CHAPITRE IV
de lui des actes d’une abnégation si nouvelle.
Le clergé ne se montra pas moins jaloux des privilèges de l’Eglise, que la noblesse des immunités féodales. Déjà on avait soutenu follement que les biens ecclésiastiques , comme toute autre espèce de propriété , devaient être soutnis à l’impôt; etpuisqucles opinions pliilosophiques avaient attaqué les principes religieux , attaché le ridicule à lu personne des prêtres , bien loin de les recommander au respect public, * il était à craindre que les individus professant ces opinions ne vinssent à réclamer, au lieu d’une partie des biens du clergé , la saisie générale de • toutes ses propriétés.
Les deux premiers ordres voyant donc leurs intérêts respectifs ainsi compromis, se tinrent à l’écart, et s’efforcèrent de détourner l’orage en faisant traîner en longueur les délibérations des États-Généraux. Ut* désiraient surtout assurer leur importance individuelle, comme ordres séparés; et ils proposèrent d’adopter l’usage établi en 1614, c’est-à-dire que les trois États auraient siégé et voté en trois corps séparés. Mais le tiers -état, qui avait d’abord senti sa force, était déterminé à choisir le mode qui augmenterait et consoliderait sa puissance. Au moyen de la double représentation , il se trouvait égal ên nombre aux deux autres corps;
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et comme il était certain de quelque appui dan» les rangs inférieurs de la noblesse , mais surtout d’un parti considérable dans le bas clergé , Assistance de ces deux minorités devait nécessairement lui assurer une grande majorité dans les votes , pourvu que les trois ordres ne formassent qu’une seule chambre.
De leur côté , la noblesse et le clergé comprenaient qu’une réunion de cette nature mettrait leurs biens et leurs privilèges à la merci du tiers- ’état , que l’amalgame des trois -corps en une seule assemblée assurait d’une prépondérance « accablante. Ils ne pouvaient espérer non plus que ce pouvoir une fois acquis serait exercé avec modération. Non seulement on attaquait leurs privilèges avec toutes les armes de la raison et de la satire, mais on allait fouiller dans les archives des premiers temps pour en exhuqier de ridicules absurdités , et des cruautés détestables imputées aux anciens seigneurs. En les attribuant aux classes privilégiées du jour, on avait eu soin d’y ajouter des anecdotes d’une horreur incroyable, inventées tout exprès pour rendre plus odieux encore le système qu’on voulait renverser ’. Tous les motifs d’intérêt
' Par exemple , on affirma sérieusement que le seigneur d’un certain pays était en possession du drëit d^tuer, à