‹ Vie de Rossini par De StendhalChapitre 53 sur 84 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

HÉVOLUTION.

Je ne réponds pas que les chapitres suivants ne soient au nombre des plus ennuyeux de tout l’ouvrage. J’ai réuni exprès ici tout ce que j’étais obligé de dire sur l’art du chant , afin qu’on pût le sauter plus facilement. Je dois prévenir que les discussions suivantes n’offrent absolument aucun intérêt aux personnes qui ne vont pas très-souvent au tbéétre Louvois.

Nous avons vu que, par l’effet des circonstances politiques de l’Italie, Rossini , à son entrée dans la carrjère, ne trouva qu’un très-petit nombre de bons chanteurs , et encore étaient-ils sur le point de quitter le théâtre. Malgré cet état de pauvreté et de décadence si différents de l’abondance et de la richesse au milieu desquelles avaient écrit les anciens compositeurs , Rossini suivit tout à fait dans ses premiers ouvrages le style de ses prédécesseurs; il re.spectait les voix et ne cherchait qu’à amener le triomphe du chant. Tel est le système dans lequel sont composés Demetrio e Polibio, VJnganno felice , la Pietra del Paragone , Tancredi*, etc. Rossini avait trouvé la Marcolini., la ’Malamtte., la Manfredini y la famille Monbelli; pourquoi n’aurait-il pas cherché à faire triompher le chant , lui qui est si bon chanteur, lui qui , lorsqu’il se met au piano pour dire un de ses airs , semble transformer à nos yeux en génie de chanteur tout celui que nous lui connaissons pour l’invention des cantilènes ? Il arriva un petit événement qui changea tout à coup la manière de voir du jeune compositeur, et qui donna à son génie des qualités dont l’exagération fait le tourment de ses admirateurs les plus sincères.

Rossini arrive à Milan en 1814 *, pour écrire YÀureliano in

4. Et les premiers essais de Rossini : ta Cambiale di Matrimonio, l'Equivocn tlravagante, Ciro in Babilonia, la Scala di scia, l’Occaaioue f<i il ladro, ii Fiylioper azsardo.

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