Tu regere imperia pofulot, Homane.mmenlo. Vircile
3. SoDuct de... S Heggio. Vision de Prina, Milan, <SI6. Podmes de Buratü, à Venise.
3. Mes admiaistrés pichenl des idées dans ce ([ue vous dites. Ce reproche est historique) <819.
ŒUVRES DE STENDHAL
uaïf s’étalent à Tenvi autour de ce méchant piano. Quelquefois il y périt; on le brise à coups de poing, et l’on finit par s’en jeter les morceaux à ,1a tête. .le conseille à tout voyageur en Italie, sensible aux arts, de se donner ce spectacle. Cet intérieur de la troupe fait la conversation de toute la ville, qui attend son plaisir ou son ennui, pendant le mois le plus brillant de l’année, de la réussite ou de la chute de l’opéra nouveau. Une petite ville ,
. dans cet état d’ivresse, oublie l’existence du reste du monde ; c’est durant ces incertitudes que Vimpresario joue un rôle admirable pour son amour-propre, et c,u’il est à la lettre le premier homme du pays. J’ai vu des banquiers avares ne pas regretter d’avoir acheté ce rôle flatteur par la perte de quinze éents louis. Le poète Sografi a fait un acte charmant sur les aventures et les prétentions d’une troupe d’opéra. Il y a le rôle d’un ténor allemand qui n’entend pas un mot d’italien , qui est à mourir de rire. Cela est digne de Regnard 6u de Sbakspeare. La vérité est si outrée, c’est une si drôle de chose que des chanteurs italiens disputant sur les intérêts de leur gloire, enivrés qu’ils sont par les accents divins d’une musique passionnée, que l’embarras du poète a été de diminuer, d’affaiblir des trois quarts et de ramener aux limites du vraisemblable, la vérité et la nature, bien loin de les charger. La vérité la plus vraie eût paru comme une caricature dépourvue de toute vraisemblance.
^orc/icsi (fameux soprano de Milan) ne voulait plus chanter, dans les dernières années de sa carrière théâtrale, à moins qu’au commencement de l’opéra sa première entrée n’eût lieu à cheval, ou du haut d’une colline. Dans tous les cas, le bouquet de pluiUes blanches qui se balançait sur sou casque , devait avoir au moins six pieds de haut.
Crivelli , encore aujourd’hui , refuse de chanter son premier air, s’il n’y trouve pas la parole J’elice ognora, sur laquelle il lui est commode de faire des roulades.
Mais revenons à la ville d'Italie que nous avons laissée dans l’anxiété, et l’on peut dire dans l’agitation qui précède le jourde la première représentation de sou opéra.
Cette soirée décisive arrive enfin. Le maestro se place au piano ; la salle est aussi pleine qu’elle puisse l’être. On est accouru de vingt milles à la ronde. Les curieux campent dans leurs calèches au milieu des rues; toutes les auberges sont combles dès la veille ; et l’on y est d'une insolence rare. Toutes les .occupations ont
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VIE DE RUSSINI.
cessé. Au moment de la représentation, la ville a l'air d'un désert. Toutes les passions, toutes les incertitudes, toute la vie d’une population entière est concentrée dans la salle.
L’ouverture cominenee : on euteudrait voler une mouche. Elle finit, et là éclate un vacarme épouvantable. Elle est portée aux nues, ou sifllée ou plutôt hurlée sans miséricorde. Ce n'est plus, comme à Paris, des vanités inquiètes, interrogeant de l’œil la vanité du voisin ce sont des énergumènes cherchant, à force de hurlements, de trépignements, de coups de eannes contre le dossier des banquettes, à faire triompher leur manière de sentir, et surtout voulant prouver qu’elle est \di seule bonne; car il n’y a rien au monde d’intolérant comme l’homme sensible. Dès que vous voyez dans les arts un homme modéré et raisonnahie , parlez-lui bien vite d’économie politique ou d’histoire, il sera magistrat distingué, bon médeein, bon mari, excellent académicien, tout ce que vous voudrez enlin , excepté un bomme fait pour sentir la musique ou la peinture.
A chaque air de l’opéra nouveau, après un silenee parfait , recommence le vacarme épouvantable : le mugissement d’une mer en courroux ne vous en donnerait qu’une idée peu exacte.
On entend juger distinctement le chanteur et le compositeur. On crie : bravo Davide, brava Pisaroni; ou bien toute la salle retentit des cris : bravo maestro! Rossini se lève de sa place au piano, sa belle figure prend l’expression de la gravité, chose rare chez lui; il fait trois saints, est couvert d’applaudissements, assourdi de cris singuliers ; on lui crie des phrases entières de louanges : ensuite l’on passe à un autre morceau.
Rossini paraît au piano durant les trois premières représentations de son opéra nouveau ; après quoi , il reçoit ses soixante-dix sequins (huit cents francs), prend part à un grand dîner d’adieu qui lui est donné par ses nouveaux amis, c’est-à-dire par toute la ville, et part en voiturin, avec un porte-manteau beaucoup plus rempli de papiers de musique que d’effets, pour aller recommencer le même rôle, à quarante milles de là, dans une ville voisine. Ordinairement, il écrit à sa mère le soir de la première représentation, et lui envoie, pour elle et pour son vieux père, les deux tiers (le la petite somme qu’il a reçue. Il part avec huit ou dix sequins, mais le plus gai des hommes, et, chemin faisant, ne
1 Toutes les prcDiicrcs reprcscnlalioDS soai froides à Louvois.
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manque pas de mystifier quelque sot si le hasard lui fait la gnice. de lui en envoyer. Une fois , comme il se rendait en voiturin d’Ancône à Reggio, il se donna pour un maître de musique ennemi mortel de Rossini, et pas^a tout le temps du voyage a faire chanter de la musique exécrable, qu’il composait à l’instant, sur les paroles connues de ses airs les plus célèbres, musique qu’il faisait bafouer comme étant celle des prétendus chefs-d’œuvre de cet animal nommé Rossini, que les gens de mauvais goût avaient la sottise de porter aux nues. Il n’y a nulle fatuité à lui de mettre ainsi le discours sur la musique ; en Italie c’est la conversation la plus à la mode; et après un mot sur Napoléon, c’est toujours le propos auquel on revient.
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