‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 48 sur 204 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de liberté qui avaient armé les colonies contre ld mère patrie. Il 11e faut donc pas s’étonner qu’ils revinssent en France, fortement disposés en faveur d’une cause pour laquelle ils avaient bravé des dangers, et à la défense de laquelle ils avaient acquis de la gloire.

Les officiers inférieurs de cette armée auxiliaire, presque tous hommes de qualité, selon les règles établies en F rancêpSur leservice militaire, appartenaient en grande partie à la noblesse de province. Par les motifs que nous avons rapportés plus haut , cette noblesse était loin d’approuver un système qui rendait sou avancement difficile dans la seule profession que ses préjugé^ et ceux de la France lui permettaient d’embrasser. Les plébéiens qui , soit par connivence ou par tout autre moyen indirect, se trouvaient investis d’un grade dans l’armée, soupiraient après une réforme qui eût ouvert un champ fibre à leur courage et à leur ambition. Ils voyaient donc avec un mécontentement d’autanL plus vif des mesures récemment adoptées dans le but

gance cette affectation des habitudes républicaines. Le comte de Ségur parle d’un étourdi , assez bizarre , dès cette époque , pour renoncer aux politesses d’usage entre les hommes , voulant ‘absolument qu’on l’appelât par son nom de baptême et son nom de famille, sans l'addition ordinaire de monsieur.

90 \IE DE NAKJLÉON BUON APARTE, d’opposer à leur avancement militaire , fil us d’obstacles encore qu’auparavant '. Ces sentimens étaient ceux des sons - officiers et des sol* dats en général , tous pleins de confiance dans leur \aleur et dans la fortune , tous également indignés de ces barrières qui leur fermaient le chemin des emplois militaires.

Les officiers d’un grade supérieur, et qui appartenaient à la haute noblesse , étaient pour la plupart de jeunes audacieux, à la tête exaltée, qui avaient pris les armes non seulement par amour de la gloire , mais aussi par enthousiasme pour la nouvelle pliilosophie et les doctrines politiques qu’elle enseignait. Parmi ces derniers on comptait Rochambeau, La Fayette, les Lameth, Chastellux, Ségur, et autres nobles d’un rang élevé, mais qui n’en étaient pas moins épris de la cause populaire. Ils oublièrent aisément, dans l’excès de leur exaltation , que leur

1 D’abord , les plébéiens obtenaient un grade dans l’armée , sur la signature de quatre personnes de qualité , attestant qu’ils descendaient de familles nobles ; et l’on se procurait aisément ces faux certificats moyennant une faible somme. Mais après la guerre d’Amérique , et par suite d’un réglement du comte de Ségur , on exigea des candidats à la profession militaire, un certificat de noble origine délivré par le généalogiste du roi, indépendamment des attestations autrefois jugées suffisantes.

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