‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 27 sur 204 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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chargés exclusivement du salut des âmes, viendraient compenser la déconsidération dont le haut clergé se voyait l’objet à cette époque. Nul doute que ce corps d’ecclésiastiques estimables nepossédàt et ne méritât de posséder une grande influence sur ses paroissiens. Mais les curés euxmêmes languissaient alors dans l’indigence et l’oubli; ils étaient hommes, et ne pouvaient voir avec indifférence , en possession de toutes les douceurs de la vie , des supérieurs qui déshonoraient quelquefois leur habit, ou démentaient par leur conduite les doctrines qu’ils étaient chargés d’enseigner. Par suite de réflexions si naturelles, les curés devaient nécessairement partager les opinions de la classe moyenne, dont ils formaient une portion respectable , et avec laquelle ils se trouvaient journellement en contact. Suivons ce raisonnement; la conséquence va s’étendre à leur situation personnelle. Si les privilèges de la haute noblesse étaient plus nuisibles qu’avantageux à l’Etat, n’en était-il pas de même à l’égard de l’Eglise ? Et si les emplois publics , offerts désormais à toutes les prétentions , devaient être exercés par le plus digne et le plus capable , les hautes fonctions ecclésiastiques , par la même raison , ne devaient-elles pas devenir plus accessibles pour ces hommes qui s’acquittaient , avec une humilité consciencieuse ,

46 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, des devoirs pénibles attachés aux fonctions moins élevées , et qui avaient des droits pour aspirer, dans l’ordre d’une succession hiérarchique , aux dignités supérieures de l’Église? Nous ne croyons pas nous tromper en attribuant à ces ecclésiastiques des sentimens non moins fondés en principe qu’inspirés par leur intérêt personnel. Aussi , le corps des ourés prouva-t-il bientôt qu’il partageait les opinions politiques du tiers-état, auquel il se réunit ouvertement, ajoutant ainsi une immense force aux premiers mouveinens de la révolution. Mais la conduite de ces ecclésiastiques , quand ils virent que la religion était menacée dans ses bases , doit absoudre le clergé finançais de l’accusation d’égoïsme. Aucun corps, en effet, pris en masse, ne s’exposa plus généreusement à la persécution et à la misère, pour ne point trahir sa conscience.

Pendant ces divisions respectives de la no- • blesse et du clergé , considérés comme branches de l’État; pendant que l’un et l’autre perdaient généralement leur crédit dans la nation; que leurs privilèges excitaient toujours le mécontentement, sans que leur puissance fût encore un sujet de crainte ; que le ridicule et la haine s’attachaient à des prétentions de supériorité que ne justifiaient pas toujours les qualités de la

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