‹ Vie de Napoleon BuonaparteChapitre 5 sur 8 · INSTRUCTIONS DONNÉES PAR NAPOLÉON A TALLETRAND, PRINCE DE BÉNÉVENT · texte numérisé non relu

INSTRUCTIONS DONNÉES PAR NAPOLÉON A TALLETRAND, PRINCE DE BÉNÉVENT

La lettre suivante contient les instructions données par Napoléon à Talleyrand , sur la manière dont il voulait qu’il reçût lord Whitworth qui se disposait à quitter Paris, parce que la guerre semblait à la veille d’éclater de nouveau entre les deux puissances.

Il paraît qu’il ne voulait pas s’en rapporter à ce diplomate accompli , même pour la circonstance la plus insignifiante de cette conférence ; « quoique , comme Talleyrand en fit lui-même l’observation en donnant au duc de Wellington ce document précieux, écrit de la main même de Napoléon , si l’on pouvait s’en rapporter à moi sur quelque chose, ce dût être sur *

la manière de recevoir un ambassadeur et de traiter avec lui. » D’après le style de la note il paraîtrait que la chaleur, ou plutôt la violence que le Premier Consul avait mise dans la discussion à son lever, ne provenait pas d’un accès de colère spontanée , mais plutôt d’un mouvement réfléchi, calculé pour confondre l’ambassadeur anglais , qui n’était nullement homme à se laisser effrayer par de pareils emportemens. On peut aussi remarquer que Napoléon , tout en voulant essayer l’effet que des manières froides et hautaines produiraient sur le ministre anglais , voulait cepen-

APPENDICE

dant que , si la fermeté de lord Whitworth n’en était pas ébranlée, Talleyrand, en demandant à prendre de nouveau les ordres du Premier Consul , eût soin de laisser une porte ouverte à la réconciliation.

Les différentes fautes d’orthographe, telles que fait pour faites, dit pour dites, sont copiées sur l’original.

«Saint-Cloud, à quatre heures et demi.

« Je reçois votre lettre, qui m’a été remise à la Malmaison. Je désire que la conférence ne se tourne pas en partage. Montrez-vous-y froid, altier, et même un peu fier.

« Si la note contient le mot ultimatum, fait 1 lui sentir que ce mot renferme celui de guerre, que cette manière de négocier est d’un supérieur à un inférieur. Si la note ne contient pas ce mot, fait * qu’il le mette , en lui observant qu’il faut enfin savoir à quoi nous en tenir; que nous sommes las de cet état d’anxiété ; que jamais 011 n’obtiendra de nous ce que l’on a obtenu des dernières années des Bourbons ; que nous ne sommes plus ce peuple qui recevra un commissaire à Dunkerque; que l’ultimatum remis, tout deviendra rompu.

« Effrayez-le sur les suites de cette remise. S’il est

inébranlable, accompagnez-le dans votre salon 3

de vous quitter dit4 lui : mais le cap et l’île de Corée

' Faites.

* Faites.

5 II y a ici quelques mots qu’il est impossible de Ure.

* Dites.

APPENDICE

sont-ils évacués ? Radoucissez un peu la lin de la conférence, et invitez-le à rev enir avant d’écrire à sa cour, afin que vous puissiez lui dire l’impression qu’elle a faite sur moi , qu’elle pourrait être diminuée par les mesures de ces évacuations du cap et de l’ile de Corée. »

AUTRES PARTICULARITÉS CONCERNANT l’aR-

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