‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilettante;Chapitre 10 sur 87 · XVIII STENDHAL ET ROS8INI · texte numérisé non relu

XVIII STENDHAL ET ROS8INI

le connaissait déjà par la foule d'anecdotes plaisantes ou scandaleuses qui couraient sur son compte. Non seulement les bons mots et les aventures galantes du maestro défrayaient les conversations des loges à la Scala où Beyle paraissait chaque soir, mais il pouvait recueillir sur Rossini les médisances les plus amusantes dans les salons d'Elena Yiganô, où il venait trois fois par semaine en sortant du théâtre. Elena était la fille du célèbre chorégraphe dont la gloire égalait, aux yeux de Stendhal, celle de Canova, de Rossini, voire de Napoléon ^. C'était une femme charmante, profondément musicienne, possédant une jolie voix et se plaisant à réunir autour d'elle de 11 heures du soir à deux heures du matin quinze ou vingt dilettanti et artistes, également passionnés de musique. Aucun apparat, aucune cérémonie. On allait à ses soirées en bottes, si l'on voulait ; on s'étendait à l'aise sur un canapé et on se laissait charmer par les airs que chantait, avec un art consommé, la charmante dwa. On n'était obligé à aucun frais de conversation. On parlait ou l'on se taisait avec le plus parfait naturel. C'est là que Beyle entendit certainement les dis-

tpop de notes. Il me fait voir un défaut dans Viganà : trop de pantomime, pas assez de danse. Oter Tarmure à un héros. • Cité par M. Blanchard de Farges, Correspondant, 25 sept. 1909, p. 1098. Le 21 décembre 1819, Beyle écrivait à De Mareste : « Je passe mes soirées avec Rossini et Monti. »

1. Voir notamment la lettre à de Mareste du 21 mars 1818 (II, 62 et notre étude sur Vigand (Rei>ue Musicale, décembre 1921).

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