XXXVIII STENDHAL ET ROSSINI
En France même, il fut de bon ton, parmi les critiques musicaux, de traiter la Vie de Rossini comme un ouvrage de pure fantaisie, ce qui n'empêchait pas de la piller, voire d'en reproduire des chapitres entiers en des biographies de Rossini publiées en Belgique \ On reprochait amèrement à Stendhal d'être tombé dans des erreurs de détail ou bien de manquer d'esprit synthétique. « En faisant dominer ses pensées par une pensée mère, féconde, écrivait Joseph d'Ortigues en 1829, cet écrivain n'eût fait qu'un opuscule, une brochure.. M. de Stendhal n'a eu que de l'esprit : il a écrit deux volumes » *.
Le souvenir du fameux plagiat dont Beyle s'était rendu coupable au détriment de Carpani, en publiant la Vie de Haydn, fit naître le soupçon qu'il
VAntologia, 1824, tome XV, 110-120, par Antonio Benci. Les périodiques anglais qui rendirent compte de l'édition de Londres furent favorables. Cf. London Magazine, IX,. février 1824, pp. 189. — New Monthly Magazine^ XII, mars 1824, p. 121 (Ce dernier article est de Beyle lui-même). Cf. Doris Gunnell, Stendhal et l'Angleterre.
1. Cf. Vie de G, Rossini, célèbre compositeur, membre de- V Institut, directeur,,,^ etc. Dédiée aux vrais adorateurs du célèbre Maître par un dilettante, Anvers» à la librairie Nationale et Etrangère, 1839. — In-16, 21 6 p. — C'est la Vi& de Rossini, mutilée de quelques chapitres, réduite à l'élément biographique et analytique et augmentée d'un court chapitre sur Guillaume Tell, de notes sur le Moïse français, le voyage de Rossini en Belgique, etc.
2. Joseph d'Ortigues, De la guerre des Dilettanti, 1829^ réimprimé dans le Balcon de l'Opéra, Paris, 1833, in-8^. Sur Stendhal, voir pp. 5 et 6.