaquent. Klel>er, Murât, , Régnier, rivalisent de bravoure et de pour suivre les inspirations audacieuses et >fondes combinaisons du général en chef. La de l'importante place de Kaifia | où l'armée s des munitions et des approvisionnemens en ;enres , est un prélude glorieux aux travaux îge d'Acre , à la conquête des châteaux àm
Saffet et de Nazareth , de la ville de Sour
aux combats de Loubi, deSedjarra, et à la 1
bataille du Mont-Thabor. Dana cette me'i
campagne de Syrie , tout porte Temprei
rOrient ; tout y est grand, le danger, la resi
Tattaque , la vengeance , la barbarie. Soixan
ont vu la valeur française briser vainem
remparts de SainUJean-d'Acre , et Bonapa:
venu plus implacable dans son dessein par ]
tance de Tennemi , inspirer toute Topiniât
sa résolution à des légions que les Roma
sent nommées invincibles. Elles sont invii
Chaque jour rend le péril plus grand , la pr:
cre plus nécessaire. Les firmans du grand-»
ont soulevé les populations d'une partie de
qui descendent des montagnes , et accoui
Bagdad, de Danus , des bords de TEuphrat
la destruction des infidèles. Ses flottes couv
mer , et portent une armée pour défendre h
Une autre se rassemble à Rhodes , pour a
rEgypte , où Mourad-Bey occupe le gêné
saix, où Pinsurrection soulève le Oelta. Lef
anglais dirige la tempête maritime. Il faut p
Acre , avant que son port ne reçoive ces no
secours. Mais Tartillcrie de siège n'arrive
les deux assauts donnés à la ville ont prc
force des ouvrages qui les défendent , et D
pour seconder les mouvemens de la grande
de Damas, ordonne une sortie générale co
camp de Bopaparte. Cette attaque est dir
soutenue par les équipages de l'artillerie di
seaux anglais. Bonaparte et l'impétuosité fr:
ont bientôt repoussé les colonnes dans la
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et l'artillerie européenne des Musulmans n'a servie qu*à rendre les Français plus certains de leur supeVîorite'. Après cette yictoire, Bonaparte part pour le Mont-Thabor , d*où il de'couvre Tillustre Kléber , qui , retranché dans des ruines avec 4^000 hommes , y brave les 20,000 qui Tattaquent. En un moment Bonaparte a conçu cette victoire ce'Iébre, à laquelle le Thabor va donner son nom. Il envoie Murât garder le Jourdain avec sa cavalerie. Vial et Rampon marchent sur Naplouze , et luimême, il prend position entre Tennemi et ses magasins. Tout re'ussit : l'armée de Damas attaquée tout à coup sur tous les points , coupée dans ses retraites , laisse 5,ooo hommes sur le champ de bataille , perd ses chameaux , ses tentes , ses provisions ; la gloire et Tabondance sont dans les rangs français; enfin, par une faveur non moins brillante de la fortune, Bonaparte apprend que le eontre-amiral Perrée vient de débarquer à Jafla neuf pièces de siège. Mais il était de la destinée de Bonaparte d*échouer devant Saint- Je an d*Acrc, et la tour Maudite qui la défend , devait conserver sa fatale renommée. Deux assauts brusquement' ordonnés sont également repousses ; Tun d*eu:t coûte la vie au brave Caffarelli-Dufalga , qui commande le génie. Enfin une flotte est signalée : estelle française? est-elle turque?... Il faut vaincre : le pavillon est ottoman : il faut prendre Acre avant que cette flotte n'entre dans le port. Bonaparte ordonne une attaque générale , c'est le cinquième assaut. Jamais l'audace de son armée n'a e'té plus impétueuse. Tous les ouvrages extérieurs sont emportés. Le drapeau tricolore est planté sur le rem-
jiBit. Lf] Turctsont rcpoiiuû dans la ville. Leur feu s'pst l'alentî. Encore un effort, et la flotte n'uuia paa<iebiirque',etla place 3era emportée. Hais deiii jimoiiniericciuppct du Temple étaient accourut de Paris ï Saint-Jean d'Acre , pour enlever lu vietoirc U Bonaparte. L'un est Pbèlippeaui , son conipngiion dei'âcole-Mililaire : il commande le génie, et ne doit pu survivre à sa gloire. L'autre , c'est Siducy Soûtli) qui commande la Qotte anglaiae. Celui-ci voit le péril de U place , marche h la tële dcsc'quipagea de sei vaiiseaux, et entraine à sa défense tous les habiluns découiagés. Lu population se presse à sa suite , et bientôt lei rnea de la tUIc subitement fortifiées, et défendues par les de'bris des maisons ellefr-mèmes , devienneot le tbéàtre du plusalTreui carnage. Trois assauts consécutifs, où furent déployés tout les efforts de la plus téméraïrc valeur, durent céder à l'apinlàtre résûtanee des assiégés. L' inflexibilité de Bonaparte fut enfin ébranlée, et l'armée connut par une proclamation que la conquête de Saint-Jean d'Acre était abandonnée. >i Soldats, lui dit-il, après avoir a avec une poignée d'hommes nourri la guerre u pendant trois mois dans le cœur de la Sjrie, >i pris 40 pièces de campagne, 5o drapeaux, fait u 10,000 prisonnier^!, rasé les fortifications de Gaza, i[ JaCTa, KaiB'a, Acre, nous allom rentrer en " Egypte , etc. H
L'armée reunie va reprendre la route du Caire mais U contagion de Jalfa avait continué ses ravages parmi les troupes du siège d'Acre. Le contact des malades qui en sont infectés , peut détruire en peu de jours les brades qui ont survécu à tant;
de périls , à tant d*exploits , et dont le retour est le salut de ceux qui sont restés en Egypte. Mais d'un autre côté , si les pestiférés sont abandonnés , ils seront impitoyablement égorgés par les Turcs , en représailles du massacre de Jaffa. Rien n'est ordinaire dans cette campagne de Syrie , et tout est extrême dans toutes les positions où se trouvent Tarmée et son chef. Le moment est pressant. Il faut dérober à l'ennemi le départ de l'armée. La nuit le protège encore. Le mal s'étend. Une ambulance avait été établie devant Acre , et servait de dépôt au grand hôpital du Mont-Carmel. Au premier ordre de la levée du siège , tous les pestiférés du Carmel furent évacués sur Tentura et JaSà. , et transportés sur les chevaux d'artillerie ^ dont les pièces avaient été abandonnées devant Acre. Tous les chevaux des officiers, tous ceux du général en chef, furent mis par son ordre et sous ses yeux à la disposition de l'ordonnateur en chef Daure, pour le transport de ces pestiférés sur Jaffa. Bonaparte est à pied , et donne l'exemple. Arrivé à Jaffa, il ordonna trois évacuations de pestiférés : l'une , par mer , sur Damiette , conduite par le commissaire des guerres A. Colbert; et, parterre , la seconde sur Gaza, et la troisième sur £1-Arish. Une soixantaine de pestiférés y déclarés incurables , furent labsés à Jaffa , et confiés au pharmacien en chef R. , qui prit sur lui cette affreuse responsabilité, dont il a emporté le secret dans la tombe , en Egypte , trois ans après le départ, de l'armée française. Plusieurs de ces malheureux furent , dit-on, recueillis par les Anglais sur le bord delà mer. Quant aux pestiférés qui suivirent l'sx-
iDCi!, ils furent eu grande partie gue'rû pendant
lu travGt'sJu du déwrt.
La retraite «e fait mus ces aJTrcux aucpices, L'inccudie détruit cliaque jour les moisBona, Iw bestiuux, ainiï i]ue les villages ijiii ont attaqué ou triihi l'armée. La Syrie a sou iliùert. dia seule restée âdùle, Mule est épargnée. Ti'oit jours apcés, l'ariuoc est eu. Egypte; et le fortd'EI-AriBh reçoit de Bonaparte de nouveaux dévcloppemens, des magasina , une bonne ^'arnieen. It ibilifie Tineh,
phcei défendent T^ypte du câtc de la Sjrie.
Enfin, après quatre mois d'absence, l'armée fait aou entrée au Caire , et croit mitrer dans une pa- ^ie. Elle a perdu en Syfi? 600 liommes par k peste, 1,300 par la guerre, et a ramené 1,800 hiesses. Ainsi , après une des campagnes les plu meurtrières et les plus actives qui aient jamaii éprouvé une armée assaillie par toutes les priv»* tious et par un climat dévorant , elle n'a à regretter que i,Soo desesbraves.
L entrée au Caire fut triomphale , et détruisit dans l'esprit des babitana les funestes impressions que le bruit de la destruction de l'armée et de la mort de Bonaparte avait faites sQr la population. Le général en chef s'empara habilement de cette intrigue des émissaires turcs et anglais, quand il dit aux babitana dans sa proclamation : ... u II u est urivé au Cuire le bien-gardé , le ciief de u l'ankée française , le géaéral Bonaparte , qui M aime la religion de Mahomet : il est arrivé bien H portant et bien sain , remerciant Dieu des fàu Teursdont il le comble. Il est entré au Caire par
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•( la porte de la victoire. Ce jour est un grand j our, «( on n'en a jamais vu de pareil. Tous les habitans u du Caire sont sortis à sa rencontre. Ils ont vu et u reconnu que c'était bien le même ge'néral en chef « Bonaparte , en propre personne. Us se sont con" « yaincus que ce qui avait e'te' dit sur son compte a e'taitfaux.«.. Il fut à Gaza et à Jaffa. Il a prote'ge' (c les habitans de Gaza ^ mais ceux, de Jaffii , égares , tt n'ayant pas voulu se rendre ^ ils les livra tous, u dans sa colère, au pillage et à la mort. lia de'u truit tous les remparts^ etyai^ périr tout ce qui (( s'jr trouvait. Il se trouva à Jaffa environ 5,000 tf hommes des troupes de Djezzar. // Ut a tous dé" truits.,, i»L*armée trouva au Caire toutes les jouisr sance de la vie i elle oublia les iournées du de'sert , et les périls du siège d*Acre. Son repos ne fut pas de longue durée. Celui qui ne se reposait jamais est initruit que Mourad-Bey , avec un corps considérable » est descendu de la Haute-Egypte , et s*est soustrait aux poursuites continuelles des généraux Desaix , Belliard y Donzelot et Davoust. Soudain 9 il se met en marche pour aller l'attaquer aux Pyramides , qui ont vu la première défaite des Mamelucks. Mais à peine y est-il arrivé qu'il apprend qu'une flotte de cent voiles turques est devant Aboukyr , et menace Alexandrie. C'est la guerre de Syrie qui le poursuit en Egypte. Aboukyr est un nom fatal, il veut que l*iBirmée y venge la flotte. Il se rend à Gizeh sans entrer au Caire, et donne, la nu it, k ses invincibles généraux , l'ordre des mouvemens les plus rapides, pour se porter au-devant de l'armée que commande le pacha de Homélie , Seidman Mustapha, qui est soutenu des forces de Mourad