‹ Vie de Napoleon BuonaparteChapitre 3 sur 8 · CHAPITRE VIII. * fg · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. * fg

Buonaparte savait d’ailleurs très bien, qu’un orage se formait contre lui sur le continent. La Russie fut l’àme de cette confédération. Après la mort de l’infortuné Paul , ses vastes domaines avaient passé sous le gouvernement d’un prince sage, éclairé, chez qui l’éducation avait développé et perfectionné les qualités de la nature. Depuis cette époque , la politique de la Russie s’était montrée noble , prudente , modérée ; elle avait offert sa médiation aux puissances belligérantes, médiation acceptée avec empressement par l’Angleterre , assez dédaigneusement rejetée par la France. Son chef sans doute voyait avec déplaisir, aux mains d’un habile et clairvoyant souverain, ce pouvoir dont il disposait comme du sien même , au temps de l’empereur Paul , monarque faible et partial qu’il gouvernait à son gré.

De ce moment la froideur naquit entre les deux gouvememens de France et de Russie -, le meurtre du duc d’Enghien accrut la inés- * intelligence. L’empereur de Russie avait trop de grandeur d’àme pour se taire à la vue de tant de violence et de perfidie ; non seulement il fit savoir sa pensée à Buonaparte lui-même , pais il dénonça à la Diète la violation de territoire de l’Empire. Peu accoutumé à von ses actes censurés et condamnés par d’autres souverains,

Vie de Nü'. Buoi*. Tome 5. >3

t<}4 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, si puissans qu’ils pusseut être, Napoléon commença dès-lors à regarder d’un œil jaloux l’ernpereur Alexandre. La Russie , la Suède et leurs monarques devinrent des objets de satire et de ridicule dans le Moniteur. Chacun savait que ces traits n’étaient jamais lancés sans l’approbation spéciale de Buonaparte. Le i'oi de Suède rappela son ambassadeur de Paris ; et dans une note remise à l’envoyé de France k Stockholm, il exprima son étonnement des indécentes et ridicules injures que monsieur Napoléon Buonaparte s’était permises dans le Moniteur. A la vérité , Gustave était d’un caractère inconsidéré , irascible , et formant des projets au-dessus de sa force politique ; mais il ne se fût sans doute point exprimé avec si peu de respect à l’égard du plus formidable souverain d’Europe , s’il n’eût été certain de l’appui de la Russie. En effet, le 10 janvier i8o5, le roi de Suède signa avec l’empereur Alexandre un traité d’alliance, et le 3i octobre suivant il publia contre la France une déclaration de guerre conçue en termes personnellement injurieux k Napoléon.

De leur côté , l’ Angleterre et la Russie s’étai«nt concertées dans le but d’organiser une ligue continentale pour forcer le gouvernement français k consentir au rétablissement de l’équilibre politique en Europe. L’objet qu’on se

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