‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 169 sur 204 · CHAPITRE VII. 33t · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 33t

» * y F ayette devint partisan de la guerre avec l’étranger. Militaire , et ayant eu des succès comme tel, il espérait que sa fortune ne l’abandonnerait pas , et qu’à la tête d’une armée qu’il voyait par avance victorieuse de l’ennemi étranger, il se ferait plus facilement respecter de ces factions qui commençaient à braver le drapeau rouge et les efforts bientôt impuissans de la garde nationale. Retrouvant ainsi le moyen de faire triompher encore une fois la constitution, en grande partie son ouvrage , La F ayette réflécliissait sans doute aussi à la passion du F rançais pour la gloire militaire , et se livrait volontiers à l’idée d’aller se mesurer avec un ennemi déclaré, au lieu de combattre sans honneur et dans l’obscurité , les clubs de Paris. La Fayette désirait donc la guerre ; et presque tout le parti constitutionnel adopta son opinion.

Les Girondins ne pressaient pas avec moins d’ardeur le commencement des hostilités. Ou le Roi s’opposerait à la mesure par un veto , ou il se déclarerait l’ennemi de sou beau-frère et de ses frères : dans ce dernier cas, il s’exposait à tous les soupçons de mauvaise foi , qui résulteraient nécessairement de sa position. Si les armes françaises remportaient la victoire, le danger d’une révolution en faveur de la royauté, soit par des soulèvemens à l’intérieur, soit par

une agression étrangère , disparaissait tout à coup et sans retour. L’ennemi obtenait-il l’avantage , il serait facile de rejeter le blâme de la défaite sur le monarque , et sur les Constitutionnels , qui avaient insisté , qui insistaient encore pour qu’il fût maintenu comme chef ostensible du pouvoir exécutif. * *

Les Jacobins, dont le but uniforme était de pousser constamment aux excès révolutionnaires, parurent cependant divisés entre eux sur cette grande question de la guerre ou de la paix. Robespierre lui-même se prononça fortement dans le club, contre la déclaration des hostilités ; voulant sans doute faire peser sur les Brissotins seuls tout le poids de cette mesure hasardeuse, et certain d’ailleurs de partager avec ces républicainsles avantages qu’elle pourrait leur fournir contre le Roi et les Constitutionnels. Mais en plaidant, en apparence, la cause de la justice et de l’humanité , il s’y prit de manière à ce que Louis n’en put rien augurer

' Telle était l’opinion des Girondins, et surtout de Louvet, qui pensait que la guerre convenait aussi à la nation parce quelle terminait ses incertitudes. Il faut bien admettre encore que l’enthousiasme des Girondins était un de leurs principaux motifs : ils croyaient à la fortune de la France libre contre des peuples esclaves ou secrètement inécontens. ( Édit .)

Page 1