CHAPITRE I
néauraoins qu’une grande partie des hauts fonctionnaires ecclésiastiques s’occupaient faiblement de soutenir les doctrines de l’Eglise , ou d’étendre son influence ; ne voyant dans l’Église même qu’un asile au sein duquel, au prix de certaines renonciations convenues , ils pouvaient passer leurs jours dans un indolent repos et une douce aisance. Quant à ceux qui en jugeaient plus sérieusement , ils s’en remettaient volontiers, du salut de l’Église, aux restrictions imposées*à la presse, qui proscrivaient une libre discussion. Qu’arriva-t-il ? Ce qui arrive ordinairement. Beaucoup d’individus , dont des débats francs sur les questions théologiques eussent éclairé les esprits , restèrent nécessair ement plongés dans les ténèbres , finirent, par répudier le christianisme lui-même avec les corruptions de Rome , et devinrent des incrédules au lieu d’être des chrétiens réformés. «
Depuis long -temps aussi les disputes violentes des Jésuites et des Jansénistes avaient contribué à la déconsidération de l’Église , et surtout des membres du haut clergé. Ces querelles avaient mis au jour beaucoup de turpitudes. Sans doute le manteau de la religion a souvent couvert des persécutions plus cruelles et plus générales ; mais à aucune autre époque , l’esprit d’intrigue, de haine, de calomnie et de malice
ri
44 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, ne revêtit plus honteusement les formes sacrées. L’aveugle vulgaire et les esprits légers en rendirent la religion responsable.
Le nombre de ces ecclésiastiques indifférens au maintien des doctrines de l’Église et à l’accompbssement des devoirs qu’elle prescrit, s’était accru de beaucoup depuis que les grands bénéfices avaient cessé d’être le prix des mœurs , de la piété, destalens et du savoir ; depuis qu’ils étaient conférés à de jeunes nobles peu soigneux de faire oublier la légèreté de leurs haWtudes anciennes par la sainteté de leur nouvel état, et qui , n’épousant l’Église que comme un moyen d’existence , ne paraissaient pas devoir contribuer puissamment, par leur conduite et leurs connaissances , à lui rendre la considération dont elle avait besoin. Entre toutes les promotions dont le fameux régent, duc d’Orléans, donna le scandaleux exemple , il en est une qui ajouta considérablement à la défaveur qui s’attachait à la hiérarchie ecclésiastique , même dans ses plus hauts dignitaires. Était-il possible, en effet, de respecter la pourpre romaine sur la personne de l’infàme Dubois?
On pouvait espérer, ce qui arriva réellement en grande partie, que la déférence portée au caractère des curés, et la reconnaissance qu’inspiraient leurs services , puisqu’ils se trouvaient