X STENDHAL ET ROSSINI
musique légère, mousseuse, pétillante comme de l'Asti, qui semblait se moquer de tout et de tous, n s'informa de l'auteur. On lui dit que c'était a un jeune homme nommé Rossini » et on l'exhorta à voir le charmant Tancrède de ce nouveau compositeur à la mode \
Dès lors, Beyle n'entendit plus parler que de Rossini et dut s'étonner de n'avoir pas plus tôt connu sa musique. Partout, au théâtre, au concert, au bal, dans les salons, au café, par les rues, on ne jouait que des airs de Tancredi ou de Vltaliana, D'abord il s'insurgea. Tout le temps du Rossini, c'était « le pâté d'anguilles » *, et puis, que prétendait exprimer cette musique toujours vive, élégante et pimpante ? C'était un ragoût, une sauce piquante,
1. Stendhal nomme Rossini pour la première fois dans les Lettres sur Métastase faisant suite à la Vie de Haydn (1814). « On conçoit les plus hautes espérances de M. Rossini, jeune homme de 25 ans, qui débute. Il faut avouer que ses airs chantés par les aimables Mombelli ont une grâce étonnante... » (p. 388). — Plus loin, il cite l'air de Tancrède : Mi rivedrai, ti rivedrd. On ne trouve pas une ligne se rapportant à Rossini dans le Journal d'Italie, Il est bien probable que l'impression ressentie par Stendhal en entendant pour la première fois à Milan jouer par une musique militaire des airs de Rossini date de 1813 ou 1814. Il a tiré parti d'une ancienne note dans Eome, Nt pies et Florence (I, 80).
Dans l'appendice de la seconde édition de la Vie de Haydn (1817), il se plaint qu'on n'estime pas assez en Angleterre le charmant Rossini.
Dans la Correspondance^ il est question pour la première fois le 26 décembre 1816 c du charmant Rossini, jeune homme à la mode ».