‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 65 sur 204 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ptfce de cinq années *. Cetle demande donna lieu à un débat qui dura neuf heures , et ne se termina qu’au moment où le roi, quittant le siège, intima l’ordre positif d’enregistrer l’édit de l’emprunt. A 1 étonnement de toute l’assemblée, le premier prince du sang, due d’Oçléaus, se leva , et demanda si le parlement était réuni en lit de justice ou en séance royale. Le roi ayant répondu que c’était une séance royale , le duc déclara solennellement qu’il protestait contre la mesure \ Voici* donc encore une fois 1 autorité du roi en opposition directe avec les intérêts du peuple, comme, si l’on eût voulu prouver à la nation que la royauté n’était qu’un vain fantôme, une ombre gigantesque qui pouvait eflrayrcr les esprits timides, mais dont les hommes courageux n’avaient rien à redouter.

• En cédant le terrain, le ministre tenta un effort inutile qui fit voir tout à la fnj|, et la faiblesse de l’autorité royale, et la volonté de l’exercer dans les formes despotiques des premiers temps. Deux membres du parlement fu-

1 M. Lacrctéllc dit quatre années. (Voyez Histoire de France, pendant le dix-huitième siècle. Tome VI , p. a3o.) ( Édit. )

1 Ces événemens mémorables, eurent lÜu le iy novembre 1787.

126 VIE DE N APOLLON BUON APARTE, rent emprisonnés dans des forteresses lointaines ’ , et le duc d’Orléans fut exilé dans ses terres.

De longues et vives contestations s’établirent entre le roi et le parlement. Le monarque reconnaissait déjà son impuissance , par cela seul qu’il entrait en discussion sur ses prérogatives ; elle demeura évidente par les concessions qu’il fut obligé d’offrir. Pendant ce temps, le ministre nourrissait l’idée chimérique de se débarrasser complètement de ces*cours opiniâtres, et d’éluder aussi la convocation des États-Généraux, en leur substituant .une cour plénière, c’est-à-» dire cette ancienne assemblée féodale composée de princes , de pairs , de maréchaux de France, et d’autres personnages distingués, qui eussent exercé, à l’avenir, les plusimportans et les plus nobles pouvoirs des parlemens , par là réduits à leurs attributions primitives et naturelles de cours judiciaires. Mais une assemblée, ou si l’on veut un conseil renouvelé des temps féodaux, et qui offrait si peu de place à la représentation populaire, ne pouvait sous aucun rapport convenir auxidées généralement dominantes de l’époque: Cette vérité était si bien sentie , que beaucoup de pairs et d’autres individus nommés membres

D’Épresménil et Goislard. (Édit.)

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