‹ Vie de NapoléonChapitre 25 sur 40 · On l'appelait alors, je crois. Bureau central · texte numérisé non relu

On l'appelait alors, je crois. Bureau central

fondu avec tout ce qu'il y avait de pis, même jusqu'à des malfaiteurs. Sa femme et ses amis coururent de toutes parts pour lui trouver des protecteurs, et on courut entre autres chez Bonaparte. On eut beaucoup de peine à le voir; madame de Bourienne resta, accompagnée d'un ami de son mari, à attendre le commandant de Paris jusqu'à minuit. Il ne rentra-point: elle y retourna le lendemain matin de fort bonne heure ; elle lui exposa le sort de son mari (à cette époque il y allait de sa tête). Il fut fort peu touché de la position de son ami. Cependant, il se décida à écrire au ministre de la justice, Merlin. Madame de Bourienne porta cette lettre à son adresse; elle rencontra le personnage sur son escaher ; il se rendait au Directoire; il était en grand costume, harnaché de je ne sais combien de plumes, et avec le chapeau à la Henri IV, ce qui contrastait singulièrement avec sa tournure. Il ouvrit la lettre, et soit que le général ne lui plût pas plus que la cause de l'arrestation de M. de Bourienne, il répondit que cela n'était plus dans ses mains, que cela regardait désormais le ministère public, etc., etc. »

En l'an III (1794), M. de Pontécoulant fut nommé président du comité de la guerre et en cette qualité se trouva cMrgé de remplir plusieurs des fonctions les plus importantes du ministère de la guerre. Pour avoir un peu de tranquillité et se mettre à

l'abri des solliciteurs, il s'était établi dans un réduit au sixième étage du pavillonde Flore, au palais des Tuileries.

Il était fort en peine de l'armée d'Italie ; il ne re^ cevait aucune des lettres que, sans doute, on lui adressait de cette armée. On lui écrivait de Marseille qu'on mourait de faim à l'armée d'Italie, et enfin les choses en étaient arrivées à ce point que le comité de la guerre craignait d'apprendre un beau matin l'anéantissement de cette armée.

Un jour, le représentant Boissy d'Anglas disait à un de ses collègues de la Convention, qu'il connaissait un jeune homme qui avait été chassé de l'armée d'Italie comme terroriste et, selon lui, à tort. Il a des idées, ajouta-t-il, et pourrait peut-être vous donner de bons renseignements.

— Envoyez-le moi, dit M. de Pontécoulant*.

Le lendemain, il vit arrivera son sixième étage du pavillon de Flore, l'être le plus maigre et le plus singulier qu'il eût vu de sa vie. Boissy d'Anglas lui avait dit qu'il s'appelait le général Bonaparte ; mais M. de Pontécoulant n'avait pas retenu ce nom singulier ; il trouva pourtant que cet être, àl'apparence si extraordinaire, ne raisonnait point mal. — Mettez par écrit tout ce que vous m'avez dit ; faites-en un mémoire et apportez-le moi, lui dit-il.

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