‹ Vie de NapoléonChapitre 7 sur 10 · VIK · texte numérisé non relu

VIK

» Iioukyr fît un appel à la nation , t(h

Buecrâi TOUS

■:iienlplus funestes cj ne des revers.

, V Bcrthîer, araleur, el

mini

stro de la guerre , répondit à l'i

iqiiH aimi celLe menaçante spastr

ophe. ■< Au

.ment , dit-il, de ressaisir les arme

! de notée indêpendsnce , si l'ave

ugle furenr

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s roii TCfoie au monde ta paix que

nous lui Df-

!■ Icseendr»

«du

. héros qui aflranchit l'Amérique du joug d«

Il «r

inemis les plua impUcables de noli

■Bliberlé,rt

le son onbrc illustre nous montre

' au>deli> da

nbeau , la gloire qui accompngne

la mémoire

■ lie

a libérateurs de la patrie. » Fonln

lues se leïi,

lou»

dignement Washînglou, et ajouta

iinmcs prodi^ieu\ qui apparaissent d'inlcrrallc

1 en

. inlensUe sur In scène du monde, a

veclecane-

u tcre de la grandeur et de la domination. Unt

■ cause inconnue et supérieure les enroie , <]aaiid

■ il en est temps, pour fonder le berceau ou rép*u rer les ruines des empires. C'est en vain que tM

■ liommes désignés d'avance se tiennent a l'écart:

■ la main de la foi-Eune les porte rapidement d'obt- * lacle» en obstacles , de triomphes en Irionpbei . a jusqu'au soumet delà puissance. Une sorte d'in- « piration surnaturelle anime toiiLes leurs peose'et. H Un mouvement irre'sistible est donne' k touM

■ l«ur> entreprises; la multitude les chercbe'MIMre

■ au milieu d'elle, et ne li;s trouve plus relie lére H les yeuï en haut , et voit , dans une sphère écl»n tante de lumière et de gloire , celui qui ne seO'

■ blail qu'un téméraire aui yeuï de Fignorance «I a de Tenvie , etc. * Ainsi, de cette cérémonie tniH' taira M Ainébre nrtirentplusieanomelea, oelu

de la paix avec le Nouveau-Monde 9 celui de la guerre avec Fancien , etl'apothe'ose de Washington et de Bonaparte. Cette journe'e eut un grand caractère : elle exalta l'opinion, la justifia, et contribua puissamment à affermir la base de cette grandeur , qui devait élever momentane'qaent la France au-dessus de toutes les puissances du globe.

Cependant, renferme dans l'austerite' d'une TÎe de travail, dérobant la nuit au sommeil , actif , tempérant, simple, frugal, l'homme de la destinée fruiçaise semblait un Spartiate, maitre du palais de Xerxcs , indifférent et étranger à l'éclat de sa puissance , n'en conservant que la force , et la plojant aux habitudes de sa nature et aux volontés de son génie. Son âme , trop vaste déjà pour ne connaître que les limites de la France, se répandait au dehors , et proposait à la méditation de l'Europe les essais d'une autorité jusqu'alors inconnue. Ainsi il donnait à la Suisse une constitution nou^ velle , et s'établissait sans obstacle le médiateur et l'ai'bitre de ses intéréls ; ainsi le sénat de Hambourg , qui cherchait à se justifier d'avoir livré au gouvernement anglais les patriotes irlandais protégé par la France, était cité à son tribunal, et recevait de Bonaparte cette sentence foudroyante ; « Voire lettre ne vous justifie pas. Le courage et « les vertus conservent les états : les vices les mite nent. Vous avez violé l'hospitalité. Gela ne fût K pas arrivé parmi les hordes les plus barbares du « désert. Vos concitoyens vous le reprocheront à K jamais. Les infortunés que vous avez livrés mour* u ront iUustres : mais leur sang fera plus de mal à

M» Vft -m

«t Kon pcfRomeaffi t|iio n sonR ps niravM if «t nM6. » Li Avtrieiifly tonfoav» piVNMipnMnw wi •68 tmte ètf avAit rditté de négèuU^. IiViuqpAfé^l Btirim et la Porte, ëgtkmot ëntrdtoét pir fh et les intrigMtderAB^tefre, ànuiinii eoÉMi Fhnee. La noardle eoaUtioii vepHt eiieotv' ■ c a ractère de eroÎMde eontre k fifrolÉCioii;tt'l natkm française , oatragëe par cette perMHiBril|i aecepta la^erre ceadwite par Boâapwte êi^\ waéum joie qe'dle aTait aeeeptë Fe i p &au ca dkl pais, n y a touîenn ea eatre le peuple ftMgii «tacaclie6aiiemtelligeiiee«iui accord, te'fllHl ment coamum d^bonnenr nationif «qui ae ««M^ vent dant to«t lea Iget de k monardiifb n B^if]^ de peuple qai tacbe micas feger ta fertniie , ift flcute mieux le besoin de la guerre, <mochiid0l paix. I/arméB d'Italie ^it retomba datts lemliM état de pénurie oà Bonaparte fayait ttomfk' quand il en prit le eûnuuandedicBt , et lu FMtb ne potiëdait plus *rien en Italie. Pour en fiilr*|4 théâtre d!ane guerre noureUe , il falkît en pcMè une autre sur le Rhin , et toutes les foroaadèl république n^excédaîent pas i5o,ooo bomaBèB.!^ contagion régnait dans les bôpitaux , et aTait Mi porté le brareChampionnet , qui afaît aumi lÉi* un beau nom en Italie. Cependant, à k Toh'iii prnader consul , toute k France iTément , ÉWMi qaTClkTa ètreTcngée: L'Italie i^émeut auasF^ ai sent qu'cDe va être déUrrée. Les cruauté de 1 réaction royak enaaiq^antaient 'le ro jaume et 1 TÎUe do Naplek, et la proscripitoa autiriebiflfli fra pp rf t les magistrats des républiquei ICaliaite j^ecofeiquiM par fe général Héks.

La nouvelle armée , forte de 100,000 hommes , ie 4O9OO0 chevaux, et de la plus redoutable artillerie qui eiit alors suivi le drapeau français, semble sortir de la terre comme par enclianiement^ Ou ne se servit ni des lois ni des autres moyens coactifs pour la créer. La nation entière , qui avait voté la guerre , donna Tarméc. Jamais armée ne fut plus française , jamais chef ne fut plus populaire, Bonaparte, en faisant un appel à la gloire nationale, eut tout à coup pour auxiliaires l'amour de la France et de ritalie , la neutralité du roi de Prusse , de la Suède et du Danemark, et la rupture do la Russie avec r Au triche. Son génie s*en donne un autre non moins puissant, c'est Tincertitude où rin^pénétrabilité de ses couibinaisgns jette la maison d'Autriche sur le champ de bataille où il veut se mesurer encore avec elle. Dijon est le point central de la réunion de l'armée dite de réserve, La position du rendezvous général des forces nouvelles , à d istance égala de Bâle , de Martigny , et de Chambéry , détourne l'attention depuis long-temps portée sur le Var par les mouvemens d'invasion dont Mêlas , à la tête de i5o,ooo hommes victorieux et bien approvisionnés 9 menace les q5,ooo soldats intrépides et nus que commande Masséna. Mais Bonaparte a conçu la guerre d'Annibal contre Rome , et celle de Rome contre Garthage : la cruelle science des armes va donner encore à l'esprit humain l'honneur des plus hautes conceptions du génie.

Le but de la guerre était de conquérir les deux bassins du Danube et du Pô : il fallait y descendre. Le directoire , en étendant ses bases d'opérations depuis la Hollande jusqu'à l'embouchure du Var ,

ij.i VIE

cliurcli:iit înutilooicDl à envelopper ila ses lignri cloignéei l'eDocmi qu'ollea hUaaicat maître ilu ccDlre. La difficullé c'taiL de manœuvrer simulbitiemcDt sur de« baies deceals lieues, et de livrer ilc9 bdtuHlcs de TiDgt lieues de développement. On croyait ngrandli: l'e'i^hclle des curabinaboiu i on n'avait faitque l'alTaiblir à force de l'cteodre, en la privant de l'influencu directe du comnianilemcut immédiat. Leayâtémcdu directoire était celui qui avilit fait battre les AutricLiens en Italie par Donaparte. Sa gloire s'en jouviul , et il reu' ploia ce sj'stéme par celui de coacentratioa , qui, élant l'acUon de l'unité, répondait à si polîticpii! et à son caraclérc. C'est le dptroit de la SuisM, entre le Rhin et le llbôac,^ui renferme tout lo nij'stère de sa campagne. En l'occupant, il ae'parc les armées antricbiennes d'Allemagne et d'Italie- Moreau commande l'armée du Rhin , Hasteoa celle du Var, Berthicr celle de Dijon , dont la poiition regarde la Suisse. L'aile droite de l'armée du Rbin occupe la Suisse; on doit croire qu'elle forme la réserve de Moreau, <pie la guerre est toute jur l'Allemagne , et que celle d'Italie est ajourDée. het mouvemens que le premier consul ordonne à Moreau par le Rlieintlisl , sur les derrières du général Kray,isolenttoutà coup ce générât du général Mêlas par l'occupation subite des dcGIés de la toiél Noire. Pendant que ces mouvemens s'eiéeutent> Bonaparte jouit dam son palais des TuHeriei di l'erreur où celte combinaison jette l'Autriche «I l'Europe , et ses généranx eu^-mêmes. Moreau leal a son secret ; chargé d'un rolc secondaire , il suit par de savantes et constantes manœuvres le plan

DE NAPOLÉON. m

de l'inaction qu*il a ordre d'imprimer à l'armée supe'rieure du ge'ne'ral Kray, ci il prclude ainsi en grand tacticien aux triomphes de HohenliDden , qui doivent plus tard illustrer sa catn pagne olfensire. Enfin l'armée de Difon est en marche sur Génère. Les victoires d'Engen , de Stokach , de Hoeskisch , de Biberach , et de Meningen , gagnées par Moreauy donnent à Bonaparte le signal du départ.

Tandis que l'Europe croit Bonaparte occupé à Paris des soins du gouvernement , il arrive à Genève , et prend le commandement de Tarmce ; c'est là que , décidé à porter la guerre olTensive sur le Pô , entre Milan , Gènes et i^urin , il choisit la base de ses opérations sur les revers du Simplon et da Saint-Gothard. Libre de toute action de la part du général Kray occupé par Moreau , il veut, surprendre les défilés des Alpes pour attaquer les derrières de Mêlas , dont les forces disséminées sur Gènes , sur le Var , doivent garder les débouchés des Alpes , et la Lombardie , qui est occupée et non soumise. Sur-le-champ , rival audacieux d*Annibal et de César , il décide le passage de l'armée et le transport de sa formidable artillerie par la crête des Alpes , à plus de i ,200 toises au-dessus do niTeau de la mer , au milieu des rochers les plus escarpe , au travers de glaces étemelles , et par des chemins où le pied de l'homme n'a jamais été empreint. Sons les refards de Bonaparte , tous les obstacles de la nature deviennent des conquêtes pour ses soldats. L'infanterie, la cavalerie, les bagages, les canons ont franchi les sommités des Alpes. Les Hospitaliers et les abîmes du ^aÀtiV

Gotliartl ont vu cette miraculeuie ap| la guprrc traçait laaa le savoir les roaU Héiiis était encore sur le Var , quand 1 françaises descendaiL-nt les revers di thard , du Simplon , du Saint-Bernard Cenis. Dne combinaison supérieure ] destin de cette me'morable campagne, marchait sur l'Italie , entre rarmce vii Hareau, qui contenait devant Ulm eell Kraj , et la condamnait à n'être plus sivo , et entre la petite armée des j attaquée à la fois par terre et par n Gùnes, le cours duiVar, les portes de 1 et les dcûlés du piltfiDont. Le grand < Uasse'na imprïme ù cette défense un h vivra à jamais dans l'hiitoire. lia pour UiolUs,G3zan,SauUct Sudict. llsail parle compte sur son infatigable l'ésii trouve dans les généraui sous ses ordr mes dignes départager sa gloire et ses reprise des forts de Gênes , foudroyés | anglaise, est ua des plus beaux faits la guerre. Jamais les forces humaine déployées, multipliées, avec plus d'en constance que dans Celte immortelle Bpuisés par tous les déauï de la guerre de Masséna ont d'autres ennemis qu'ils pas comliattre, la famine et la contai voyuit mourir dans ses ruc«»ta génère tion , confondue avec l'intrépide armct plus la défendre. Le drapeau noir 11 kôpitaux. Mais Hassénasait qu'il occu[ wiul une armée dutricbienno , et Suchc

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lui arec 4900obraYe8 9 a fait aussi son serment aux succès de l'armée, de réserve. Masscna et Suchet repondront à la confiance de celui qui la commande. La grande chaîne des Alpes e'tait franchie. Les armées françaises et autrichiennes embrassaient , par leurs masses principales , une demi-circonférence presque régulière , dont le centre se trouvait à peu près vers Alexandrie. Là tout devait se décider , et l'avantage appartenait à celui qui aurait passé le Pô le premier. Mais le terrain était pour Tarmée française , en raison du rapprochement d'Alexandrie et du Pô avec les Apennins et la mer. £n un mot, Mêlas était tourné , et le consul ne pouvait l'être , soit par la propre nature du terrain qu'il occupait , soit par les mouvcmcns ordonnés à l'armée du Rhin ; car il s'était souvenu de l'inaction de celte armée pendant sa première campagne d'Italie. Le jour même du grand passage , la ville d'Aoste fut eulev<^ par Tavant-gardc après une vive résistance , et les Croates repoussés , sur le fort de Bard , château inexpugnable , qui fermait l'unique chemin par où devait passer l'armée. 11 était de la plus grande importance d'enlever ce fort avant que Mêlas eût connaissance de la marche de Bonaparte 9 et afin de s'emparer des débouchés des Vallées. Le fort résista ; alors, par une de ces inspirations heureuses du génie de la guerre , Bonaparte , qui ne peut consentir à être retardé par une conquête inutile , fait envelopper de foin les roues de l'artillerie 9 fait couvrir la route de fumier , et la nuit il psktpe avec Tarmée sous le canon du fort sans être entendu. Une batterie est laissée avec ua

i>4 VIR

corps ie Iroupci pour réduire le fo qui M rend dix joun nprùi. Le terrîfa franobi. Yrrea et sa citadelle >ont emp deux joun do réaistance ; et io,doo l'année de Melu, aux ordres des gcE et Haddig, «ont culbutes aupaaugc de Bonapirte l'ouvre liasi l'entrée dei pli mont , pendant que les colonnes de f dent sur Belliniona et AvegJiano. Le te'gique de l'operatian que mddite Bon que Gènei aoit occupée par Masse'na o est sur le Pà , entre l'embouchure du double confluent du Tanaro et de la fallait jeter un pont lur le grand flent cher la jonction des troupes de Mêlas a Milanaitctdu Mantouan.

Mais c'est par le rétablissement de la eualpine , qui va redevenir l'alliée de que Bonaparte veut de'buter avec Mél.

Milan qu'il diHt paater pour aller le Après avoir pouriuivi Kaim et Uadd vasso , il pousse son avant-garde sur Ft trouve aoo picces de canon et des m tout genre; dirige le corps de Murât et Milan , force le passage de la Sesia e deTciiduparIiaudon,et lei )uin,ent:

teur à Milan, où l'on venait sculemen dre l'invasion d'une armc'e française i Son premier soin est de proclamer et de nouTeau la république cisalpine,!

tions de toute l'Italie , et l'avantage A tique est de donner !i ses troupes to BOnrccs d'un pays dévoue ii ses arm

ordre , l'armée se répand entre le Pô et TAdda , pa«ae cette dernière rivière , s'empare de Bergamc, de Cremfc , jç Crémone : et repousse Laudon jusqu'à Brescia. MéUs n*a ni deviné ni compris les opérations de Bonapa»! e • il n'avait pu forcer le pont du Var, et était reveu^ Ji Turin; deux de ses généraux , Elnitz avait quitté *^ fleuve pour se porter sur la vallée du Tanaro, et Ott ijr.vait quitté le blocus de Gènes qu'après la capitulation Q%|\|as- •éna. Bonaparte profite audacieusement , selon sou usage 9 de l'inaction et de l'imprévoyance autrichiennes, et vient lui-même montrer à l'ennemi, en l'occupant , le point qu'il aurait dû défendre : c'était vers StradeÛa et le Pô. Il rabat ses colonnes sur ce fleuye , et en rend la défense impossible. Loison le passe à Crémone. Murât enlève de vive force la tête de pont et la ville de Plaisance : Lannes force le passage devant Belgiojoso et San- Cipriano, vainement défendu, par le général Ott. Là fut établi le pont de l'armée , c'était le véritable passage et le point capital en raison , de la proximité du confluent du Tcsin , et du défilé de la Stradella , et des communications avec Milan. Le même jour , l^Oonsul porte son quartier-général à Pavie. Mêlas, renfermé entre le pied des Apennins et la rive droite du Pô , n'a plus que la ressources des batailles. En se portant devant l'ennemi , Bonaparte apprend la reddition de Gènes , et la jonction des troupes de blocus à celles de Mêlas. Mais quoique une partie seulement de son armée lit passé le Pô , il donne la bataille de Montebello , dont le général Lannes doit faire à jamais rillustrstion , et il fait 5 ,000 prisoimlci-:» v\uv Kw-

frant"""^ > composée dc!

cl VicLor , bordu la Scrl iivail oi'drc de rc^joindn

iia Frjncc pur la capitula lie par UfaUlito do la {{lo.

lu drapcajx de boq ami, doruriniictl'Ë^jrpto. Lcn neo dans la Lombard io , b diirc'rcns corps auLricliiet ctait à Voglicra. Le prflm trouTCr rarmcc aulricbici San-Giuliaao. Le i3, il lest vt fuil chassci' de Murcngc genui'al Gili'dannc , qui les nidajCt iic peut enlever L ]iasiLioocDlve cette rivicrc bona.llfutn^' ' ' ■

irendre un passage et une marche. Mais Bonapare , qai a le don de saisir toutes les chances du tremier coup d*œil,enyoie les deux divisions Desaix i Castelnoyo di Scrivia et à Rivalta , pour obseryer es ailes de Tarme'e ennemie, et concentre les xirps de Lannes et de Victor entre San-Giulianoet tfarengo , par échelons , la gauche en ayant , se ire'parant ainsi pour tous les mouyemens qu'il aurait à faire, et chaque division d*aile pouvant deyelir tête de colonne dans sa direction. La diybion toudet , place'e à Riyalta , sous les ordres de Desaix , levait communiquer avec les corps de Masse'na et le Suchet , qui s'étaient dirigés sur Acqui. Le len-> lemain 14 , le premier consul fut étonné de voir, 1 quatre heures du matin , l'armée autrichienne Jébouchcr au travers du long défilé du pont de la Sormida^ de sa tcle , et des marais qui les courraient. Ce ne fut que cinq heures après qu'elle Mit se porter en ayant sur trob colonnes. Elle était le 40,000 hommes. Au commencement de Taotion, 'armée française ne comptait que ao,ooo hommes le troupes , neuves pour la plupart. Celle de Mêlas îtait toute de vieux, soldats. Le corps de Victor fut vigoureusement attaqué et poussé : celui de Lannes mtra en ligne à droite , et après quelques succès , *at entraîné par la retraite de la gauche. Mais il ^taitde la plus haute importance pour Bonaparte de tenir la droite , et pour Mêlas de la forcer. Le premier consul, qui vit le nœud de l'affaire dans la communication que sa droite assurait ayec le reste de l'armée , fit ayancer tout à coup au milieu àe la plaine cette vieille garde , jeune alors , <|ui date si heureusement sa gloire de la |oumée de

ii8 VIE

Marengo. La poftêntélBi eoi

nom de Adomuéê OmmU^^MxIvA ^f^

LetattoqMi l»pliM UvriUat es]

reat coBtm «miBUMibilité t «fr i

doniM le teapt à la diviâe» M— Éeg d toiiw fc

CellMi jete une iNrigade da^f^eNi CmUlê^f/k

raruiëe feançaiee letffortya da^lm

inrene à Mkd de la Buftiade» par dahaliMivMj droite ea aiTiat 9 tenaaft toi^out topaloft ariWW detapreMÎéreligoe debatdlleyeow^mBk mii^efclieala|ilo0 ûaportanlet ^ •onailefMclielanmledeToitaae» b maintenne daaa «Hte |HMîtiea'»tiMfBria'«nMM|i la dîfiiioaDe«n3t. IMaa^ aaèetraigt» yd^iil^ bK m gaaite pour aogaieiiler m dmito ys^pa^UII» daît iaatibaieat tar Tor to t > Ce lÉoafMtaaUlib ehappa peiat aa gdnëral ^wnit le iÉiiijihi^^|É •on«4fenam nir le tenoîa. Il tf^Ua^ JM»

La difMoa Lapoype aThninh pM.- Mam^mà^ paroUiir le ohMap de bataille à la tête de la afili divÎMoflf Boadet. ]>aaa lea auiaf d« Bnaapwrtl't cette dinrionTadev eairrinrtnuaaatdelavietalM^ et raraiée Fa derinë. Faiigaëe de eeOeldafeint tanglaate retraite 9 elle Toita?ae PiortHHt'tdMi espëraaee qoe aoa hërot n'a faaMia.t|»iapd»4<li troupe ée Deaaix edoTrir ta gauche^ et etta.sdpiiii ayee foiele cri de fatlaipie géttrfgaitoerrtfuiaiiy toute ta ligtae. Le gëaërai 2ach, <}Bi difpUwe-j' de ranaëe' a atii c ht eane , fTïiTaiioÉ- lar I» roate «fce aae cûtoaae de 5)000 Desak» le Intre I>eiaiK,' ^ Tal piéees decaaoa^et tooribe fjtwffélhmlÊ:liitÊH «pii fealiveàreqiilf dtk Praacaatl;gaaw<Hii

t. Par un rapport de fatalité bien e'trange , me moment 9 Tillastre Klëber , son ami , it an Caire sous le poignard d'un assassin.

la mort de ces deux grands capitaines , il ne dus de renommées militaires indépendantes laparte , que celles de Moreau et de Masséna. nort qu'il est , Desaix combat encore : sa n se précipite avec fureur sur le corps enoù chacun de ses soldats semble chercher le :icr de son général. Cependant , la terrible e résiste y bien qu'elle soit isolée au milieu te yaste plaine. Mais Kellermann le jeune inde la cayalerie. Éclairé soudainement par termination h la fois héroïque et savante , nant conseil que de la gloire de l'armée , il i>ut à coup sa cavalerie sur le flanc gauche olonne invincible ^ la brise , la disperse , et 30 grenadiers qui la composent sont prison- Dés ce moment qui venge Desaix, et qui d le deuil de sa perte , la ligne française se ite en avant, et reprend en moins d'une le terrain disputé depuis l'aurore. La ligne ie est prise à revers et presse sa retraite ; cherche en vain à tenir à Marengo : son inu- 'sistance contribue a ' donner le nom de ce , tout à coup emporté par Bonaparte , à la te bataille qui va changer le sort de l'Italie, le la France et de TEuropc. L'armée frankoursuit son ennemi jusqu'à dix heures du t ne s'arrête qu'à la Bormida : 5,ooo morts, blessés, 7,000 prisonniers, 3o canons et ipeaux , sont les trophées de Marengo. Le nain 9 à la pointe du jour, Bonaparte fait

le FiemoDl et la Ligi qiiMes dL'fcuilciit. L armées fui prise en victoire et la fortuui de MarcDgo le trïoD traita k la tête d'un rëtait l'armée franc

la Cl

leioi

positions. 11 pouvait avec rAUemagiie , i de Hantoue ; et m et lea montagnes po pouvait encore soûl Hre forcer la Frar l'Autriebe. Mais la ver la victoire , lui porter la défaite. E la fortune. Son pri uisatiou de la repu) otite rcn.ireàlaFj

DE NAPOLÉON- lai

asservîisement. Il venait deTëprouyer contre Mclag dans la Lombardie , dont tous les vœux étaient pour la république. Bonaparte , pressé de revenir à Paris , où le rappelaient Tivresse du peuple et les intérêts nouveaux qu'il venait de conquérir à Marengo ^ donna à Masséna le commandement de l'armée d'Italie, et à Suchet, celui de la ville de Gènes : digne récompense des importans services de ces deux généraux. Murât eut l'armée de la marche d'Ancéne , et fut chargé d'aller rétablir le pape sur le trône pontifical. Cette mission frappa les esprits. Bonaparte se rendit ensuite à Milan , où un Te Deum en action de grâces fut chante solennellement. Le vainqueur y assita. C'était la première fête religieuse qu'il présidait depuis celle de l'anniversaire de la naissance de Mahomet. A Vienne , pour cette fois , on ne chanta pas le JTe Deum , mais on se prépara de nouveau à la guerre 9 et la famille impéri al eut à souffrir publi- .quement et du mécontentement que la prolongation de la guerre fit éclater dans la capitale , et ^ de l'enthousiasme presque séditieux que le vainqueur de Marengo inspirait aux habitans. La maison d'Autriche n'était pas plus heureuse sur le Danube que sur le Pô. Trois jours après le traité d'Alexandrie, le 19 juin, Moreau célébrait la victoire de -Marengo par la victoire d'Hochstedt , et y réhabilitait, après un siècle, la gloire de nos armes. Le combat de Ncubourg achevait d'ouvrir aux enseignes françaises le cœur de l'Allemagne; et dans la terrible mcléc , qui le rendit jsi funeste à l'armée du général Kray, ces enseignes glorieuses se baissèrent avec respect et dou-

d'IUilie , força le général ILray à su du général Mêlas. Ces deux ariuistic

coi-c l'acheter par l'immortelle joiir liudeii , en Allemagne , et par de fp en Italie.

ÂTtiiit d'arriver à Paris , le premi rêtc à Lyon , dont il ordonne de rêf et de relever les monuineiu. De ret pitalc, le 3 iuillct , il y trouve u doit lui donner l'ide'e de tout ce doué de hautes pensées , et favorist pouvait atteudru d'un peuple au8< la première nouvelle de la victoir

ai imprévu , ai imiiieiiBe , avait eonl

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même ennemi, et conspirant séparément pour sa ruioe. L'assassinat menaçait dans l'ombre celui' qu'environnait tant d*eclat, et la vengeance l'offrait en sacrifice aux mânes irritc's de la monarchie et de la liberté'. Les niveleurs , plus récemment et plus directement blessés , commencèrent : leur dernière entreprise coûta la vie au sculpteur Ceracchi , proscrit â Rome pour la cause de la liberté' ; aa peintre Topino-Lebrun , élève de David ; à un secrétaire de Barère i nommé Demerville, et à Tadjudant-général Aréna. Ils furent accusés d'avoir voulu assassiner le premier consul à l'Opéra. Le 10 octobre 1800 , deux mois après, u/t attentat plus affreux signala les fureurs cTun autre parti , qui , par V exécrable invention d'une machine in^ female , espéra atteindre le premier consul sous les débris d'un des quartiers les plus populeux de la capitale. Ce lâche attentat, qui renfermait Tas» sassinat, la destruction et C incendie, fut comparé atrec horreur au poignard du républicain Aréna^ qui au moins cherchait lui-même son ennemi^ et ne i^oulait que lui pour victime, ( Tableau de la révolution française , page 140. ) Les auteurs alors connus de cet exécrable complot étaient Saint-Régent y Carbon , Limoelan , ex-chouans , correspondans de George Gadoudal , etc. Un autre crime de la même nature , découvert avant l'exécution , ayait pour auteurs deux républicains forcenés , le tanneur Metge et Chevalier. Il y eut encore plusieurs tentatives d'assassinat qui furent également prévenues. Miraculeusement échappe' a tant de périls, Bonaparte était devenu l'homme de la proviilence pour beaucoup d'esprits religieux , et la

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tiupcrstil ion auBsi légitima sa fortune. Mai« malhcu- *rDusemciit les actes de justice le'galc qui avaicot frappe cc9 crimiaelt, furent tout à coup rcmpUces par une législation violente, t^rrannique , injuste, et les IribunauK criminels spéciaux s'e'IeTéreat su nom liu pouTOir t\iâ luurpa tout à coup l'empire (lea lois. Le triliuuat gagna noblement sa proacrip* lion, en eatnbatlant le proiel du conseil-d'e'tat. La lionteuic majorité de huit voix., qui le fit adopter, rcudit la tnînorîte du tribunat chère k la patrie, qui reconnaissait en elle la seule protectrico Je SCS libertés. La monarcbie féodale donnait celte législation àla France républicaine. Mais la gloire allait encore cacher sous des lauriers les faitceam du pouvoir.

Untraitéjuréiurla cendre de Washingtos oniilait l'Amérique du Nord et la France. Le congréi de LnnéTille avait été rompu par l'orgueil inseoi^ del* maison d'Autriche, qui avait frappe d'ans di^râce impolitique les généraux Kray et Hâas, l'nn pour l'armistice deHoheuIiiiden, quiyareco< voir une autre illustration , l'autre pour celui d'Aï Inandrie. Krayfut remplacé par l'archiduc Fndtnand, âge de i8 ans, £ous la tutelle du génertl Lawer. L'armée du jeune prince , la grande-arme* d'Allemagne, était forte de 130,000 hommes; ellt avait alTaire au général Moreau, Celle d'Italie ,i» 8o,ooD hommes , fut donnée au fcld-maréchalBellogarde. Brune commandait l'arme'e française. L( premier consul avait placé , sous les ordres du gé> néral Macdonald , une nouvelle armée de réserre, réunie aussi à Dijon, et il chargea ce général de répéter le rôle.qu'il venait de jouer lui-même bnit

DE NAPOLÉON. laS

lois auparavant, en surprenant J'armee autrihienne d'Italie par le passage des Alpes. Il jugea [ue cette invasion produirait le même re'sultat , t il de'cida qu'elle e'tait praticable maigre' la rigueur le l'hiver et la longueur des nuits : il fit dire à If acdonald qu*une armée passait en toute saison fartout où deux kommes pouvaient mettre le pied ^ >t que , quinze jours après la rupture de CarmiS" ice , ilj'allait que son armée formât la gauche ie celle d^ Italie. Macdonald obéit. L'impraticable iplagen fut franchi , et décidément il n'y eut plus r Alpes pour les soldats français.

Cependant Moreau venait» par la victoire de Sohenlinden , de s'élever à la hauteur des plus jpraads capitaines. La déroute de l'armée de l'archiduc, la retraite précipitée de ce prince, i8o officiers, ii,ooo sous-officiers et soldats prisonniers , 6,000 morts et 100 pièces de canon , étaient les gages de cette bataille décisive, où l'art militaire fut déployé par le général français avec une supériorité égale à la valeur de son armée. Les généraux Richepanse , Grenier , Ney , Grouchy , Lecourbe , Bonnet , Grandjean , Bastoul , Decaen, partagèrent avec le général en chef les lauriers de Hohenlinden. Le premier consul , dont la grande pensée était toujours la paix d'Angleterre , fit annoncer la victoire de Hohenlinden , sur les côtes du Nord , par de nombreuses salves d'artillerie , qui furent entendues à Douvres : mais il restait encore 100,000 hommes ù l'archiduc , et Moreau reçut ordre d'aller dicter la paix, à Vienne, il Bianœuvrasi habilement , que l'armée autrichienne le trouva en grande pai*tie tournée et vaincue

•ani combattre. L'archiduc fut deli bourg, et oblig<£, de dcfuitcs en de repIoy«'iur la capitale , dont eofiii la reaolDeparrenipErcur lui'CaËiac. L'ai les, dugruciê depuis la paix de Can était tonjoars le général (]uc la cou rappelait dans icb grandes calamité citojen que grand capitaine , il eut I d'accepter le titre de généralissime. C k la peur et i la nécessite le retour i distiuctioni dont l'orgueil et la hain ratrice Tavaient fait dépouiller : mu cette foreur politique qu'à l'amour et i delanatioD, i)*c reudit à l'armée, arrivé , il jugea que tout était per< que Mnreau déploya à suivre ses avaut:

bientôt au prince Charles qu'il ne It cnre pour sauver la patrie , qae le là llateur. La cour de Vienne appelait U faire la paix, celui de ses généraux plus capable de faire b guerre. K pre'Tcnu le prince, et l'avait mia hi défendre la capitale. Une suspension fut demandée; il l'accorda pour q beurea, et força le prince à un armisi condition fut l'abandon du Tyrol à 1 çaise. La liaison des armées du Rhin e ainsi e'tablie; elle était assurée pai inattendue de celle des Grisons au Macdonald, qui communiquait avec colé. Brune avait passe l'Adlge, et Bellcgardc , qui proposait de livrer Pcs' rare, Ancone,elc. , mais qui refusai

DE NAPOflLÉON. «7

^Ifantoae , sans laquelle le gênerai français avait

<4éfense de traiter. Macdonald avait prévenu l'en-

xmemi à Tarente , où Moncey poussait le corps de

XL«audon. Tre'vise e'tait occupe' par le colonel Se-

l>astiani. Enfin , Mantoue fut cëde'e ; et deux mois

après l'ouverture delà campagne , au sein de Thiver

le plus rigoureux, VAutriche avait perdu deux

grandes arme'es , livre' ses places , posé les armes ,

et reçu la loi du vainqueur.

I/anne'e i8oi,la plus belle peut-être de l'histoire moderne , s'ouvrit sous ces brillans auspices. Tous les ennemis sont vaincus ; tous les vœux de la paix tontcomble's. Tous ceux de la patrie le seraient aassi , si sa liberté e'iait encore pour son he'ros le bat de sa gloire. Mais il regarde de'jà cette liberté comme une de ses conquêtes , et sa gloire devra toutefois s'appeler avec raison la gloire nationale. An mois de janvier , il rétablit la compagnie d'Afrique, et le général Turreauva immortaliser par la belle route du Simplon le beau passage de l'armée de réserve. Le 9 février, est signé à Lunéville ce fameux traité qui , rappelant toutes les clauses de celui de Campo-Formio, cède à la France tous les états de la rive gauche du Rhin, la Belgique, fixe à l'Adige la limite des possessions autrichiennes en Italie , fait reconnaître par l'empereur l'indépendance des républiques Cisalpine, Batave et Helvétique, et abandonne au premier consul la libre disposition de la Toscane. Le la février, cette grande nouvelle vint surprendre la ville de Paris, livrée tout entière aux plaisir» du carnaval. La fêle populaire devient tout à coup une fcte héroïque. La population se porte aux Tuileries , et ,

laS VIE

aux cris mille foi* rcpëtiis de i-ïfe Bonaparte , forme dcR dnnsts nuB ses fenêtres, et improvise les jeux de la gloire et de la paix : la musique Diilitnire est l'orcbeslre du peuple; le canna est. tiré jusqu'ùln nuit: les thcâtrcs relcntisseiit de chants de victoire: la villa est soudaincmcot illuminée, et la liaosae considérable des fonds, depuis si infidèle aux intérêts de lu France , signale la marche de l'opinion. Li ftite la plus brillante fut donae'e par le ministre des relations extérieures ; le premier consul y assista , ety reçut l'hommage da tout ce que Paris renfermait de plus disliogue et de plus éicvé dans toutes les classes. Toute» let grandeurs de la monarchie et de la république , vieux seigneurs et nouveaux riches, guerriers, savans, poètes, magistrats, artistes , législateur], tout s'y trouvait réuni , comme uoc députation de l'aDcicnne et de la nouvcUc France, pour honorer, dans la personne du premier consul, le passé, le présent et l'avenir. Le souvenir de cet cnthoalîasme est peut-être perdu ; mais l'hommage renda il l'industrie nationale par l'homme des champs de bataille, devait revivre à jamais dans l'institution du 4 mars. A dater de ce jour , l'exposition des produits manufacturiers et industriels de la France fut décrétée , pour la clôture de l'année re'publicaine, du 17 au aa septembre. Cette création, qui atteste à elle seule la grandeur de cette e'poqne, e'ieva la gloire des arts a la hauteur de celle des armes, à qui elle a surve'cu tout entière; et la scienceulile, laborieuse, modeste, eut aussi ses conquêtes et ses trophées. Le génie de la guerre en repoi vota cet hommage à la paix, et le légua à la patrie.

Le traite de Lunéyine^yait laisse à la merci du premier consul la Toscane , TÈtat de TÉglise et le royaume de Naples. Mais quand on vit le premier magistrat de la re'publique faire de la Toscane la dotation de la fidélité' du roi d'Espagne en faveur de son neveu, le ge'nëral Murât affranchir les e'tats du saînt->père de Toccupation napolitaine, et lui porter des paroles de respect et d^amitié au nom de Bonaparte , et Bonaparte ne conserver Ferdinand sur le trône de Naples que par Knterceasion de Fempercur de Russie , les esprits durent s'e'merveiller comme à Tapparition d'un monde nouveau et d'un spectacle inconnu , que la force et la fortune donnaient à Tunivers. lies hommes clairvoyans jugèrent que le pouvoir , toot spontané qu'il était , reconnaissait des traditions , et que les rois devenaient les modèles nécessaires de ceux qui , n'ayant plus rien à attendre de l'amour ou de la reconnaissance du peuple, ni rien à craindre de son ingratitude ou de sa haine , ai* tuaient mieux être des hommes fameux dans Thistoire , que de grands citoyen dans leur patrie. On dnt prévoir dès lors combien le voisinage du nouveau royaume d'Étruric deviendrait contagieux pour la république Cisalpine, dont la consulta gouvernait à Milan, sous Tinfluence du premier consul, n résultait toutefois de ces trois grandes opérations politiques d'Italie , la cession du duché de Parme à la république de la part de FEspagne , en compensation de l'investiture de la Toscane , la clôture des ports de l'Etrurie et du royaume de Naples aux Anglais et aux Turcs, un concordat prochain entre le pape et Bonaparte ; et enfin , de

i.lo VIE

h ]>:irt de Naplet et de la Toscane , U ceaiiDo ili l'ilc d'Elbe, que l'Angleterre occupait militaire ment. Toutes ces opcraliona ctaicnt sJagulicre [lour les observateurs républLcaios et pour Ica di plomates étrangera. Xia Fcimce et l'Europe , qu contemplaietit avec leiariine étoonement l'iuinimi extraordinaire qui TCtiait de sortir si grand et s infpréva du triomphe de l'aoarcbie et de celui di la coalitiop , n'osaient soulever le voile de l'aveDir. et attendaient en silence.

11 ne restait plus de la coaliLiou eurDpéennc qut la Porte , TAngleterre et le Portugal. Par une de ces singularités qui ontpii donner aux cvcnemeiu de cette e'poque le nom de Siiile et une nuits politiques et militaires , les Turcs e'taient Tenus al secours du pape aprèsavoirétévaincosea Egypte, et Murât, qui les avait battus à la journée d'Aboukyr, venait de les chasser del'ltalie. L'Angleterre régnait sur les mers, et ne savait que faire de sol «mpire , quand les ports de l'Europe lui étaient fermés. Elle était lescul allié du Portugal, ouvert de tous cotes à l'invasion de la France et de l'Espa* gne. Mais ce petit royaume figurait dans le continent comme une colonie britannique , et présentait, avec l'ile d'Elbe, le seul point où Bonaparla pouvait atteindre la puissance anglaise. Il envoi* son fréreLucien à Madrid pour négocier l'invasioB de ce royaume par les troupes espagnoles, et tWt semble à Bordeaux une aimée sous lenomd'armee de Portugal. H fait proposer la pais, à Lisbonne, sous la condition de renoncer il l'alliance de l'Aitgleterre ^ de lui fermer les ports du royaume « d'jr 'r garuitou espagnole , et enfin de céder

DE NAPOLÉON. i3i

a à la republi({ue , sinoa le premier consul anrice la guerre au prince^regent. Ce prince refu-

et préfère de courir^les chances d'une honora-

de'fense. Il met sur pied une arme'e de iS^ooo âmes , et de'clare fièrement la guerre à TEspaî. L'Espagne re'pondit à cette déclaration par i autre , et marcha. Le premier consul donna général Gouyion-Saint-Cyr le commandement

troupes réunies ù Bordeaux, et le passage des renées fut ordonne'. Cependant en peu de jours, me'e espagnole , toute commandée qu'elle était ' Manoel Godoy, ne trouvant de résistance ni is les places ni dans les positions , avait conquis siblement une ou deux provinces , et le gounement de Lisbonne se hâta de conjurer ToraiTant qu'il ne fût grossi des forces de l'armée açaise. Le prince de la Paix , qui avait bien mé- : son surnom par cette campagne , le mérita iblement par le traité qu'il s'empressa de sousre avec le prince-rcgent , sans attendre le contement du puissant'allié qu'il avait daps la perne du premier consul. Sa vanité fut égale à son >érilie politique : il avait fait venir à Badajoz oi et la reine pour assister à son triomphe , et evoir les drapeaux qu'il avait trouvés et non iquis : la politesse fut réciproque, le roi lui en ina deux.'Cette scène ridicule fut bientôt coni de Bonaparte ; et quand M. de Pinto fut ars à Lorient , chargé de faire connaître au gounement français le traité du prince de la Paix, eçut l'ordre de se rembarquer. L'état de guerre

maintenu par la France contre le Portugal ; le icral Saint-Cyr se rendit à Madrid comme plé-

iJî VIE

nipoti^ntÎBire extruordlnairc ; et le général Leclprc, beau-frére du premier consul , fui noraim; au eomomlidement de l'iiriiiée de Portugal , réaniedangla province de Sjlanianijue. I.e pi'incfri-égcnt rasseBilila k la hâte a5,ooo hommes. Il avait clgné lu paix avec l'Espagne le 6 jaîn, il la aiguanveii la Frauce el; FEapagne le 39 septembre 1801. Bd' naporte , qui avait dicte cette paii , se relâcha Je ses premicrcs prétcntious, Ec contenta de l'inlerdiction des ports du Portngal aux navires aiif;U!>, et stipula une augmentation de territoire pour U Guiane française, amsi que Vadmissioa dea coiO' merransdCE deux nations duos le? ports respectlli. en attendant on Iraite Hc commerce.

Il ne restait donc plua à combattre ipie la senle Angleterre, Toute l'Europe avait fléchi devant le gouvernement consulaire. Sonaparte avait le prc nier popularise' la révolution dans les paj^gétraO' gers , et converti par la victoire les ennemis de !■ France, ou plutôt il sentit tien (ju'il était ponr eux la révolution elle-mém'e : et déjà l'idole del^ Prance, où cette erreur était populaire, itérai que le temps était arrivé de révéler le mystère do sa vie militaire et politique. Mais il voulait auparavant forcer l'Angleterre à la paix, et la compter aussi parmi les témoins faTorables de sa puiisance. La ligue du Nord , composée Ile la Busiie, de la Prusse , de la Suède et du Danemark , s'était formée pour e'tablir l'égalité sur les mers , et affranchir la navigation eitropéeilnc de la visite tjrannique des vaisseaux anglais. Cette coalition, dont le principe était juste , manqua par l'exécution , et n'avait eu d'autres résultats que l'occupa-

DE NAPOLÉON. i33

ion du Hanovre par la Prusse , celle de Hambourg par le prince de Hesse ,1e mouyement de trois arnéea russes, et le bombardement de Copenhague par Nelson , qui y renouvela avec un de'plorable (uccés l'audacieuse manœuvre d'Aboukyr. Mais Paul ler^ allie' et ami de Bonaparte ««qui lui avait renvoyé' se» prisonniers armes , e'quipe's , vêtus à aeuf et soldés , avait re'solu d'unir le pavillon russe aa pavillon français pour conque'rir l'afFranchissement des mers. Les forces maritimes de ce prince Qonaistaient en 87 vaisseaux, de ligne et 40 fre'gates. La flotte suédoise e'tait de 18 bâtimens de hautbord et 14 frégates. La France avait 55 vaisseaux le ligne et 43 frégates, et elle pouvait disposer encore de la marine hollandaise , espagnole et portugaise. Jamais plus formidable armement n'eût attaqué par mer la puissance anglaise. Un autre projet contre TAngleterre unissait encore secrètement l'empereur et le premier consul. C'était rinyasion dcFIude par une armée combinée française et russe de 70,000 hommes , qui devait, en Quatre mois, être arrivée sur Tlndus. La ville d'Asterabad, sur la mer Caspienne , en Perse, était le rende^vous général. En concevant cette audacieuse entreprise, Bonaparte regardait TÉgypte , sauvait la .généreuse armée qu'il y avait laissée , conservait à la France cette inappréciable colonie, attachait à la métropole les intérêts unis de l'Afrique et de l'Asie , détrônait la dominatrice des mers, et changeait la face du monde. Une descente, annoncée par d'immenses préparatifs sur les côtes de l'Océan et au seiu de la capitale clle-méme, complétait le système oITensif que le premier

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L'Angleterre avait alors i3o,oao marias. Ses (loties ae camposaient de 780 bâtimens àa guerre , et bloquaient les ports de la France et de sesalliéi. Le premier consul , resté seul contre ce redoutable ennemi , trouva , dans l'énergie de son caractère et dans celle de la nation assez de ressources pour ne passe contenter de résister à l'orage que le goavcrnemeot anglais soulevait contre lui. Tous Its points vu Ine'rabtes des cotes de l'Océan furent be'risse's de batteries formidables et de redoutes, depuis l'emboucbure de la Garonne jusqu'à celle de ï'Escaut.Uae armée défendait toutes ces positieiW les lignes tel^rapbiques furent multipliées de Pans à Boulogne, qui, placée plus hostilement contre l'Angleterre , était le port militaire de l'expéditiiHi projetée. Celte expédition fut confiée au contreamiral Latoucbe-Trévîlle , marin illustre , que 1* France n'a pas remplacé. La persévérance et l'ïotrépidité parvirent à surmonter les obstacles il«

DE NAPOLÉON. i35

fëtroit blocus qui ceignait la France. Les flottilles construites sur les riyiéres arrivèrent successivement sous la protection de nos batteries , au rendes-yous général de Boulogne. Plusieurs actions entre nos chaloupes canonnières et les croisières •Dglaîses donnèrent de la valeur à cette guerre nouvelle , et fixèrent plus particulièrement l'attention da cabinet britannique.

U y -avait dix-huit mois que Bonaparte avait quitte rËgypte; les e'vénemens importans qui s'e'taient passés depuis cette époque ne lui avaient pas permis de remplir les promesses qu'il avait faites à son départ. L'armée expéditionnaire était malheureuse sous Menou , qui avait succédé à Kléber , et elle commençait à désespérer tout-à-fait d'elle et de la France. Instruit qu'une 'flotte anglaise, sous les ordres de sir Ralph Abercromb3r,se rassemble aux lies Baléares, pour coopérer avec une nouvelle armée turque à la délivrance de l'Egypte , le prcnier consul conçoit le hardi projet de prévenir cette expédition formidable, et d'envoyer une fionyelle armée à la défense du Nil. Le mystère le plus impénétrable voila le projet et l'exécution. £Ue fut confiée ou contre-amiral Ganthcaume, qui avait ramenée d'Egypte le premier consul. Il fit toile de Brest avec 7 vaisseaux de haut-bord et deux frégates , sur lesquels 5,ooo hommes étaient embarqués aux ordres du général Sahuguet. Ces vaisseaux eurent ordre de marcher séparément et de rallier au cap de Gates afin de tromper la vigilance anglaise déjà éveillée par la tentative d'une première sortie. Heureusement un violent orage dThiyer éloigna robtérration ennemie , et l'expédi-

lion en profita. £Ue fut bientôt signalée. Mais Tamira] Harwey , qui ne put croire qae les Françaii osassent tenter la navigation de la Me'diterranée et le passage de Gibraltar , envoya une division à kor poursuite dans l'Ouest , sur la route de Saint-Domingue et de la Jamaïque. Cependant Gantheaome faisait force' de voiles vers le Midi , et sir Warren, qui commandait la station de Gibraltar , fut tellement surpris de son apparition qu'il ne put sTopposcr à son passage. Mais par cela seul , la destinatioa de Gantheaumc e'tait connue. Cet amiral , averti que la flotte de la Manche se mettait à sa pioarsoite, rentra à Toulon après avoir enlevé' une fre'gate. Une flottille sortie de Rochefortponr seconder son opération avait e'tc moins heureuse ; elle fut attaquée) perdit sou commandant , et la tempête la dispens. Le premier consul , à qui la fortune était aiuii contraire sur mer qu'elle lui e'tait favorable sur terre, voulut la combattre encore; et Gantheaume, tout bloque' qu'il e'tait à Toulon par sir Warren, reçut ordre de faire voile sur l'Egypte , et d'y débarquer les 5,000 hommes. Mais quelque heureuse que fût sa sortie , la contagion qui se mit à bord le força de renvoyer 3 vaisseaux , et arrivé enfin avec le reste à la vue des côtes de l'Egypte , au moment d'y eifectuer le débarquement , il fut attaque' tout à coup , et eut le bonheur, en acceptant le combat, d'e'chapper à la flotte de lord Keith , forte de ^o voiles , et à Tescadre de sir Warren. Il fit glorieasement sa rentrée à Toulon , après avoir capture devant ce port un vaisseau et une corvette. JBonSf | parte , dont rien ne pouvait ébranler la résolution quand elle était prise ^ et qui donnait à la conser-

yation de TÉgypte tout Tintërét de sa haine pour TAngleterre et toute l'actWite' que lui laissait la paix continentale, de'cida une nouvelle expe'dition, soosles ordres du contre-amiral Linois. Ce gênerai reçut l'ordre de sortir de Toulon ayec trois yaisseaux et une fre'gate , et d'aller joindre à Cadix la flotte espagnole , pour se porter de suite avec elle surrËgjpte. L'escadre alliée était de 6 vaisseaux de ligne,6autrcs partis du.Ferrol s'y e'taient re'unis. Le contre-amiral Linois sortit facilement de Toulon ; mais poursuivi par 6 vaisseaux de ligne anglais, il fit oblige' de se jeter dans la baie d'Algësiras , et présenta noblement le combat. Soutenu par les batteries de la côte , il força un vaisseau à amener pavillon , et un autre à se retirer. Ce combat d'Algësiras eut lieu le 5 juillet 1801 , et fut glorieux pour la marine française. L'amiral anglais dut se retirer pour re'parer ses pertes. Les lenteurs de l'amiral espagnol enlevèrent à là France le résultat de cet avantage , en perdant l'occasion de naviguer de suite librement vers l'Egypte , et d'y porter le secours depuis si long-temps attendu. L'amiral anglais fut bientôt réparé, et remit en mer avec de noayelles forces. L'amiral espagnol ne sortit de Cadix que le 8 , n'arriva que le 9 devant Algésiras , et n'en partit que le la : il était suivi par la flotte anglaise, qui l'attaqua brusquement pendant la nuit : deux vaisseaux espagnols se croyant ennemis 8'abordèrent,et furent brûlés. Un troisième fut pris par les Anglais. Un quatrième , le Formidable , se débarrassa victorieusement de plusieurs vaisseaux qui l'attaquèrent , et put rentrer à Cadix. Ce vaisseau, qui méritait son nom, était commandé car

i38 VIE

le brave capitaine Troudc , français » dcpait codtre-amiral. Ainsi , tous les cfibrts da premier eonsul poar sauver TÉgypte furent inutiles et dài^ treux. Six semaines après , l'Egypte fut e'vaeaée , et 20,000 Françab , restes de l'arme'e de 4<),ooo hommes, revirent leur patrie sur des na?iiei étrangers.

Cependant Nelson reçut ordre d'aller brûler b flottille de Boulogne. Le 4 août, il se présenta avee 3o vaisseaux et un grand nombre de brûlots, de bombardes et de canonnières. Mais il trouva le ge'* ne'ral Latouche qui l'attendait en avant de la rade avec des forces à peu près e'gales. L'action fut engagée. La flottille et les batteries de la côte foreè* rcnt bientôt Nelson à se retirer à Deal et à Margite. Toutefois les i5 et i6 août il reparut à la tête de 70 voiles , et , toujours fidèle à sa manoeuvre d'Aboukyr, il voulut tenter de de'truire d'un senl coup toute l'arme'e navale qui restait à la France. l\Iais maigre' Tobscurité de la nuit , et l'habileté' de SCS mouvemens, Nelson, qui avait ordonne' Tabordage et qui croyait surprendre le port et laflotte, fut obligé de rallier à la pointe du jour, après avoir ]>erdu aoo hommes. La flottille française ne perdit que 7 hommes tue's, et n'eut que 3o blesse's. Gelé' ger avantage e'tait une ve'ritable victoire. L'Angleterre et la France le jugèrent ainsi , Tune , en raison de l'impc'tuosite' de l'attaque et des forces navales de Nelson ; l'autre , en raison de la résistance de sa flotte et de l'importance de sa conservation ; Nelson fut blâme' et moque' à Londres. Ses souvenirs d'Egypte ne lui furent pas favorables dans cette circonstance ; car , indépendamment de la répeti-

i*il arait voalu faire encore de la manœuvre ikjr, il eut la maladresse de dire de nos chacanonnières , ce que les Mamelucka avaient DOS fantassins , qu'elles e'tait liées ensemble 58 chaînes. Une guerre de plume des plus me'es continua les eombats de la France et igleterre 9 et proclamée chaque jour dans *naux des deux pays, elle dérobait à l'Europe ^aux secrets d'uue négociation active et siise.

nilien de tous ces monvemens de guerre et

audacieuses entreprises de la politique ar- > premier consul, presse d'accomplir le grand

de la régénération qu*il a coiiçue pour la ï , et de lui ouvrir , ainsi qu'à luinnéme 9 ute nouvelle entre la monarchie et la répu- , venait de surprendre la France et l'Europe

concordat avec la cour de Rome. La con« I d' Mi Bonaparte parut brusque ; toutefois, lit plus sincère qu'on ne le crut alors. Il préainsi par le rappel de la noblesse ecclésiastiu rétablissement d'une autre exception so- [j'antel préparait le trône , et réconciliait le ur magistrat de la république^ avec les rois urope. Ce traité était de la plus profonde ne pour l'accomplissement de ses desseins :

était audacieux , en raison de Fopinion de Dce; car, par ce traité, le pape recouvrait t beau fleuron de la tiare pontificale , et le

abjurait la révolution. Cependant, comme tique française , plus que la religion romai- 'ait inspiré Bonaparte , et que la volonté de nr également les deux législations l'a.^^vl

i4o VIE

porte à traiter ce concordat , les libertcft di glise gallicane y furent maintenues dans tonte vigueur, et le prcioaier consul ne yit qa'on ail plus dans le chef qu'il rendait à Teglise de Fi subitement rcssuscite'e. Ce traité lui attacha à coup une grande partie des familles irrëcon blés de la monarchie , lui donna une antorite' Telle sur les citoyens , et inspira à la politiqa térieure la confiance et la stabilité que la néo et la loi du vainqueur n'avaient pu lui impri Il fut conclu à Paris le i5 juillet , et le 8 avri vant , le concordat devint loi de Tétat. Tout pérait , Tindustrie , la puissance , la politique a4 août , la paix fut signée entre la France Bavière. Le ag septembre , le traité de Mac conclu par Lucien Bonaparte , réconcilia Pai Lbbonne. Enfin, le mois d'octobre compléta > année de bonheur et de gloire , par le grand nement qui manquait à la fortune de Bonapi la paix d'Angleterre , celle que la république vait jamais pu conquérir malgré ses triomphe qui, à elle seule, légitimait l'élévation actuel future du premier consul : elle fut conveo Londres, le i<r de ce mois , par la signature préliminaires , et fut enfin conclue à Amien 25 mars de l'année suivante. Elle était comn à la Grande-Bretagne , à l'Espagne et à la r blique batave. La France y vit un traité, l'A] terre n'y voyait qu'une trêve. La paix avec la sie fut signée à Paris le 8 octobre , et le 9 av Porte ottomane.

L'année 1801 donna donc le repos au mond< le nom de Bonaparte retentit dans toutes le

DE NAPOLÉON. i4i

de l'Europe aux fêtes de la paix : mais la syait aussi avoir sa conquête. Le système *e qui avait rendu le vainqueur de Lodi »u de la re'publique Cisalpine , prit tout à 1 caractère qui fixa les regards de l'Europe. sulta de Milaa reçut ordre de se rendre à Ce'tait une- singulière nouveauté' d'appeler ^ernement étranger à venir discuter ses proite'rêts dans une ville d^un état voisin. Ce'isi fournir non un pre' texte , mais une raison ture aux grandes puissances avec lesquelles lait de contracter. Le premier consul , déjà , avait franchi cette importante considérat sembla Tavoir traitée comme il traitait un e dans la guerre : et en effet, si la guerre pour lui que le moyen de la puissance , la i devait être pour .lui que la puissance elle- La consulta obéit , se rendit à Lyon , s'as- , et pria son fondateur de venir faire l'ou- Q de ses séances. Ce vœu 9 qui n'était pas du premier consul , fut suiyi d'un autre , avait également connaissance. Tous deux exaucés, et le premier consul, arrivé h Lyon janvier i8oa , accepta le titre de président épublique italienne , en vertu de la constidont il était Tauteur, et qui eut l'air d'avoir cutée pour la rendre plus respectable. Ceit, malgré cette véritable usurpation sur les ;s reconnus de l'Europe, l'homme du pouvoir t devait être encore pour la France l'homme évolution. Le décret du 4 mars suivant, en aant la confection d'un tableau général des s et de l'état des sciences , des lettres et des

aria, depuii 1789 jusqu'au i" Tctidcmlaire an to [33 septembre iSoi), eUiL un hommage reoduàh cdusc Iriompliaiilc de la liberté. Cette lïberle, toutefois, au lieu d'Ëlrc la base de la puissance, n'en était plus devenue que le moyeu , comme li religion ; et au lieu d'être la loi suprême, cUcaviil dégénéré elle-même en simple concordat. EoGfl, le aS mars i8oa , malgré iï scène jouée à Lyon entre le premier consul et la coniuUa cisalpine , Il paix d'Amiens fut proclamée, et matheureusement lu France avait recouvré »ea colonîea.

Le mois de novembre 1801 avait vu partir is Brest et de Rocbefort une flotte immense froBcaiw et espagnole, qui portait à Saint-Domingue un' partie de l'armée du Rhin ,9ousloa ordres dugéo»rai Lederc, beau-frérc du premier consul. Ltf malheurs de cette expédition sont trop connu) pour les retracer ici, etiU ne sont pi ua réparable!. La maladie consuma en peu de mois cette armée qui avait vaincu tant de fois sous Morcnu , et le climat dévora également deux autres corps de troupes qui furent successivement envoyés pour les remplacer. Soixante milie blancs moururent^ Siiint-Domingne ; presque tout l'état-major il l'armée y périt. Toutes les expéditions lointaine de Bonaparle ont été frappées de la même futalité; l'Egypte, Saint-Domingue et Moscow, sont s jamais de déplorables monumens de toa bîatolre et dt' la valeur française. Apres une des plus belles, di:s plus actives et des plus périlleuses campagnel qui honorent le drapeau national, apréi la plu* béroique défense qui ait illustré le chef d'une arméi et d'une des plus vaste» possessions de la msr, ta

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>lonie de Saint-Domingue vit mourir toute Tarmee t son général ; elle vit la liberté des noirs , yotée ar l'assemblée constituante de la France , reprenre l'empire, que le drapeau républicain était snu lui enlever. Un homme , un esdaye , s'était lasi proclamé dans cette Ile malheureuse l'héritier e sa révolution 9 et y dominait sa première liberté. et homme, à l'âgé de 4^ ans, conducteur d'ani^ laox dans l'habitation fireda , était parvenu à pprendre à lire , et avait nommé Raynal son probete. Toussaint-Louverture , impénétrable et lenci^iL comme les abimes de la terre , prudent t yinAcatif comme le serpent , violent et rapide omme la foudre , jaloux comme un conquérant et >ople comme utf esclave, avait conquis la renomlee du nouveau monde. Habilement économe de i civilisation , dont il voulait garder le secret et empire, il avait divisé tout son peuple en soldats t en cultivateurs , et avait conçu la profonde penée d'être lia seule exception à l'égalité établie. Ce jrstéme lui avait réussi , et la race blanche avait ossi reconnu son empire. Il gouvernait et il admikistrait à lui seul. Trente millions de produits co- Dnianx , emmagasinés à l'arrivée de l'expédition 9 •t autant en récolte , attestaient la supériorité de et homme vraiment extraordinaire; mais ilagis« ait toujours au nom de la liberté africaine , affecait extérieurement le rôle de Washington , et ne fûssait point soupçonner qu'au dessous de lui l'é- ;alité dût jamais souffrir la moindre atteinte. ^ossi, il n'était pas à lui seul toute la patrie; et [uand il fut arrêté et conduit en France , l'iniépendance de la race africaine ne fut pas perdue.

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Le silence d*une vaste conspiration < projets et -la vengeance des noirs. De U da barbare Dessalines et celai de Todi tophe , tyrans et boarreaax de leur csp Felévation de Pe'thion , protecteur de et fondateur véritable du nouvel e'tat , < sident Bojrer vient de placer dans la hiëi sociétés politiques du monde. La Fran verte de deuil 9 et vit avec une profonc revenir isolément dans son sein les échappés au climat destructeur qui av( trois de ses armées. 1^ reprise des hos l'Angleterre avait terminé l'existence de la France à Saint-Domingue. .

Mais l'ivresse de la pacification gé:

étourdissait la nation sur les malhcun colonie , l'aveugla sur la perte de ses p.

téréts, que la révolution avait consacr bunatf dernier et seul asile des libertés gardien des principes éternels de la sages devint tout-ù*coup l'objet d'une proscr dividuclle , et le nom d'élimination fut mesure arbitraire et violente, qui fit tribunat les citoyens les plus honorés p< trioiisme et leur talent : plusieurs d'entr lient encore aujourd'hui sur lesbancsidc ture, leur première proscription. La libe tes était déjà devenue du courage dans ot blée qui était essentiellement délibéra:

nom de la gloire dont la France était si enorgueillie , le pouvoir envahissait ch tout le terrain que perdait la liberté. L une grande solennité religieuse , ordoni

sidéeparlc premier consul , célébra à Notre-Dame et la paix d'Amiens , et le rétablissement du culte catholique : il y avait déjà loin de cette cérémonie à celle qui avait honoré au temple de Mars la cendre de Washington et les drapeaux d'Ahoukyr. Le gmai suivant , un sénatus-consulte organique prorogea de dix autres années le consulat , dans la personne de fionaparte. Cette singulière modification à la constitution fut signalée par trois lois , toutes nouvelles dans le code des libertés françaises. L'une fut la loi d'amnistie qui réconcilia alors rémigration , non avec la révolution , mais avec Bonaparte ; une autre institua la légiond'honneur , qui récompensait tous les services militaires ou civils rendus à la patrie. Ces deux lois terminèrent 9 par Tunion des intérêts do la monarchie et de la république , la préparation de la grande époque , qui devait confondre ces intérêts dans la personne d'un seul homme. Mais quand l'institution de la Icgion-d'honneur fut discutée dans le tribunat , les dénominations de Royauté consulaire et et Ordre de chevalerie y furent prononcées 9 et l'égalité fut déclarée en danger par plusieurs de ses membres. La liberté pouvait aussi être déclarée en péril par la troisième loi (ao mai) qui maintenait l'esclavage dans les colonies rendues k la France par le traité d'Amiens. Enfin , une question fut tout à coup soumise au peuple. Napoléon Bonaparte sera-t-il consul à vie ? Le

voeu de la nation fut publié par le sénatus-consulte du a août , et le message du sénat fut présenté au premier consul, par le citoyen Barthélémy ,8on président. Il y fut établi que 3,577, ^^^

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ciltiycns avaient voté librement , dont 3,368,ï5;) puiirr:iQlriiiatiTe. Cest une des élection» lesplin remarquables de l'Iiisloirc. Ce se'nalua-consullc fut 1 gaiement appelé organi^joe s de fait il l'était , rar iJ produisit doux, jours apréi celui qui dénilura la coDSlitution , et qui par cela seul, était liii-ménic une nouvelle constitution. En eBel, divers degré* d'éteclion fui'cnt institués, et T^ lubliKiiemeDt desséries de 5 ans pour le corpt-lér J ^i.siïtir, détruisit le principe annuel du droll ' tlccloral. Le conseil d'état' fut reconnu comme ao* | toriléconstitucc. Lesmembres dutribunat furent TL'duils de cent à ciuqoanlc.

Les liljertes citerieures ne furent pas plat à i"»lir! du pouvoir du premier consul que nos liberté* intérieures. Le a6 août, l'île d'Elbe fut rennie an Icrritoii'e français : te 1 1 septembre, le Piémont ^ fut également incorporé. Le 9 octobre , les états de Parme furent occupés par les troupes françaÏBeS' T.c ai , la Suisse était cnvabie , et , au mois de fé* vricri8o3, une armée de 3o,ooo Français j Mateii^iit l'acte fédéral qui lui avait été imposa. Ce fut à celte époque que l'ut publiée la lettre suivante s Je ne confonds point M. Bonaparte afte ceux i/'ii t'ont pFècédè. J'eslime sa valeur, tet talent militaires. Je lui sais gré de quelifues actes d'admitiistmtîon ; „ ,. mais il se trompe s^ il croit m'ew' S'iger à renoncer ù mes di-oils : loin de ta , U let | 4!liililirait lui-mèiBc , s'ils pouvaient être titigieur, |

par les démarches qu'il fait en ce moment La i

Louisiane, qui avait été abandonnée à rEspagne par la France , à la paix honteuse de t;63 , avait été rétrocédée à la France par le traite secret de

Saint-Ildefonse , du 1er octobre 1801. Mais le 3o avril 1802, elle fut vendue aux États-XJnis pour Ja somme de i5 millions de dollars. Cette opération eut surtout pour objet d'augmenter la prépondérance du congrès sur la puissance anglaise en Amérique , et semble avoir servi de texte à la cession récente des Florides de la part de l'Es. pagne au même gouvernement. D'ailleurs , la conservation de la Louisiane était onéreuse pour la France, dépouillée de Saint-Domingue; et la cession de cette province lointaine à un ennemi irréconciliable de l'Angleterre , servait doublement les intérêts de la république.

Cependant l'Angleterre voyait une infraction au traité d'Amiens dans l'incorporation et l'occupation du Piémont , de i'ile d'£lbe et des états dé Parme 9 et dans la médiation armée du gouvernement français en Helvétie. Elle fut effrayée de la puissance que la paix donnait au premier consul, et résolut de troubler l'établissement d'une élévation que le dernier sénatus-consulte annonçait à l'Europe. La connaissance que le cabinet de Saint- James avait acquise du caractère de Bonaparte ne lui laissa aucun doute sur le résultat des propositions que son ambassadeur à Paris fut chargé de faire au premier consul. Lord Withworth demanda impérieusement, par un ultimatum , la possession pendant dix ans de I'ile de Malthe , qui avait été déclarée indépendante par le traite d'Amiens , ainsi que l'évacuation de la Hollande par la France. Ces propositions furent rejetées. It'ambassadeur quitta Paris le i3 mai , et le as, l'Angleterre reprit les armes qu'elle ne devait

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plus déposer qu'après la ruine de son enDcmi. Cependant elle devait savoir qu'en rouvrant ï Bonaparte la carrière des combats, elle aUaitk replacer sur son the'âtre favori , et le^timer , pai les dangers de la France , tous les moyens d< Tasseryir. Aussi , huit jours après l'armëe fran çaise avait conquis l'e'lectorat de Hanovre , etfai prisonnière Tarmée anglaise commandée par !< duc de Cambridge. A cette époque commencé rent ces me'morables travaux de la défense de côtes de la France , de la Belgique , de la Hollandi et des canaux qui devaient unir le Rhin , la Meas et l'Escaut. Bonaparte y fit deux voyages dans I courant de cette année , et il rendit plus redoa tables aux Anglais ses projets de descente par le travaux des ports de Boulogne, de Calais, d^Étapies , d' Amble tcu se , et par la construction de innombrables bàtimens qui devaient transporte une armée française sur le territoire britaniquc L'amiral Bruix commandait alors l'armée naval de l'Océan.

A la même époque se tramait une grande coBi piration , dont le but était renlévement on Fai sassinat du premier consul. La police suivit ave une adresse infatigable ce nouveau complot, ( parvint à en découvrir les auteurs. Le pid)li apprit cette conspiration par les arrestations soi cessives du général Morcau le iS février , du géw rai Picbcgru le a8 ^ et de Georges Cadoudal, '. 9 mars. La complicité du vainqueur de Hohenlii den ayec un chef de Chouans fut rejete'e cornu une calonmie, et qualifiée assez hautement c vengeance du premier consul. La gloire militaire <

Moreau , oubliée et peut-^tre éclipsée déjà par celle de Bonaparte, reparut tout à coup pour sa défense, et Paris fut partagé par deux factions dès longtemps rivales , celle de Tarmée d'Italie , qui était pour la nouvelle constitution, et celle de Tarmée^du Rhin, qui était pour Tancienne. Moreau se trouva , sans le savoir, devenu le chef d'uu parti puissant. Use défendit avec calme devant les juges. La conspiratiop était véritable pour le renversement de Bonaparte et du consulat ; mais le public ne s'était point trompé : il n*y avait pas de complicité entre Georges et Moreau. La part que Moreau avait dans le complot était nulle pour Texécution , et en première ligne pour le résultat ; car il devait remplacer au commandement militaire Bonaparte y mort ou prisonnier. Au commencement de ce procè&qui occupait la France et l'Europe , un événement, qui parut ne pas lui être étranger , en détourna tout à coup l'attention , et frappa tous les esprits d'une étrange stupeur. Les royalistes s'étaient faits , avec affectation , les courtisans de Bonaparte : l'émigration rappelée entourait d'une reconnaissance assir due celui qui lui avait rouvert les portes de la France. IJ">« Bonaparte retrouvait dans la société des émigrés et des nobles , tous les souvenirs et toutes les habitudes de sa vie ; et le premier consul prenait lui même plaisir, disait-on , à se retrouver au milieu des siens. Cette faiblesse a puissamment influé sur sa vie. On verra Napoléon , dans le cours de son règne , faire une guerre constante au faubourg Saint-Germain , non pour le persécuter , mais pour en faire la conquête. A cette dernière époque du consulat ^ comme à toutes celles de

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l'empire , la noblesse acceptait en masse la faveur du maître , et ne la refusait qu'en de'tail. Importunes de ce nouveau peuple qui était venu de rétnnger se placer entre Bonaparte et la révohition, les rc'publicains dësespc'raient plus que jamais do salut de la liberté' ; déjà suspects et divises , ils étaient re'duits à ensevelir dans leurs retraites les souvenirs et les pe'nates de la patrie. L'armée , qui avait créé ce pouvoir nouveau et déjà sans bornes, 8*ctait mise à la place de la nation , et Toyait toute la patrie dans son chef. Tout à coup, le bruit se répand que le général Dumouriez , étdbli sur les bords du Rhin , a des intelligences dans rintérienr, et s'est rendu. plusieurs fois à Strasbourg. La conspiration et Farrestation de Pichegru, de Moreaaet de Georges , se lièrent naturellement à ce soupçon , qui prit bientôt , par des rappoits de police et de gendarmerie , toute l'importance d'un plan de contre-révolution. Alors tout le gouvernement put croire à un grand péril , qui fut exagéré au premier consul. La crainte devint commune à tous ceux qui dominaient, et des conseillers perfides et puissans proposèrent tout à coup un lien terrible entre les intérêts révolutionnaires et les intérêts nouveaux. Ce n'était déjà plus Dumouriez que Ton redoutait : le prétendu danger avait un caractère plus fatal. Enfin, le coup d'état fut résolu , et le dernier rejeton de la maison de Condé , saisi contre le droit des gens , dans un état allemand , fut amené à Vincennes, juge', condamné, exécuté dans les vingt-quatre heures. Cet audacieux attentat plongea le parti royaliste dans la consternation. Toutefois, ce parti vint se presser bientôt auprès

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du trône» que ce meurtre avait pre'pare', et ]iii sacrifia aussi ce funeste souvenir. Mais le pouvoir devait amnistier encore pendant dix ans le maître, les patriotes , les royalistes et toute l'Europe , excepte' l'Angleterre. Dans les éve'nemens , où le respect de la morale universelle peut servir à sa politique 9 aucune puissance n'est aussi consciencieuse que l'Angleterre. Bonaparte seul le fut autant qu'elle. Le souvenir de Vincenncs l'a constamment poursuivi. U jugea depuis ses conseillers , et la mort du duc d'£nghien fut toujours entre eux et luL Cependant , l'intérêt pour le général Moreau augmentait chaque jour, et s'accrut encore de l'impression profonde que la fin tragique du duc d'Engbien avait produite dans la capitale. Le public , à qui l'avilissement de ses grandes renommées et le sacrifice de sa longue admiration sont également insupportables , soutenait une sorte de guerre contre le cabinet de Saint-Cloud. Cette constante opposition , qui avait facilement gagné les soldats , témoins intéresse's à l'honneur d'un grand capitaine , enleva au premier consul le plaisir 'de faire grâce de la vie au général Moreau. Le tribunal n'osa prononcer la sentence de imort , et le condamna à une détention de deux années , que Fouehé fit politiquement convertir en exil. Georges Cadoodal fut condamné à mort et exécuté. Ce jugement fut rendu le lo juin. Le 6 avril , Pichcgru avait été trouvé étranglé avec sa cravate dans la prison. On accusa alors de cette exécution ]a police de Bonaparte , et par conséquent Bonapaiie luimême ; mais ce crime ne pouvait lui être d'aucune utilité' : Picbegru était condamné par huit années

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de félonie et de complots avec les ennemis de b république. Aucun tribunal ne pouvait Tabscadre; aucune voix n*eût ose s'élever ponr le défendre. Dans rintérét de la rivalité ou de la puissance, c'était Morcau qui était la victime nécessaire. Mail il appartenait à l'avenir de le prouver. Moreac échappa alors à la peine capitale. Bonaparte a e'h satisfait depuis , en le voyant tomber sons le ca non de sa garde, dans les rangs des ennemis deL France. La fortune s'était réservé de venger Bon» parte , avant de le frapper lui-même.

Délivré de tous ses ennemis extérieurs et inté rieurs , lié à la république par la législation , à h monarchie par la loi d'amnistie , à l'Europe pti des traités , maître de la France par sa gloire e< par son génie , Bonaparte ne se contente plus (Ta être le premier soldat , le premier citoyen , V premier magistrat. L'anarchie est détruite , la ré Yolution est terminée , la France est grande, heiF reuse , florissante ; elle est respectée de toute TEff rope, et n'a d'autre ennemi que l'Angleterre. UiK autre cre va s'ouvrir. Une autre constitution ti régir la patrie. Un nouveau ((l'oit public va s'ét» blir entre l'Europe et la France : Paris va être louti la France , et Napoléon toute la patrie. Ici finitli liberté du peuple français , et commence r£KPiu Ici unit BoHAPARTE, et commence Napoléov.

DE INAPOLÉON ,

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