‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 144 sur 204 · CHAPITRE VI.. 2g · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI.. 2g

Les constitutionnels triomphaient dans l’Asseniblée. Leurs efforts , réunis à ceux de leurs collègues qui arguaient de la loi fondamentale en faveur de l’inviolabilité personnelle de Louis, l’emportèrent sur les clameurs du parti qui demandait la déchéance ou la mise en jugement du monarque. Cependant, l’inviolabilité du souverain fut soumise à de plus dîmes conditions pour l’avenir. On décréta que si le Roi , ayant accepté la constitution, se rétractait, il serait censé avoir abdiqué la couronne, de même que s’il employait l’armée soit en entier, soit en . partie contre la nation ; et le monarque ayant abdiqué , ajoutait le décret, il rentrait dans la classe ordinaire des citoyens , et devenait responsable de tous ses actes, soit avant, soit après son abdication.

Les immunités de la couronne ainsi réduites , le nouvel acte constitutionnel fut présenté au Roi Le prince l’accepta purement et simplement, en des termes qui excitèrent de vives acclamations dans l’Assemblée, mais qui trou-

1 L’auteur veut parler sans doute du décret qui fut rendu sur la demande , formée par le peuple , que le Roi fût mis en jugement; décret où l’on rappela ces dispositions de la constitution (Lacretelle, tome vin, page 292- 3o3 ). Lacretelle ajoute , page 3ig , que , dans la révision, toutes les questions de détail furent décidées en faveur de l'autorité royale. (Édit.)

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vèrent peu d’échos dans les tribunes Les législateurs se firent une vertu de la nécessité, et corrigèrent leur constitution sans la rendre beaucoup meilleure; mais le Roi ne possédait plus le cœur de ses sujets. Par un concours ■» étrange de fatalité et d’erreurs , Louis XVI , que son désintéressement , que ses excellentes qualités auraient dû rendre l’idole de son peuple, devint l’objet de sa haine et de sa fureur.

En réfléchissant sur les mesures adoptées après le retour du Roi, les historiens penseront probablement qu’il était impolitique à l’Assemblée d’offrir la couronne constitutionnelle à Louis , et imprudent à cet infortuné monarque de l’accepter avec les conditions qu’on lui imposait. Sous le premier point de vue, il faut se rappeler que ces novateurs, qui avaient tout changé dans l’Etat, auraient pu , conséquemment à leurs principes , choisir sans hésiter un autre roi et une autre dynastie. D’après les doctrines avouées par eux-mêmes , le Roi , la noblesse et le clergé, étaient, dans leurs mains comme l’argile dans celles du potier. Louis XVI, dans son manifeste , avait protesté à la face de l’Europe contre le nouveau système politique. On ne pouvait supposer que ses sentimens fussent

1 i3 septembre 1791.

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