CHAPITRE III. J
d’administration • Necker fut rappelé au timon de l’État. Ce favori du peuple , par ime prévision douloureuse des malheurs qui devaient bientôt arriver , regrettait que le ministère de l’archevêque eût non seulement perdu le temps, mais encore laissé empirer les choses; ce qui était bien plus funeste. Brienne, en effet, n’avait réussi qu’à augmenter le nombre des adversaires du trône , et à diminuer ses ressources , en entraînant Louis XVI dans des mesures qui firent considérer généralement l’autorité royale comme ennemie de toutes les classes de l’État. Remplir la promesse du roi en convoquant les États-Généraux, parut à Necker la démarche la plus honorable et la plus prudente. Assurément c’était le seul moyen de réconcilier le prince avec le peuple, quoique ce fût alors acquitter une sorte de dette, quand deux ans plus tôt , la mesure eût été reçue comme une " grâce.
Nous avons déjà fait observer que l’organisation de cette assemblée nationale était peu connue , encore bien que le mot fût dans toutes les bouches. On y voyait un remède universel aux désordres de l’État , sans bien savoir comment il fallait composer cette panacée ; sans pouvoir dire non plus quels en seraient précisément les effets. La France invoquait l’assistance des
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États-Généraux, comme elle aurait imploré l’intervention d’un ange tutélaire, s’abandonnant sans réserve à sa puissance et à sa bonté , mais ignorant , toutefois , et la forme sous laquelle cet ange devait lui apparaître , et la nature des miracles qu’il allait opérer en sa faveur.
On a fortement reproché à Necker d’avoir négligé les intérêts de la couronne, en ne prenant pas l’initiative de la marche à suivre en cette importante occasion. On a prétendu que , sans prendre aucun avis , sans donner lieu à aucune incertitude , il devait adopter , pour la convocation et l’organisation des États- Généraux, les mesures les plus propres à raffermir le pouvoir chancelant de son maître. Mais Necker réfléchit sans doute que le temps était passé où la couronne pouvait revendiquer cette initiative sans donner de l’ombrage ouprovoquer la résistance ; peut-être se souvenait-il que l’autorité royale, depuis quelques années, avait plus d’une fois tenté des efforts inutiles. Le résultat du lit de justice et de la séance royale avait suffisamment prouvé , d’ailleurs , qu’un langage de maître eût vainement frappé des oreilles rebelles , et qu’il n’aurait pu que susciter une opposition qui eût mis au grand jour l’impuissance de l’autorité. Il était donc prudent , non pas de se fier à l’exercice d’une prérogative sans