PRÉFACE XVII
dont on lui parlait \ U est très possible que le musicien, qui avait vu défiler avec insouciance dans chaque ville où il s'arrêtait pour les représentations de ses opéras, quelques centaines de dilettanti se disputant l'honneur de lui être présentés, n'ait conservé aucun souvenir du petit homme trapu, aux yeux vifs, et à favoris qui assistait en tiers à ses entretiens avec le poète Monti, ou qui, assis à la même table, riait de ses réparties spirituelles. Beyle, vers 1820, ne parlait pas très correctement l'italien et ne devait pas se mêler volontiers à une conversation générale, quand un homme aussi mordant que Rossini y prenait part, n préférait se taire, écouter, et ne laissait rien perdre. Si Stendhal inventa de toutes pièces sa rencontre avec le musicien à l'auberge de Terracine en 1817 ^, il est certain qu'il le vit souvent à Milan dans les salons où il fréquentait entre 1819 et 1821 \ Avant d'être présenté à Rossini, Beyle
1. Cf. l'article d'Adrien de La Fage dans le Figaro du 3 juin 1858. Rossini se serait trouvé & Londres en même temps que Stendhal. Interrogé par des amis sur ses relations avec son historien qui se vantait de lui avoir prdté un habit (?), il aurait répondu ne l'avoir jamais rencontré. Cette anecdote est tout à fait invraisemblable, au moins sous la forme que lui a donnée La Fage.