‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 131 sur 204 · CHAPITRE \ I · texte numérisé non relu

CHAPITRE \ I

tionnel violemment impose au clergé catholique, et qui conduisit par la suite au massacre abominable de tant d’innocentes et respectables victimes , égorgées au mépris de cette tolérance précédemment proclamée par l’Assemblée , dans un sentiment d’indifférence envers toutes les religions, plutôt que par égard pour les consciences.

Fidèles à leur plan de fonder non pas une monarcliie populaire, mais une espèce de république royale ; excités par les républicains , dont le parti grossissait chaque jour aux dépens du leur ; cédant aussi aux menaces et aux hurlemens de ces démagogues furieux qu’on appelait la montagne, à cause de la place adoptée par eux dans la chambre , les auteurs de la constitution la rendirent complètement démocratique. Ils réduisirent à un tel point l’autorité royale ; ses pouvoirs devinrent tellement confus et tellement obscurs , que Burkc , en parlant du nouveau gouvernement de France, put faire cette heureuse application :

— fVhat seemed his head

The likcncss of a hingly crotvn had on.

Ce qui paraissait être son chef Portait l’ apparence d’une couronne royale. 1

1 Cette sublime image est empruntée à Milton , qui a

La nomination aux emplois civils n’appartint plus à la couronne : elle s’effectua au moyen d’élections populaires. Sous ce rapport, les constitutionnels étaient conséquens avec leur principe que tout pouvoir émanait de la volonté du peuple. Jamais prérogative plus immense ne fut exercée par une nation en corps. Le système était d’ailleurs politique dans le sens le plus immédiat, et conforme aux doctrines de ceux qui l’avaient adopté , puisqu’il attachait à la nouvelle constitution la masse du peuple , tout fier de passer subitement de l’obéissance passive à l’exercice du souverain pouvoir. Les membres des assemblées électives ou municipalités , qui concouraient par leur vote à }a nomination des évêques , des administrateurs, des juges et des autres fonctionnaires publics, comprirent d’abord l’importance de leur privilège ; ils se disaient avec complai-

peint ainsi le fantôme de la mort tel qu’il apparaît àSatan aus portes de l’enfer :

« Une ombre de couronne orne son front hautain. •

Ce vers de Dellile ne rend qu’une moitié de l’idée dont par malheur on ne pourrait peut-être trouver l’équivalent qne dans le burlesque enfer de Scarron :

Je vis l’omhre d’un cocher Qui frottait l 'ombre d’un carrosse Avec l 'ombre d’une brosse. (Édit.)

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