‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 77 sur 204 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

la promesse qu’avait faite en son nom l’archevêque de Sens , alors premier ministre , le roi , comme nous «l’avons vu, avait convoqué les Etats-Généraux. Mais il n’était point préparé à la métamorphose du tiers-état en Assemblée * # .Nationale, çt aux prétentions qu’il élevait en cette qualité. Saisi d’effroi, on le croira sans peine , à la vue de ce corps parvenu soudain à . * cette^aille gigantesque , Louis crut devoir écou- * ter ceux qui lui conseillaient de combattre cette nouvelle et formidable autorité, avec toute la force de la puissance royale ; puissance néanmoins qu’il eût exercée avec les ménagemens que réclamait l’opinion du jour, en faisant même, à l’esprit de liberté qui se manifestait, le sacrifice d’un grand non^re de ces prérogatives dont le peuple paraissait prendre le plus d’ombrage.

Dans ce dessein , une séance royale fut résolue.

Le roi devait y proposer aux trois États réunis un plan qui, on l’espérait du moins, réunirait toutes les opinions et tranquilliserait tous les esprits. Une séance royale n’était peut-être pas ce qu’on pouvait imaginer de plus heureux. La forme et le nom rappelaient trop un lit de justice , où le roi dictait au parlement des ordres absolus. La mesure, d’ailleurs, devait nécessairement éveiller le souvenir de cette séance royale si impopulaire du 1 g novembre 1787, du

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renvoi de Necker, et de l’exil du duc d’Orléans.

Comme si tout cela n’eût point suffi, un incident déplorable, qui tenait de la fatalité} vint déranger ce projet, dépouiller la mesure de l’apparence d’un bienfait royal , faire peser sur la cour l’accusation odieuse d’avoir voulu dissoudre violemment l’Assemblée , et donner aux membres de ce corps le caractère de généreux patriotes dont l’union , le courage et la présence d’esprit , avaient détourné le coup qui menaçait leur existence.

La chambre du tiers-état fut choisie pour la séance royale, comme étant la plus vaste des trois ; des ouvriers reçurent l’ordre d’y faire les dispositions et les changemens nécessaires. On eut l’imprudence de commencer ces préparatifs * , avant d’avoir fait aucune communication à l’Assemblée N ationale ; on se contenta de notifier au président Bailly, par l’organe du maître des cérémonies, que le roi suspendait les réunions de l’Assemblée jusqu’au jour de la séance royale. Bailly, qui subit depuis un destin si tragique, ne reconnut point un ordre ainsi communiqué; et quand les représentans se rendirent au heu ordinaire de leurs séances , ils le trouvèrent rempli d’ouvriers et gardé par des soldats. Cet

1 ao Juin 1 78g.

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