‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 79 sur 204 · CHAPITRE IV. 1Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 1Ô

Le roi déclara donc qu’il renonçait à la l'a-

• culte d’établir les impôts , et au droit de contracter les emprunts , sauf quelques sommes de peu d’importance , sans le concours des États-

Généraux. Il invita l’Assemblée à se concerter

pour régulariser le système des lettres de ca- « chet ; reconnut la liberté individuelle , garantit * * la liberté de la presse , en demandant toutefois des mesures pour en réprimer la licence; et s’en remit aux Etats , comme à l’autorité compétente , pour la suppression de l’a gabelle et d’autres taxes oppressives ou inégalement réparties.

Toutes ces concessions furent inutiles. Le peuple et ses représentans n’y virent qu’une renonciation tardive et faite de mauvaise grâce, à des droits long-temps usurpés par la couronne, et qu’elle n’abandonnait qu’au moment où ils allaient lui échapper. De plus, l’Assemblée se trouva blessée des termes employés dans le discours du roi, et du ton avec lequel il avait été prononcé. Elle prétendit que la volonté royale s’était exprimée d’une manière trop impérative; elle s’indigna que le monarque eût proposé d’exclure le public des séancçs , et qu’il eût frappé d’illégalité scs décrets au sujet des taxes. Mais * ce qui porta le mécontentement à son comble, ce fut la phrase qui terminait le discours du

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trône, où le roi, malgré les déclarations récentes des représentans , et leur serment de continuer leurs séances jusqu’à ce qu’ils eussent adopté une constitution pour la France, se réservait le droit de dissoudre les États. Enfin , # Necker, le seul des ministres qui possédât la confiance du peuple , s’était abstenu de paraître à la séance , preuve certaine qu’il n’approuvait pas les mesures proposées.

Ce plan de réforme fut accueilli avec de grands appîaudissemens par les nobles et le clergé ; le tiers-état l’écouta dans un morne silence. C’était bien mal connaître l’esprit humain , que de supposer que ce grand appareil d’une autorité si souvent combattue , et avec succès , pût exercer quelque empire sur ce corps , et le décider à descendre de la hauteur de pouvoir où il s’était placé , ou à se rendre ridicule en oubliant sitôt le serment qu’il venait de prononcer.

Le roi, de sa seule autorité , ayant commandé aux députés de se séparer 1 , sortit , suivi de la noblesse et du clergé ; mais les membres qui étaient restés mornes et silencieux , re-

1 Le texte porte dissolVed the assembly. L’Assemblée ne fut poigt dissoute ; mais la séance fut levée. Ces mots : dissolved, dissolution , feraient quelquefois contre-sens s’ils étaient toujours traduits littéralement. (Édit.)

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