CHAPITRE I
trines absurdes qui confondaient la raison ; de cérémonies puériles qui révoltaient l’esprit ; héritage des siècles de ténèbres et d’ignorance.* Humainement parlant, il eût été avantageux sans doute , et pour la catholicité , et pour le christianisme lui-même, que l’Église de Rome eût possédé les moyens de renoncer à ses prétentions ridicules , de modifier ses doctrines les .plus déraisonnables et de supprimer quelque chose de son cérémonial superstitieux , attendu que le siècle , plus instruit , voyait injustice dans les unes et puérilité dans les autres. L’Église de Rome n’osa point exercer ce pouvoir. De là peut-être ce grand schisme qui divise le monde chrétien , et qui autrement n’eût jamais existé , ou n’eût pas pris du moins l’extension et le caractère de défiance qu’il présente. Dans tous les cas, l’Église de Rome, retenant l’autorité spirituelle sur une si grande et si belle portion de la chrétienté, n’eût point été réduite à l’al-
1 Nous n’acceptons nullement la solidarité de ces jugemens ; l’éditeur ne s’est point chargé de réfuter les opinions religieuses de l’auteur, et le traducteur s’est imposé la loi de rendre scs pensées dans toute leur franchise. Walter Scott juge l’Église romaine avec ses idées de presbytérien , mais sans aucun but de prédication ni même d’attaque. Son point de vue n’est point le nôtre; il faut seulement en tenir compte. (Édit.)
ternative, ou de défendre des propositions qu’une raison éclairée ne saurait admettre , ou de voir les doctrines les plus essentielles , les doctrines vitales du christianisme , confondues avec ces propositions, et tout le système religieux exposé au mépris de l’incrédule. La portion la plus éclairée et la plus instruite de la nation française tomba presque généralement dans le dernier de ces extrêmes. <
En attaquant les prétentions absurdes et les erreurs de l’Église romaine , l’impiété s’en était habilement prévalu, comme si elles eussent été inhérentes à la religion chrétienne ellemême. Ceux dont la crédulité ne pouvait digérer les plus grossiers articles de foi du papisme , se crurent également autorisés à juger de la religion en général, par les abus qu’y avaientintroduitsl’ignorance etl’intérêt des prêtres Ce qui favorisait l’attaque nuisait nécessairement à la défense. Embarrassé par l’obligation de justifier toutes ces inventions humaines par lesquelles l’Église de Rome avait défiguré le christianisme, le clergé catholique n’était pas le meilleur avocat possible , même dans la meilleure des causes. On aurait pu citer de brillantes exceptions, sans doute; mais il faut avouer
1 Le texte dit prieslcraft. (Édit.)