‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 154 sur 204 · CHAPITRE VII. 3og · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 3og

sceau d’accusations contre les Brissotins , qu’ils dénoncèrent comme voulant diviser la France en plusieurs petites républiques fédératives, à l’exemple de la Hollande et de la Suisse.

Les Brissotins se réunissaient dans le salon de madame Roland, femme d’un de leurs partisans, homme médiocre, que la beauté, lcstalens, le courage et les autres qualités de son épouse produisirent sur la scène du monde. Cette dame exerça aussi beaucoup d’influence sur les discoureurs 1 philosophes qui espéraient repousser des piques avec des syllogismes, et gouverner une nation puissante avec un réglement d’académie.

La force matérielle et terrible des Jacobins résidait dans le club de ce nom , le club plus violent encore des Cordeliers , et leurs affiliations primitives qui , dans beaucoup de départemens, maîtrisaient les autorités municipales, obligées malgré elles de se soumettre à leur domination farouche et sanguinaire. Le club des Jacobins avait plusieurs fois changé de maîtres. Son caractère principal étant une ardeur sans mesure pour la démocratie , il rejeta successivement tous ceux qui ne manifestaient point

' Le texte dit : Rapsodes , dans le sens nouveau de faiseur de rapsodics. (Edit.)

3lO VIE DE NAPOLÉON DIJON APARTE.

jusqu’à l’extravagance leur amour de la liberté et de l’égalité. Le mot de modération était aussi odieux à cette société, qu’aurait pu l’être celui d’esclavage; et quiconque affectait le patriotisme le plus violent et le plus outré, était certain de supplanter le chef existant. C’est ainsi que les Lameth enlevèrent la direction du club à La Fayette, et que Robespierre et Marat en expulsèrent les Lameth. Si l’on réfléchit à l’épouvantable férocité de ces derniers titulaires, ils devaient assurément garder leur suprématie, à moins que Satan ne se fût présenté pour la leur disputer en personne.

Les coryphées de ce club disposant , comme nous l’avons souvent remarqué , des passions de la populace , pouvaient d’un mot lever une forêt dépiques, et d’un autre mot faire briller mille poignards. Ils provoquaient audacieusement les actes les plus sanguinaires , ne déclarant pourtant pas une guerre franche et ouverte qui aurait conservé quelque chose de noble dans sa violence , mais une guerre à la manière des brigands. « Donnez- moi, disait l’atroce Marat, quand il enseignait la science du meurtre à Barbaroux , donnez-moi deux cents Napolitains , un poignard dans la main droite, et un manchon à la main gauche en guise de bouclier, je traverserai la France à leur tête et compléterai la révolu-

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