CHAPITRE IV
ambitieux de faire une constitution en tout point, conforme aux propositions qu’elle avait posées , # comme embrassant tous les droits de l’homme. Et s’il fût arrivé que cette constitution ne convînt point à l’état du pays , elle aurait toujours du lui convenir , sans le jeu irrégulier des passions humaines , sans les habitudes artificielles contractées dans un état artificiel de société. Mais celte majorité n’était pas elle-même d’accord sur un point important : car la seconde division , nous comptons celle de Mounier pour la première, était disposée comme celle-ci à placer à la tète du nouveau gouvernement le roi régnant, LouisXYI. Cette résolution en sa faveur pouvait venir en partie du long attachement de la nation pour la maison de Bourbon , et en partie des égards commandés par le caractère doux et philanthropique du monarque. Nous pouvons croire aussi que La F ayelte , élevé dans les camps ; que Bailly, savant et magistrat, conservaient encore pour leur excellent et infortuné souverain , malgré leurs opinions politiques, une affection avouée par la nature au défaut de la philosophie ; et que leur conscience les portait à se départir , autant que la personne de Louis XYI s’y trouvait particulièrement intéressée , de leur système de destitution générale, à l’égard de quiconque avait eu jusqu’alors une existence
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politique en France. Mais un troisième parti tout en professant les opinions de La Fayette, de Bailly et autres , en étendait beaucoup plus • loin les conséquences, et s’affranchissait des scrupules qui arrêtaient les deux premières divisions-dans la carrière des réformes. Ce troisième parti pensait avec La Fayette qu’il fallait reconstruire l’édifice sur des bases absolument neuves; il croyait encore avec lui, que sans cette régénération complète , une contre-révolution serait toujours à craindre ; mais il portait ses prétentions plus loin que les constitutionnels.
Ces théoriciens hardis faisaient valoir l’inconséquence et le danger de placer à la tête du gouvernement régénéré , un prince accoutumé à se considérer, par droit d’héritage , comme le possesseur légitime du pouvoir absolu. Il était impossible, selon eux, comme dans la fable du Paysan et la Couleuvre, que le monarque et ses conseillers démocratiques oubliassent , l’un la perte de sa puissance, les autres le désir constant que devrait éprouver le roi de la ressaisi^ Plus conséquens en cela que les constitutionnels , ceux du troisième parti . se firent républicains décidés , et résolurent d’effacer de la nouvelle constitution tout vestige et jusqu’au nom de monarchie.
Les hommes de lettres qui faisaient partie