‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 47 sur 204 · chapitre u · texte numérisé non relu

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jaloux de tirer l’épée pour jla cause de la liberté. Les hommes d’état, croyaient voir, dans le triomphe de l’Amérique , la chute complète de l’Angleterre. Ils espéraient, au moins , qu’elle allait descendre de ce haut degré de puissance et de dignité où l’avait placée la paix de 1763. En conséquence, ils pressèrent vivement Louis XVI de saisir l’occasion , jusque là vainement recherchée, d’huinilier cette formidable yivale. Dans les cercles de la cour, particulièrement dans celui de Marie- Antoinette , la députation américaine avait eu l’adressé , ou le bonheur, de se rendre populaire, en y paraissant avec des manières et des sentimens toutà-fait en opposition avec ceux de la cour et des courtisans; là où tout était d’une recherche extrême dans le costume, le langage et les formes , la simplicité républicaine fut rendue plus intéressante encore par le contraste, et par les talens dont firent preuve Benjamin Franklin et Silas Deane, non seulement en matière de diplomatie , mais encore dans les simples communications sociales. Par toutes ces causes et d’autres encore , un gouvernement absolu qui voyait ses sujets imbus d’opinions hostiles pour sa constitution politique et religieuse , un peuple mécontent, un revenu public presque anéanti; fut entraîné comme par la fatalité , dans une

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lutte dont les principes menaçaient sa propre existence. •

Soit qu’il craignit les dépenses d’une guerre ruineuse, soit qu’il vit, dès lors, avec crainte le progrès des doctrines démocratiques, soit enfin qu’il désirât se maintenir en bonne intelligence avec l’Angleterre ; le roi considéra qu’il fallait , pour entreprendre une guerre, d’autres motifs qu’une simple occasion de la faire avec succès , et s’opposa , presque seul , à cette grande faute * politique. Ce ne fut pas seulement en cette occasion "que le prince, plus sage que ses conseillei’s , céda néanmoins à leurs instances , et fit , le sacrifice de ses opinions fondées sur une probité désintéressée et un bon sens modeste. C n jugement sain, une morale pure, telles étaient les principales qualités de cet excellent prince. Pourquoi n’eut-il pas plus de défiance des autres -, pourquoi n’ eut-il pas plus de confiance en luimême?

Le sentiment contraire prévalut sur celui du roi ; la guerre fut déclarée , conduite avec succès, terminée par des victoires. Nous avons vu que les Français s’étaient rendus en Amérique avec des inclinations propres à leur faire contracter, si déjà ils n’en étaient induis 1 , ces idées *

1 De jeunes enthousiastes portèrent jusqu'à l'extra va-

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