‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 61 sur 204 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

•royaume. Sous tous les rapports, cette mesure était imprudente 1 . Avec l’apparence extérieure d’un grand conseil national, lesnotables n’avaient aucun droit de représenter la nation: il n’entrait pas davantage dans leur mandat de prendre une résolution quelconque. Leurs fonctions se réduisaient à celles de conseillers extraordinaires, qui délibéraient sur toute mesure que le roi pouvait soumettre à leur examen , et qui ne donnaient leur opinion qu’au! ant qu’on la leur avait demandée ; mais une assemblée qui ne devait que soulever des opinions et Jes discuter, sans pouvoir arriver à une mesure effective, devenait une ressource funeste au moment où il fallait absolument se décider, et lorsque la fermentation nationale exigeait qu’on évitât . avec soin toute discussion vague et sans effet. Lue grande erreur qui signalait surtout la convocation des notables, c’est que l’assemblée, n’admettant nécessairement que les ordres privilégiés , se trouvait composée tout entière d’individus les plus opposés à l’égale répartition des impôts, et jaldux de conserver ces mêmes privilèges^ que le plan du ministre des finances tendait à détruire.

' Ils furent convoqués le 29 décembre 1786 , et se réunirent le 22 février de l’année suivante, t

Il8 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE.

Calonne ne rencontra qu’opposition de la part des notables ; il en reçut des remontrances au lieu de l’appui qu’il en attendait. Tous ses plans furent censurés, toutes ses propositions rejetées. Il était, en présence de l’assemblée, comme un magicien téméraire , qui a bien pu évoquer un démon mais -qui est incapable de le soumettre à toutes ses volontés. La mort de Yergennes vint augmenter sa faiblesse ; et il se vit obligé , à la fin , de quitter sa place et son pays, sacrifié à la haine populaire et à des intrigues, de cour. En convoquant les États- Généraux au lieu des notables , cet habile mais imprudent ministre se fût au moins ménagé l’appui du tiers-état. Fort de cette alliance , il aurait pu réaliser le projet populaire de l’égale répartition des impôts, qui eussent ainsi frappé le riche comme le pauvre , le fier prélat et le noble opulent, comme l’industrieux cultivateur des campagnes. *

Calonne étant venu chercher en Angleterre un asile contre la haine de ses compatriotes , son poste périlleux fut confié à l’archevêque de Sens , depuis cardinal de Ldfnénie , et porté à la tête du ministère 1 , par la faveur de l’infortunée Marie- Antoinette. A des qualités, d’ail-

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