‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilettante;Chapitre 4 sur 87 · Lettre du 18 juillet 1819, Correspondance, H · texte numérisé non relu

Lettre du 18 juillet 1819, Correspondance, H

PRÉFACE XI

une vraie bisque d'écrevisses faite pour réveiller les goûts blasés, les sens éteints ; mais quelle jouissance pouvait procurer ce déluge de petites notes sautillantes à ceux qui, comme lui, demandaient à la musique des émotions tendres ? La forme, le a physique de la musique » le touchait fort peu. Ce n'était, après tout, que la parure, le manteau plus ou moins somptueux dont se drapait la pensée du compositeur. Celle-ci seule importait. Un chant de Mozart ou de Cimarosa lui donnait l'impression de communier avec l'émotion même, avec le sentiment qui l'avait inspiré. L'âme parlait à l'âme. Il ne pouvait se défendre de trouver Rossini amusant, mais combien il préférait Mozart qui, lui, n'amuse jamais. « C'est comme une maîtresse sérieuse et souvent triste, mais qu'on aime davantage, précisément à cause de sa tristesse. » Cimarosa a peint l'Amour dans toutes ses nuances avec une délicatesse de touche, une richesse de coloris merveilleuse. Sa gaieté est naturelle, naïve, spontanée. Paesiello charme par sa grâce irrésistible. Tous trois, à des degrés et par des moyens différents, donnent des jouissances aux passions profondes de l'âme. Rossini se contente de chatouiller agréablement l'épiderme. Ses crescendo^ ses finale provoquent des explosions de gaieté nerveuse et factice, des rires forcés. Il électrise les auditeurs, il ne les émeut pas.

Si Rossini avait eu sur les scènes d'Italie d'autres

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