‹ Vie de NapoléonChapitre 8 sur 10 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

JS APOLÉON , empereur des Français , roi d'Italie, protecteur de la confe'de'ration da Rhin, me'diateur de la confédération suisse, souverain de rile d'Elbe , mort captif à Saint-Hélène.

JNiPOLiov vivait quand nous écrivions l'article JBoHAPAKTE. A présent Bonaparte aussi est mort, et il est mort dts misères de Saint^Hélène I Nous avons assez honoré ce grand homme , tout vivant qu'il était encore en 182t., pour le placer déjà devax&t la postérité. Noua avons nous-mêmes osé nous asseoir à ce tribunal sans appel; nous avons osé tenter d*être justes envers le plus grand citoyen des républiques modernes. Il nous convient de l'être aussi envers le souverain le plus puissant des étals monarchiques depuis Charleniagne , et le plus infortuné depuis Oarius et Louis XVI.

. Placés entre le trône et le cercueU de Napoléon,

entre le mois de mai i8d4 ^^ '^ moii entre le palais impérial <le la Seioe et IiOQ^ood , nous alloni parcoarir , ai gieaie' fidélité', la plus grande e'poque depuis la réformat ion.

Nous avons vu Bonaparte le proclai de la révolution française , nous allon «e proclamant l'hériter de la mon:

auasi quand it tombera , ce sei'a à soi TolutioD française qui voudra réclamt l'Europe l'héritage de la domination ÀTBnt Bonaparte , cette révolution et moîn* ambitieuse. C'est aussi à cette chaque jour se débat suiu noa yeux, < de Napoléon devra sa suprématie sur qui ont suivi la ruine de l'Empire r< elle qui rend ai importante , si grave , Mble, l'étude de cette course de dix nous allons retracer. Pendant ce temp de toute TEurope fut coofondue avec poléon : l'Europe est restée violemmf de la chute de «on dominateur, et les politiques qui soulèvent les deux mon lent k la pensée ces jeux funèbres de!

Scythe», Grec« , Gaulois et Romains, à mort autour du bi\cher des guerriers hommes et des empereurs.

La cendre d'un homme serait-elle lourde pour qtie la société tout entièi diir ious *on poidsT ou bien la sociét tellement étourdie par l'absence du joi glait, qu'elle se croie obligée de recoi les extrémités d'une régénération ?

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larëe depuis quelque temps , par les courde Tepoque consulaire , de'siree par les an»>

encore inquiets de Tépoque constitution*

pre'vue par tous les re'publicains à la jour* ; Saint-Cloud , au vote pour le consulat à vie

signature du concordat, Te'poque impériale nonce'e le 3o avril 1804 par la motion du ci-

Curèe , membre du tribunat. Une volonté iére de Napole'on faisait sortir le premier i Tempire, de la dernière enceinte où fut *. réfugiée Tombre de la liberté' française. La sition de nommer Empbb^ur le premier co/ide fixer Vhéréditè dans sa famille était adi Tunanimité sans l'opposition du citoyen t. On ne peut s*empécher de remarquer , que

qui vote dans le tribunat contre V empire , même qui doit contribuer puissamment à le citer dans les cent jours , qui en sera un des res et un des exécuteurs testamentaires , et \ même homme vient de payer, par sa mort 'exil , ce premier et ce dernier effort pour rté et pour l'indépendance de sa patrie.

1er mai , le même vœu avait été proclamé corps-législatif , et le 18 un sénatus-consulte, t nommé organique, consacre le vote du lat et du corps-législatif. Le même acte comit dans la ligne de l'hérédité Joseph et Louis, le l'empereur ; créait l'un, grand-électeur^ • connétable ; nommait le général Murât -amiral; le second consul archi-chancelier, sicme archi^trésorier de l'empire ; Eugène

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Dcauliaroais, archi-chancelier d*état^ et M. de Tallcyrand Pèrigord, uicc-grand-^lecteur.

Les collèges électoraux, les grandes dignità, la bautc-cour complètent cette première opération du se'nat , qui vient de proclamer une quatrièmê djrnastie/rançaise. Le sénat se rend en de'putation à Saint-Cloud , sous la présidence de Cambace'rès , charge de porter son voeu à Napoléon. Le 19, les grandes charges civiles, de gouverneur du palais , de grand ccuyer, de g^and-T^ ncur, de grand-mai échal, de grand-aumônier, de grand-maitre des cérémonies, de grand-chambellan sont instituées. Le même jour la dignité de nuréchal de l'empire est conférée aux dix-huit généraux les, plus célèbres de l'armée : ce sont, Alexandre Berthier , Murât, Moncey, JourdaD) Masséna , Aggereau , Bernadotte , Soùlt , Brune, Lannes , Mortier , Ney , Davoust , Besstères , Kel- Icrmann , Lefcbvre , Pérignon et Serrurier. De ces premiers maréchaux , seize vivaient encore à la chute de l'empire. Deux seulement, La unes, et Bcssières , avaient eu la fin des braves. Depuis i8i5, quatre d'entre eux, Berthier, Murât, Nej et Brune, ont péri de mort violente, signalée par une affreuse variété. Masséna, Augereau, Lefebvre , KcUermann, Pérignon , Serrurier et Davouit ont eu des funérailles dans leur partie. Bernadotte est roi en Suède.

Le 27 mai, le sénat prête serment à l'emperear) et le vœu des 108 départcmens de la France arrive bientôt au pied du trône. Le clergé qui, seul avec les républicains , a deviné l'époque qui vient de s'ouvrir , salue le nouvel empereur de tous les

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titres que les livres saints peayent foarnir à sa pe'. dantesque adulation. Il appelle Napoléon le nouveau CjTus , le nouveau Moïse appelé des déserts de l'ɧjpte, le nouvel Auguste ^ le nouveau Ma" taihias envoyé par le Seigneur , le pieux Onitu , le nouveau Josaphat , etc. L*e'glise devait cette reconnaissance à l'auteur du concordat de 1803. I«es affaires avec la cour de Rome donnèrent , depuis le concordat , beaucoup d*embarras à Napole'on ; c'est ce qui lui fit dire au célèbre Fox : J'aurais eu moins de peine à établir la coti/es^ sion d'Augshourg, Ceci , toutefois , est douteux ; mais ce qui ne l'est pas , c'est que le rétablissement du culte catholique , de concert avec la cour de Rome, contribua et devait contribuer puissamment à rétablissement du pouvoir de Napoléon en France, et à la réconciliation delà France avec TEurope catholique. L'influence de la hiérarchie des pouvoirs spirituels n'était pas un moyen à négliger pour un homme qui , sous le nom du pape, dont il voulait faire un vassal , se faisait réellement le grand pontife de la France.

Un grand acte de clémence signala les premiers jours de l'empire. Parmi les 47 complices de Georges Cadoudal , 19 avaient été condamnés à mort. De ce nombre étaient , Armand de Polignac , le marquis de Rivière , Bouvet de l'Hozier , la Jollais, Rochelle , Gailliard^ Roussillon et Charles d^Hozier, L'impératrice Joséphine joignit ses larmes à celles de madame de Polignac. « Je puis pardonner à votre mari , dit Napoléon , car c'est à mui vie qu'on en voulait, n Et la grâce d'Armand de polignac fut prononcée. Madame Murât se

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chargea de celle du marquis de Riyiére et l'obtiDt. De ces trois bienfaiteurs, la reine CarolÎDe survit seule , détrônée dans l'exil ! Les autres condamnés furent également graciés. Ainsi , 8 conjuréi sont enlcrés à réchafaud. Ces commencemcns sont heureux ; la France , l'Europe applaudissent à ce grand acte d'une véritable générosité. Ces condamnés sont tous amnistiés par Napol<:on , Napoléon le sera-t-il par chacun d'eux 7 Mais , malgré cette preuve authentique de la force et de la puis* sance, Napoléon croit avoir besoin d'assurer la tranquillité intérieure, et son élévation récente, par le rappel d'une institution révolutionnaire, connue sous le nom de ministère de la police générale. Par une sagacité qui appartenait à cette époque du passage de la république àTempirc, il don* ne le porte-feuille de ce ministère à un faux républicain qui a servi le despotisme de la terreur. Cet homme sera pour toute la France l'homme de la liberté , et pour Napoléon seul l'homme du pouvoir. Fouché de Nantes, qu'il faut à jamais appeler Fouchc de Lyon , va aussi régner sur la France, en mettant en surveillance la vie privée et la vie publique , les opinions et les écrits ; mais Fouché ne sera pas toujours dans le secret de Napoléon, ni malheureusement Napoléon dans celui de Fouché. Toutefois l'empereur , qui seul connaît tout ce qu'il veut faire , plane sur ses destinées futures à l'insu de tout ce qui l'entoure , et il ne voit dans Fouché que le concierge de sa politique domesti- ({ue , quand les événemens qu'il médite l'appelleront hors de sa capitale , ou des frontières de l'empire. Parmi ces événemens figure au premier rang,

dans les vastes conceptions de Napoléon, l'invasion qu'il prépare contre l'Angleterre dans tous les ports de sa domination. Ceux de la Manche sont aussi les chantiers , mais ils sont en même temps les arsenaux de Texpédition qui doit rappeler, par rimmensite' des troupes et des transports, celle de Xercès contre la Grèce. Le port de Boulogne contenait déjà 900 bâtimens ; ceux d*£taples , de Vimereux, de Calais, de Dunkerque , en e'taient remplis. Le port d'Ambleteusc , également recreusé et reconstruit, attendait les 5oo voiles de la flotille batave sous les ordres de l'amiral Verhuel; elle formait Taile droite, et devait porter le corps d'armée du maréchal Davoust 9 qui commandait les camps de Montreuil et de Dunkerque. Jje 16 mai, après un beau combat contre le Commodore Sydney, 1 amiral Verhuel faisait entrer dans le port d'Ostcnde la première division de sa flotille ; 'la seconde suivit de près avec le même danger et le même succès. L'amiral Cornwallis n'avait pas été plus heureux devant Brest ; il en avait été de même à Harfleur. Les Anglais voulurent brûler le Havre , afin de détruire le chantier principal où se construisaient les bâtimens de la flotille expéditionnaire : ils échouèrent les 17 , a3 juillet et ler août. Les divisions françaises partirent du Havre, et elles arri- Tcrent toutes, non sans combat, à leur destination. Le contre-amiral Magon et le capitaine de vaisseau Moncabrié eurent des affaires brillantes avec les croisières anglaises , l'un devant Calais , l'autre devant Boulogne. Acclimatées à ce nouveau genre de guerre » les troupes de terre , qui bivouaquaient

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par divisions sur les bateaux de la flotiHe , sollicitaient rhonneur de former les garnisons des corsaires et des bâtimens qui appareillaient; elles portèrent souvent leur audace jusqu'aux, embouchures de la Tamise, où les grenadiers de la ligne capturèrent des bâtimens marchands et une corvette. L'amiral Latouche-Tréville avait également raison de Tamiral Nelson à Toulon , où il commandait toutes les forces navales de la Me'dit errance, comme Tamiral Bruix commandait à Boulogne ton. tes celles de l'Océan , et spécialement la flotille contre l'Angleterre. Cette puissance connut peutêtre mieux que la France , où Ton chansonnait k flotille 9 le danger de l'expédition dont Boulogne était à la fois le chantier , l'arsenal , le port et la citadelle. Cependant une déclaration , à laqudle les événemens de 1814 ont donné une autorité pro* phctiquc, était envoyée à tous les gouvernemeni de l'Europe. Dédaignée par Napoléon, elle fnt alors peu connue des Français : cette pièce était datée de Varsovie , le 6 juin 1804 •

Protestation de Louis Xf^III^ roi de France t contre l'usurpation de [Bonaparte.

» En prenant le titre d'empereur, en voulant le M rendre héréditaire dans sa famille , Bonaparte « vient de mettre le sceau à son usurpation. Ce tt nouvel acte d'une révolution , où tout dans l'ori- •c gine a été nul , ne peut sans doute infirmer mes <f droits ; mais comptable de ma conduite à tous lei « souverains dont les droits ne sont pas moins le-

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a ses que les miens , et dont les trônes sont tous u ébranles par les principes dangereux que le se- » nat de Paris a ose' mettre en avant ; comptable à Il la France , à ma famille , à mon propre honneur , u je croirais trahir la cause commune en gard&nt tf le silence en cette oocasion. Je déclare donc (après « avoir , au besoin , renouvelé mes protestations u contre tous les actes illég^aux qui , depuis l'ouver- N ture des états-généraux de Frauce , ont amené la ^ crise effrayante dans laquelle se trouvent la Fran- « ce et r£urope) , je déclare ^ en présence de tous tt les souverains ^ que loin de reconnaître le titre n impérial que Bonaparte vient de se faire déférer u par un corps qui n'a pas même d'existence légiti- « me ( le sénat ) , je proteste contre ce titre et con- «. tre tous les actes subséquens auxquels il pourrait M donner lieu . >

L'intérieur est heureux de toutes les prospérités de la nouvelle patrie et de toutes les garanties que le trône impérial semble donner aux institutions chères aux Français. Napoléon en donne un gage public le a3 juin , en faisant justice des sectaires de Loyola , qui sous le nom renouvelé de Pères de la foi, sous celui d^ adorateurs de Jésus, de paccanaristes , venaient d'élever deux établissemcns sur les ruines de la république et sur les fondations de Tempire. Comme Napoléon ne doit pas prendre le titre de défenseur de la fol , laquelle ne lui semble pas en danger , il n'a pas besoin de cette milice obscure, de ce corps naissant des mineurs religieux, qui veut s'établir dans les souterrains de son gouvernement , mais ils sauront bien y rentrer un jour sous la protection de son oncle , le cardinal Fesch ,

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qui se chargera des rcprcsaiUes ecclésiastiques sur les conquêtes de la re'volution française.

L'ordre de la le'gion-d'honncar a'vait e'ié crée par la loi du ag mai i8oa. L'inauguration de cette noble institution reçoit une époque chère à la France depuis treize années, celle du i4 juillet, et elle a eu lieu au temple de Mars ,. dans l'église des Invalides. La cérémonie brille de tout l'éclat de la gloire républicaine et de toute la pompe impériale. C'est dans l'édilice de Louis XIV , fondateur de l'ordre de Saint-Louis, que Napoléon donne solennellement la dc'coration à la gloire militaire de la liberté. Quatre jours après, il est parti poor les ports de la Manche, où il est aile' renouveler, comme souverain, l'inspection qu'il fit comme général avant son départ pour l'Egypte. Le but ostensible du voyage est l'armement des flottilles expéditionnaires contre l'Angleterre. Napoléon en a un autre plus djrect pour les intérêts privés de sa couronne, celui de montrer au camp de Saint- Omer l'empereur des champs de bataille : aussi vat-il éterniser le souvenir de ce voyage , en appelant l'armée à la récompense des braves. L'étoile de h légion la dirige à Boulogne vers la Tourd'ordrt^ qui reprend son nom de Tour de César ^ et pour que rien ne manque à l'illustration que l'empereur et l'armée doivent recevoir de cette grande cérémonie , elle a lieu le i6 août , jour de la Saint-Napoléon. Quatre-vingt mille hommes des camps de Boulogne et de Montreuil sont rassemblés sous les ordres du maréchal Soult. A la droite du port , audessous de la tour de César , la nature a tracé on vaste amphithéâtre au centre duquel s'élève un

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Lrôoe 8ur un socle triomphal. Les colonnes de Tarne'e y sont dirige'es comme autant de rajons qui igurent ceux, de i'etoile d'honneur. Entoure' de tes frères , de ses grands-officiers civils et militai-* res y Napolefon prononce le serment de l'ordre ; i est re'pete' avec acclamation par tous les re'cipienlaires disposés en pelotons à la tète de chaque coonne. Après le serment les e' toiles sont distribue'cs lux légionnaires. Un vivat général de l'armée salue xlte brillante inauguration de l'ordre du mérite rançais. Par la plus heureuse conjoncture , tandis {ue Tarmée défile detant l'empereur , le capitaine le vaisseau Daugier entre dans le port de Boulogne avec une division du Havre, forte de 45 voies , et y reçoit les acclamations de la terre. De lombreuses distributions aux troupes , des danses , les chants guerriers prolongent jusqu'à la nuit la 'été des soldats. Pour jr faire participer les Anglais , in beau feu d'artifice attire l'attention de la croiiére ennemie et du rivage de Douvres , sur le plateau du camp de gauche , où i5,ooo hommes en >ataille exécutèrent un feu de file avec descartou- :be8 à étoiles : hommage rendu par l'armée à l'éjoile de la légion qu'elle venait de recevoir. Le néme jour , la fête de Napoléon était aussi celé- >rée à Cherbourg par l'inauguration de la digue , it à Anvers par celle de l'arsenal maritime. Deux x>ryettes y furent lancées. Ce grand port de conitruction comptait à peine une année d'établissenent , et trois vaisseaux de ligne et une frégate dlaient sortir de ses chantiers. Avant de quitter Boulogne pour se rendre dans les quatre départenens du Rhin , l'empereur b'étant embarqué, ins-

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pecta la flottille , pour la dernière fois. U eat bonheur de pouvoir juger par lui-même des cha ces d'un combat , qui fut livré sous ses yeux , coi me le spectacle d'une naumacbie, «;ntre la lig d*cmbo8sage française , compose'e , de 146 bateau et la flotte anglaise forte de i4 bâtimens de guc rc , dont deux vaisseaux de ligne et deux grosi fre'gates. Pour la première fois de sa vie , il tro vait Toccasion de commander aussi sur mer, el monta à bord du canot de l'amiral Bruix. Lui-D me il donna Tordre de serrer au Jeu , et après de heures d'un combat acharne, les Anglais dore battre en retraite , après avoir perdu un bâlimei Les batteries de terre soutinrent merveilleusenn le feu de la rade ; plusieurs bombes tombérenti les ponts ennemis. Ce ne fut sans doute pas a petite satisfaction pour Napole'on d'avoir humi lui-même le pavillon britannique , à la vue de s armée de terre. Ce combat était une de ces boni fortunes , qui depuis son avènement au consa signalaient les circonstances importantes de sai publique. Pendant ce séjour à Boulogne , Napole'i multipliait les gages de la prospérité intérieure > la France, en donnant à la première école del'E rope , à l'école Polytechnique , une nouvelle orgai sation, et en fondant les grands prix décennau Cette haute récompense, à laquelle doivent conco rir toutes les sciences, consacrera l'époque d'iii restauration, car elle sera donnée le 18 brumaii Tandis que Tcmpereur des Français prépan sans le savoir encore , à la guerre d'Allemagn son armée d'Angleterre, l'empereur d'Autricl ajoutait à ses titres celui d'empereur héréditain

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comme s'il prévoyait que ce titre seul lui dût être laissé par Napoléon. Cependant de Boulogne, Napoléon est parti pour Mayence, après s'être arrêté à Aix-la-Chapelle. Dans cette antique résidence du premier empereur des Français , il retrouve et il s'applique les souvenirs de Charlemagne. Comme Pépin , fondateur d'une dynastie , à son exemple aussi , il se propose de faire venir le pape en France , pour en recevoir l'onction impériale. Une démarche politique d'une haute importance pour le nouvel empereur signala son séjour à Aix-la-Chapelle. Le comte de Cobentzl, ambassadeur d'Autriche , vint lui présenter ses nouvelles lettres de créance. Lors de la nbtiûcation aux cours étrangères- de l'avènement de Napoléon , à l'empire^ l'Autriche avait jugé devoir consulter la Russie , et n'en avait reçu aucune réponse. Dans la crainte d'une rupture avec la France , cette puissance se hâtait d'en recounaitre authentiquement le nouveau souverain. Quant à la cour de Rome, elle n'avait pas balancé un moment : le concordat consulaire l'avait préparée à la reconnaissance impériale. On priait à Rome ,. et dans toute la catholicité , pour l'empereur Napoléon et pour sa famille. L'Espagne n'avait pas eu besoin de l'exemple de Rome. Ainsi les trois grandes puissances catholiques saluaient Napoléon du titre impérial: c'était une grande conquête sur les souvenirs , les habitudes , et peut-être sur les passions de la royauté européenne. La négociation avec le saint-père pour le sacre fut conduite avec le même succès. Cette grande cérémonie ^ faite au sein de sa capitale , dans la basilique métropolitaine , était pour Napo-

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léon , de la plus haute politique : car elle jiait son élévation aux yeux des peuples d chrétienté. Elle leur interdisait, ainsi qa'à verains, toute idée, tout reproche d'usi:

Le la novembre l'empereur est de Saint-Cloud , et les apprêts du sacre so; nés. Le 17 du même mois , un décret < le corps-législatif pour assister à cette ce Le a novembre le saint-père quitte la ca monde chrétien ; le 18 arrive à Lyon ; reçu par Tempereur à Fontainebleau, se rend avec lui à Paris. *Le i er déceml nat présente à Napoléon le vœu du pec rhérédité à Tempire dans sa famille. Un consulte l'a annoncé à la France. Soixa registres avaient été ouverts dans les 108 mens. Sur 3,6749898 votaus , 2,669 ^^^^ négatifs. Cette minorité , purement repu disséminée sur toute la surfece du sol prouve suffisamment combien alors la c volution impériale était complète. Le François de Neufchâteau , qui a le prii^ harangues solennelles, le même qui, ai maire , avait dit : La constitution est pi Vautel du dieu Terme , dit à L'emper vaste miroir du passé est la leçon de i et à la fin de sa répimse , l'empereur dis descendons consert^eront long-temps ce Ils n€ perdront jamais de vue que le m lois , et l'ébranlement de l'ordre socia, que le résultat de la faiblesse et de Vin des princes ! Le lendemain , a décembn froid le plus rigoureux , la cérémonie d

lieu à Teglise de Notre-Dame. La bizarrerie de la pompe pontificale contraste singulièrement dans le cortège ayec Véclat de la pompe impe'riale. L'ancien eVêque re'publicain d'Imola sacre Tempe'reur Napole'on , et l'impératrice Jose'phine , en pre'sence des membres du sacre' collège , des prélats français , de tous les ordres de Ve'tat et du corps diplomatique. Mais aussitôt que Pie VII a bëni la couronne , Napoléon la saisit , la place sur sa tête et couronne aussi Fimpëratrice. Cette scène est d*hier , et elle n*est déjà plus de notre âge. Dés ce jour, les foudres du Vatican sont e'teints , et il n'y a plus dans le monde que Tex. ^ communication politique. Celle-ci reste aux mains de celui que le pape s*est empresse de venir sacrer, et qui s*est couronne' lui-même.

Une belle ce'rëmonie militaire rassemble les troupes au Champ-de-Mars le 5 de'cembre : c*est celle de la distribution des aigles, u Soldats, dit «c Napoléon , voici vos drapeaux. Ces aigles (C vous serviront toujours de point de ralliement .* « elles seront partout oà votre empereur les JU" ti géra nécessaires pour la défense de son trône u et de son peuple. » L*année , la mémorable année 1804 9 se termine par Touverture du corpslégi&lafif On applaudit à ces mots du discours de Tempereur : u j^ ng veux point accroître le ter- « ritoire de Pempire , mais^ en maintenir tintévc grité! n Dans Texposé dev, situation de Tempire , le ministre de Vintérieur déciai«. . ^^^ /^ France n'acceptera point d'autres conditions que celles du traité d'Amiens.

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Les iiicorporatioQS à Tcmpirc français de h république. tic Gènes et de quelques petits éUls d'Italie , le meurtre du duc d'£oghien, et la vioUttion du territoire badois, ayaient tout-à-coup altère la bonne intelligence de la Russie ayec h France et de la France avec son empereur. Un échange de notes hostiles, une vc'ritable guerre de récriminations , avaient eu lieu entre les cabinets de Pctersbourg et de Paris. L'empereur Alexandre avait fait prendre le deuil h sa cour pour la mort de Tinfortune' rejeton de la maisoa de Conde'. Le charge' d'affaires d'Oubril , resté i Paris après le départ de l'ambassadeur MarlLofff avait pris ses passeports le 39 août de. l'année précédente , et la dicte de Ratisbonne avait reçu les dcclaraiions de l'empereur Alexandre , dont le roi de Suède soutenait les griefs de toute son influence. La Russie était donc publiquement engagée à ne pas reconnaître l'empereur des Français. Le cabinet de Londres avait habilement profité de ces circonstances pour engager celui de Pétersbourgà rompre avec la France, et pour signer avec lui un traité le 11 avril i8o5. De son côté , la Russie avait décidé le divan à refuser de reconnaître Napoléon en qualité JV'mpereurjCl le maréchal Brune avait dn quitter Constantinople , comme le génér-' rlédouville avait quitté Peter.sboii*'/r- ^^^ flottes russes avaient franchi les Dardannelles et le Sund : elles menaçaient l'Italie, ^^Y'>'^'nt débarqué des troupes aux Iles Ioniennes, et semblaient marcher de concert ayec les flottes

britanniques. Celles-ci, dès le 5 octobre 18149 avaient , sans de'claration de guerre , attaqué l'Espagne , l'alliée de Napoléon , s'étaient violemment emparées des galions, incendiaient dans les ports de la péninsule les navires du commerce , et détruisaient ses convois. Cette piraterie de forbans avait lieu pendant que l'ambassadeur d'Espagne , le chevalier d'Anduana , était encore à Londres. Le 14 décembre , don Cevallos , ministre des affaires étrangères , avait publié un manifeste de la plus grande énergie contre le gouvernement anglais , et lui avait déclaré la guerre. Le 3 du même mois, la Grande-Bretagne s'était fortifiée d'un nouvel auxiliaire , et avait signé à Stokholm une convention de subsides avec la Suède , pour agir de concert contre la France. D'un autre côté. Napoléon était entraîné, par sa propre politique, à croire qu'il avait besoin de conquérir sur l'Europe le trône que vient de lui donner la France , et l'Angleterre était allée au-devant de cette fatale nécessité en suscitant dans le Nord et en fomentant en Autriche la guerre que désire Napoléon.

Cependant ce prince , 4lès les premiers jours de janvier i8o5 , veut donner à la France un gage authentique de ses dispositions pour la paix; car s'il sent qu'il a besoin de la victoire pour faire respecter sa couronne , il n'ignore pas que la paix avec l'Angleterre peut seule l'affermir sur sa tête. En conséquence , par un effet de cette confiance qae la fortune lui donne le droit d'avoir en lui , il écrit directement , le 14 janvier , au roi d'Angleterre :

... ic Je n'attache pas de déshonneur àfait*e les M premiers pas,,, Tai assez, je pense ^ prou\*é au

u monde que je ne redoute aucune des chances de « la guerre.,,. La paix est le vœu de mon coeur t u mais la guerre n*a jamais été contraire à ma iigloii^.... Je conjure V. M. de ne pas se refit- (c ser au bonheur de donner la paix au monde,..* ce Une coalition ne fera jamais qiCaccroitre la te prépondérance et la gixtndeur continentale de u la France, v

Mais Napoléon empereur s'est trompe comme l'uvait fait Bonaparte consul , et c'est une lettre vaille de lord Mulgrave à M-, de Tallejrrand , qui répond à cette importante de'marcbe et prononce sur le sort du monde. Jamais la politique respective de l'Angleterre et de la France n'avait e'te' réduite à une plus simple expression. Ces deux puissances étaient également convaincues que la paix générale assurait la domination de Napoléon. Aiim Tune avait la même raison de demander sans cesse cette paix, que l'autre avait de la refuser. Cependant les propositions de Napoléon avaient troavé sur les bancs de l'opposition anglaise un énergique protecteur dans la personne du célèbre Fox. Aussi lurent-elles par Tordre de l'empereur commoni- ({lufes, ainsi que la réponse de lord Mulgrave, aui trois corps de la législature. La franchise de celte communication excita au plus haut degré l' enthousiasme public déjà exalté par la générosité de U démarche faite auprès du prince-régent. La guerre ainsi sanctionnée par l'opinion, la guerre devint, par ce nouveau refus de l'Angleterre , depuis la rupture du traité d'Amiens , la seule , la véritable, la légitime politique de Napoléon. Aussi toutes les (guerres continentales, qui vont ensanglanter l'Eu-

rope , n'auront-elles d'autre but que celui d'obtenir à force de triomphes la paÛL ge'ne'rale. Elle sera refusée constamment par l'inyincible machiayélisme d'un gouvernement dont la splendeur ne date cependant que de l'occupation du trône par la maison de Hanôyre. Ainsi l'Europe est destinée, par le cabinet de Saint-James , à s*immoler pério* diqaement à la haine qu'il porte , non à Fe'le'yation de Napole'on , mais auK prospe'rite's de la France ; et dix années après , afin que la postérité' ne se me* prenne jamais sur l'auteur de ces prospérite's , cette même Angleterre proclamera dans toute FEurope soulevée et soldée par elle , que c'est contre Napoléon seul que la vengeance du monde est armée , et la France , deux fois veuve du héros qu'elle vient de couronner , sera enfin la proie de la jalousie britannique !

Dans l'incertitude où le prudent Napoléon était du succès de la démarche qu'il méditait auprès du prince-régent d'Angleterre , il avait habilement profité de la juste exaspération du cabinet de Madrid contre la violation britannique , et , le la janvier , une convention fut signée à Aranjuez entre la France et l'Espagne. Cette convention , par laquelle l'Espagne s'engageait à tenir à la disposition de son alliée 3o vaisseaux et 5,ooo hommes de débarquement , renfermait aussi le détail des forces de terre et de mer rassemblées dans les principaux ports de l'empire. Au Texel, 3o,ooo hommes S008 le général Marmont, avec les bâtimens de transport Aécessaires ; à Ostende , Dunkerque , Calais , Boulogne , au Havre , des flottilles propres à embarquer 130,000 hommes et a5,ooo chevaux , à

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Brest ,21 vaisseaux de ligne et des transports poar un camp de a5,ooo hommes; à Rochefort , 6 vaisseaux, 4 frégates avcc4)Ooo hommes de troupes; cn(in à Toulon, ii vaisseaux, 8 fre'gates et des tninsporls pour 9,000 hommes. Ainsi, au moment où Napoléon demandait la paix à TAngleterre , il avait prêts à être embarques i(>3,ooo hommes sur G9 vaisseaux do ligne , et plus de a,ooo bâtimens de transport et de guerre, frégates, corvettes , bateaux des flottilles,' tous armés et n'attendant que son ordre , ou l'espérance de 5 heures de calme, pour voguer vers la Tamise. C'était pendant son séjour à Mayence que Napoléon avait arrêté les dispositions de ses forces navales qu'il avait divisées en trois expéditions : la première aux AntiUes, sous les ordres du général La Grange et du contreamiral Missicssy ; la seconde contre Surinam, commandée par le général Lauriston; la troisième était confiée au général Reille , qui était chargé de s'emparer de Sainte-Hélezie ! ! Ce fut peu de joars après que Napoléon fut couronné ! Peu de jours aussi après son avènement au consulat à vie, Cile (VElbe avait été réunie à la république ! Une destinée mystérieuse semblait avoir voulu désigner aux deux élévations de Napoléon , les apanages de ses deux infortunes.

Les mouvemens de l'amiral Gantheaumehorsde Brest , et l'expédition aux Antilles de l'amiral Villeneuve avec les flottes de Toulon et d'Espagne , avaient pour objet d'entraîner loin de la Manche les forces navales de l'Angleterre, et de faciliter la réunion, et le dépArt de la flottill<: expédition' iiaire. Pour atteindre ce but si important , les flot-

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tes de Villeneuve et de Gravina devaient franchir le de'troit 5 faire route àTouest , et , à leur retour des Antilles , se re'nnir aux flottes de l'Océan à Rochefort et à Breât. Cette re'union devait pre'sentcr une force de 56 vaisseaux de haut hord , avec lesquels l'amiral Villeneuve entrerait dans le canal. Ce plan, dont le succès eût fait réussir l'incroyahle projet de la descente en Angleterre, fut une conception de Napole'on , qui de Ljf'on , où il s'arrêta en allant h Milan, en transmit de sa main toute rinstrucUon au ministre de la marine.

Mai3 au milieu des immenses préparatifs que IVapôleon multipliait dans tous les ports de la ^France , de TËspagne , de la Hollande et de la Belgique , pour triompher de l'Angleterre à Londres, ou pour la forcer à la paix , une nouvelle couronne était venue se poser sur son front. C'est celle de sa gloire républicaine. C'est la couronne de Fer d'Italie. Le 16 mars, l'empereur vient déclarer au sénat qu'il accepte le vœu de la nation italienne , qu'une députation solennelle de la consulta de Milan est venue lui offrir. Cette députation , composée des grands corps du nouveau royaume , est pre'sente au sénat. C'est celle qui , conduite par M. de Meizi , président de la consulta , a assisté au couronnement à Paris. Le 2 avril , l'empereur et l'impératrice quittent leur capitale de France pour celle d'Italie. Trois jours après , moins heureux , le pape repart pour celle de l'église. 11 avait espéré, en reconnaissance du sacre de Napoléon , recouvrer les légations cédées à la France par le traité de Toicntino ; mais si le saint-père a quitté Rome avec les idées d'un souverain temporel , il n'a été iappclé et

.-..wââ uc la Icgion-u .

Icmcnt la pierre du mo sance élève aux licros C'était rentrer dans Mi.

phc. Le 8 mai 9 il y fait i a6, le couronnement a 1 face celle de Paris par ta nouyeau roi était à4a-foi:

le'on. Au bout de diiL s Lombards , placée sur la Français , apprenait au m avait un successeur. Comi couronne lui-même, et ei sur Tautel : Dieu me la doi Gabb aquilatooche. Ilcr< de Fer, et ces mots en fur< le prince Eugène , son fil vice-roi dltalie. Napoléo raison donner à ses neuve:

certain de son afiection , ( représenter i-rx'^-

^hampagny , minûirc de rintërieur 9 pro- ' à Gènes cette incorporation et la division itoire en trois départemens , Gènes , Monet les Apennins. Le même joar. Tempeà Milan 1* ouverture solennelle du corpsf du royaume d'Italie , et y reçut le ser- 1 vice-roi. Il termina son discours par ces [ui devaient faire trembler la maison d*Aur « J'espère qu*à leur tour mes peuples d*I»

voudront occuper la place que je leur des»

^ans ma pensée. Ils r^y parviendront qu*en rsuadant bien que la force des armes est ncipal soutien des états. Il est temps ente cette jeunesse , qui vit dans V oisiveté 'randes villes , cesse de craindre les fa* r et les dangers d» la guerre. »

lie releva noblement sous son vice-roi le c venait de jeter Napole'on. Sa gloire milébuta par e'tendre celle de la France , Téc'gale et mourut avec elle du même sup- )ar l'invasion e'trangére et la traliison.

. ambassades spe'ciales e'taient arrivées à L'une apportait à Napole'on la de'coration du il,rautrc une lettre de fe'licitationdu saint- >a sainteté terminait sa lettre par une sorte irigal. «i La réciprocité de notre amour , et tendresse paternelle qtte nous éprouvons vous , nous rendent très-'cher ce qui vous lorieux, -n

o juin, l'empereur partit de Milan pour 1er la revue de ses trophe'es d'Italie. Quaille bommes, commandes par les maréchaux.

a et Bessiéres, l'attendaient au camp de

Castiglione , où il fit , cumme a celui de Mareiif< une dislribution solennelle de la croix-d'honnen De là, il visita Peschiera, Ve'ronne, et timpr nahle Mantoue, où il arriva le 17 juin et se'joan jusqu'au ai. A fiologne, il reçut le marquis 1 Gallo , envoyé par le roi de Naples pour sollicit et garantir la ueulralitc' de ce prince, ainsi qu*ai dcputation du sénat de Lucques, qui lui demi: dait un souverain. Peu de temps après, cette p tite re'publique fut érigée en principauté , et d vint l'apanage de la princesse Élisa , depuis grand duchesse de Toscane. Un mois après le ai juiJIei l'état de Parme obtenait aussi Tbooneur de l'ij corporation au grand empire. Enfin,. le 3o jaii Napoléon fait son entrée à Gênes, suivi des ambi sadeurs de Naples et de Portugal. Le plua grai éclat fut donné à la cérémonie de prise de possc sion de l'ancienne rivale de Venise. Elle eut lif dans la cathédrale, où l'empereur , dans toute pompe d'un troisième couronnement , reçut 1 sermens , et distribua les décorations. Le 8 juillet il arriva à Turin , d'où il sortit au milieu d uc manœuvre de la garnison : le 1 1 il était ù Foi tainebleau.

Ce fut dans cette résidence que Napoléon appr le second combat de la ilotillc batave, qui, soi les ordres de l'amiral Vcrhuel , triompha , le 1 et 18 jiiillot, dfîs efforts de la croisière anglaise réunie le premier jour au nombre de i5 vaisseau! et le second , forte de 45. La flottille parvint à i destination au port d'Ambleteuse. Cette action ai dacicuse , qui plaça l'amiral Verhuel au rang d( premiers hommes de guerre de l'Europe , fut cacoi

emar(|Uttl»1«> par une particularité chevaleresque :onformeau géiiiein,u;<^ueux des grands militaires le cette e'poque. Le mare'cbal DaT«ii«ti, commanlant le camp de Dunkerque , d*où la flotlille ap. )areilla, voulut être volontaire sous le pavillon de .'amiral , monta à son bord , qui prit la tête de la ligne de bataille , et fut à-la-fois un illustre te'moin et un historien fidèle de ce beau fait d'armes, dont il partagea les pe'rils , et dont la gloire devait lui rester étrangère. Il est vrai que Napoléon avait donné cet exemple au maréchal la veille de son départ de Boulogne.

Biais , pendant que Napoléon se couronnait à Milan , l'Angleterre stipulait à Pétersbourg un traité par lequel la Russie s'engageait à mettre sur pied une armée de 180,000 hommes pour reprendre le Hanovre , affranchir la Hollande et la Suisse , rétablir sur son trône le roi de Sardaigne faire évacaer le royaume de Naples par Tarméc française , etenûn , pour donner en Italie une frontiércà FAutriche. Cette dernière puissance est dans les plus vives alarmes , en raison de la force nouvelle que donnent à Napoléon et la couronne d'Italie , *^ l'incorporation de Gcnes et des autres pw^'^'pautés, et le voyage aussi militaire que pr^"^"® i\\\*\\ vient de faire dans ses anciennes -*'''9°®^^*' Cependant , l'Autriche paraît d'^^o^d vouloir se contenter du rôle de concii^^'ce , en se proposant à la France pour ir^^i^^^t^i^ire entre elle et la coalition des r'^^'icl^ ^^ Londres , de Pétcvsbourg et de Sfroiiiolm. Bientôt après» elle crie hautement et avec raison à l'infraction du traité de Lunévillc du 9 février 1801. Alors se voyant complètement

déchue, et de toute influence en Ital»« » <** de Vi

pcrance de rapprocher le» r*"*""^ » ®"® prend ce

scil de sa fray«**r , et , le 9 août , elle va se refogi

da»' 'a coalition anglo-russe. Le 29 , ses armées se

en mouvement; 80,000 hommes s'ébranlent se

les ordres de l'archiduc Ferdinand , dont la tute

militaire est confiée à l'impuissante présompti

du général Mack. Mais , dans le moment où VA

triche se levé contre la violation du traite de Loi

ville , elle viole tout-à-coup l'indépendance d*

état voisin , et , sans déclaration de guerre , e

envahit la fiavière dont elle a voulu incorporer Vi

mée dans la sienne. En Espagne , l'Angleterre

fourni à l'Autriche Texemple d'une pareille viol

tion. La cour électorale de Munich dut aller se rél

gicr à Wurtzbourg. Trente mille hommes, commi

dés par l'archiduc Jean , prennent position dans

Tyrol,et 100,000 combattans marchent sur TAdi

sous les drapeaux de l'archiduc Charles , qui, m

gré lui, part pour venger ses souvenirs d'Italie.

Napoléon apprend ces mouvemei\sau camp

Boulogne , et il donne sur-le-champ le nom à't

'^e cT Allemagne kV armée (T Angleteive . Leméi

jour , *J «>bargcait son grand-maréchal , le généi

Duroc , d'ar.»r s'assurer à Berlin de la neutral

du roi de Prusse. <^tte mission eut un plein si

ces, et la neutralité de^» Prusse fut déclarée m

gré les efforU des envoyés i-^ériaux de Vieu

et de Pélersbourg. Une armée œ observation

lOOfOoo hommes , et une de réserve a% 5Ô oc

commandée par le roi lui-même, devaient garia

la neutralité armée de la Prusse. Naples envoj

Paris pour négocier sa neutralité désarmée , *

DE NAPOLÉOW. • 179

fut rëg]^ le ai septembre par un traite'. Quatrevingt-dix mille Français sont en marche pour 1* Autriche. Un mois après , sept corps d'armée , commande's par les maréchaux Bernadotte, Dayoust, Soult , Lannes , Nej , Augereau , et le général Marmont , une grande réserve de cavalerie aux ordres du maréchal Murât , se dirigent sur la rive droite du Rhin. Le 8me corps de cette grande-armée se compose de la garde impériale. Napoléon est en Allemagne k la tête de 160,000 hommes ; Masséna , avec 60,000 soutenus de ao,ooo de Foccupation napolitaine du général Gouvion-Saint-Cyr , doit combattre Tarchiduc Charles. L'empereur a adressé de Paris au maréchal ,1e 17 septembre , un plan de campagne , par lequel il lui prescrit de commencer les hostilités le 27. Toute r£urope est en armes. Le i«r octobre , malgré la neutralité proclamée par la Prusse , une scène sentimentale a lieu à Potzdam , où un traité est juré sur la tombe du Grand-Frédéric par Alexandre et par Frédéric-Guillaume. Mais le roi de Prusse tient secrets ce traité et ce serment , sauf à les rendre publics , si la fortune favorise son nouvel ami. Le traité de Beckaskog venait de proclamer Falliance oiTensive et défensive de l'Angleterre et de la Suéde contre la France.

Cependant , Napoléon n'avait négligé aucune occasion de donner des gages à l'Europe contre les souvenirs de la république. Le sénatus-consulte du a septembre avait rétabli l'usage du calendrier grégorien. Mais , si l'Europe a cru triompher avec Napoléon delà république au 18 brumaire , elle regrette h présent le consulat et surtout le directoire , quand elle voit deux grandes couronnes sur la tête

iSo VIE

du premier capitaine des temps modernes. Le goavcrncment consulaire , sous Bonaparte , conyenait mieux à la. tranquillité de l'Europeet peut-être au boulieur de la France. Mais , plu3 la haine est yiolentc hors de la France contre son empereur, plas ardente, plus passionnée aussi est Texallation de la France pour Napoléon. Le 23 septembre , l'empereur se rendit solennellement au sc'nat, où il fit lire, 'par son ministre des relations extérieures, l'exposé de ses griefs contre la cour d'Autriche. Après cette lecture, deux sénatus- consul tes furent proposés : l'un était relatif à une levée de 80,000 hommes sur la classe de 1806 , et le second , à la réorganisation des gardes nationales. Le sénat décréta les deux propositions , et déféra de plus, à l'empereur , la nomination des ofliciers des gardes nationales , dont la réorganisation serait arrêtée par des décrets impériaux. C'était une nouvelle usurpation du régime impérial sur les libertés nationulcs. Lus décrets parurent et comprirent tou les Français depuis l'â^ç de ai ans jusqu'à 60. Toat fut changé. Les baluillons se nommèrent cohortes. L'organisai ion s'élcndit de suite pour les départcmcns limitrophes, depuis le Pas-de-Calais jusqu'au lac de Genève. Elle fut divisée en quatre urroudissemens, dont les commandemcns furent donnés ù quatre sénateurs , aux généraux Rampon, d'Abo ville , et aux maréchaux Lefebvre etKcilermann. Ces deux maréchaux reçurent de plus le commandement de deux corps d'armée de réserve, l'un à Mayence, l'autre à Strasbourg; le maréchal Brune en commandait un troisième à Boulogne.

Trois camps volans de grenadiers devaient être

DE NAPOLÉON. i8i

formés h Rennes, dans la Vendée , et an camp d'honneur de Marengo. Un eathousiasme extraordinaire exaltait l'esprit de Tarmée , qui ne délibère pas sur les actes réœiis de Napoléon. C'est pour elle aussi qu'elle aime la guerre , et , en se pressant autour ée son empereur , elle soutient son propre ouvrage. Les gardes nationales aussi , malgré la perte de leur indépendance , sont fiéres d'être chargées de ^fendre les côtes.

Les Français brûlent d'essayer les armes impériales; ce sont encore les mêmes mains qui faisaient triompher les armes républicaines. Mais la yictoire est montée sur le trône avec Napoléon; les Biarëehaux soutiennent et surpassent les hauts faits d'armes qui ont rendus leurs noms européens. Le luiit octobre , à Wertingen, Lannes, Murât, Oudinot ont détruit une division autrichienne. Le? lendemain à Guntzbourg, Nejvoit fuir l'archiduc Ferdinand, et Soult, occupe Angsbourg. Le i3, Bemadotte est à Munich. La vengeance de la Bavière est commencée. La forte ville de Memmingen capitule le i4 entre les mains de Soult , et le i4 aussi, Ne^r gagnait un titre à Elchingen. Le 16, Morat fait 3,ooo prisonniers k Langenau. Le 20 , le général Mack capitule dans Ulm avec une armée de 3o,ooo hommes, prisonniers de guerre.

Du 8 au ao octobre , les Français ont fait plus de 5o,ooo prisonniers. Le 28, Lannes a pris Braunau. Le 3o , Bernadette est à Saltzbourg. Murât et Lannes atteignent enfin une arrière-garde russe , le 4 novembre à Amstetten : le même jour Davoust. occupe Steyer dans la Haute-Autriche, etVicence se rend à l'armée d'Italie. Masséna a dé]k fait rapi-

i8'j VIE

tiilcr un corp& autrichien ; et dès le a de'cembre Tarchiduc Charles est en retraite. Le 7 » Nty occupe les -villes -d'Inspruck et de Hall , et a mis en fuite rapchlduc Jean , qui commande en chef l'armée duTyi*ol. Davoust^ trois jours après renverse le corps de Merfeldt au combat de Marienzell, pendant que Marmont. arrive à Leoben. Cette petite ville est fameuse dans les fastes de la gloire républicaine. Le même archiduc y reçut la paix de Bonaparte ; mais cette fois Napole'on veut aller à Vienne , car il a à faire sa fortune de -souverain, et c'est dans les capitales des empires quliliera reconnaître son titre d'empereur. Enfin le 1 1^ Theroîque combat de Darnstein va ouvrir à Napoléon kt portes de Vienne. Le maréchal Mortier a S^oco hommes , et rencontre , dans un défilé-, Tarriàregarde russe-, forte de a5,ooo. Après un combat de plusieurs heures-, Mortier s'est fait jour., et a rejoint l-armée sur la rive droite du Danube. Le i3, lessbourgcois de Vienne , abandonnés de leur souverain et de leurs, princes, ouvrent leurs portes ao vainqueur. La capitale est prise; mais Vienne n'est pas la monarchie autrichienne , et le champ de bataille est porté ailleurs. Napoléon néglige ce grand avis que lui donne alors l'empereur François , et il ne'doit pas s'en souvenir.

L'archiduc se retire de toutes les positions où l'armée autrichienne a été battue sous la république. Il a le même sort : Masséna a passé le Tagliamento le 1 3, -et le 14^ Ney occupe la ville de Trente. Le Haut-Adigc, l'Izonso, Gradisca , Udine et Palma-Nova ont revu les phalanges de la France. Augcreau répond à ces succès par ceux

DE NAPOLÉON. i83

|u'i] obtient dans la Forêt-Noire , il s'empare de liindau 9 de Bergen , de Feldkirch , et par la belle uipitulation de Doernberg , il reste maître de tout e Voralberg , et force les Autrichiens à se retirer m Bohême. Cependant une seconde armée russe a 'ait sa jonction à Wischau, avec celle du ge'ne'ral ;n chef Kutusow , le 18 novembre ; mais le lendenain Brunn évacuée , est occupée par les Français, et Napoléon a son quartier-général à Wischau. [^a position du vainqueur est critique ; le génie eal ne lui suffit pas , il lui faut encore la fortune. Sgare par la victoire à 200 lieues de ses frontières , lU centre de la Moravie , opérant sur un espace le 90 lieues en pays ennemi , harcelé sur ûat gauche >ar rinsurvection de là Bohême , menacé sur sa Iroite par la Hongrie , ayant à combattre les deux irmées rémies de l'archiduc Charles et de Kutuow, inquiété, de plus, par l^àccession secrète de a Prusse à la coalition , et entouré de la fermentaion du peuple de Vienne , Napoléon a besoin d\in lécret spécial du destin pour échapper à tant de térils. ÎJn astre nouveau doit édore sur sa tête tour luldonnerla victoire. MaisTHeste est occu- >ée par-Masséna, Gouvion Saint-Cyr fait capituer le corps du prince de Rohan-à Bassano ; et cnin , par la plus glorieuse ceioMnc par la plus savante combinaison, les deux armées françaises, l'Allemagne -et d'Italie, unissent leur» lauriers à Clagenfurtk , le 29 novembre. Le sort de Napoéon et de- la monarchie autrichienne va se déci- 1er dans les plaines de la Moravie, autour d'un illage, à deux lieues de Briinn.

Le a décembre se donne la bataille dés trois em -

^ronze manquait. SnnU

DE NAPOLÉON. i85

meose. Le comte de Haugwitz e'tait arrivé à Brûnn la surveille de la bataille. Le général Caulaineourt fut chargé de le voir et de négocier avec lui. Pendant ce temps, on apprit que les Rosses avaient attaqua lavant-garde : Cest une bataille, dit l'empereur à Caulaineourt faites partir Haugwitz pour yienne , pour en attendre le résultat. Trois jours après le comte de Haugwitz , qui mettait en doute , à Briinn , les dispositions de la Prusse , protestait de sa partialité pour Napoléon, en le félicitant sur le gain de la bataille, a Foilà , « dit l'empereur , un compliment dont la fortune « a changé V adresse » C'était répondre en homme sopérieur au traité sentimental juré à Potzdam , sur la tombe du grand Frédéric. L'empereur d'Aulriche vint saluer le vainqueur à son bivouac. Je n*hakite pas d'autres palais depuis deux mois , lai dit Napoléon. Fous sauez si bien tirer parti de cette habitation , répond l'empereur François, qiCelle doit vous plaire ; et il lui demanda la paix. L'empereur Alexandre fit demander un sau£* conduit pour quelques corps de son armée , et l'obtint; le prince partit seul pendant la nuit. Enfin , un généreux armistice est accordé ; il sauve les débris de l'armée russe et assure leur retraite à journées d'étape , par les monts Krapacks , hors des états autrichiens. Cette armée avait perdu tout son matériel , ane trentaine de mille hommes et une vingtaine de généraux. Le i3 décembre, Napoléon fut complimenté solennellement à Schœnbrunn , par les maires de Paris, auxquels il remit 45 drapeaux prisa Austerlitz , pour orner les voûtes de l'église métropolitaine. La neuvième cam-

^«uchatel , ,„! doit re,

«"" chef d etat-n,ajor !•

emagne. La Prusse recc

."f.''«H-ovre,don^ aJ.ee de b R„«ie. A ]

ronae e, état, de Ven.«

TrroJ, la Souabe autriV

entre l'eJecteur de BaS.

'>«'•« et de Bade P„„, •

fidélité de ces nVf '"' uc ces pnnces . 7\

deux premiers. Ye a, déc

«fples, apprend à r£„roo, f^ejoseph. I, do„„erso Pmce et vice-roi d Italie

Pnnccsse de Bavière, et le «u troue d'fta/ie .M '

. pas voulu ratifier Tarmistice d'Austcrlitz. éloigné du centre de i'Ëurope pour être le consentir à partager rbumiliation de TAu- , il a repris, le 6 décembre , la route de 'étersbourg , et laisse indécise entre la i et lui 9 non la question de la guerre , mais e sa prolongation. Toutefois la paix de Presest bien positivement pour Napoléon Tidéc ie cette confédération germanique , qui , i nom de confédération du Rhin , destinée ht e la frontière armée de la France jusqu'aux de l'Elbe contre la puissance russe , va jouer e important dans les affaires du grand peulont elle sera , jusqu'à la fin , la vassale et mie.

i si Tcmpire d'Occident renaît sur la terre âx de Napoléon, le sceptre des ners reste artage à son implacable ennemi. L*Angleoompte aussi d'cclatans triomphes. Sans la gne du vice-amiral Missiessy, cpii, parti de fort le 1 1 janvier , a débarqué des munitions artinique , a fait une descente heureuse à ninique , a ravitaillé la Guadeloupe, a rauelques îles anglaises , et débloqué la ville ito-Oomingo ^ la marine française n'aurait nnue en i8o5 que par ses revers. Après IVu aa juillet, au cap Finistère, de la flotte née française et espagnole , contre la flotte »e , TAugleterre avait gagné , le a i octobre , iiIled*'Austerlitzau cap Trafalgar contre les illiés. Sur 33 vaisseaux , 10 seulement avaient ntrer à Cadix, et les quatre qui étaient lus si singulièrement à s'échapper, sous les

ordres da contre-amiral Dumanoir « araient été pris sur les côtes de Galice 9 le 4 novembre 9 après un combat de 4 heures contre des forces aupe'rîeiires. Mais à cette bataille de Trafalgar , où l'aBÎrai Villeneuve avait e'té pris , où le contre-amira] Magon avait été' tue' , où les amiraux espagnols , Gravina et Alava , avaient été' blesses , ramiral anglais, Nelson avait pe'ri d'un coup de feu, et 16 vaisseaux anglais sur 98 e'taient hors de service. L'Angleterre et la France ont eu le droit de duO' ter le Te Teum de la victoire pour i8o5 :lear rif»lité se justifie. Mais après le combat du 6 férrîtf suivant, où dans la baie de Santo-Donoingo, sept vaisseaux anglais battent cinq vaisseaux français, dont trois sont pris ; et les deux autres ëchooent et sont brùle's , la France ne reparait plus sur les mers , et ne doit plus opposer k l'Angleterre que la domination et le blocus du continent. La France a raison : elle a une arme'e de 5oo,ooo hommes, et l'Angleterre une flotte do 3oo bâtimens de guerre.

Un deuil politique vient surprendre cette poissance, le 33 janvier. Le fils de lord Chatam,le ministre Pitt , meurt , après avoir dirige , pendant 33 ans, le cabinet de la Grande-Bretagne. Son rival Fox lui succède, mais les temps sont changés en France pour ce grand homme d'e'tat : il ne pardonnait pas à Napoléon d'avoir oublié Bonaparte. Cependant, comme il n'avait cessé de corni)attrc dans le parlement l'opinion de la guerre à

la révolution française, il veut renouer ayec la France des ne'gociations que sa mort doit annuler ^ mois après. L'empereur Tenait de revenir de Ifunicb à Paris , et le a8 janvier, le se'nat de'crète un. monument à Napoléon-le^Grand, Le 10 février, un décret ordonne la restauration de l'égliac Saint^Denis, consacre trois autels expiatoires aux cendres royales, et y établit la sépulture des Empereurs. Un autre rend à la basilique Sainte Geneviève l'exercice du culte catholique , sans qnTelle cesse d'être la sépulture des grands hommes. Le public s'étonne de la différence que Napoléon^e-^Grand met entre les grands hommes et les empereurs. Le 8 février, le royaume de Naples est envahi; Joseph est général en chef de l'armée que commande Masséna , qui , le 1 5 , le fait entrer dans la capitale de son royaume. Ainsi l'Italie entière est française , bu vassale de la France. L'emperetlr le déclare le a mars, dans son discours d'ouvetture du corps législatif. <c La maison >de Naples a perdu la couronne sans retour; la » presqu'île de l'Italie , tout entière , fait partie du » grand empire. » M. de Haugwitz signe le 8, à Paris , un nouveau traité pour la Prusse , qui a aecepté la possession du Hanovre. Ce traité comme tous ceux faits avec cette puissance , k qui les doubles négociations ne sont point étrangères , attire d'abord sur ses ports l'embargo de l'Angleterre en |astes représailles de l'occupation du Hanovre, et huit mois après , il devient une guerre , qui , toat-à-coup, surprend la France, et tout^-à-coup détruit la Prusse. Cette puissance avait pourtant vu de bien prés la victoire d'Auslerlits.

Cependant les promotions souveraines se conl nuent : Ici5, le mare'chal Murât est de'claré gran duc de Berg, et le 3o, Joseph roi des Dcax-^i les. Trois mois après , en yertu du traite da mai, Louis recevra la couronne de Hollande, le même jour , 5 juin , la principauté de Bénévi sera donnée comme fief immédiat de la couron de France, à M. de Talleyrand , grand-chamb lan, et ministre des relations extérieures , en compense de ses sentie es. Les services de M. Talleyrand sont destines à être toujours reconii et méconnus par tous les gouvernemens de France. Le mois de mai fut remarquable par de actes plus importans pour la France. Le 9,< lieu la promulgation de Vensemhle du Code depi cèdure civile , et le lo celle de la loi de fondati de rUnii^ersité impériale.

. Les opérations politiques, de la plus hante i portance , caractérisent le mois de juillet. Le la Russie envoie à Paris traiter de la paix ; e est signée le ao, mais le 25 août, par une de < licences d*État , qu'autorise son e'ioigncmen la Russie se repentit de son ouvrage, et de' vouant son négociateur, rendit, par cette ne vclle rupture , sa position plus hostile envers France. Ijc cabinet des Tuileries, dont Napole' était l'âme, ne pouvait se méprendre sur une f rcillc rétractation ; mais plus assuré contre grand ennemi du Nord , par le traité de la ce fédération du Rhin, qu'il avait conclu le la jo let , et qui fut notifié le ler août h la diète de F tisbonne , Napoléon voit avec calme se fomeni dans l'ombre l'orage d'une 4* coalition. Le rés

tat de 8à confédération du Rhin , est en premier lieu , de séparer à perpétuité du territoire germanique , et d'identifier à la politique quelconque de la France les nouveaux rois de Bayiere et de Wurtemberg , l'électeur archi - chancelier de l'empire ,'8ous le nom de prince-primat, le grandduc de Berg , le duc de I3ade et le landgrave de Hesse-Darmstadt , sous le titre de grands- ducs; en second lieu, de forcer, le 6 août, Femporeur d'Autriche à abdiquer la couronne impériale germanique , et à renoncer à tous ses droits sur l'empire d'Allemagne. Napoléon est le protecteur autocrate de cette nouvelle ligue , qui va s'augmenter de tous les autres princes de l'Allemagne, excepté seulement des souverains de la Poméranie , du Holstein, de Brunswick, d'Oldembourg, de l'empereur d'Autriche et du roi de Prusse. Mais celui-ci , alarmé de la nouvelle prépondérance qu'une telle association donne à Napoléon , truite secrètement avec l'Angleterre , la Suède et la Russie; et tandis que ce prince met sous les armes tous ses sujets, il ose impérieusement demander à la France raison des armcmens qu'elle a faits sur ses frontières. Moins chevalier que conquérant , Napoléon fit depuis comparaître dans ses moniteurs l'inviolable dignité de la belle reine de Prusse , qui parcourait à cheval , à cette époque , les rues de Berlin avec un costume militaire , et appelait aux armes le peuple prussien. Uexaltation romanesque qui en résulta avait sa générosité ; mais cette chevalerie s'aventura dans une entreprise, où tout fut mis en mouvement, excepté l'intérêt de la patrie. Les provocations insultantes

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