CHAPITRE IV
Ceux-là 11c voulaient que paix et protection. Un plus grand nombre encore ne s’étaient joints aux insurgés que parce que, dans ce moment d’agitation générale , c’était le parti le plus fort et le plus à craindre. Mais la lionte leur eût fait bientôt abandonner une faction visiblement dirigée par des brigands et des assassins , et ils se seraient réunis à ceux qui voulaient le bon ordre et la tranquillité. Nous avons trop bonne opinion d’un peuple aussi éclairé que celui de France, nous pensons trop bien de la nature humaine en général , pour croire que des hommes persisteraient dans le mal , s’ils étaient protégés dans leurs droits légitimes.
Quel était , en cette occasion , le devoir de Louis XYI ? Nous répondrons , sans hésiter, celui que Georges III d’Angleterre s’imposa lorsque , au nom de la religion protestante , une populace furieuse ouvrait les prisons , pillait les propriétés , incendiait les maisons , et commettait , quoique avec beaucoup moins d’atrocités , les désordres et les excès qui affligeaient Paris à cette époque '. Les ministres
1 C’est des émeutes de 1780 que l’auteur veut parler. La populace de Londres gouverna la capitale pendant une semaine entière sous la direction du fameux lord Georges Gordon. Les prisons furent forcées; les chapelles catholiques incendiées , le fameux Wilkes , qui avait la
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île Georges hésitant à se prononcer sur l’emploi légal de la force militaire , pour protéger la vie et les propriétés des citoyens contre ce ramas de bandits , on sait que le roi déclara, comme premier magistrat du royaume, qu’il voulait marcher à la tête de sa garde sur la ville incendiée , soumettre les insurgés par la force des armes , et rétablir la tranquillité dans la capitale épouvantée. La même énergie était réclamée de Louis XVI : il était encore le premier magistrat de France ; son devoir exigeait qu’il protégeât la vie et les propriétés de ses sujets. Il commandait toujours cette armée , levée et payée pour faire respecter les lois du pays. Le roi aurait dû se présenter, sans délai , à l’Assemblée Nationale , se justifier des accusations portées contre lui par la calomnie, et requérir d’autorité l’appui des représentans du peuple, pour mettre un terme au brigandage , aux meurtres , et à tous les excès qui déshonoraient la capitale. Il est à peu près certain que tout le parti modéré , ainsi qu’on l’appelait , se fût réuni à la noblesse et au clergé. Le trône n’était point
plus grande influence sur le peuple, contribua encore plus que Georges III à arrêter cet accès de fièvre révolutionnaire. S’il se fut rangé du parti des furieux la crise eût été au moins plus prolongée. {Edit.)