XXII STENDHAL ET ROSSINI
11 n*avait pourtant pas le courage d'en vouloir à Rossini. Un Français, un Anglais se fût conduit -de la sorte, Beyle Teût méprisé, mais comment s'indigner, comment même prendre au sérieux l'olympique bou£Fon ? Il sacrifiait à ses instincts avec une si tranquille assurance, avec tant de naturel, avec tant d'indifférence à l'opinion ! Au besoin il savait si bien se justifier par un calembour et se moquer de tout et de lui-même tout le premier I Beyle avait trop conscience du génie de Rossini pour songer à lui appliquer la commune mesure, mais cela lui gâtait un peu son grand homme. Aussi bien son admiration était-elle mélangée d'antipathie. C'est ce sentiment complexe qui se manifeste dans tout ce que Stendhal a écrit sur Rossini et son œuvre.
Beyle chassé de Milan en 1821 par les calomnies qui le représentaient comme un espion du gouvernement français, revint à Paris où il retrouva la musique de Rossini. Elle triomphait enfin au théâtre Louvois. Après VInganno Felice, Tancrediy Vltaiiana in Algérie il Barbiere di Siviglia, on allait exécuter au cours des deux saisons de 1821 et de 1822 six opéras inconnus en France : la Pietra di Para^ gone, Elisabetta, Oielloy la Gazza ladra, la CènererUola, Mosè, Tout en regrettant les admirables