XXVI STENDHAL BT R08SINI
d'attribuer au seul mérite de l'article du Parié- MorUhly Rei^iew la raison d'un pareil succès. Tra* duite en anglais ou en italien, la grâce du style s'évapore. Il ne reste que la matière dépouillée : des faits, des opinions. Or, on ne saurait prétendre que Beyle se soit révélé en cette notice historien très informé, ni critique fort subtil. Visiblement c'est un travail bâclé, écrit sur commande avec rapidité. L'auteur s'est fié à sa mémoire pour les anecdotes et les renseignements relatifs à la jeu* nesse de Rossini. La plupart sont faux ou tout au moins très inexacts : qu'il s'agisse de la date de naissancp du compositeur, de sa famille ou de ses débuts dans la carrière musicale. On retrouvera dans la Vie de Rossini plusieurs détails d'ailleurscontestables : Air de Tancrède emprunté à un chant grec, lettres adressées par le musicien à la v Signora Rossini, mère de l'illustre maestro à Pesaro »,. mystification par Rossini de ses compagnons de voyage à Reggio, première représentation du Barbier de SéviUe à Rome, exemples de l'incroyable facilité de travail de l'artiste, etc. Stendhal avait terminé l'article en dosant avec art les louanges et les critiques, en homme qui ne veut pas être a dupe tout à fait de la crème fouettée et des fanfa-^ ronnades de Rossini » ^ Il admirait l'extrême rapi» dite, l'éclat et la fraîcheur de ses chants, mais
l.*Cf. Souvenirs d'égotisme, p. 85.