CONSIDÉBATIONS GÉNÉRALE : HISTOIRE DE ROSSI NI PAR . RAPPORT AU CHANT
La musique pourra se glorifier d’avoir fait en France un pas immense, lft:jour où la majorité des spectateurs répondra tout simplement pour justifier ses applaudissements : Ce morceau me p/ai/'. Telle aurait été sans doute la réponse <|es Athéniens, si quelque étranger était venu leur demander compte des transports qu’excitaient parmi eux les tragédies d’Eschyle ; les traités d’Aristote n’avaient pas encore ouvert la bouche aux gens qui n’ont rien à dire. Chez nous, au contraire, tout le monde aspire à donner le pourquoi de son enthousiasme , et l’on n’aurait que du mépris dans les loges de Louvois pour le spectateur qui répondrait avec simplicité : Je sens ainsi. Mais ce n’est pas tout , nos malheurs vont plus loin : ces spectateurs , jugeant malgré l’absence du sentiment, ont créé des foules d’artistes ; poètes en vertu de La Harpe, ou musiciens pat l’effet du Conservatoire. La société de Paris est remplie de ces pauvres gens qui ne peuvent offrir aux arts dans leur jeunesse, que les inspirations d’une âme sèche ; et plus tard, que les soupirs d’un cœur irrité et rendu méchante par le souffle brûlant d’une vanité malheureuse , et le triste effet de cinq ou six chutes honteuses. Quelques-uns de ces pauvres artistes , découragés par le bruit constant des sifflets, et que je tiens réellement pour les plus malheureux des hommes, se font juges; ils impriment, et nous lisons dans le Miroir cette phrase amusante : la voix sépulcrale de madame Pasta ; en fait de musique , c’est nier la lumière. ~
I. Voir les singuliers raisonueuents du Journal des Débats d’aujourd'hui (18 septembre 1833 }. Uii homme qni ne sent pas ies beaux-drts ne' peut jamais arriver, par le raisounement , qii’h la théorie du récitatif ; le chant lui échappe ; une Ame sèche ne le sent pas, et le raisonnement ne peut yconduire.