‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 165 sur 204 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

tait un zèle de religion à fintérêt général qui naissait du spectacle , jusqu’alors inconnu en Europe , de ces milliers de nobles et de prêtres forcés de déserter leur pays natal , et de demander un asile aux étrangers.

Plusieurs petitsprinces del’Empirefirentmine de lever des troupes , se plaignant qu’on avait violé la foi publique à leur égard , en les dépossédant des droits individuels dont ils jouissaient en Alsace et en Lorraine ; droits sanctionnés par le traité de Westphalie, mais que l’Assemblée Nationale avait compris dans l’abolition générale des privilèges féodaux. De leur côté, les émigrés s’organisèrent à Trêves et en d’autres lieux en corps militaires, où de jeunes nobles de la plus haute distinction servaient comme simples soldats. Si leur nombre et leurs ressources eussent répondu à leur dévoûment et à leur courage, ils auraient pu contribuer puissamment à fixer les destinées de la F rance ; mais ils s’abandonnèrent beaucoup trop à la présomption de leur ordre , à la légèreté naturelle aux Français, et proclamèrent que la botte 1 d’un général autrichien suffirait pour disperser l’Assemblée Nationale

■ Le texte dit one thrust en conservant le mot français botte dans une parenthèse; mais thrust signifie hotte en fait d’armes. (Édit.)

’ On sait , par exemple, que plusieurs émigrans Ira-

Cette espérance irrtîflécliie de victoires reposait principalement sur la désorganisation de l’armée française , à la suite de l’indiscipline qui s’y était manifestée au commencement de la révolution. On se flattait aussi que ce désordre allait être porté au comble pârl’éraigration d’un si grand nombre d’officiers, maintenant sous l’étendard des princes. Mais il allait demeurer évident que les grades militaires ne sont pas long-temps vacans chez un peuple insurgé , et qu’on est toujours certain de trouver dans les classes inférieures ardeur et talent, lorsque la difficulté des circonstances promet des succès à l’ambition.

Malgré cette confiance dans la réussite, les émigrés n’étaient pas, à beaucoup près, dans une position favorable. Quels qu’eussent été leurs efforts , les princes n’avaient point obtenu des souverains étrangers ni de leurs ministres ce qu’ils en avaient espéré. La première démarche qui eut lieu en leur faveur fut la déclaration de Pilnitz 1 , par laquelle l’empereur et le roi de Prusse faisaient connaître , avec une grande circonspection diplomatique, l’intérêt qu’ilÿ pre-

versèrent le Rhin en pantoufles , comme pour montrer qu’ils faisaient une simple promenade à la porte de leurs châteaux. (Édir.)

' i3 août 1791.

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