PRÉFACE XIX
eussions les plus intéressantes sur la musique, c'est là aussi qu'il fit provision d'anecdotes sur les compositeurs à la mode. L'aimable a Nina » les connaissait tous. Simon Mayer était un vieil ami de son père. Rossini, qui avait été son maître, l'honorait de son amitié. Michèle Caraffa était un familier de la maison. Beyle ne pouvait être mieux placé qu'en ce salon pour recueillir les échos de la vie musicale et théâtrale de l'Italie.
Il avait d'autre part eu l'occasion de rencontrer dans une maison amie la très jeune cantatrice Adélaïde Schiassetti, dont le visage angélique faisait oublier le corps un peu contrefait. Fille d'un général de l'armée d'Italie et d'une comtesse, elle était « fière comme quarante aristocraties t et faisait fureur quand elle était en voix. Beyle se lia avec elle et se plut à lui entendre chanter des airs de Rossini. Elle chercha, mais inutilement, à lui faire goûter des opéras de Mercadante, un débutant auquel elle s'intéressait.
Beyle fréquentait une autre maison où le souvenir de Rossini adolescent était demeuré vivace. Il connaissait fort bien les sœurs Mombelli. C'est pour elles, sur un livret de leur mère, et avec les conseils de leur père, célèbre ténor, que Rossini, figé de 14 ans, avait composé à Bologne le Demetrio e Polibio que les deux sœurs avaient chanté par la suite dans toute l'Italie. L'une d'elles avait épousé un journaliste, Angiolo Lambertini, bête et savant.