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et d'Ibrahim. Avant de quitter Gizch , parte écrit aa divan da Caire ? Qaatre-vîng u timens ont osé attaquer Alexandrie , mal u pousses par Tartilleric de cette place, il u allc's mouiller à Aboukyr , où ils commen u de'barquer. Je les laisse faire , parce que m « tention est de les attaquer , de tuer tout K qui ne voudront pas se rendre , et de lai:
u vie aux autres pour les mener en triomp ic Caire. Ce sera un beau spectacle pour la i Bonaparte arrive à Alexandrie , et se por Aboukyr, dont le fort est tombe' au pouvoir d nemi. La position qu'il prend est inspirée même génie militaire qui avait conquis tou talie sur les tactiques de plusieurs armées d* pe. Mustapha doit vaincre , ou aucun soldat < armée , ni lui-même , ne pourra se soustra vainqueur, Son armée est de 18,000 hommes est retranchée , défendue par une artillerie breuse, cl elle communique avec sa flotte, parte ordonne Tattaque au lieu de l'attendre -mée , qui sait aussi que s*est à elle à illustrer •kyr et à conserver TÉgypte, est digne de so: et de la France. £u peu d'heures , l'armée en est détruite, Dix mille hommes se noient c mer. Le reste est tué ou pris. L'intrépide 1 à qui est due une grande partie de la glo cette mémorable journée, a fait prisonnier .cha et son fils, qui capitule dans le fort, avec tous les chefs échappés au carnage , ser triomphe du vainqueur. La flotte françai vengée par le trophée d'Aboukyr ; et la popu du Caire , en voyant rentrer dans ses murs
parte et ses illustre» pn^^nniers, accueille d'un hommage superstitieux le propiitv. inyincible qui lui a annonce' son triomphe.
Ayant le de'part de Bonaparte pour l'Égjpte , à Tepoque de son retour à Paris de l'inspection de l'armée d'Angleterre , il a^ait e'të , dans plusieurs re'nnions secrètes , vivement engage' à se mettre a la tête d'une re'volution contre le directoire. La conspiration était formée partons ceux dont la révolution avait fait ou conservé la fortune , ou qui avaient pris un rang élevé dans l'opinion , par d'importans et de glorieux services. Cette question fut jugée alors, mais elle dut être ajournée. Pendant le délai que l'affaire de Bernadotte avait ap- ' porté au départ de l'expédition d'Égjpte , Bonaparte avait dit à ceux qui le pressaient de se mettre à la tête d'une révolution contre le directoire. « Les « 'Français ne sont pas encore assez malheureux ; 4c ils ne sont que mécontens. On me dit de monter « à cheval : si je le faisais, personne ne voudrait me « suivre : il faut partir. » On assure qu'à la dernière conférence qui avait eu lieu, Bonaparte l'avait terminée en disant : la poire n*est pas mûre. Il voulait dire 9 et avec raison , qu'il n'était pas encore devenu assez nécessaire , assez grand , pour exécuter avec succès cette entreprise. Une telle prudence est bien remarquable dans un ambitieux de !i8 ans. Ce Ifut , assure-t-on , ce qui le décida à aller chercher cette maturité sous le soleil de l'Egypte. Mais après cette conquête, après la campagne de Syrie., et surtout après la victoire d'Aboukyr , il sentit que sa mission était remplie ; il savait qu'il avait étonné l'Europe. 11 venait d'apprendre, pur «1
tait humiliée ilspuis
t fopde sa première gluire ; qu'elle était mccootente , et que le nom du vainqueur d'Arcole et du |)acificateur de Campa- Formio était dajis tous les eouvenirs et dans toutes les espérances. 11 vit rrue la France avait enfin bv" soin (le lui; et cette haute pensée, qui renfermait tout li: secret d'ans ambition, justiGc'e peut-être par dcuxannëea de prodiges militaires, le décida à revenir brusquement dam sa patrie. It dut calculer également que l'eupédilion d'Egypte , illustrée à jamais parl'ouvragc monumental qncl'inatîtutTesait d'adiever mub ses auspices, e'tait termîneo pourlui par la victoire d'Aboukyr, etnelutlaiwait plus qu'une exploitation de détail, soit coaunC général d'une armée sans recrutement < loit comme possesseur inquiet d'une terre à jamais étraagére: Il comprit que la continuation d'une position aint précaire le livrait k toute la rigueur d'un exil SM» gloire et sans repos, et ne lui présentait que la per>i pective peut-être rapprocbée d'une capitulation inévitable, qui anéantirait eu un jour ses triomphes d'Europe et d'Orient. On a parlé dans plnsienr» ouvrages d'une lettre oSicielle du directoire et de plusieurs lettres confidentielles de Sieye* et de Foucbé, qui rappelaient Bonaparte : aucune de ces lettre* ne lui parvint. 11 trouva dans les ^ zettes que lui procurèrent ses relations avecla flotte anglaise, pour l'échange des prisonniers d'Abonkjr, et notamment dans la gazette de Frimcfort que Sldaey Smith lui Envoya poarlui oter l'idée du retour t en France, il trouva la raiaon tout entière, ta
décision 9 la justification de son départ. Cens qui appelèrent ce départ une désertion n'e'taient pas. dans sa confidence , et revinrent en France briguer sa ùkYewr, Il prit sur lui le départ d'Egypte , comme il ayait fait pour les préliminaires de Le'oben : l'Orient n'avait pas altère' la puissance de sa volonté. Bonaparte exécuta son projet comme il exécutait un mouyement surl'ennemi. L'action fut subite, le secret impénétrable. Un voyage dans le Oelta fut le prétexte donné à son départ du Caire. Il se fit accompagner de& sayans Monge , BerthoUet et Denon ; des généraux Bertliier 9 Murât , Lannes et Blarmont.
Le a3 août 1799 9 une proclamation apprit à l'armée la nomination de Kléber pour remplacer Bonaparte dansle commandement-général. L'impression que cette proclamation produisit sur les soldats fat d*ïibord hostile contre Bonaparte, mais elle fut bientôt désarracfe par le choix de son successeur. On ne peut expliquer par quel prodige , au jour de son départ et jusqu'à son arrivée en France , la mer se trouva libre pour le passage des quatre bâtimens qui portaient Bonaparte et sa suite. On est encore partagé entre sa fortune et une politique étrangère. Il ne partit pourtant pas incognito. Une corvette anglaise observa son départ.On la remarquait avec inquiétude. «. Bah I s'écrie Bo- « naparte , nous arriverons ; la fortune ne nous a (c jamais abandonnés : nous arriverons en dépit des « Anglais, -n La flottille entra le i«v octobre dans le port d'Ajaccio , où les vents contraires le retinrent sept jours. Bonaparte y apprit en détail l'état de la France et celui de l'Europe ; et ces nouvelles
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rendirent ce retard insupportable h celui qui, de lous iea homtaeB , savait le mieux apprécier et calculei' l'emploi du temps. EnGn le 8 , la flottille appareilJa pour la France; mais à la vue des cotes parurent dix roiles aDglaiscs. Le contre-amiral Uanthcaume voulut Tirer de bord sur la Corse : u Non , lui dît Bonaparte , celte maniEuvro nous u conduirait ea Angleterre, et je veuiurrirer ea «France, » Cetteiolootelcsauva. Lcgoctobre{i6 vendémiaire an 8 ), àla pointe du jour, les tre'gatcs mouillèrent ds&s la rade deFréjus, après quar«>> te-un jours de route lur une mer couverte de vaisleaui ennemis. Le général Pcreymout , cammaa' dant la cote , aborda le premier , avant l'arrivée des préposés de Ja santé. Mais romme il n'y avait point de malades à bord , et que six mois avant le départie pesteavait cesse' en Egypte, celte infractions aux lois sanitaires fut moins reprochaUo. Bonaparte fut vivement frappé de l'escéi d'enthousiasme qui anima U population à son débarquement. Cette exaltation ne ressemblait pointa celle, dont r avait entouré sa gloire passée ; et quand il s'entendit saluer du nom de libérateur, de vengeai de ta France, il connut toute la faveurdeli fortune qui le ramenait dans sa patrie.
t^ guerre civile s'était rallumée dans l'Ouest avec fureur, et menaçait d'envahir le Midi. L'Italie tout entière avait e'te reconquise ; Joubert, que le dire» toire avait cboisi pour reprendre Tltalie , et poar conquérir une popularité militaire ulile à se^ de»ceins ] Joubert avait été tué, et en dernier témoignage d'une miraculeuse destinée , l'homme da toute» les victoires d'Italie, Masséna, venait de dé-
dans les montagnes de THelve'tie le dernier de Tarmee du conquérant Suwarow. Le lire , charge' de la haine générale y portait difiëreneele poids de tous les reproches, et ce portait avec indignation celui de tous les
A six heures du soir , Bonaparte se mit en >our Paris avec le général Berthier , son chef major d'Italie et d'Égjrpte. Le voyage de à Paris fut un triomphe national. Il reçut t sur son passage ,,-€t notamment à Lyon , neurs souverains. Des fêtes brillantes et pui furent improvisées par les villes , par les pies , et présidées par les autçrités. Il ne se
point sur Tenthousiasme dont il était Tob- . bien convaincu que c'était comme libiîraa*il était salué , il fut plus que jamais justis yeux de son départ d*£gypte, et dévoué lolution quHl avait prise en la quittant. La ; tout entière semblait être dans la confiden- 'aventr. Le directoire seul , témoin de cette tout-à-fait nouvelle , n*en prévoyait pas le nent. Après la mort de Joubert , il avait é les yeux sur Moreau. Mais à la nouvelle du [uement de Bonaparte , Moreau dit au die : a Vous n*avez plus besoin de moi ; voilà ame qu'il vous faut pour un mouvement , »e^vous à lui. n Cette réponse de Moreau la mesure de la politique étroite du directoicroyait reprendre le crédit et la force qui lui aient, en opérant ou en faisant opérer un nent. Elle prouve aussi que le directoire ne . pas mieux que Moreau celui qui avait quitté te, parce qu'il ayait voulu revenir en Fruuce.
Bonaparte reprit , à son arrivée à Paris , I de vie solitaire et retirée , qu'il avait adopl retour de Rastadt , ou après son insped côtes du Nord, et à Fépoque plus anden abandonné par le gouvernement après Taff Cairo, il avait mené à Paris une existence si < et si laborieuse. Il paraissait peu en public , au théâtre qu*en loge grillée, et ne fréquent les savans ; il ne voulut diner chez les dir qu'en famille. Il ne put aependant refuser l que lui donnèrent les conseils au temple de toire (Saint-Sulpice ). Il y resta une heure sortit avec Mpreau. Il y avait une sorte de établi pour cette solitude , qui lui était néi après ses grands travaux. On attachait d'aill retour de cette habitude , qui avait mar époques importantes de sa vie , Tespérance c que haute combinaison qui vint au secoui dignité de la nation, et de la misère pu Cependant la conspiration contre le dir était générale , et de toute part on pressait parte de se mettre à la tête, non d'un mouv mais d'une révolution. Le directoire coi aussi , et Bonaparte était encore le déposita projets et des vœux qui divisaient les me Tel était à peu près Tétat de ces diverses inl Augereau et Bernadotte, qui représentaient tion démagogique du Manège, lui ofTraie entrait dans leur parti , de le mettre à la la république. D'autres lui proposaient de i série directoire et le Manège : de cenomb Fouché , qui avait rompu avec ce dernier et qui commençait envers le directoire , <
ëtait le ndnbtre, le rôle qu'il a joué constamment depuis avec tous les gouvcmemens. Bonaparte ëtaît flatté et pressé également par un autre minis. tre 9 à qui la fidélité n'étoit pas plus obligatoire , et qoi avait plus de raisons peut-être que son collègue d'être dégoûté de la république et des directeurs. Entre ceux-ci la division était au comble , et îb travaillaient tous séparément auprès de Bonaparte à la destruction de leur propre puissance. Sieyes , avec un grand nombre de membres du conseil des anciens, le sollicitait de se mettre à la tête d*nn parti modéré, et d'établir la constitution qa*il avait silencieusement élaborée. Roger-Ducos ^it l'ombre de Sieyes, était toujours compris de droit dans toutes les opinions de son collègue. Barras, Moulins et Gohier, engageaient Bonaparte k aller reprendre le commandement de l'armée d'Italie : le premier pour Tcloigner des affaires , et les deux autres pour en faire tout simplement rinstmment militaire de leur pouvoir. Ils ne sentaient pas que le temps des 18 fructidor était passé. Tel était le bulletin connu des conspirations. Une «otre , qui était la véritable , était ignorée. Bonaparte avait consulté sur l'état positif des affaires , des hommes éclairés, tels que Cambacérès , Rœderer , Real , Regnauld de Saint- Jean-d'Angély. De tons les directeurs , Sieyes était le seul qui lui eût inspiré de la conGance , et qui la méritât. Sieyes était né en Provence, Bonaparte le connaissait depuis long-temps. Quant à Barras et à Moulins , depuis long-temps aussi , il savait à quoi s'en tenir à leur égard. Le 8 brumaire , après un dîner chez Barras, celui-ci lui confia le besoin qu'il éprouvait
de se relirer des affaires , et la ne'ce^te d'a<i pour la France une autre forme de gooyeme Dans cette dernière proposition , il ne vojrai le général Hcdouville à placer comme présid la tête de la re'publiquc , et il engageait le g< Bonaparte à aller reconque'rir à son profit publicpie Cisalpine, avec une armée frança e'tait bien clair que le nom d*He'douyiUe ci celui de Barras , à qui un regard de Bonapa:
connaître à Vinstant qu'il e'tait devine'. En k de chez ce directeur, il descendit chez Siejne lui confia les projets de la re'yolution qu'il vi ope'rer. Ils furent bientôt d*aocord , et ils fix le jour du i5 au ao brumaire. Le lendemain grand matin , Barras, qui n'avait pas ignore, site que Sieyes avait reçue la veille, se rendit Bonaparte. Il revint sur la confidence du pre'cédent, mit la faiblesse de ses vues sur le ce de la faiblesse actuelle du gouvernement , e mina par se mettre à la disposition du seul h qui pût sauuerVétat. Bonaparte fut moins coni il repoussa cette insinuation, et alle'gua les qu'exigeait sa santë et le besoin d'un long i On remarqua que depuis ce jour , le dire Sieyes prenait des leçons d'e'quitation. Cette velle amusa Paris , et surtout le directeur Ba qui prenait plaisir à voir de sa fenêtre son collègue prendre cet exercice. Cependant h nison de Paris, qui avait servi à Tarme'e d'il ou au i3 vcnde'miaire , les quarante«huit ad)i de la garde nationale que Bonaparte avait noi après cette journe'e, et le ge'ne'ral Morand, corn dant de la capitale , avaient demande' à être
sentes an général Bonaparte , et passes en rerue. On les remettait de jour en jour. Le i5 brumaire 9 une dernière conférence décisive eut lieu entre Sicyes et Bonaparte. Le plan de la reVolutionfut définitivement arrêté, et Texécution fixée au 18.
Le 17 9 à la pointe du jour , le commandant de Paris, lesrégimens de la garnison , les quarantehuit adjndans des sections, furent invités à se rendre le lendemain à sept heures du matin dans la me Chanterainc. Cette visite , attendue depuis le retour de Bonaparte à Paris, n'ofirait aucune îinportance. A la même heure , furent également convoqués tous les officiers sur lesquels on pouvait Compter, et chacun d*eux, partageant avec le public Topinion du départ prochain du général poar Tarmée d'Italie , pensait qu'il était appelé pour recevoir des ordres relatifs à cette destination. Môreau et Macdonald n'avaient personnellement demandé aucune participation au secret du projet, dont l'existence seule leur avait été «confiée, mais ils avaient offert d'en servir l'exécution. Ils furent également invités , ainsi que le général Lefebvre, commandant la division, k se rendre , à sept heures du matin , dans la rue Chanteraîne« A Thenre fixée arrivèrent tous ceux qui avaient été convoqués. Le général Bernado tte fut amené par Joseph Bonaparte. A huit heures et demie , un messager du conseil des anciens apporta au général Bonaparte le décret suivant qu'il fit lire a l'assemblée, «c Le conseil des anciens , en vertu u des art. loa, io3 et 104 de la constitution, dc- M crête ce qui suit : i» Le corps-législatif est trans- « féré dans la commune de Saint-Cioud. Les deux
«1 conseils j siégeront dans les deux ailes du u ao Iky seront rendus demain ,19 brums « midi. Toute continuation dejonction* , ti libérations , est interdite ailleurs et avi (c terme, 3o Le général Bonaparte est cha u l'exécution du présent décret. Il prendra ic les mesures nécessaires pour la sdreté de la ic sentation nationale. Le général commanc « i7»« division militaire , la garde du corps- «i latif, les garrdes nationales sédentaires , lei « pes de ligne qui se trouvent dans la con u de Paris et dans l'arrondissement constituti te et dans toute V étendue de la i^me dit^ision «c mis immédiatement sous ses ordres , et tei u le reconnaître en cette qualité. Tous les ci: u. lui prêteront main-forte à la première réquû tf 4° Le général Bonaparte est appelé dans 1 te du conseil pour y recevoir une expéditi tf présent décret , et prêter serment. 11 se c «c tera avec les commissions des inspecteui te deux conseils. 5o Le préseùt décret sera de «c transmis par un messager au conseil des u. cents et au directoire-exécutif : il sera imp te affiché y promulgué 9 et envoyé dans tout «c communes de la république par des cou te extraordinaires. » Tel fut le premier man de la révolution qui avait été convenue Sieyes et Bonaparte dans la conférence du :
dont le conseil des anciens 8*était fait Toj Après cette lecture , qui fut suivie jlu cri un de vive Bonaparte ! vive la république ! le g< en chef harangua les militaires par cette pro( tion qui fut cnyoyée aux armées, te Solda
« décret extraordinaire du conseil des anciens est « conforme aux articles 10a et io3 de Pacte consti- < tutionnel. Il m'a remis le commandement de la « ville et de l'armée. Je Tai accepte pour seconder « les mesures qu'il ya prendre, et qui sont toutes « en fayeur du peuple. La république est mal gou- «yernce depuis deux ans; yous avez espéré que «mon retour mettrait un terme à tant de maux : « TOUS l'ayez célèbre avec une union qui m'impose « des obligations que je remplis : yous remplirez < les yétres , et yous seconderez yotre général avec «Te'nergie, la fermeté' et la conûancc que j'ai il toujours vues en vous. La liberté, la victoire et «la paix , replaceront la république française au « niBg qu'elle occupait en Europe , et que l'inep- « tie on la trahison a pu seule lui faire perdre. Vive « la république ! n Bonaparte ordonne aussitôt aux qoarante-huitadjudans de faire battre la générale, et de proclamer le décret dans tous les quartiers de Paris. Il monte à cheval , suivi des généraux , des officiers , et de trois régimens de cavalerie ; se rend aux Tuileries au conseil des anciens, est introduit avec son état-major , et dit : <c La républi- « que périssait. Vous l'avez su , et votre décret « vient de la sauver. Malheur à ceux qui voudraient « le trouble et le désordre. Je les arrêterai aidé « des généraux Berthier , Lefebvrc , et de tous mes « compagnons d'armes. Qu'on ne cherche pas dans « le passe dos exemples qui pourraient retarder « votre marche ! Rien dans l'histoire ne ressemble « à la fin du i8<ne siècle; rien dans la fin du i8>no « siècle ne ressemble au moment actuel : votre tf sagesse a rendu ce décret ; nos bras sauront l'cxé-
« cuter. Nous voulons une république fond K la vraie liberté , sur la liberté civile 9 sur tt présentation nationale. Nous l'aurons. Jel( tt je le jure eh mon vom et en celui de mei u pagnons d*armes. n
Cette manière d*octroyer la liberté fut b légalisée par l'emploi des forces que le cons nait de mettre à la disposition du dictate sortit au milieu des applaudissemens du ce et passa la revue des troupes. Ce fut alors < gereau se présenta à Bonaparte , et Vembi avec chaleui*, lui dit : « Comment, général « avez voulu faire quelque chose pour la \ (i et vous n'avez pas appelé Augereau ! » Dia bommes occupèrent les Tuileries, sous les du général Lannes. Le commandement du L bourg fut donné au général MiUiaud , ce palais des cinq-cents an général Murât , m Tartillerleà l'École-Militaire au général Mai celui des Invalides au général Berruyer , c( Paris au général Morand , et enfin ceux d( sailles et de Saint-Cloud aux généraux Maci et Serrurier. Le général Andréossy est chef major ; il a sous ses ordres les adjudans-géi Cafiarelliet Doucet. Le général Lefebvre co le commandement de la i7me division. Le g Moreau sert en qualité d'aide-de-camp aup général Bonaparte. Le directoire , instruit événement à dix heures du matin , se vit coup , par une métamorphose étrange, sai voirs , sans gardes , sans relation avec les c ni avec le général en chef , ni avec Farmé heure auparavant , Sicyes , instruit de l'évén
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était tranquillement et comme à Tordinaire monte à cheval (sous les jeux 'de Barras qui se moqua de Jiii) et s'e'tait rendu au conseil des anciens. Roger Dacos Yy suivit un peu plus tard. Barras , Gohier €t Moulins, crurent encore représenter la re'public[ue , et firent appeler le ge'nëral Lefebvre : celuici leur re'ponditpar le de'cret qui le mettait lui et la forco'^rme'e à la disposition de Bonaparte. Les directeurs protestèrent avec violence. Barras , plus «vise', jugea que leur régne était fini , donna confidentiellement sa démission au ministre Talleyftnd ^ et Tcnvojra officiellement an conseil des anciens par son secrétaire Botiot , qui élait chargé éi n part de parler au général Bonaparte : Bottot le trouva dans la salle des inspecteurs du conseil, le général élevant la voix , prononça ainsi Tarrét des directeurs, en présence d*une foule de génénaiL et de soldats. <c Qu*avez-vous fait de cette « France que je vous ai laissée si florissante 7 Je « vous ai laissé la paix , j*ai retrouvé la guerre. Je « vous ai laissé des victoires, j'ai retrouvé desre- « vers. Je vous ai laissé les millions de TlLalie , et « j'ai retrouvé partout des lois spoliatrices et la « misère. Qu'avez-vous fait de 100,000 Français « que je connaissais^ tous mes compagnons de gloire? M Ils sont morts ! Cet état dé chose ne peut durer ; « avant trois ans , il nous mènerait au despotisme. « Mais nous voulons la république , la république « assise sur les bases de l'égalité , de la morale , de « la liberté civile et de la tolérance politique. Avec « une bonne administration, tous les individus « oublieront les factions dont! on les fit membres, « pour leur permettre d*étre Français. Il est temps
K enfin que Ton rende aux deTenseon de la patri «c la confiance à laquelle ils ont tant de droit. (i entendre quelques factieux , bientôt nous serioi ti tous des ennemis de la république 9 nous qi «c i*ayons afiermie par nos travaux et notre couragf u Nous ne voulons pas de gens plus patriotes qu u les braves qui ont été mutilés an service de 1 u patrie. » Cette dernière phrase annonçait snfi samment sons quels drapeaux la liberté deva marcher. Moulins avait proposé à ses deux cM gués de faire arrêter et fusiller Bonaparte. U. détachement qui entoura tout à coup le Luxen bourg , fit changer sa résolution. U envoya sa de mission avec Gohier , qui était consigné comn lui au palais directorial, et il s'échappa. Aum demanda et obtint un passe-port et une escort pour Gros-Bois , et partit. Ainsi finit le directoin Le lendemain , 19 brumaire , Bonaparte harangi brièvement et d'une manière énergique les troup rassemblées au Champ-de-Mars , et se rendit Saint- Cloud après en avoir fait occuper militair ment toutes les avenues. Ce jour , le plus gran attentat/ut commis contre la liberté, parla vu lation de la représentation nationale que la fort avait dispersée ^ et il imprima le sceau de l'usut pation au salut de la France, Une sorte dragon républicaine honora la dissolution violente i conseil des cinq-^ents. Le conseil des anciei auait paisiblement capitulé sur la foi d'un sent futur. Les directeurs s'étaient séparés sansprote ter. Leur division les y autorisait, Ilsfournirei le côté plaisant dan'k cette importante révolutioi Ils furent tous joués et oubliés. Leur garde s' et a
^'êUe^méme sous les ordres du héros de Clta^ dû VÉgjrpte, L'attraction était pofmlairv, Idats du directoire jr succombèrent aussi au ê la gloire qui enit^rait toute la nation , et ^duisit jusqu'à la liberté, [TahleuM de la ition française, pag. f36 et iSj , par M. de 08. ) Les deux conseils s'étaient réunis à Cloud ; les anciens dans la galerie , les cinqdans rOrangerie. Dans la nuit , on avait , chez un membre des cinq-cents , d*organiplan de résistance , et d*oppo8cr au dictan ge'neral à qui le commandement de la garde conseil serait donne'. Mais le députe' chez I airait conçu ce projet en fut effrayé, et alla se oer lui-même à Bonaparte , qui , par une rémenaçante , justifia toute la lâcheté de cette 'che. Ce député était Salicetti ; ce général iernadotte , qui avait accepté. Bonaparte lo lit souvent sur son chemin. Cependant, la *ité des anciens et la majorité des cinq-cents it eu le temps de se remettre de Timpression énemens de la veille. L'esprit d'opposition se esta dans les deux, conseils; et , dans celui des ^nts , le député Delbrel avait proposé de la constitution ou la mort. Ce serment de e fut prêté à l'unanimité par rassemblée. Mais fut pas le serment du Jeu-de-Paume. Cepen- Bonaparte était enti'é suivi de ses aides-dedans le conseil des anciens ; il improvisa une gue vigoareuse sur les dangers actuels et sur -oprcs intentions : on remarqua les traits sui- ^ « On parle d'un nouveau César , d'un no'uu Cromwcl : on répand que je TenxëtablW >ia^
u gouyemement militaire.... Si j'ayaîs voulu asar- K per rautorité suprême , je n'auraii pai eu besoin tt de recevoir cetle autorité du sénat. Pins d'une «i fois et dans des circonstances extrêmement farcie râbles , f ai ëte' appelé par le vœu de la nation , u par le vœu de mes camarades , par le vœu de ces M soldats , qu'on a tant maltraités depuis qu'ils ne u sont plus sous mes ordres... Le conseil des an- « ciens est inrcsli d'un grand pouvoir ; mais il est ic encore animé d*une plus grande sagesse. Ne conu sultez qu'elle... Prévenez les déchiremens : ctîu tons de perdre ces deux choses pour lesquelles « nous avons fait tant de sacrifices , ia liberté et ic l'égalité, )t Et la constitution ! s'écria le dépnté Linglet.K La constitution ! reprit Bonaparteavee u l'accent de la violence ; la constitution ! osez-vooi tf l'invoquer? Vous l'avez violée au i8 fructidor i u au aa floréal , au 3o prairial. Vous avez en son «c nom violé tous les droits du peuple.... Nous fonte dcrons malgré vous la liberté et la république; «c aussitôt que les dangers qui m'ont fait conférer (1 des pouvoirs extraordinaires seront passés, )'abic diquerai ces pouvoirs, -n Et quels sont ces dangers ? lui cria-t-on : que Bonaparte s'explique. (i S'il faut s'expliquer tout-à-fait , répondit-il , s'il te faut nommer les hommes , je les nommerai. Je « dirai que les directeurs Barras et Moulins m'ont te proposé eux-mêmes de renverser le gouveme- «c ment. Je n'ai compté que sur le conseil des an» « ciens ; je n'ai point compté sur le conseil des cinq- «( cents, où se trouvent des hommes qui voudraient tt nous rendre la convention , les échafauds , les f. comités révolutionnaires... Je vais m'y rendre;
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a et si quelque orateur p*ye par rétranger parlait « de me mettre hors la loi^ qu'il prenne garde de «c porter, cet arrêt contre lui-même. S'il parlait de ic me mettre hors la loi, j'en appelle à vous , mes « braves compagnons d'armes ; à vous , mes braves «c soldats, que j'ai menés tant de fois à la victoire ; tt à vous , braves défenseurs de la re'publique , avec Il lesquels j'ai partagé tant de périls pour affermir ic la Uberte et l'égalité : je m'en remettrai , mes Il vrais amis, à votre courage et^ ma fortune, >» Apres cette barangue, dont l'impression ne pouvait être douteuse sur les membres du conseil et sur les militaires présens , Bonaparte se rendit à la salles des cinq-cents , où il entra accompagne de quelques grenadiers seulement. Le moment était orageux;! c'était celui de l'appel nominal des députés pour la prestation du nouveau serment à la constitution. A la vue de Bonaparte et de ses grenadiers, les imprécations remplirent la salle : u Ici « des sabres ! s'écrient les députés; ici des bommcs « armés ! A bas le dictateur ! à bas le tyran ! hors « la loi le nouveau Cromwell! )» Le député Destrem lui frappe sur l'épaule , et lui dit : Voilà donc pourquoi vous avez remporté tant de victoi" res\ Bigonnet s'avance aussi au devant de Bonaparte, le saisit par les deux bras ; QueJaiteS''Vous,\\iï ditil, que faites-vous téméraire ? retirez-vous : vous violez le sanctuaire des lois. Les députes s'étaient groupés hostilement au devant de lui. Le général Lefebvre et plusieurs grenadiers entre précipitamment, ils s'écrient : Sauvons notre général, et l'entraînent. Bonaparte crut qu'on en voulait à sa vie I et ne put proférer une parole. On parla de-
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])iiis de poignards, de soldats blesses. L'adulation avait déjà pris la forme de la calomnie. L'opinion de M. Dupont ( dcrEurc) Ma ite'ance du 18 juin 1819, a suflisamment éclaire la France sur cette odieuse imputation, antc'riourement de'truite par la relation du représentant Dîgonnct, alors ion collègue, sinr la re'volotion du 18 brumaire. Au milieu de cette scène tumultueuse, Lucien s'efibree m vain de défendre son frère par ses glorieux services. On lui re'pond par sa trahison ; on demande le décret de mise liors la loi contre Bonaparte. On somme Lucien , en sa qualité' de président , de le mettre aux voix. Il le refuse avec courage , et abdique la pre'sidence. Tout à coup un piquet de grenadiers , envoyé par son frère , rcnlèvc de la tribune , et le transporte hors de la salle. Lucien monte à cheval à ses côtés, et liarangue les troupes. (( Vous ne reconnaîtrez, dit-il, pour législateurs de u la France , que ceux qui vont se rendre près de u moi. Quant à ceux qui resteraient dans l'Orangeu rie , que la force les expulse. Ces brigands ne u sont plus les rcprésentans du peuple , ce sont les
u rcprésentans du poignard it Lucien calomnia
le conseil ; il avait défendu son frère et quitte le fauteuil : il avait rempli tout son devoir. Pendant que les députés, sous la présidence de Cbazal, protestaient au nom de la constitution contre la violence qui la détruisait, Bonaparte , presse de terminer cette journée où est le destin du reste de sa vie , ordonne aux troupes de dissoudre le conseil et de faire évacuer la salle. L'ordre est exécuté, et les députés, courageux jusqu'au dernier moment , ne donnent point en quittant leurs toges le
honteux exemple d*abjurer leur serment. Mais comme leur refour à Paris pouvait exciter un mouvement , le secre'taire-gënëral de la police , et le commissaire du gouvernement près le bureau central , qui se trouvaient à Saint-Cloud , reçurent Tordre d'aller défendre aux postes placés aux barrières , de laisser rentrer un seul député dans Paris. En arrivant, ils apprirent que le ministre Fouche' avait eu cette prévoyance. Après la dissolution des cinq-cents, le président Lucien se rend an conseil des anciens où il expose les moyens de former un nouveau conseil , en éliminant les membres les plus ardens. Sa proposition est adoptée. La re'union de la majorité des cinq-cents a lieu dans 1*0rangerie , et l'exclusion de 61 députes est décrétée. Le gouvernement directorial est aboli par les deux conseils, qui nomment une commission pour la révision de la constitution , et une com missiom consulaire EXiécuTivB. Celle-^i est composée de Sieycs , Roger-Ducos et Bonaparte, qui héritent aussitôt du pouvoir directorial : et tous les trois ils prêtent dans les deux conseils le serment accoutumé, à la souveraineté du peuple , à la république une et indivisible, à la liberté, à Cégalité, et au système représentatif. Ce fut le dernier hommage rendu k la nation française qui en accepta toutes les garanties , et qui elle-même les donnait encore. Le conseil des cinq-cents déclara que les généraux et les soldats qui l'avaient dissous le matin par la force , avaient bienmérité de la patrie. Ce fut le premier contrat entre le pouvoir et l'armée , pour l'asservissement de la nation. Toute pudeur d'état fut violée par cet acte étrange , qui rendit solennel
le parjure de la repre'ientatioB légitimait l'asurpation. La con te réunit BU Luxeinbourg:Qiii'i/aBoiu^r^«id dit SiejGi à ici deux collègue!. — fout vajrai I repondit Roger Ductu , qut n'est la giadra.
préiidt. Aprét cette coutëreuce, Sie/ei dil personnel rauemble'et aux palaii des contul prêtant , voai avez un maitn : iltait tout , ii tout , et il peut tout. Aiaâ fut terminée la fan révolution do 18 brumaire , laDS effiuion du 1 sans tumulte , an milieu du peuple alors le ardent de l'Europe , et par l'homme le plut i tueux peut-être dent l'biatoireait couucre'le venir. Maia Bonaparte t'est fait une prudenc doit, pendant quatre ans encore, servir d'i auK Français contre lui-même.
Cette grande révolution changea tout-à-eoi fjcc de la France elbientot celle de l'Europe. 1 parte fut au consulat ce qu'il avait toujours e'U lea e'gaui, le premier. La supériorito était da nature comme dans sa desLinée. A peine insta semble s'être Impose la têclie à jamais gloriei encore difEcile , de réconcilie!' la Fiance et rope avec notre révolution , en faisant sort celte révolution ce que les orages de la conve. et l'impéritie du direcLoire n'avaient pas pi d'y découvrir , l'e'galité , la justice et la prosf nationale. Trois jouri après la proclsmatio l'époque consulaire, cette époque fut chèn France par l'abrogation dea lois si odieuses sl otages et sur l'emprunt forcé. On vit naîl confiance, on. vit renaître le crédit. Le p< français , si heureux quand il jouit, si peu
heureux quand il souffre , se lança ayec impe'tuosite dans la carrière de Tespcrance , et devint , sans le savoir , le grand mobile de la puissance secrète , qai fermentait sous les insignes de la liberté. Tout concourut , dans cette pbase si me'morable de la régëne'ration française , à séduire , à consoler, à exalter l'opinion. Le costume antique des directeurs et des dcpiitrs fut remplacé par l'habit national. Des noms chers à nos armes reparurent à la tête de nos drapeaux. Morcau eut l'armce du Rhin et du Danube, Masséna celle d'Italie. Un négociateur fut envoyé à Londres pour traiter de réchange de nos prisonniers , si long-temps et si lichement oubliés par le directoire dans les pontons pestiférés de l'Angleterre. Bonaparte réclama rezécullon de sonfraiié de Mallhe , en rappelant en France les chevaliers qui y étaient nés. 11 fit donner au fort la Malgue , à Toulon , le nom de fort Joubert. La Vendée fut pacifiée par d'habiles et sages négociateurs. Des hommes de la révolution, tels que Rœdcrcr, demandèrent courageusement dans leurs écrits la clôture de la liste des émigrés , et une commission fut nommée pour le travail des radiations. Neuf mille prêtres avaient été déportes par le directoire , toute poursuite cessa contre les réfractaires. 11 en fut de même pour les rëquisitionnaires et les conscrits, dont un grand nombre languissait dans les prisons. Les naufragés de Calais, détenus depuis quatre ans dans les cachots , furent rendus à la liberté. Fouché , ministre de la police , Fouché lui-même épura ses bureaux, et laissa dans Toubli toutes ses amitiés révolutionnaires. Du travail fat donné aux pauvres pendant
Ja suison rif2[oureu8e. Bonaparte M rendit en personne au Temple pour mettre en liberté les otages cl les conscrits. La balance remplaça le niveau sur le sceau de Te ta t. C'était substituer la justice à l'oppression. L'ordre administratif s'éleva tout ùcoup en cdiGce régulier, et devint une garantie pour la France et un modèle pour l'Europe. Le nouveau système des ûnances jeta en même temps les bases de ce crédit , que les plus grandes commotions de l'ordre social ne devaient plus ébranler. C'était faire sortir la création du. néant ; car le 18 brumaire avait été fait avec un emprunt • le trésor était vide et Tétat obéré. Enfin , pour éterniser à jamais l'honneur de cette heureuse époquCf et remplir uux yeux de l'univers toute la cond^ lion d*uu grand homme maître de la destinée de son pays , le consul Bonaparte réunit sous sa direo* tion immédiate une commission composée des plus liabilcs jurisconsultes , pour édifier le monumenC européen de nos lois civiles. On prit date de l'ère actuelle. On ne consulta que lestalens des légistes. Leurs opinions ne furent point considérées ; et le défenseur de Louis XVI , Tronchet , vint s'assemr à côté du conventionnel Merlin , pour le travail de la loi française. Ainsi le plus grand capitaine de la France, le.chef et l'auteur de sa régénération politique, s'assurait sur sa reconnaissance -un empire éternel par ce code , qui à lui seul devrait l'immortaliser, lia gloire de César et celle de Justiniensesont placées sur le front de l'heureux Bonaparte , et la grandeur salutaire des institutions semble justifier les violences du coup d'état du 18 brumaire.
Il ne manque plus au nouveau législateur que
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d'être fondateiir dans sa patrie. La constitution de Tan 8 oayre tout à coup le igme «iécle y proclame Bonaparte premier consul pour dix ans , et annonce à son collègue Siejœs que W régne des the'ories est passe'. Celui-ci a la sagesse de se soumettre sans plainte à la fortune qu'il avait prédite le jour de son installation , et il ya se réfugier dans le sénat , hospice politique qu'il a fondé lui-même pour ser- Tir d'asile aux yétérans de la rcVolution. Gambacérés , ministre de la justice , remplace Sieyes au consulat,, et Tex-constituant Lebrun est nommé troisième consul. Roger Ducos^ habitué à suivre la marche de Siejres, est également absorbé par le sénat. Quatre pouvoirs émanent de la constitution de l'an 8 : le consulat , qui a l'initiative des lois , le tnhnnat , qui les discute , le corp»>législatif , qui les décrète ; et le sénat , qui en est le conservateur. Un conseil complète l'œuvre politique du nouveau sjstéme , sous la présidence du premier consul ^ qui , par une brusque innovation , a placé son nom. à la tête des actes du gouvernement. Ce conseil forme une exception dans l'état , prépare un autre tempSy et est d'autant plus dévoué à son fondateur, qu'il est révocable par lui seul. La 'constitution , dépouilkîe des titres primitifs de la liberté pour laquelle la France se battaif depuis dix ans , fut soumise illusoirement au vote du peuple. Les droits de l'homme , les assemblées primaires , la liberté de la tribune et celle de la presse, ces quatre bases fondamentales de la révolution française , ne sont pas mentionnées dans la charte consulaire : cette charte fut acceptée comme elle avait été proposée : Bonaparte l'octroya au nom de la république une et
iiiitirisible. Toutefois , c'eot lui Kol qui gonnerDe. SesdenicoUégues n'ont que voix consultative. BonapHrlc, intesti de riniliatiTedEs lois et de leur cteculion, est charge exclusÎTemeuI de lu cuotliiile pt de la sùrcîd de j'ctal ; il berile dans un joor ile la mounrchieBl de la révolution. Le palais des Tuileries devient le palais consulaire, celui du Ijuxeui' liourg est donne' su Sénat , le Palais-Hojral nu Tribimat , le palaii Botirbon au Corps-tégïaU lif. L> translaliondu Cansolat , du palais du Luxemboorg a celui des Tuileries , fui l'objet d'une bi-illante cere'niouie,aù fut de vélo p|>e' tout le luxe delà rojanlc militaire. Mais Bons parle habile seul le palais. Ed peu de jours DU passa l'apidement de la familiarité des 50cie:e> républicaines du direcloire, k l'rti- ([uette des réunions au palais des Tuileries i le premier consul eut des cercles; on alb k la ennc cheii Bonaparte. Le litre de cîiojren disparut de li conversation, et le ne'glifje' fut banni du costume. Chacun faisait son apprentissage , le maître et le> eourtisani , et ou lisaiL sur l'un des corps de gardi du palais de Bonaparte zLe \o août l'^gt, la rayauli Jat abolie .• elle ne le relèvera jamais. Tel était le génie deoetle époque si historiqne , quelc pouvoir devait rassembler à l'e'galité > et l'obéissance i la libcrlc.
Bonaparte, CD s'iusiallant seul au palais delà monarchie , la replaça S[ir la scène , et peut-être son si'Crel ne fut-il alors si bien gardé qnc parce qu'il ctuit celui de tout le moude. Aussi , à l'aspect de cette pompe et de ces mœurs renouvelées , la >éduction gagna les royaliste» Ils virent Monck dans Bonaparte , prirent leurs souvenirs pour des espe-
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raneea , et lenn dësin pour des réalités. Toutefois *ieii n'e'chappait , ni à l'œil pénétrant , ni à l'infa- ;igable activité du premier magistrat de la république. Il gouvernait et créait à la fois tous les in- :eréls de la gloire et de la prospérité de la France. LTne négociation habile et franche avec l'Angleterre brisa les vieux obstacles élevés par le régime révolutionnaire 9 et prépara une paix prochaine. De tontes les légitimations extérieures , celle du j^ouvemement anglais était la plus importante à obtenir. Pendant la discussion de cette grande affaire 9 Paris vojrait revenir avec joie les déportés in 18 fructidor, et avec étonnement, deux princesses de la maison de Bourbon. Les prêtres détenus àOlcron revinrent vieillir dans leurs familles. Des secours furent donnés aux colons de Saint-Do« ningue ; une nouvelle organisation , au régime des irisons. La statue de Saint -Vincent de Paule fut laoce à l'hospice de la maternité. L'ancien arche- Ique de Paris , Juigné , prélat octogénaire 9 revit n ancien diocèse. Des obsèques solennelles furent cernées aux cendres du pape Pie VI 9 mort sous directoire 9 à Valence. La banque de France 9 lorable monument d*une haute conception ûcière9 fut établie, et la fortune publique et iculière eut sa garantie. Paris fut embelli par I ponts nouveaux, l'un qui prit le nom de la 9 et l'autre , qui reçut depuis de la Victoire m tt Austerlitz, Bonaparte alla au-devant de i;ration 9 qui était sans asile au milieu de la e hospitalité étrangère. La liste des émigrés *mée 9 et la France leur fut rendue. La guerre ^endée s'était rallumée ; elle avait é\£ Vnt-
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mince en an moii par la mort de qnelifacis chefs, lu soiiniissian de UM. d'Auticliamp, de Cliatillon , et du l'amcux Georges Cadnudal . et par la cqU' qiiâtc que Gt le premier consul des deuK chefs les plus impcirtaasii'abheBcrnicr, curé de Saint-Laud d'Augers, et M. de BourmanL L'ordre judJciaue et l'ordre adminûlratlf , avilis par les forfaiture! ett'unarcbiedoâpo(jiiesi'evoliitisnDa!rC9 , araJeat lixii toute l'attention du premier eonsul, et repria la place qa'ila devaient occuper dans la prospérité n»tionale. Une loi avait réorgamae fats trihuaauir. Ceii\ de district, souillés de tant de souvenin, étaient remplaces pur ceux d' arrondisse m eu t. Ua tribunal erimiuel Tut donnéàchaipac département Le tcri-iloire dc la icpiiljlïquc fut divise en vingtneuf cours d'appel, et la reTormcavaitépureauw le tribunal suprême , celui de cassation. La ma^* tratnre était redevenneune carrière , et la justioft un asile. Uue naurello dïvisionde la France adni* DÏttrative fut établie. Les préfectures avaient remplace les directoires <le département. Au nom de i/istncltfutsubstitué celui d'arrondissemens, dont chaque chef-lieu fut leeiége d'une sous-préfecture. Des conseils de dêpartemens et de municipalités défendirent les intérêts des administrés, et des conseils de préfecture furent institués pour régler le contentieux, de l'administration. Les nomshMphs honorables reparurent dans les fonctions judîciai' res et administratives, et, pour la première fois depuis la révolution, devéritablea protecteurs forent donnés aux. premiers intérêts du peuple.
Au milieu de tous ces travaux intérieurs delà plus haute et de la plus paternelle sagesse , une
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négocîatîon importante occupait le cbef de l'ëtat. Les relations des républiques française et américaine , si naturelles et si utiles aux nouyeaux intérêts, avaient été dédaignées et rejetées par le directoire 9 qui avait eu Fimpctritie de faire. porter sur k commerce le coup d*état du 18 fructidor , en fermant orgueilleusement les ports de France aux Utimens neutres, La réparation d'une injustice et d'une calamité de cette nature ne pouvait échapper aa premier consul, qui, en rouvrant les ports, ouvrit de nouvelles communications avec le coujj^rés américain. Elles furent accueillies; les plénipotentiaires des États-Unis se rendirent à Paris pour traiter. Cette importante négociation fut consacrée par le deuil public ordonné par Bonaparte, pour la .mort du fondateur de la liberté américaine. Un autre honneur fut décerné encore à Washington, par le fondateur de la régénération française. Une habile et heureuse combinaison re'unit au temple de Mars ( l'église des Invalides ) la cérémonie funèbre de Washington ,. et la pré-^ tentation des drapeaux conquis à Aboukyr. Le vainqueur d'AbouiiLyr semblait déposer ses trophées sur la tombe du vainqueur de l'Angleterre , et partageait ainsi l*hommage rendu au grand citoyen ,. qui avait triomphé du despotisme et affranchi son pays. L'éloge politique de Washington fat confié à Fontaiies qui comprit et qui remplit toute la pensée de Bonaparte. Le discours guerrier sur la victoire d' Aboukyr, fut prononcé parl'iUuftre général Lannes. u Puissances coalisées , s'écria K le général, si vous osiez violer le territoire, et ic que celui qui nous fut rendu par la victoire d'A-
lofi