CHAPITRE II? y I
supé#orité sociale était menacée par le progrès des opinions démocratiques, ou s’ils réfléchirent un moment que leurs intérêts étaient compromis , ce fut avec le généreux désintéressement d’une jeunesse disposée à sacrifier au bien public toute espèce d’immunités persorinelles attachées à leur condition. * «
De retour d’Amérique , l’armée française devint un puissant auxiliaire des doctrines libérales, alors généralement répandues. Cet amour de gloire militaire, si long-temps sauve-garde du trône , enflammait davantage encore cette classe distinguée de l’armée , au souvenir de victoires tout récemment obtenues pour la défense des prétentions du peuple , contre les droits d’un gouvernement établi. Leurs lauriers étaient verds et nouveaux , au heu que ceux qui avaient été remportés pour la cause de la monarchie étaient déjà vieux, et flétris par les désastres de la guerre de sept ans. Officiers cl soldats furent donc accueillis à leur retour avec le plus vif enthousiasme, fl était évident qu’au premier choc entre la monarchie et ses adversaires, ceux-ci pourraient compter sur l’assentiment , peut-être même sur la coopération de cette jeune noblesse qui venait de rétablir l’honneur militaire de la France. Ce fut elle en effet qui fournit à la révolution ses athlètes les plus
ga VIE DE NAŸOIiÉON BUON APARTE, redoutables. Ce fut à son exemple qu’un grand nombre de soldats français oublièrent lem'S'idées natives de fidélité envers le souverain ; fidélité proclamée pendant le cours de tant de siècles, par le cri de guerre de vive le roi ! et qui reparut, après avoir changé d’objet , dans le cri de vive l’empereur!
Il ne nous reste plus qu’à signaler une autre cause directe de la révolution ; mais elle se lie d’une manière si intime avec sa naissance et ses progrès, que nous ne pouvons la séparer de l’exposé rapide des mouvemens révolutionnaires, auxquels elle donna la première impulsion décisive.