‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 81 sur 204 · CHAPITRE IV. igi · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. igi

et dispara ître au milieu du reste. Si tous les membres de l’Assemblée Nationale eussent été animés d’intentions loyales et pures , comme nous croyons que l’étaient plusieurs d’entre eux, ou même le plus grand nombre, le gouvernement français , alors étendu sans vie à leurs pieds , aurait pu , comme la statue de Prométhée , recevoir de leurs mains une seconde existence.

Mais l’Assemblée Nationale , quoique unanime dans la volonté de combattre l’autorité de la couronne et les prétentions des classes privilégiées , ne 1 était pas sous le rapport de ses projets ultérieurs , et portait en elle-même des élémens, de désordre et de confusion. Quatre partis au moins s’agitaient dans son sein, et parurent tour à tour sur la scène révolutionnaire , comme ces vagues bruyantes qui effacent et détruisent successivement la ti ace que le dernier flot a laissé sur le rivage.

La première division de ces législateurs, et celle qui avait un but arrêté, était dirigée par Mounier, l’un des hommes les plus sages et les plus recommandables de France. 'Ce parti suivait aussi l’impulsion de Malouet et de quelques autres ; ils appuyaient un système dont nous avons déjà parlé , et pensaient que la France , pour quelques unes des institutions

Vik dh Nap. Buoh. Tome r.

libérales à créer , devait jeter les yeux sur l’Angleterre, où la liberté llorissait depuis si long-temps. Transplanter le chêne britannique avec ses immenses rameaux et ses profondes racines , eût été sans doute impossible ; mais le jeune arbrisseau de la liberté pouvait être élevé d’après les mêmes procédés. La France modei’ne , comme jadis l’Angleterre, aurait pu choisir parmi ses anciennes lois et ses anciennes institutions , celles que le peuple paraissait encore disposé à respecter ; elle aurait pu les soumettre à toutes les modiiications nécessaires , en y ajoutant toutes les dispositions nouvelles que réclamait l’esprit des temps ; et rien ne s’opposait à ce que les principes libéraux d’Angleterre servissent de base au système dans son ensemble. La nation eût ainsi élevé ses propres remparts sur le modèle de ceux qui résistaient depuis si long- . temps aux tempêtes. A la vérité, les législateurs français n’auraient point par ce moyen donné au royaume un corps complet d’institutions politiques ; mais la France eût acquis la liberté individuelle , le jugement parjurés , la liberté de la presse , le droit d’accorder ou de refuser les subsides , garantie la plus forte de l’indépendance nationale , garantie dont le peuple ne souffrira jamais qu’on le dépouille

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