CHAPITRE VII
Justement fiçre de sa noble armée, de l’expérience de ses vieux généraux , de l’héritage de gloire militaire laissé par le grand Frédéric , la Prusse montrait plus d’empressement que l’Autriche à embrasser la cause que l’on commençait à appeler celle des rois et delà noblesse. Le monarque autricliien , cependant, était allié de très près à l’infortuné Louis XYI. Mais Frédéric-Guillaume croyait pouvoir mépriser les mouveinens révolutionnaires depuis sa facile victoire sur la démocratie hollandaise, tandis que la résistance opiniâtre des Pays-Bas excitait chez l’empereur la crainte des insurrections.
La Russie s’était déclarée contre la révolution française , mais ne prenait aucune mesure efficaoe pour la réprimer.
Animé de cet esprit aventureux qui avait décidé Gustave , et après lui Charles , à quitter les glaces de leur royaume pour étendre leur influence sur les destinées de l’Europe , le roi de Suède montrait la plus grande ardeur à marcher sur leurs traécs ; mais l’état précaire de ses finances rendait sa valeur presque inutile. *
Ainsi , l’inquiétude et l’aversion générale semblaient indiquer chaque joui’ davantage que . la force des armes devait décider la question.
33o VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE.
On eût (lil cependant que l’Europe reculait devant cette fatale épreuve, comme si elle eût prévu la longue durée de cette lutte terrible ; comme si elle eût calculé d’avance qu’il fallait des millions de victimes pour la terminer.
On ne peut douter que l’émigration des princes français et celle d’une grande partie de la noblesse, démarche inconsidérée en ellemême puisqu’elle enlevait au pays ceux qui étaient les plus intéressés au maintien de la monarchie, n’ait hâté de beaucoup le commencement des hostilités. La présence de tant de nobles exilés, la compassion qu’inspiraient leurs revers , le récit exagéré qu’ils faisaient de leur importance, surtout la crainte que l’esprit révolutionnaire ne s’étendît au-dehors de la France, et ne déterminât les mêmes effets chez d’autres nations’, firent naître dans l’aristocratie allemande le désir général de rétablir par la force des armes les nobles français dans leur pays et dans leurs droits , afin d’anéantir un système qui semblait déclarer la guerre à tous les gouvernemens , et voulôir abolir les privilèges dont les hautes classes étaient en possession.
La situation des ecclésiastiques français, bannis et privés de leurs moyeqs d’existence , parce qu’ils refusaient de prêter un serment contra ire à leurs vœux et à leur conscience, ajou-