PRÉFACE XXXIX
pouvait bien, une fois de plus, avoir volé le bien «d'autrui. Justement Carpani avait publié en 1824 les Rossiniane \ recueil de lettres sur la musique de Rossini et de Weber, déjà parues pour la plupart, «dans la Biblioteca ItalianaK II n'en fallut pas davantage pour accuser Stendhal d'un nouveau plagiat. Cette fois, le reproche ne reposait sur rien. Il n'y a pas une ligne dans les Rossiniane qui puisse -avoir inspiré l'auteur de la Vie de Rossini. S'il y a parfois des rencontres, il s'agit de lieux communs sans intérêt. Bien mieux, soit par l'effet du hasard, soit par suite d'un dessein arrêté, Stendhal s'est abstenu de rendre compte des opéras de Rossini -dont il était question dans les articles de Carpani. Fétis ne s'est donné la peine de lire ni la Vie de Rossini ni les Rossiniane pour avoir fait sienne l'accusation adressée à Stendhal. En vérité Beyle ^ pris son bien où il le trouvait avec trop, de désinvolture pour qu'une fois par hasard, lorsqu'il n'a point maraudé, on ne lui en sache aucun gré.
1. Le Rossiniane osaia LeUere Musico-Teatrali di Giuseppe Carpani, in Padova, tipogr. délia Minerva. — 1824, in-8^, 8 -h 230 pagres. — L'ouvrage est une acerbe critique de la musique allemande. Il est à noter que Stendhal parle avec respect et admiration de Beethoven tandis que Carpani le considère comme un fou dangereux.
2. La réponse à l'auteur de l'article sur Tancrède parut «n avril 1818 (tome X, p. 3) ; la lettre sur le Freischuiz en 1821 (tome XXIV, p. 421) ; celle sur Zelmira en juin 1822 (tome XXVI, p. 287) ; la réponse au journaliste de Naples «n 1823 (tome XXIX, p. 121), et l'article sur Zoraide en 1823 <tome XXXI, p. 139).