CHAPITRE III
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Ces ministres proposèrent donc de convoquer, dans les diversesprovinces, une espèce de représentation nationale. La moitié des députés eût été nommée par le tiers-état ; l’autre moitié , par la noblesse et le clergé en égales proportions. Ces assemblées n’auraient point eu la faculté de rejeter les édits qui établissaient de nouvelles taxes ; mais elles auraient fait la répartition de l’impôt sur les liabitans de leurs provinces respectives. Sous plus d’un rapport , ce système était excellent, et pouvait amener par la suite d’autres améliorations importantes. 11 est probable , d’ailleurs, qu’à cette époque de 1781 , il eût été reçu comme une faveur qui associait le peuple aux délibérations de la couronne , plutôt que comme une concession arrachée à la faiblesse du souverain, ou provoquée par son désespoir. C’était aussi une occasion, particulièrement désirable en France, de former l’esprit du peuple aux affaires publiques. La nation anglaise doit plusieurs des bienfaits pratiques de sa constitution , à l’habitude où sont presque tous ses citoyens de s’instruire à l’exercice de quelque droit public , dans les cours de comtés et les assemblées de paroisses ', ou d’autres corps délibérans. Par ce
1 Head-courts , and vestries. L’auteur veut parler ici des différentes assemblées de propriétaires , où l’on discute les taxes locales et les intérêts d’un canton sous la
106 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, moyen , ils sc familiarisent avec la marche des affaires , et apprennent à les expédier avec l’ordre et la régularité qu’elles demandent. Le plan de Necker eût procuré ces utiles institutions aux Français.
Mais malgré tous les avantages qu’il promettait, ce projet manqua son but, grâce à l’opposition jalouse du parlement de Paris, qui ne voulut pas qu’un autre corps que le sien même , fût réputé gardien de ce qui restait en France de libertés nationales.
Une autre mesure de Necker parut d’une
présidence du seigneur féodal, ou baron [baron- court), ou du sheriff ( sheriff" torn ) , ou enfin sous celle de 1 ’headborough ou constable , officier civil dont l’institution remonte à Alfred-le-Grand, et qui était originairement désigné pour répondre de dix hommes libres ( freemen ) , dans la division de l’Angleterre en centuries , et en dizaines. L ’head-court est donc dans un sens général une assemblée des notables d’un canton.
On appelle vestry ou sacristie ( du lieu où l’assemblée se tient ) , la réunion des principaux propriétaires d’une paroisse , des marguillicrs et du ministre , qui s’occupent des affaires du canton. La convocation est affichée aux portes de l’église le dimanche qui la précède. L’auteur aurait pu citer une foule d’autres assemblées du même genre, qui sont , pour les habitans de la Grande-Bretagne , une continuelle préparation aux débats de la tribune.
( Note de Y Editeur. )